Soudan: Béchir et son ministre de la Défense dansent après le mandat de la CPI

Le président soudanais Omar el-Béchir et son ministre de la  Défense ont dansé samedi lors d’un rassemblement militaire à Khartoum, deux  jours après que la Cour pénale internationale (CPI) eut lancé un mandat d’arrêt  contre ce dernier.

"Nous allons lancer une campagne d’envergure contre les ennemis de Dieu et de  l’Etat", a lancé le ministre de la Défense, Abdelrahim Mohammed Hussein, à plus  d’un millier de membres de la Force de défense du peuple (PDF), formée lors de  la guerre civile entre le Nord et le Sud.

Le rassemblement, visant à afficher la force de la PDF, était le premier de  ce type depuis 2005, date de l’accord de paix ayant mis fin à cette guerre  civile de plus de 20 ans, et ayant conduit en juillet dernier à l’indépendance  du Sud.

Il intervient alors qu’analystes et diplomates craignent que les tensions  croissantes entre le Soudan et le Soudan du Sud ne provoquent un nouveau  conflit.

Le président Béchir et le ministre, tous deux vêtus d’uniformes militaires,  ont dansé ensemble sur une chanson de ralliement pour la PDF après que le  président eut annoncé un renforcement de cette force.

"Nous appellerons ces troupes +Force de dissuasion+", a-t-il indiqué à la  foule, réunie dans le stade de football de Khartoum.

Il a encore dit avoir ordonné à tous les gouverneurs d’ouvrir des camps de  recrutement pour ces nouvelles recrues qui "vaincront quiconque tente de porter  atteinte à la sécurité du Soudan".

La CPI a délivré jeudi un mandat d’arrêt contre Abdelrahim Mohammad Hussein  pour des crimes contre l’humanité et crimes de guerre contre la population  civile du Darfour, une région de l’ouest du Soudan en proie à une guerre civile.

Il est soupçonné d’être le "co-auteur indirect" de treize chefs de crimes  contre l’humanité et crimes de guerre énumérés dans le mandat d’arrêt, dont  meurtre, persécution, actes inhumains, viol et pillage contre la population  civile.

"Nous voulons leur dire: nous défendrons la dignité du Soudan" et son régime  islamiste, a répondu le président Béchir à l’adresse de la CPI.

Avec M.  Hussein, six suspects, dont le président Béchir et le chef des  milices Janjawid Ali Kosheib, sont actuellement poursuivis dans le cadre de  l’enquête de la CPI au Darfour.

Le Soudan, qui ne reconnaît pas la compétence de la CPI, a jugé jeudi que ce  mandat n’avait "aucune importance".

Le procureur de la CPI enquête depuis 2005 au Darfour, une région en proie  depuis 2003 à une guerre civile qui a fait 300. 000 morts et 2,7 millions de  déplacés, selon l’ONU.  Khartoum parle de 10. 000 morts.

Le président Béchir a en outre répondu à la secrétaire d’Etat américaine  Hillary Clinton qui l’a accusé mercredi de vouloir "saper" l’existence du Soudan  du Sud.

"Les Américains ont toujours dit qu’ils utiliseraient avec les Soudanais la  carotte ou le bâton.  Nous voulons leur dire: nous ne voulons pas de leur  carotte parce que ses racines sont empoisonnées (. . . ) et nous ne craignons  pas leur bâton", a-t-il dit.

Jeuneafrique.com avec AFP

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