Archives de la catégorie ‘Économie’

L’Iran en état de faillite prépare des mesures draconiennes

juin 12, 2013

PARIS – L’Iran se trouve dans un état de faillite et le régime a préparé des mesures draconiennes pour sauvegarder l’économie du pays, a affirmé mercredi à Paris le responsable d’un mouvement d’opposition en exil, en dévoilant des documents présentés comme émanant du pouvoir à Téhéran.

J’ai décidé de publier ces documents parce qu’ils concernent la vie de tous les Iraniens, témoignent de la situation catastrophique du pays et du complot préparé par le régime après les élections, a déclaré lors d’une conférence de presse à Paris Amir Hossein Jahanshahi, fondateur de la Vague verte, un mouvement d’opposition en exil au régime iranien.

L’un de ces documents, présenté comme un rapport du gouverneur de la Banque centrale iranienne, Mahmoud Bahmani, en date du 4 avril 2013, fait état d’une réelle menace d’effondrement économique du pays.

Le système bancaire est confronté à une double crise du crédit et des liquidités, des taux d’intérêt négatifs, et un manque de capital. Le ralentissement de l’économie déstabilise encore davantage le système et conduit les banques à être complètement dépendantes de la Banque centrale. Les carences budgétaires de la Banque centrale, qui l’empêchent de soutenir les banques, devraient conduire à la faillite de la plupart des banques, qui seront incapables de rembourser l’argent déposé sur les comptes, selon le rapport.

Celui-ci évoque le besoin d’une somme de 40 milliards de dollars nécessaires à la Banque centrale pour financer les banques iraniennes en 2013, dont elle ne dispose pas. Il fait aussi état d’un taux de chômage réel de 25,4%, qui monte à 38,8% chez les 15-29 ans.

Un autre document, daté du 10 avril et émanant du Conseil national de sécurité, préconise une série de mesures pour faire face au risque d’effondrement économique, dont une taxe de 20% sur les dépôts des clients dans les banques, la mise en place d’un système de rationnement alimentaire et le transfert de l’ensemble du système bancaire sous le contrôle des Gardiens de la révolution.

Le pays est en faillite, a résumé M. Jahanshahi. Et le régime demande que cette faillite soit payée par le peuple iranien. Alors que c’est le régime qui a provoqué cette situation, en finançant des mouvements terroristes et en tentant de construire la bombe atomique.

Les sanctions ont fait leur effet. Certes, le peuple en paye le prix mais le régime est aujourd’hui à genoux. Il est puissant par ses forces de sécurité, mais de plus en plus divisé et il suffirait d’une démonstration de force du peuple pour obtenir l’adhésion de l’ensemble des mécontentements dans le pays, a jugé M. Jahanshahi.

L’Iran a perdu 50% de ses revenus pétroliers en 2012 par rapport à 2011 en raison des sanctions internationales, selon le gouvernement. Celles-ci touchent les exportations pétrolières, de produits pétrochimiques et raffinés, la Banque centrale, les assurances ou encore le transport maritime.

Les grandes puissances soupçonnent l’Iran de vouloir fabriquer l’arme atomique sous couvert de son programme nucléaire civil, ce que Téhéran a toujours démenti.

L’inflation dépasse officiellement les 30% et la valeur de la monnaie nationale s’est dépréciée de près de 80% en un an et demi.

Pendant la campagne pour l’élection présidentielle, j’attendais que les candidats disent la vérité sur la catastrophe économique qui attend le peuple iranien, mais le sujet a été occulté. C’est pour cela que j’ai décidé de publier ces documents, a aussi expliqué M. Jahanshahi.

La Vague verte est un mouvement d’opposition créé en mars 2010, qui prône une alliance des oppositions iraniennes pour le renversement du régime de Téhéran et a annoncé la défection de plusieurs diplomates et militaires iraniens.

Romandie.com avec (©AFP / 12 juin 2013 13h50)

20 milliards de FCFA de la France pour l’assainissement de Brazzaville

juin 12, 2013

Le Congo et l’Agence française de développement (AFD) ont, dans le cadre du contrat de désendettement et de développement (CDD), conclu trois conventions d’une valeur de 20,3 milliards de FCFA pour l’assainissement des rivières de Brazzaville, a-t-on appris mercredi de source officielle.

La première convention concerne le projet visant à aménager les cours d’eaux de Makélékélé, Mfoa et Madoukou pour qu’ils drainent les eaux de pluie jusqu’au fleuve Congo.

Il va également contribuer à la mise en place d’une filière de gestion des déchets en renforçant les capacités de la mairie de Brazzaville.

D’un montant de 15, 7 milliards de FCFA, ce projet permettra aussi de réduire et d’éviter les inondations des eaux stagnantes, des zones d’érosion dans le centre ville d’ici 2015, grâce à des travaux sur certains collecteurs.

La deuxième convention porte sur l’appui à la refondation de la formation en travail. Financée à hauteur de 2,6 milliards de FCFA, elle contribuera à la formation des agents de l’action sociale, à la prise en charge de l’insertion socio-économique et à la protection des enfants, des personnes âgées et des minorités.

Elle vise aussi la prise en charge des handicaps et l’amélioration de leur situation sociale.

La troisième et dernière convention, d’un coût de 2 milliards de FCFA, est liée à un fonds d’expertise et de renforcement des capacités. Elle permettra de financer les études techniques nécessaires à la définition et à la préparation des projets futurs et d’appuyer les administrations ou structures publiques concernées par les projets de l’AFD.

Ces conventions ont été paraphées mardi à Brazzaville par le directeur du département Afrique de l’AFD, Yves Boudot, et Jean Raymond Dirat, directeur de cabinet du ministre d’Etat, ministre de l’Economie et des Finances, en présence de l’ambassadeur de la France au Congo, Jean-François Valette.

APA-Brazzaville(Congo)

Alassane Outtara impressionné par les transformations au cours au Congo

juin 10, 2013

Le président Alassane Ouattara s’est dit « impressionné » par les transformations en cours au Congo lors de la conférence de presse conjointe avec son homologue congolais Denis Sassou N’Guesso, au salon d’honneur de l’aéroport Agostino Neto de Pointe-Noire, peu avant son retour en Côte d’Ivoire le dimanche 9 juin, au terme d’une visite officielle de 72 heures au Congo.

Le chef de l’Etat ivoirien a vivement félicité son homologue congolais pour le travail accompli. « Ce que je retiens, c’est l’essor du Congo. Ma dernière visite ici date de 1997 quand j’étais directeur général adjoint du Fonds monétaire International (FMI). Et je vois à quel point le Congo est transformé. Monsieur le président, je voudrais vous féliciter et dire que c’est un exemple de reconstruction, de développement dans la paix. La paix est essentielle pour nos pays… », a-t-il affirmé, soutenant qu’il a reçu de précieux conseils du président Sassou N’Guesso pour la réconciliation des Ivoiriens et la paix en Côte d’Ivoire.

« Je me réjouis que le Congo soit en paix et nous travaillons également pour que la Côte d’Ivoire soit en paix », a poursuivi le chef de l’Etat ivoirien.

« La visite au port a été un moment fort, je vois à quel point dans quelques années on peut faire des choses à la dimension de la vision du leader, c’est un investissement de 1 milliard de dollars, 447 milliards de F CFA exactement, ça va tripler la capacité du port, ceci est impressionnant, je me félicite de l’évolution du port de Pointe-Noire et je suis sûr que ce n’est que l’un des projets que le président a en préparation pour le Congo », a-t-il ajouté.

Relevant le faible niveau des échanges commerciaux entre son pays et le Congo, en dépit des énormes potentialités dont ils regorgent, le chef de l’Etat ivoirien a plaidé pour l’accroissement de ces échanges, entre autres en produits agricoles, énergétiques (gaz).

Pour sa part, le président Sassou N’Guesso a salué l’exemple de la coopération dans le domaine du pétrole entre les sociétés pétrolières des deux pays qui travaillent ensemble au Congo.

Et pour consolider les excellentes relations entre les deux pays, il a annoncé l’ouverture en 2014 d’une ambassade du Congo à Abidjan.

Par ailleurs, du communiqué de presse publié à la fin de cette visite, il ressort que les deux chefs d’Etat ont « manifesté leur intérêt à donner une impulsion nouvelle aux relations bilatérales, à travers la convocation urgente de la session inaugurale de la grande commission mixte instituée par les deux pays, aux fins d’élargir le cadre juridique de coopération ».

En outre les deux délégations ont échangé sur des projets d’accord qui couvrent plusieurs domaines dont l’économie, le commerce, la coopération en matière financière,…etc. La commission mixte se réunira en 2014.

Les deux chefs d’Etat ont par ailleurs réitéré leur attachement au principe de concertation dans les crises : en Centrafrique, en République Démocratique du Congo, au Mali, en Guinée-Bissau, entre les deux Soudan, à Madagascar, en Somalie et au Nigéria.

APA-Abidjan (Côte d’Ivoire)

ALERTE – Le Soudan annule les accords avec le Sud sur le pétrole et la sécurité

juin 9, 2013

KHARTOUM – Le Soudan a annoncé dimanche l’annulation des neuf accords sur la sécurité et la coopération économique signés en mars avec le Soudan du Sud, mettant fin à un bref intermède d’apaisement après des affrontements à la frontière.

Nous allons annuler l’ensemble des neuf accords, pas seulement celui sur le pétrole, a déclaré le ministre soudanais de l’Information, Ahmed Bilal Osmane, lors d’une conférence de presse après la décision de Khartoum de bloquer les exportations de pétrole sud-soudanais.

Romandie.com avec (©AFP / 09 juin 2013 15h37)

Congo: Un port sec sera construit à Dolisie

juin 4, 2013

Les études de faisabilité pour la construction d’un port sec à Dolisie dans le département du Niari ont été remises le 3 juin à Brazzaville, au ministre d’Etat en charge des transports, de l’aviation civile et de la marine marchande, Rodolphe Adada.


Un port sec sera construit à Dolisie
Elles ont été réalisées par la société belge Bureau international maritime (BIMV) sur l’initiative du Conseil congolais des chargeurs (CCC). D’un coût prévisionnel de 19 milliards de francs CFA, le projet devrait permettre de décongestionner le port autonome de Pointe-Noire (PAPN), d’améliorer la fluidité du trafic, de réduire les coûts et la durée d’acheminement des marchandises.

Selon le directeur du CCC Jean Jacques Banouanina Diangoma, l’objectif poursuivi est de renforcer la compétitivité du port de Pointe-Noire et permettre au Congo de mieux jouer son rôle de pays de transit. Ce port sec sera construit sur un site de 200 hectares et comportera un scanner, un terminal à conteneurs, des moyens roulants, des hangars, des bâtiments administratifs et d’autres ouvrages.

«Il y aura un espace au terminal à conteneurs du PAPN où on laissera la marchandise en transit vers l’arrière-pays (hinterland) maximum 24heures de manière à désengorger un peu le PAPN. En fonction des prévisions, le terminal du port sec traitera au cours de la première année environ 10.000 conteneurs et le nombre progressera jusqu’à 40 et 70.000 conteneurs», a confié le responsable de BIMV, Bernard Chaidron.

Le site du port sec devrait obéir aux normes sécuritaires et de sûreté éditées par le Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires (Code ISPS). La plateforme sera reliée au Chemin de fer Congo océan (CFCO) et à la nationale n°1 (en construction) reliant les villes de Pointe-Noire et Brazzaville. Elle recevra les conteneurs scellés par les services douaniers en provenance du PAPN.

Ce port sec sera érigé à Dolisie, à environ 160km de la capitale économique congolaise et permettra à cette ville de rejouer un rôle déterminant dans l’économie congolaise, après la fermeture de la Société congolaise de bois (SOCOBOIS).

Pour le maire de Dolisie, Adam Dibouilou, la création de ce port sec représente un investissement important pour le pays. «La route reliant Pointe-Noire à Dolisie donne ses fruits puisqu’autour de Dolisie il se met en place une chaîne industrielle. Le port sec va véritablement asseoir Dolisie dans sa vocation de ville de transit et permettra la création d’emplois pour les jeunes. Nous avons déjà concédé 200hectares au projet qui aménagera 8 hectares».

Le PAPN sert de plateforme de transbordement et d’éclatement pour les cargaisons destinées à certains Etats d’Afrique centrale, notamment la République démocratique du Congo (RDC), la République centrafricaine (RCA) et le Gabon.

Le port sec se définit comme un espace où l’on réalise toutes les opérations portuaires à l’exception de celles liées aux navires.

«On présente ici tous les avantages mais il faut garder aussi à l’esprit que la création d’un port sec c’est aussi la création d’une rupture de charges. Il faut donc que ceci soit géré de la manière la plus correcte pour que cette rupture de charge ne se répercute pas trop négativement sur les coûts», a dit Rodolphe Adada.

Congo-site.com par

Au moins 119 morts dans l’incendie d’un abattoir en Chine

juin 3, 2013

Un incendie dans un abattoir de volailles situé dans le nord-est de la Chine a causé la mort d’au moins 11 personnes lundi, et d’autres personnes sont probablement bloquées dans le bâtiment, ont indiqué les médias officiels. Le sinistre s’est produit à Dehui, dans la province de Jilin.

"A 16h25 (10h25 en Suisse), en tout, 119 personnes avaient péri", a fait savoir le Bureau provincial d’information sur son compte Weibo, le twitter chinois, à propos de l’incendie survenu dans l’usine à Dehui. Quelques instants plus tôt, le même organisme, annonçant 93 morts, précisait que 54 personnes avaient également été blessées.

Plus de 300 personnes travaillaient à l’abattoir de Baoyuan quand le feu a pris, a précisé de son côté l’agence officielle Chine nouvelle, ajoutant que les secouristes sur place ignoraient combien de personnes étaient prises au piège par l’incendie.

Selon le portail internet chinois Baidu, il s’agit du pire incendie enregistré en Chine depuis plus d’une dizaine d’années.

Court-circuit

L’incendie a été causé par un court-circuit électrique, a indiqué la télévision publique chinoise CCTV sur son compte de microblog Weibo.

Les pompiers continuaient de lutter contre les flammes, selon l’agence officielle Chine Nouvelle, qui cite des sources locales. On ignorait encore si l’incendie avait pour origine un défaut d’application des règles de sécurité.

Les normes de sécurité sont parfois peu respectées en Chine, ce qui entraîne de graves accidents industriels meurtriers, notamment dans les mines et les usines.

En 2008, 44 personnes avaient été tuées par l’incendie d’une discothèque à Shenzen, près de Hong Kong, et un responsable de la police a été emprisonné pour avoir autorisé l’ouverture de la boîte de nuit, après avoir reçu un pot-de-vin.

Romandie.com

Congo: une firme malaisienne investit 570 millions d’euros dans la production d’huile de palme

juin 2, 2013

BRAZZAVILLE – La société malaisienne Atama Plantation va investir environ 570 millions d’euros sur dix ans pour produire assez d’huile de palme pour limiter la dépendance du pays, a-t-on appris dimanche auprès du ministère congolais de l’Agriculture.

L’investissement de 372 milliards de FCFA (plus de 567 millions d’euros), que Atama Plantation Sarl va consentir, prévoit une production en vitesse de croisière d’environ 720.000 tonnes par an d’huile de palme et 200.000 tonnes par an d’huile de palmistes, a indiqué Rigobert Maboundou, ministre de l’Agriculture et de l’Elevage.

La production permettra au Congo de limiter considérablement les importations d’huile végétale, d’impacter sur les prix de marché et contribuer à réduire ainsi la dépendance alimentaire du pays, a ajouté M. Maboundou.

Officiellement, le Congo a consenti 180.000 hectares à Atama Plantation Sarl, filiale du groupe malaisien Wahsoeng Corporation Berhad, pour mener ses activités agro-industrielles.

Les terres à cultiver sont surtout de vastes étendues de forêts en partie défrichées exprès pour le projet. Elles sont situées à Yengo (nord), à la lisière entre les Départements de la Sangha et de la Cuvette, à plus de 600 km de Brazzaville.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso y a planté le premier palmier, selon les images diffusées dimanche par la télévision publique. Sur place, la firme malaisienne dispose déjà d’une pépinière de 360.000 plants.

D’après les responsables d’Atama Plantation Sarl, le business plan prévoit l’utilisation de la biomasse pour la production de l’électricité pour une capacité de 6.5 mégawatts, selon un communiqué que s’est procuré l’AFP.

Notre projet s’exécutera en trois phases jusqu’en 2017, année effective de la production d’huile de palme et d’électricité, a précisé Leong Kian Ming, directeur de Atama, cité dans ce communiqué.

En 2011, le Congo avait déjà concédé 80.000 hectares de terres exploitables à un groupe de fermiers sud-africains dans deux régions du sud-ouest du pays pour la production du maïs.

Le Congo est un pays pétrolier d’une superficie de 342.000 km2, à 60% essentiellement recouvert par des forêts. La Banque Mondiale reconnaît le Congo comme numéro un dans la protection des forêts en Afrique centrale, avec un taux de déforestation de 0,2% par an.

Romandie.com avec (©AFP / 02 juin 2013 18h39)

La lutte contre la corruption coûtera 81 milliards de fcfa à la Côte d’Ivoire

mai 29, 2013

 

La Côte d’Ivoire a besoin de 81 milliards de fcfa pour promouvoir la bonne gouvernance et lutter contre le phénomène ‘’silencieux’’ de la corruption qui gangrène tous les secteurs du pays.
‘’La stratégie nationale que nous allons tirer du Plan national de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption a été évaluée consensuellement par les partenaires institutionnels nationaux et internationaux’’, a déclaré mercredi dans un entretien à APA, le Secrétaire national ivoirien à la Gouvernance et aux Renforcement des Capacités, Sindou Méïté à la fin d’un séminaire d’information sur la corruption organisé en direction des organisations de la société civile et des médias.

‘’ Toutes les actions de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption ont été évaluées autour de 81 milliards de fcfa sur 5 ans’’, a-t-il ajouté.

Pour lui, il faut aller au-delà des déclarations d’intention, pour mettre en place un ‘’vrai mécanisme de sanction qui fonctionne normalement’’.

M. Méïté s’est par ailleurs, félicité des actions déjà menées par le gouvernement qui continue de mettre en place un cadre réglementaire et législatif pour la lutte contre la corruption.

Des textes relatifs aux instruments d’identification de la corruption et la mise en place d’une haute autorité de bonne gouvernance et de lutte contre la corruption sont quasi prêts.

La mise en place de tribunaux spéciaux, a précisé Sindou Méïté, n’a pas été retenue par le gouvernement.

‘’Nous nous donnerons tous les moyens à reprendre les plaidoyers’’ a-t-il poursuivi en annonçant la mise en place prochaine d’un observatoire de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption.

‘’Il n’y aura pas d’émergence sans bonne gouvernance, il n’y aura pas d’émergence sans transparence, sans reddition de comptes, sans contrôle, sans un mécanisme efficace de sanction des faits de corruption’’, a-t-il conclu.

La Côte d’Ivoire perd annuellement plus de 300 milliards de fcfa du fait du racket et de la corruption, selon des études menées par des institutions financières internationales et d’autres partenaires au développement.

Le classement 2012 de l’Indice de Perception de la Corruption publié par Transparency International classe le pays au 130ème rang sur 180 pays avec un score de 29 sur 100.

Ce rang est en progrès par rapport au classement de 2011 dans lequel, il occupait la 154ème place sur 182 pays avec une note de 22 sur 100.

Plus de 200 membres de la société civile ivoirienne et des médias ont participé à ce séminaire organisé par le Secrétariat national à la gouvernance et au renforcement des capacités, avec le soutien du PNUD à travers le Programme d’appui à la gouvernance (PAG) et de Transparency International.

Pendant deux jours, (mardi et mercredi), ils ont travaillé autour du thème " surveiller et rapporter la corruption: outils et méthodes participatives pour les organisations de la société civile et les médias".

APA-Abidjan (Côte d’Ivoire)

Mamadou Koulibaly: "Que les élites africaines cessent de croire qu’il faut avoir des entrées à l’Elysée pour être élu président"

mai 29, 2013

Mamadou Koulibaly, président de LIDER

Mamadou Koulibali, au journal Mutations

Mamadou Koulibaly, au quotidien Mutations

Homme politique, universitaire, idéologue, en visite au Cameroun, l’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et actuel président de LIDER (Liberté et Démocratie pour la République), parti politique qu’il a fondé le 14 juillet 2011, nous livre sa vision de l’Afrique et de la Côte d’Ivoire. 

Quelles sont les raisons de votre visite au Cameroun ?

J’ai constaté qu’il y a à nouveau de la croissance économique dans les pays africains après une période de crise qui a fait croire que l’on était perdu. Cette croissance a repris, notamment grâce à la part très importante que les Chinois jouent dans l’économie africaine. Cependant, il s’agit d’une croissance principalement fondée sur l’exploitation des ressources naturelles, ce qui était déjà le cas dans les années 60, au sortir des indépendances. Il faut éviter que l’on s’achemine vers des croissances appauvrissantes. C’est la raison pour laquelle j’ai été invité par la Fondation Paul Ango Ela, afin que l’on puisse discuter de la notion d’émergence. La question fondamentale est celle de savoir qu’est-ce que l’émergence et comment faire pour que l’émergence ne soit plus un leurre que les gouvernants font souvent miroiter à leurs populations alors que dans les faits, ils s’en éloignent un peu plus chaque jour. L’émergence ne se décrète pas. Il y a un cadre, des institutions, des mécanismes qui font que des pays deviennent sans contestation possible des économies de marchés émergents.

Que penser dès lors des chiffres ?

Je ne suis pas impressionné par les chiffres qui parlent de croissance, dans la mesure où il s’agit d’une croissance appauvrissante. La source de ces chiffres ne se trouve ni au niveau des entreprises, ni au niveau de la consommation des ménages, mais plutôt au niveau du budget de l’Etat, qui est financé par l’aide publique au développement et l’exportation des matières premières qui augmentent le produit intérieur brut des Etats. Cependant, parallèlement, alors que les chiffres de la croissance sont en hausse, les populations deviennent chaque jour un peu plus pauvres, parce qu’il n’y a pas de création d’emploi et le taux d’épargne dans les différents pays baisse. C’est dangereux parce que les jeunes et les populations qui sont affectées par le chômage et la pauvreté ont le sentiment que les ressources sont détournées.

S’agissant des chiffres, on parle effectivement d’une croissance de plus de 8% en Côte d’Ivoire. Qu’en est-il effectivement ?

Si on regarde les chiffres, les performances sont réelles. Mon problème, c’est que la croissance ne peut conduire à l’industrialisation ou à l’émergence que si elle arrive à faire émerger des économies marchés, de l’entreprenariat direct. Sinon, si comme cela est le cas en Côte d’Ivoire, l’action n’est soutenue que par l’Etat, on a des Etats riches et des peuples pauvres. Une situation qui peut aboutir à des conflits à tout moment.

Vous dites donc que vous ne croyez pas en la croissance qui est brandie, dont certains médias font grand écho avec l’objectif caché de présenter un autre visage du pouvoir Ouattara ?

Je maintiens et je répète que le chiffre de 8,9% n’est pas faux. Ce qui m’intrigue, c’est que quand on dit qu’un pays fait de la croissance, c’est sur le Pib que cela se calcule. Ce qui est curieux c’est qu’en Côte d’Ivoire, avant que les entreprises qui sont au cœur du calcul de ce Pib n’aient déclaré officiellement leurs valeurs ajoutées, le gouvernement a déjà donné le Pib. C’est ce qui est louche dans le chiffre actuel. L’on fait croire qu’il y a croissance, alors que l’on n’est pas en possession des chiffres qui permettent le calcul de cette même croissance. Un second élément et pas des moindres, est que cette croissance se fait parallèlement avec l’augmentation de la pauvreté. Tenez. L’institut national de la statistique (Ins) a corroboré les chiffres du bureau international du travail (Bit) qui indiquent que le chômage a augmenté pour atteindre maintenant plus de 4 millions de personnes en Côte d’Ivoire. C’est dire que notre croissance crée des chômeurs. L’on constate également aisément la baisse du niveau de vie et du pouvoir d’achat des ménages, qui sont obligés de casser leur épargne pour joindre les deux bouts.

Est-ce à dire que la situation n’a pas beaucoup évolué au-delà des déclarations du Fonds monétaire international sur le décollage économique de la Côte d’Ivoire ?

En fait, la crise post électorale avait simplement fait chuter l’économie qui commençait à se relever depuis la tentative de coup d’Etat de septembre 2002. Nous sommes en train d’atteindre aujourd’hui le niveau de 2009. Lorsqu’on s’assied et l’on regarde les chiffres par rapport à 2010 et 2011, on voit une augmentation. Mais, quand on les compare avec ceux de 2009, c’est-à-dire sous Laurent Gbagbo, on est au même niveau. Pour résumer notre situation, il s’agit d’un pays malade, tombé en chute libre qui se relève progressivement.

Laurent Gbagbo est la Cour pénale internationale depuis bientôt deux ans, est ce que vous lui avez rendu visite ?

Non, et je ne pense pas qu’il l’ait sollicité. Nous ne sommes plus en contact.

Comment expliquez cela, vous qui avez été l’un de ses plus proches collaborateurs et un idéologue du Front populaire ivoirien (Fpi) ?

J’ai été chassé du Fpi. Alors que j’en étais le président intérimaire et que je cherchais à remobiliser les troupes en restructurant la machine et procédant à un bilan, afin de ne plus répéter les erreurs qui nous avaient conduits dans le mur, l’on m’a fait savoir qu’ «on n’attache pas bagages avec Dioula» et que je n’avais pas le droit de reformater le parti pour en faire une force d’opposition debout contre Ouattara tant que Gbagbo était en prison. Les dirigeants du Fpi ont choisi de s’enfermer dans leur sectarisme et de ne rien faire tant que Gbagbo n’est pas libéré. Je leur ai expliqué qu’on ne savait combien de temps il resterait en prison, j’ai pris l’exemple de l’Afrique du Sud, en leur disant que si l’Anc avait attendu la libération de Mandela pour se restructurer et continuer le combat, ils se seraient assis sur leurs talons pendant au moins 27 ans. Je leur ai démontré qu’il fallait que nous nous remobilisions par cercles concentriques, parce que c’était nos actions qui allaient permettre de faire libérer nos camarades, et que ce n’était pas à ceux qui étaient enfermés à Korhogo, Bouna, Boundiali de venir nous sauver, mais plutôt le contraire, mais l’on m’a répondu qu’ «en l’absence du créateur, on ne touche pas à la créature». Moi, je n’ai pas l’habitude de rester les bras ballants face à l’adversité. Je trouve les actions entreprises par le nouveau régime en Côte d’Ivoire trop destructrices pour laisser Ouattara sans opposition et sans contrepouvoir fort en face de lui. J’ai crée le parti LIDER et depuis, nous avons repris le flambeau de la lutte pour un retour à l’état de droit, pour réconcilier les populations, pour critiquer le gouvernement quand il déraille ou est dans l’erreur, pour exposer ses mensonges institutionnels et pour proposer des alternatives efficaces aux Ivoiriens.

Que pensez-vous du régime Gbagbo ?

C’est dommage. Il y a des choses que beaucoup de gens ne savent pas. Le Fpi a gouverné, mais n’a pas gouverné seul. Pendant dix ans, Gbagbo était sur le fauteuil et Ouattara gouvernait. C’est cela qui est la vérité. Le Fpi n’a jamais géré la Côte d’Ivoire seul. En 2002, Alassane Ouattara, qui n’était pas d’accord avec les résultats de l’élection présidentielle et les résultats des législatives et municipales, a crée la rébellion. Après les différents accords signés depuis Marcoussis jusqu’à Ouagadougou en passant par Lomé, Accra, Pretoria, des ministres du rassemblement des républicains (Rdr) d’Alassane Ouattara et du parti démocratique de Côte d’ Ivoire (Pdci) sont entrés au gouvernement, ainsi que des rebelles. Et chacun ne répondait qu’à sa hiérarchie politique. Après la guerre, tous les chefs rebelles ont d’ailleurs été nommés, soit dans l’armée, soit dans le corps préfectoral. Ouattara  a partagé le pays parce que les anciens rebelles l’exigeaient. Ce n’est plus un secret, c’est lui qui a fait la tentative de coup d’Etat en 2002 puis qui a organisé la rébellion. La Côte d’Ivoire a été partagée comme un gâteau. Tout ce que la Côte d’Ivoire a fait entre 2002 et 2010, c’était tout ce que Ouattara voulait.

Dès lors, vous étiez la deuxième personnalité du pays, en tant que président de l’Assemblée nationale, pourquoi vous n’avez rien fait ?

Dans les régimes présidentiels, il n’y a pas de numéro 2 du régime. Le décompte commence au numéro un et s’arrête au numéro 1. Seul le président de la République décide, le parlement n’a qu’un rôle protocolaire. Cependant, j’ai refusé de plier dès Marcoussis, mais Gbagbo a dit que c’était un médicament amer qu’il fallait l’ingurgiter pour avoir la paix. Malheureusement, Gbagbo a laissé faire tout et n’importe quoi, parce qu’il pensait que c’était le meilleur moyen de montrer sa bonne foi. L’aile lucide du parti, dont j’étais le chef de file, a été présentée comme l’aile dure et mise ainsi à l’écart. A chaque fois que je me suis opposé, certains cadres du parti allaient dire que je ne voulais pas la paix ou que je contestais son autorité. Gbagbo gouvernait par ordonnances, comme Ouattara aujourd’hui. Le résultat c’est que non seulement il n’a pas eu la paix, mais, aujourd’hui, il est en prison, laissant le pays dans le chaos, l’incertitude, entre les griffes des différentes mafias qui ont gangréné l’Etat. Nous savions depuis longtemps que c’était Ouattara qui avait réellement le pouvoir. Le Rdr est au pouvoir depuis dix ans. Ses ministres ne répondaient que de lui.

De manière concrète, quels étaient vos rapports avec l’ancien président, Laurent Gbagbo ?

A la fin du règne, il y avait quelques incompréhensions liées à la manière dont le pays était gouverné. Les tensions sont véritablement apparues lorsque j’ai compris qu’il y avait une sorte de laissez-allez au sein du parti. Certains cadres avaient des pratiques qui étaient peu conformes à l’éthique. Nominations dans les administrations, parrainage de leurs enfants dans les grandes écoles, corruption. Lorsque j’ai essayé d’en parler, l’on m’a menacé.

Est-ce que vous en voulez à Laurent Gbagbo ?

Non. Je ne saurais lui en vouloir. Je regrette simplement que nous n’ayons pas réalisé les rêves que nous avions partagés avec les jeunes Ivoiriens et les jeunes Africains. C’est ce qui m’embarrasse le plus. Cela peut laisser penser que nous avons embarqué des gens dans une aventure dont nous ne maîtrisions pas l’issue.

Est-ce que vous aviez les moyens ?

Oui, nous avions les moyens. Le budget de l’Etat était en augmentation chaque année depuis 2002. Cela veut dire qu’il y avait de l’argent dans les caisses et nous aurions pu réaliser nos ambitions. J’ai proposé dès le début de la crise que nous puissions définir une politique tel que ce fût le cas entre Berlin-Ouest et Berlin-Est. C’est-à-dire, comme la Côte d’Ivoire était divisée entre le Nord sous contrôle rebelle et le Sud sous contrôle gouvernemental, il était important que nous puissions massivement investir au Sud, dans l’amélioration des conditions de vie des citoyens, la promotion des droits de l’homme, l’amélioration des infrastructures, de telle sorte que les citoyens du Nord puissent être envieux à l’égard des citoyens du Sud. Si nous avions travaillé dans ce sens, nous aurions gagné en légitimité. Mais rien n’a été fait. La primature et la présidence étaient en rivalité pour savoir qui allait gaspiller le plus. Nos chantiers ont été abandonnés, pendant que les hommes du système s’enrichissaient et faisaient perdurer la crise plus que nécessaire.

Vous aviez l’argent, vous aviez des ambitions. Qu’est-ce qui a donc causé problème ?

Plusieurs partis politiques, entre autre le Rdr, le Fpi et le Pdci participaient au gouvernement.  Leurs principaux objectifs à chacun étaient de gérer des portefeuilles et rien d’autre.  Cette situation avait été voulue par l’accord de Marcoussis, qui portait atteinte à la souveraineté de la Côte d’Ivoire. Je l’ai rejeté et j’avais dit qu’il fallait mettre les rebelles à leur place de rebelles. L’on ne m’a pas écouté. Par la suite, l’Etat a été transformé en Etat néo-patrimonial, que les différentes formations et acteurs politiques géraient au mieux de leurs intérêts personnels, familiaux et claniques. Le programme de gouvernement pour lequel nous avions été élus en 2000 n’intéressait plus personne, même pas au sein du Fpi où les quelques irréductibles qui tentaient de rappeler leurs camarades à l’ordre étaient sommés de se taire ou faisaient office de trouble-fêtes.

S’agissant de la crise post-électorale, des zones d’ombres persistent sur un ensemble d’éléments ?

Il n’y a pas vraiment de zones d’ombre. Le président Gbagbo a cédé son pouvoir lorsqu’il a piétiné le travail effectué par l’Assemblée nationale depuis Marcoussis en signant les accords de Pretoria. C’était une énorme erreur tactique, d’autant plus que la médiation du président Thabo Mbeki aurait dû nous inciter à plus de prudence. Nous étions divisés sur la méthodologie qu’il utilisait. Le président Mbeki nous a dit : «Donnez tout ce que vous pouvez, acceptez tout et puis après, j’en fais mon affaire». Je n’étais pas pour cette approche. Je préconisais plutôt le donnant-donnant : les rebelles font un geste, l’Etat fait un geste. Mais nous avons suivi le médiateur sud-africain, et lorsque que l’Etat a tout accepté et tout donné, les rebelles ont envoyé valser M. Mbeki sans que celui-ci ne frappe du poing sur la table ou n’use de tous ses pouvoirs pour leur faire tenir leurs engagements. Il s’est laissé éjecter du processus sans un mot, après avoir tout obtenu de l’Etat de Côte d’Ivoire et rien obtenu des rebelles. A cela s’ajoute le fait que Gbagbo ait refusé de porter plainte contre la France après les événements de novembre 2004 et qu’il ait accepté d’aller aux élections sans désarmement préalable, alors que cela était clairement stipulé dans l’accord de Ouaga. Il a commis une succession des fautes graves et n’a pas tiré les leçons de celles qui précédaient.

A-t-il gagné les élections ?

Je ne suis pas le juge des élections. Mais si je ne m’en tiens qu’au résultat, je dirais non. Gbagbo a lui-même, une nouvelle fois, mis la Constitution ivoirienne de côté pour faire appel à un panel de chefs d’Etat africains afin de trancher la question de la victoire électorale. Il a indiqué que la décision de ce panel s’imposerait à tous et que si le panel déclarait qu’il avait perdu, il quitterait le pouvoir. Et le panel a conclu qu’il a perdu les élections.

Quel est le rôle de la France et de l’Onu dans la guerre en Côte d’Ivoire ?

Le France a joué le rôle qu’on lui a donné dans la crise ivoirienne. J’ai toujours dit à mes camarades qu’ils ne peuvent pas dire «oui» à chacune des étapes et venir dire «non» à la fin. En acceptant les accords honteux de Marcoussis, nous nous sommes engagés dans un tunnel avec une seule issue possible. J’ai claqué la porte de Marcoussis parce qu’il m’était intolérable de voir M. Mazeaud, alors président du conseil constitutionnel français, mettre des rebelles sur un pied d’égalité avec l’Etat de Côte d’Ivoire. En novembre 2004, j’ai préparé l’opération Dignité et lorsqu’avec nos hommes, nous avions mis en déroute la rébellion et exposé la forfaiture de la France à la face du monde après que 63 civils ivoiriens aux mains nues aient été tués par la force Licorne, Gbagbo a catégoriquement refusé de mettre un terme à la crise en portant plainte contre la France à la Cour Internationale de Justice, préférant plutôt faire l’apologie de l’armée française en soulignant à tout va son action positive. Gbagbo Laurent a été le meilleur défenseur de la France dans la crise ivoirienne. Il a tout donné aux Français. Il a renouvelé les concessions de l’eau et de l’électricité à son ami Martin Bouygues, de gré à gré. Pareil pour la téléphonie, qu’il a redonnée hors toute procédure légale à France Télecoms. Il a offert le terminal à conteneurs du port d’Abidjan à Bolloré, sans appel d’offres. Il a offert la construction des chantiers de Yamoussoukro à Fakhoury, en allant même jusqu’à lui donner des puits de pétrole. Malgré toutes nos mises en garde, il a confié l’élaboration et la gestion du fichier électoral à la Sagem. Sa campagne a été conçue et gérée par Stéphane Fouks, d’Euro RSCG. Un de ses principaux financiers était Bolloré. Il a confié ses sondages à la Sofres, entreprise française. Entre les deux tours, Gbagbo s’est même empressé d’octroyer des blocs pétroliers à la frontière du Ghana au groupe Total, comme ça, cadeau. Dans son livre de campagne de 2010, il fait l’apologie du franc Cfa, allant même jusqu’à écrire que s’il gagne les élections, il ira convaincre le Ghana, le Nigeria etc. de rejoindre la zone franc. Alors, une fois qu’on a fait tout cela, peut-on vraiment s’offusquer de l’ingérence française en Côte d’Ivoire ? Gbagbo a offert la Côte d’Ivoire à la France.

Que pensez-vous du franc Cfa aujourd’hui ?

Le franc Cfa est une monnaie inique, hier comme aujourd’hui. Toutes les économies de marchés émergents ont leurs propres monnaies et sont connectées au reste du monde par des taux de change flexibles. Tant que nous ne romprons pas avec le Cfa et ses mécanismes protectionnistes qui ne bénéficient qu’à la France, nous n’aurons ni prospérité, ni émergence. Je crois qu’au Cameroun, les gens commencent à bien comprendre à quel point cette monnaie est malsaine. Chaque fois qu’un pays de la zone franc vend quelque chose, la moitié des recettes est placée sur un compte d’opération auprès du Trésor français, dont la gestion est des plus opaques. C’est la France qui gèrent nos avoirs, qui définit à quel taux d’intérêt elle veut bien les rémunérer et qui est la seule à savoir combien nous avons réellement dans ses comptes, nos chefs d’Etat eux-mêmes ne le sachant pas de façon fiable. Par ailleurs, tant que nous restons emprisonnés dans cette monnaie, nous serons cantonnés à la marge du commerce international, parce que nos prix sont alignés sur l’euro fort, alors que les autres vendeurs, qui ont une monnaie souveraine, peuvent se montrer beaucoup plus compétitifs en adaptant le taux de change de leur monnaie en toute flexibilité.

Comparativement à Nicolas Sarkozy, la politique africaine de François Hollande a-t-elle changé ?

La politique africaine de la France m’importe peu. Ce n’est pas sur elle que nous devons travailler, mais sur nous-mêmes. Les anciens, comme Um Nyobé, Félix Moumié ou même Houphouët-Boigny, ont mené le combat de l’indépendance vis-à-vis des colons. Mais nous avons jubilé trop tôt et oublié ensuite de nous émanciper de nos Etats. Regardez la question de la terre. Quand les colons sont arrivés en Afrique, ils ont arraché la terre à nos aïeux. Puis, au moment des indépendances, au lieu de rendre la terre à ses propriétaires initiaux, ils ont préféré la donner à l’Etat, sachant bien qu’il leur suffisait de contrôler celui qui est à la tête de l’Etat pour continuer de posséder la terre. Et nos chefs d’Etat successifs refusent de changer quelque chose à cela, tout contents qu’ils sont d’être les interlocuteurs «privilégiés» de la France. Et les populations acceptent cela, concentrant leurs rancœurs contre les puissances coloniales, alors que ce sont leurs Etats qui les aliènent aujourd’hui. Il faut faire pression sur nos gouvernants pour que les Etats rendent la terre aux paysans. En ville, on peut avoir des titres fonciers, mais en zones rurales, c’est la croix et la bannière. Le sol appartient, de façon tout à fait illégitime, à l’Etat, le sous-sol aussi. Pourquoi ? Que les Etats africains rendent les terres à leurs propriétaires légitimes, qu’ils distribuent les titres fonciers pour les sols et les sous sols aux paysans et nous verrons non seulement la prospérité arriver, mais également la pression géostratégique autour de nos ressources naturelles diminuer. En effet, aujourd’hui, il suffit à la France de contrôler le président africain pour contrôler les richesses du pays. Mais si nous réformons le foncier, si nous faisons le cadastrage de nos territoires et distribuons les titres fonciers aux paysans, alors l’Etat français n’aura plus la mainmise sur nous, parce qu’il lui faudrait contrôler séparément des centaines de milliers d’individus, ce qui est impossible. Alors nous verrons, comme cela se fait partout ailleurs où ça fonctionne bien, des particuliers négocier avec des particuliers, au lieu de voir des Etats dealer avec des Etats. Nos paysans pourront vendre ou louer leurs terres, entrer dans le marché hypothécaire, emprunter, investir, devenir riches, créer des emplois. Ils seront devenus propriétaires, et la base de la prospérité, c’est la propriété individuelle.

Quelles leçons faut-il de tirer tout cela?

Il faut que les élites africaines cessent de croire qu’il faut avoir des entrées au Quai d’Orsay ou à l’Elysée pour être élu président en Afrique. C’est dans les peuples d’Afrique qu’elles doivent fonder le cœur de leur pouvoir. Respectons nos peuples. Libérons-les et responsabilisons-les. 

Mutations par Boris Berlolt, 28 mai 2013

Côte d’Ivoire/Scandale financier au District d’Abidjan: 3 milliards fcfa disparaissent des caisses

mai 27, 2013

L’affaire commence à faire grand bruit au District d’Abidjan, depuis quelques semaines. Il s’agit du détournement d’environ 3 milliards de fcfa dans des conditions non encore élucidées. Un énorme scandale financier dans lequel serait impliqué, soutiennent des sources proches du District d’Abidjan, Tiapani Dédou Philippe, ancien directeur financier du District. Limogé de son poste par le gouverneur du District d’Abidjan, Robert Beugré Mambé, à cause de ce scandale financier.

Selon un responsable du Dictrict d’Abidjan, qui a requis l’anonymat, «lorsque le gouverneur a obtenu toutes les preuves de ce détournement, il est tombé à la renverse. Il n’en revenait pas. Il a pris automatiquement la décision de démettre Tiapani Dédou Philippe et lui a même demandé de rembourser la somme détournée». Bien qu’ayant obtenu le contact de M. Tiapani Dédou Philippe, nous avons pu échanger avec l’ancien directeur financier. Est-il effectivement la tête de pont de ce scandale financier ? D’autres personnes n’y sont-elles pas impliquées ? Peut-il rembourser cette somme détournée comme l’exige M. Beugré Mambé ? Telles sont des questions auxquelles nous aurions voulu que M. Tiapani Philippe réponde. Malheureusement, il est injoignable.

Toujours selon ce responsable du District d’Abidjan, «le gouverneur Beugré Mambé n’est ni de près, ni de loin mêlé à ce scandale financier». Un fait paraît tout de même curieux, le gouverneur du District d’Abidjan n’a saisi ni la Police économique ni les Tribunaux pour cette affaire scabreuse. Au dire des sources proches du District d’Abidjan, Beugré Mambé a agi ainsi afin de préserver ses liens d’amitié avec l’ex-ministre sous le régime Bédié, Albert Kacou Tiapani, frère aîné de Tiapani Dédou Philippe. Mais surtout «parrain» politique de l’actuel gouverneur du District d’Abidjan. « Faire arrêter le petit-frère de quelqu’un à qui il doit beaucoup au plan politique constituerait une sorte d’ingratitude. C’est ce qui a freiné son élan. Mais le gouverneur a préféré se séparer de ce mauvais collaborateur », précise ce responsable du District d’Abidjan. Au-delà de tout, ce gros scandale financier démontre, une fois encore, l’ampleur de la mauvaise gouvernance et de l’impunité sous Alassane Ouattara.

Notre Voie par Didier Depry


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