Archives de décembre 2009

La Guinée, un pouvoir aux lendemains incertains?

décembre 30, 2009

Absent de la présidence auto proclamée, après la mort de Lansana Conté, le capitaine Dadis Camara, le nouvel homme fort de la Guinée, est toujours hospitalisé à Rabat au Maroc. Une hospitalisation résultant de la tentative d’assassinat à laquelle il a été victime, le 3 décembre 2009, par son aide de camp, Aboubacar Toumba Diakité qui lui avait tiré une balle à la tête. Le suspens continue de planer sur le rétablissement physique et mental de sa santé. Cette intervention pour laquelle, il a fait l’objet lui laisse des séquelles le frappant d’incapacité à diriger le pays.

A quoi peut-on s’attendre devant pareille situation ?

Au regard de la junte au pouvoir, l’après Dadis Camara risque de provoquer une explosion sociale et militaire. Les partisans de sa tribu minoritaire des forestiers qui veulent s’agripper au pouvoir comptent 9% d’individus, contre 40% de peuls, 30% de Malinké tribu dont était membre Sékou Touré, 20% de Sousous, éthnie de Lansana Conté. 

Dans cette guerre de clan,  l’actuel ministre de la défense, Sekouba Konaté qui assure l’intérim, général de surcroît de l’armée, et numéro un de la junte gère les affaires courantes d’un pays qui est au bord de l’abîme. D’autres signes de la prise du pouvoir  semblent se dessiner autour de cet homme qui exerce une grande influence dans sa manière de commander les hommes de troupes.

Le nouveau gestionnaire de la république a libéré, le lundi 28 décembre 2009, une quinzaine d’officiers et sous-officiers  ayant servi sous la coupe de Lansana Conté. Ce geste de liberté et de sympathie des vieilles amours d’anciens hommes de rangs ouvre la voie vers une prise de pouvoir judiciaire arraché des mains du ministre de la justice qui avait reçu la bénédiction de Dadis Camara pour les détenir jusqu’à certain terme. Ces militaires de l’ère de Lansana Conté (1984-2008) qui ont appartenu à sa ceinture de sécurité et à son giron présidentielle, ont été les mal-aimés de la junte. Et pourtant ils sont tous des hommes en uniformes avec ceux qui sont au pouvoir mais dans pareille circonstance la confiance n’existe pas entre eux.

Par ailleurs, l’heure s’égrène de minutes en secondes sur le cadran de la Guinée, le torchon continue à brûler autour du colonel ministre de la justice Siba Lolamou pro Dadis et le général Sekouba Konaté, pro Lansana Conté.

Évitant de gérer des informations rapportées et pour prendre des dispositions pratiques, le général qui assure l’intérim à éprouver le désir de s’enquérir lui-même de la situation de Dadis à Rabat, le mardi 29 décembre 2009. Étant arrivé sur place, il a constaté l’état déliquescent du président. Il a conclu en substance que: "la Guinée ne peut plus rien n’attendre de Dadis"…renforçant déjà des propos recueillis le 17 décembre lors de la visite d’un ministre qui rapportait que:" le capitaine à Rabat était dans un état déplorable". Alors que tous les messages radio-télévisés depuis le 4 décembre 2009 confirmaient toujours que le président va mieux et pourra regagner le pays. Une méthode d’information et d’apaisement qui  relève du pur communisme où le mensonge est la couleuvre de la vérité que doit avaler le peuple et l’opinion internationale.

La Guinée qui ploie toujours sous les dictatures depuis Sekou Touré (1958-1984) et la mauvaise gouvernance, risque encore de connaître un 28 septembre noir où 156 citoyens ont trouvé la mort lors d’une manifestation démocratique du droit des citoyens.

A cette allure, ce pays qui regorge de nombreuses richesses naturelles comme son bassin hydrographique, faisant office de château d’eau de l’Afrique de l’ouest parce que les fleuves Sénégal, Niger et Gambie y prennent leur source. Elle possède, en outre, la plus grande réserve mondiale de bauxite derrière l’Australie  mais aussi de l’or, du fer, de l’uranium, du diamant et du bois.

Malheureusement depuis les indépendances les guinéens sont toujours pauvres. Il faut que la communauté internationale vole au secours de ce pays qui risque d’éclater et de provoquer un effet de contagion dans les pays de la sous-région comme le Libéria, la Sierra Leone, la Côte d’Ivoire etc.

Bernard NKOUNKOU

Quand l’or enchante les investisseurs?

décembre 29, 2009

L’année 2009 se termine par un bon satisfecit pour l’or. Le métal jaune. Matière première par excellence, précieuse par son allure et son charme. L’or fait la pluie et le beau temps des banques centrales. En une année, il a gagné 40%, un bon pourcentage de prestige soit une hausse de deux fois plus importante que le CAC 40. Une analogie de chiffre numérique.

Tant par son exploitation que par son cours sur le marché, l’or a repris du poil de la bête. L’économiste anglais John Maynard Keynes en fait une brillante illustration en épinglant son retour par cette expression  devenue célèbre de « relique barbare ».

Dans sa marche ascendante de valeur mobilière sur la bourse mondiale, l’or a progressé de façon spectaculaire en atteignant le pic le plus haut de 1.277 dollars l’once. Une référence historique.

La Chine et l’Inde prennent conscience du poids de l’or dans leurs banques centrales. Ils renforcent, à cet effet, leurs réserves du métal précieux afin de diversifier les échanges des valeurs mobilières. Et pourtant, au regard de la somme totale de sa prévision, les réserves en or pour la Chine ne représentaient que 1,6% ce qui équivaut à un volume de 1.054 tonnes, contre 600 en 2003. Ce tonnage d’épargne place la Chine à la 6e place du classement des banques centrales qui renforcent dans leurs coffres des réserves importantes emboîtant le pas à la Suisse.

La Chine consciente de la croissance de ses réserves de changes avec un pourcentage de 76%, veut se démarquer du dollar comme monnaie internationale, alors qu’elle voulait abandonner l’étalon or. Le temps est maintenant à la révision de sa position pour une nouvelle monnaie.

L’or devient une valeur refuge qui porte un maillot jaune de bulle spéculative. Il donne l’assurance aux investisseurs devant la perte de valeur de leurs actifs. La garantie du pétrole et des autres métaux ne suffit plus. Il devient un actif sûr pouvant servir de monnaie de recours en cas de cataclysme boursier. Il s’étend dans la durée quelque soit la hausse qu’il présente. A tout moment, il peut exploser car selon François Chevalier: la hausse de l’or constitue une énigme…

Avec l’or on doit s’attendre, chaque fois, à de meilleurs rebondissements  contrairement au pétrole, à l’euro et aux taux longs qui sont au centre de l’inflation.

L’or continue à conserver ses secrets pour lesquels les grands pays du monde lui reconnaissent ses vertus.

Bernard NKOUNKOU

Ariane, fille chérie de la France et de l’Europe:30 ans!

décembre 24, 2009

Le 24 décembre 1979 reste une date mémorable dans l’histoire de la conquête de l’espace. Une veille de Noël dont on se souviendra encore en notre qualité de témoin de l’humanité. La base spatiale de Kuru en Guyanne française était l’oeil du monde où tous les regards convergeaient durant ce lancement inédit. De grand spectacle momentané!

La première fusée Ariane s’envolait vers les étoiles sous le regard émerveillé des ingénieurs. Cette fille de Minos et de Pasiphaé dans la mythologie grecque, devenue fierté et fille de la France mais aussi de l’Europe, sortait de son labyrinthe de conception à l’aide de son fil pour se lancer dans l’espace. Un rêve venait de se réaliser pour l’un de ses pionniers, Bernard Humbert, qui s’exprimait: «En une demi-heure, nous sommes passés de l’inquiétude à l’euphorie». Un instant somme toute plein de réconfort pour ce grand essai. Le souvenir est indélébile.

Ariane venait de signer son indépendance face à l’Amérique.

Depuis lors, appuyant sur l’accélérateur de la compétition, d’un passage à un autre, son chemin d’exploit connaît de nombreux succès. Car à la fin des années 1980, avec l’arrivée d’Ariane 4, elle acquiert définitivement ses lettres de noblesse en se hissant à la tête du marché mondial des lancements de satellites privés de télécommunications. La fulgurance et le déchainement de ses activités augmentent son palmarès qui devient impressionnant. Avec seulement dix échecs pour 193 tirs, Ariane atteint, sous ses différentes versions (1 à 5), un niveau de fiabilité record de 95 %.

Pour commémorer l’année 2009, celle du trentième anniversaire de son progrès technologique, elle totalise sept tirs réussis dont celui de TerreStar 1, le satellite le plus lourd jamais lancé en orbite géostationnaire, avec une masse de 7 tonnes.

Ariane conserve, par devers elle, son leadership avec une impressionnante série de 35 succès d’affiliée ! Elle ne devra pas dormir sur ses lauriers et rester à l’avant-garde de la compétitivité. Elle a un futur prometteur pour l’horizon qui se profile. 2025 est une autre année de rendez-vous avec Ariane 6!

Bernard NKOUNKOU

Hermès à la conquête de la Chine!

décembre 22, 2009

La marque commerciale Hermès s’envole pour la Chine. Avec des ailes d’assurance. Vers l’empire du milieu où 1.328.630.000 habitants l’attendent dans ce vaste territoire de 9.600.000 km2.

Hermès dans la mythologie grecque est le dieu des voyageurs, des commençants et des voleurs. C’est aussi le messager des dieux, le conducteur des âmes. Par ailleurs, on l’assimile à Mercure, le dieu du voyage et du commerce chez les romains.

Arrivé sur le tard de la compétition du marché, Shang Xia est un dicton que le groupe veut lancer dès le printemps prochain. Une marque concurrentielle et de défi. Cette nouvelle réalisation fera peut-être écho avec sa résonance chinoise.  Shang Xia, vocable à double consonance va sans nul doute se répercuter sur le marché de la grande Chine. Étymologiquement parlant,  ce mot qui veut dire en mandarin « dessus-dessous » forme dialectale du chinois parlé par plus de 70% de la population, réussira-t-il un beau ralliement de la clientèle ?

Est-ce une opération de charme pour utiliser cette appelation-clé, revêtue du sceau du secret d’Hermès pour séduire les chinois ?

Selon des sources d’informations déposées sur le plateau de la presse par Patrick Thomas, le grand gérant d’Hermès International. Il s’agira ici d’une première pour cette maison de commerce qui va prendre des allures exceptionnelles tout en dégageant un caractère « authentique forgé au goût de son style avec un mélange des matières  et des savoir-faire ancrés dans la culture chinoise».

Dans ce marché où la bousculade du talon est activée par la pointe des pieds et au coude à coude – le nouveau-né d’Hermès réussira-t-il à s’imposer à l’étranger? Car dans sa gibecière de fabrication, il compte d’exposer au public des consommateurs du prêt-à-porter mais aussi du mobilier et des arts de la table chinois.

Cependant une stratégie s’avère fort utile pour attirer la clientèle. Elle consiste à confier la direction générale et artistique à Qiong-Er Jiang, la fille d’un célèbre architecte dont la commune renommée est sans conteste. Physionomie et parler chinois s’impose !

Hermès va écrire sa première page d’histoire pour sa marque sous un autre nom. Lui qui prenait toujours le réel plaisir de se promouvoir par son nom chaque fois qu’il rachetait les sociétés artisanales comme l’horloger Vaucher ou le bottier John Lobb.

Devant la politique de bas prix des produits chinois et au regard de son fort cachet de luxe accompagnant des prix trop élevés. Va-t-il décoller dans la sérénité dans ce nouveau marché saturé lui qui compte déjà dans son patrimoine 16 boutiques qui lui donne la stature imposante. Il faudra bien cibler sa clientèle pour rentabiliser son profit et réaliser une bonne croissance du marché de bonne facture en 2010.

Shang Xia, le coup d’essai et d’envol d’Hermès sera-t-il crédible ? Et son lancement en France – au cours de la même année – aura aussi droit de cité pour attirer les touristes durant leur séjour ?

That is the question ?

Bernard NKOUNKOU

Barack Obama offers a holiday video for Bernard NKOUNKOU

décembre 20, 2009

Bernard –

You’ve been an incredible part of this movement this year. So some volunteers got together and helped us make a holiday video, just for you, Bernard NKOUNKOU.

You can watch it here:

http://my.barackobama.com/holiday

It was a blast making it. Enjoy!

Happy holidays,

Mitch and the entire OFA community

Humour: la dame à la boîte de lait

décembre 18, 2009

Une dame souffrant de toux grasse monte dans un autocar avec un sachet bleu, à portée de la main.

Un passager assis, à ses cotés, s’aperçoit que la dame effectue durant le trajet, un mouvement incessant, – exécuté discrètement dans sa boîte de lait Nestlé aux oiseaux. Elle y enferme ses crachats feignant de faire croire qu’elle boit du lait.

N’ayant pas payé son billet, en montant, la dame va se déplacer pour s’acquitter de son obligation consistant à payer son ticket de transport; le bon monsieur pendant que la dame se rend auprès du contrôleur, par un geste rapide, saisit la boîte et boit d’un trait le contenu qui lui procure un gout désagréable. Sentant avoir ingurgité un mauvais liquide, il place sa main gauche à sa bouche.

La dame à son retour, pour reprendre sa place et avant de s’asseoir, constate que sa boîte est renversée dans le sachet alors qu’elle ne l’était pas auparavant. Le monsieur regarde la femme avec un air furieux, le visage, sans expression, sa main condamnée à tenir en respect sa bouche. Dès que la femme finit par s’asseoir; le monsieur se lève précipitamment pour demander au chauffeur d’immobiliser l’autocar afin qu’il descende un instant.

Franchissant le pas de la portière, il vomit d’un trait désespéré le contenu de sa bouche. Spectacle ahurissant et drôle pour les autres passagers. Un autre monsieur, assis juste à coté, dans la rangée parallèle, informe le monde des curieux du bus, l’avoir vu boire intelligemment – d’un trait rapide – dans la boite de la dame.

En remontant dans l’autobus, tous ses yeux sont rouges, le nez suintant de morve, la sueur perlant au front vers les joues; les regards des autres passagers sont branchés sur lui pendant que ses pas longent, sans force, le plancher avant de regagner sa place.

D’un air confus à la mine défaite, au visage de papier mâché, il devient l’ombre d’une risée collective aux éclats retenus par chaque passager. Dès lors, la bonne dame, propriétaire de la boîte lui demande l’objet de son malaise.

Pris dans un rictus de colère, le monsieur lui pousse une subtile vocifération de  : c’est à cause de toi que j’ai failli mourir.
- La bonne femme innocente rétorque : que t’ai-je fais?
- Le monsieur lui répond : tu ne sais pas ce que tu as fait ? Et il ajoute : ta boîte-là!
- Et la bonne dame de répondre : qu’est-ce que tu es allé chercher dans ma boîte? Ça t’apprendra avec ta curiosité insatiable de regarder dans les affaires des femmes.

Bernard NKOUNKOU

Ma belle et ravissante neige

décembre 18, 2009

Ô douce et belle neige amie du vent

Qui tombe depuis l’éternité du temps

Avant l’apparition de l’homme sur terre

Tu étais déjà neige avant l’attribut de ton nom

Quand tu descends dans la virginité de ta peau

Dans la jouissance continue de nos pas lents

Les caresses de nos chaussures urinant l’eau

De la violation de ton intimité étendue au sol

Ressemblent à une masse d’éjaculation à l’entresol

Déflorant ta virginité au regard et au contact de ton corps

Par le poids puissant à l’aune de nos désirs retords

Interrogeant ta présence éternelle durant l’hiver

Fixant rendez-vous à toutes les loges de nos chairs

Qui gardent au secret les plaintes contre ton mystère

Bernard NKOUNKOU

L’homme, le bourreau de la guerre

décembre 16, 2009

La guerre est encore dans l’esprit de l’homme comme la graine de la violence dans la paume du dernier criminel qui veut la semer à tout vent. L’homme, au lieu d’être un oiseau de paix et de liberté, est un loup qui vit dans le parc de la cité. Quand il a faim, il prive ses semblables du droit d’exister, chasse les autres espèces de même nature que lui sous le prétexte d’une vengeance amie. Ne mesurant pas ses forces de la victoire et ses faiblesses dans le combat, il déclenche une guerre dans laquelle il sort perdant avec un registre sombre et lourd en pertes de vies humaines et dégâts matériels importants. Une guerre qu’il aurait dû éviter par des actions de coopération et de dialogue fraternel mais mû par un orgueil insolent et de puissance, il fourbit ses armes pour bruler la nation. Les peuples sur sa route de l’existence crèvent comme des fourmis paisibles sous le poids colossal de son passage alors qu’il n’en perd pas un membre de sa famille, seuls les tiers innocents se font éclater la cervelle et amputer les jambes devenant parfois des invalides à vie ou cherchant la voie singulière du suicide.

Les volontaires qui s’inscrivent pour apporter la paix au cœur de la belligérance par des stratégies de dissuasion, payent le prix de leur présence sur le terrain en actions de fatalité meurtrière. Les humanitaires, aussi, dans le même sens de l’assistance, soucieux de secourir les personnes en danger de survie, par des soins de premières nécessités, tombent parfois dans des embuscades des soldats hors-la loi et violant les principes élémentaires de la guerre.

Les citoyens des nations, quant à eux, pris dans l’engrenage – ou dans l’étau des combats – et le feu des canons assourdissants, deviennent des cibles gratuites de la guerre soit comme boucliers humains, soit comme enfants soldats – à la remorque des États, (ou femmes des chefs) des maquisards et des rebelles qui envoient à la boucherie leur capital humain, le plus cher. Les uns et les autres profitant de la sale guerre s’enrichissent avec la complicité des puissances. Ils signent des contrats léonins sous le feu des canons tout en vendant des armes sous le manteau au moment où il parle de la cessation des conflits – lumignon d’espoir de paix – source de stabilité, de confiance de toute vie sécuritaire et de développement.

Les vrais et les faux amis entretiennent dans les coulisses une diplomatie de façade, de signature d’accords conjoints, de détente d’atmosphère et de résolution des conflits, activant la folie meurtrière et la perpétuation de la guerre. Car seuls leurs intérêts de partage priment sur la véritable solution de paix du pays déchiré et ensanglanté, aux passions déchaînées enjambant les morts à pas d’indifférence.

Bernard NKOUNKOU

Conte: Le Cafard et le Lézard

décembre 15, 2009

Un jour, un joli cafard brun et bien parfumé traversait la cour d’habitation au moment où il venait de sortir d’un carton usagé.

Un lézard endimanché qui avait fait sa mue, se bronzait, au soleil, sur la surface latérale du mur, essayait sa nouvelle vêture selon les convenances de la métamorphose. Le ventre affamé pour n’avoir pu croquer ni de petites mouches, ni de simples fourmis, le lézard rasa le mur comme un éclair et se mit à poursuivre le cafard.

Pris de panique par l’animal, à la vitesse effrénée, le cafard sentant le danger derrière lui, appuya sur ses pattes arrière et déploya ses ailes, décolla comme un avion pour atterrir sur le mur ocre qui avait connu toutes les intempéries de la pluie.

Stupéfait, le lézard devant la gent ailée, proféra toutes les injures de la terre contre le cafard : crétin, salopard…

-         Gare à toi, si je t’avais attrapé, je t’aurai bien croqué.

-         Le cafard s’esclaffa et continuait posément son alpinisme sur le mur avec un rire moqueur.

Le mur qui avait accueilli le cafard était facile à parcourir, par endroits, mais très lisse en d’autres parties réduisant l’assurance qui éloignait la confiance dans son esprit.

Subitement, le cafard tomba comme une feuille morte qui se mit à planer avant de gagner le sol ; le lézard qui était toujours aux aguets avec ses yeux à fleur de peau, le vit atterrir et le rattrapa sur le plan incliné de sa chute.

A cet instant, le lézard couru très vite et sans réfléchir, saisit de sa gueule le cafard par les pattes arrière. Voulant assouvir son avidité légendaire, il chercha à l’avaler comme d’habitude mais il fut piqué par ses pattes qui freinèrent son élan et le lâcha.

Le cafard compris que son ennemi avait eu mal à la bouche, continua sa route, avec sa patte endolorie par le choc de la denture pour se réfugier entre les pierres entreposées où le lézard ne pouvait le déloger.

Le lézard impuissant devant son échec, vit partir le cafard tandis que les autres lézards postés sur les murs craquelés, assistant au spectacle, esquissaient des rires bouffons de sa mésaventure où leur ami rentra bredouille de sa mauvaise partie de chasse. Il avait oublié sa leçon élémentaire de la chasse:  pour facilement manger sa proie qu’il faut toujours l’avaler par la tête et non par les pattes.

Pour attraper un gibier, il faut s’entourer de toutes les précautions de la prise sinon on risque malencontreusement de se faire écorcher la peau.

© Bernard NKOUNKOU

L’homme, héritier et responsable de la Terre

décembre 15, 2009

L’Homme a besoin d’air pur. Il est l’héritier de la planète. Il en est aussi le premier responsable de cette maison ronde qu’est la Terre. Il doit en prendre soin. Car il est le pollueur de son environnement immédiat, de son espace vital, par le fait des produits de son invention, fruit de son intelligence.

L’Homme, cet habitant de la Terre, est un être dominateur, enclin à la puissance, par rapport aux êtres qui la composent. Une fois ayant atteint ce stade supérieur, il s’affirme et part à la conquête. Il veut conquérir le monde dans toutes les dimensions de sa géographie.

Depuis plus de 40 ans, grâce à son progrès technologique, il part dans l’espace pour confirmer sa pleine capacité d’exploration et d’expansion. Il est à la recherche d’un autre espace vital après avoir continuellement pollué la Terre. Il doute même de son espoir d’habiter dans un milieu sain, loin de toute agression furtive des déchets polluants et de gaz à effet de serre.

Réalisant, de plus en plus, que sa santé est menacée, il ne veut toujours pas fournir des efforts pour la réduction de ces résidus toxiques et nocifs qui lui causent des maladies respiratoires et collatérales résultant des industries extractives et de transformation mais aussi de toutes autre utilisation des machines à vapeur, à gaz et électrique.

A l’heure où il est entrain d’hésiter de prendre des décisions fermes au sommet de Durban  – suite logique de Copenhague et de Kyoto – il a honte de reconnaître sa part de responsabilité de la Terre, cette grande surface de son habitat qu’il partage avec d’autres êtres non fabricants de gaz à effet de serre pour sauver cet environnement commun.

L’Homme est face à l’histoire et au temps qui échappe à son contrôle.

Bernard NKOUNKOU


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