Archive pour la catégorie ‘Économie’

Départ du chef de la banque du Vatican

mai 25, 2012

Le président de la Banquedu Vatican, l’Institut pour les oeuvres religieuses (IOR), Ettore Gotti Tedeschi, désavoué pour “n’avoir pas su remplir certaines fonctions de première importance”, a démissionné, a annoncé le Vatican. Le conseil d’administration de la Banque”a adopté à l’unanimité un vote de défiance de son président” à qui il a été demandé de remettre son mandat, a précisé le Saint-Siège.

La gestion de l’IOR avait déjà été critiquée au Vatican, selon le communiqué qui a souligné qu’elle avait “été motif de préoccupations croissantes ces derniers temps”. “En dépit de communications répétées à l’adresse du professeur Gotti Tedeschi, la situation s’est encore détériorée”, a constaté le Vatican. Le conseil a “adopté à l’unanimité un vote de défiance pour le président, pour n’avoir pas su remplir certaines fonctions de première importance”, a-t-il précisé.

“Je préfère ne rien dire, sinon je devrais dire des choses grossières”

Les membres du conseil ont exprimé leur “tristesse” devant les évènements qui ont conduit au vote de défiance, mais ils “considèrent que cette action est importante pour préserver la vitalité de l’institution”. Interrogé par l’agence italienne Ansa, M. Gotti Tedeschi s’est refusé à tout commentaire. “Je préfère ne rien dire, sinon je devrais dire des choses grossières”, a-t-il lâché. Le conseil de l’IOR est à la recherche d’un nouveau président.

M. Gotti Tedeschi avait été nommé en septembre 2009, précisément pour remettre en ordre les comptes de la banque qui a été au centre dans le passé de plusieurs scandales retentissants. En dépit des efforts de transparence, l’IOR a été critiqué par les médias italiens pour sa gestion depuis des années. Il a été une nouvelle fois mis en cause dans un livre récemment publié en Italie, “Sua Santita”, par le journaliste Gianluigi Nuzzi. Cette démission intervient alors que des fuites de documents confidentiels ont révélé depuis janvier la corruption dans l’administration vaticane.

Lefigaro.fr avec AFP

“La Grèce restera dans l’euro” (Tsipras)

mai 22, 2012
  • La Grèce restera dans l’euro si la gauche radicale Syriza gagne les prochaines élections législatives de juin, a affirmé aujourd’hui à Berlin le leader de ce parti, Alexis Tsipras. “Notre élection ne signifie pas que nous allons sortir de l’euro. Au contraire nous allons garder l’euro”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse conjointe avec des responsables de la gauche radicale allemande. “Je ne crois pas que le rejet du programme d’austérité signifierait une sortie du pays de la zone euro”, a-t-il ajouté. Alexis Tsipras a appelé la France et l’Allemagne à “stopper la politique d’austérité par solidarité avec le peuple grec”.

    “Nous allons essayer de trouver des solutions communes au niveau européen. Nous sommes persuadés que nous allons y arriver”, a-t-il dit, jugeant que “l’Europe a la responsabilité d’éviter une nouvelle tragédie” et évoquant la Seconde Guerre mondiale. “Nous espérons beaucoup des changements dans l’axe franco-allemand” après l’élection à la présidence française du socialiste François Hollande, a-t-il ajouté. Avant le sommet européen de Bruxelles, prévu mercredi, le chef de file de la gauche radicale grecque avait mis en garde lundi à Paris les dirigeants européens, à commencer par la chancelière allemande Angela Merkel, contre toute ingérence pour négocier un nouveau plan d’austérité.

    Le chef de Syriza, qui est crédité de 21 à 28% d’intentions de vote au scrutin du 17 juin, et à ce titre possible futur chef de gouvernement, a réaffirmé que son objectif était d’”arriver à la fin du mémorandum”, ce plan d’austérité pourla Grèce négocié par les précédents gouvernements avec la troïka (Union européenne, Fonds monétaire international et Banque centrale européenne).La France comme l’Allemagne font toutefois jusqu’ici du respect de ce mémorandum une condition au maintien dela Grèce dans l’euro.

  • Lefigaro.fr avec AFP

Suisse: la mort des abeilles coûte 25 M€

mai 22, 2012

Près de la moitié des colonies d’abeilles suisses, soit 100.000 colonies, ont péri l’hiver dernier, un triste record, selon une étude publiée aujourd’hui par les autorités helvétiques, pour qui la douceur du printemps et de l’automne 2011 ont favorisé la multiplication du parasite Varroa destructor, principal responsable de ces pertes. “L’analyse des résultats montre une image bouleversante”, indique ainsi l’Office fédéral de l’Agriculture (Ofag) qui suit depuis cinq ans la vie des abeilles. Selon les résultats de l’enquête, menée auprès de plus de 1000 ruchers de tous les cantons suisses et du Liechtenstein, près de 50% des colonies d’abeilles des apiculteurs ont péri.

Ce chiffre correspond au cumul des pertes avant la mise en hivernage début octobre 2011, les pertes hivernales jusqu’à la sortie de l’hivernage des colonies d’abeilles mi-avril 2012 ainsi que les colonies qui étaient trop faibles à la sortie de l’hivernage pour devenir une colonie de production. Tous les cantons ont été touchés par ces pertes dans une proportion plus ou moins forte. Ce sont les pertes les plus importantes enregistrées depuis que ces chiffres sont relevés systématiquement par les autorités suisses. Du point de vue financier, cela équivaut à une perte de près de 25 millions de francs suisses (20,8 millions d’euros) pour les apiculteurs.

Comme dans d’autres pays, le parasite Varroa destructor joue un rôle prépondérant dans ces pertes hivernales. L’action de cet acarien est triple : il prélève le sang de l’abeille, affaiblit le système immunitaire de l’abeille et agit comme vecteur d’autres agents pathogènes dont les virus. Selon les scientifiques, le parasite raccourcit la durée de vie des abeilles d’hiver de 5/6 mois à 2/3 mois, de sorte que la colonie ne survit pas à l’hiver. Or la douceur du printemps2011 a permis au Varroa de se multiplier rapidement, causant par la suite d’importantes pertes au sein des colonies d’abeilles. En outre, “l’automne 2011 particulièrement clément a aussi favorisé le transfert du parasite d’une colonie à une autre par la dérive d’abeilles ou par le pillage entre colonies”, soulignent les chercheurs.

 Lefigaro.fr avec AFP

Apple, la marque la plus chère du monde

mai 22, 2012
 

 

INFOGRAPHIE – Les grands noms du high-tech dominent largement le classement Millward Brown, occupant sept des dix premières places. Facebook y fait une fulgurante percée en dix-neuvième position.

Apple n’est pas seulement le groupe le plus cher du monde, avec une valorisation boursière de 495 milliards de dollars, c’est aussi la marque la plus puissante, selon le classement BrandZ-Millward Brown. Pour la deuxième année consécutive, la firme à la pomme domine largement ce palmarès, toutes catégories confondues, avec une valeur de marque de 182,9 milliards de dollars, en hausse de 19% sur un an. Apple creuse même l’écart avec ses poursuivants, loin devant IBM (115,9 milliards de dollars) et Google.Pour arriver à ces chiffres, Millward Brown prend en compte des éléments factuels, comme la capitalisation boursière du groupe, la part du bénéfice imputable à la marque - pour les sociétés qui en ont plusieurs en portefeuille, L’Oréal ou Procter & Gamble, par exemple.

Apple a réussi son positionnement premium: ses tarifs sensiblement plus élevés que ceux de ses concurrents n'empêchent pas les consommateurs de lui rester fidèles.
Apple a réussi son positionnement premium: ses tarifs sensiblement plus élevés que ceux de ses concurrents n’empêchent pas les consommateurs de lui rester fidèles. Crédits photo : SAM YEH/AFP

D’autres éléments, plus subjectifs, comme l’attachement des clients à la marque sont aussi pris en considération. Celui-ci reflète le fait qu’un consommateur n’achète pas un produit, mais une marque, quitte à la payer plus cher que la concurrence. C’est toute la valeur «premium» du haut de gamme. À ce jeu-là, Apple est très fort, avec des tarifs sensiblement plus élevés que ceux de ses concurrents. «Le soin apporté sur le produit et l’expérience client renforcent le lien d’usage avec les consommateurs», souligne Benoît Tranzer, directeur général de Millward Brown France. Si les consommateurs sont très attachés à la pomme, ils le sont encore plus à Facebook. «40% des personnes interrogées estiment accorder davantage de valeur à Facebook qu’à n’importe quel réseau social. Soit dix fois plus que le taux moyen d’adhésion», ajoute Benoît Tranzer, qui prédit une poursuite de la croissance de valeur du nom Facebook. En toute logique, le réseau social devrait faire son entrée dans le Top 10 dès l’année prochaine, au fur et à mesure qu’il gagnera de nouveaux utilisateurs. Contrairement à Google, qui a perdu une place pour glisser en troisième position. Le moteur de recherche, premier du classement pendant quatre ans, paie aujourd’hui le prix de ses investissements dans Android, qui ont infléchi sa rentabilité. Conséquence, il se fait doubler par IBM, dont la notoriété reste forte et mondiale. «Ses campagnes de publicité “Smart Planet” ont notamment eu un impact positif auprès du grand public», note Benoît Tranzer.

Le luxe français bien placé

Les utilisateurs de nouvelles technologies sont aussi prompts à brûler leurs idoles. En témoigne BlackBerry, valorisée 25 milliards de dollars en 2011 et qui pointait en 25e position, sortie du Top 100 cette année. La marque ne vaut plus que 8 milliards. Un destin similaire à ceux de Nokia et de Nintendo, elles aussi rayées du classement.

Si les valeurs technologiques sont largement représentées, les marques de luxe et plus particulièrement les françaises tirent aussi leur épingle du jeu. Louis Vuitton, à la 21e place, reste le premier représentant national dans ce classement et première marque mondiale du monde du luxe. Hermès, deuxième français, a gagné sept places au classement général pour arriver en 32e position, avec une croissance de 61 % de la valeur de la marque.

Lefigaro.fr par Elsa Bembaron

Les milliards que la Grèce doit à la France

mai 15, 2012
 
La sortie de la Grèce coûterait directement 302 milliards d'euros aux États et institutions de la zone euro, selon Fitch.
La sortie de la Grèce coûterait directement 302 milliards d’euros aux États et institutions de la zone euro, selon Fitch. Crédits photo : Kostas Tsironis/AP

Si Athènes sortait de la zone euro à la mi-juin et décidait de ne pas rembourser ses dettes, l’État français y perdrait jusqu’à 58,5 milliards d’euros, soit 895 euros par Français. La facture s’allonge au fil du temps.

Si la Grèce sortait de la zone euro, le pays entrerait dans un chaos inextricable. Elle ne serait pas la seule à souffrir: les pays de la zone euro y perdraient les milliards qu’ils lui ont prêtés depuis 2010 pour la tirer de l’ornière. En effet, Athènes ne rembourserait probablement pas ce qu’elle leur doit. Dans cette hypothèse, les deux plus grandes économies de la zone, l’Allemagne et la France y perdraient le plus.Si la Grèce faisait faillite à la mi-juin, l’État français devrait faire une croix sur 50 milliards d’euros «nets», a déclaré le ministre sortant de l’Économie François Baroin. Selon les calculs du figaro.fr, cette somme pourrait s’élever jusqu’à 58,5 milliards d’euros. Cela représente 895 euros par Français, ou encore presque 3% de ce que le pays produit en un an. L’Allemagne y perdrait directement, selon les calculs du magazine Wirtschaft Woche, 76,6 milliards d’euros et l’ensemble des institutions européennes, près de 302 milliards d’euros, d’après les chiffres publiés par l’agence de notation Fitch.

Concernant la France, le montant comprend les prêts bilatéraux accordés dans le cadre du premier plan de secours européen (11,4 milliards entre 2010 et 2011). Ce à quoi il faut ajouter la participation de la France au second programme, lancé début 2012, soit 15 milliards d’euros accordés via le pare-feu européen, c’est-à-dire le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Le tout représente 26,4 milliards d’euros d’exposition directe de la France à la Grèce.

Outre ces fonds, la France devrait combler, au moins en partie, les pertes essuyées par la Banque centrale européenne (BCE) au regard de son importance au sein de la zone euro. Au plus fort de la crise, la gardienne de la monnaie unique a en effet racheté sur les marchés pour 40 milliards d’euros de dette grecque, selon Fitch. Si Athènes faisait faillite, la BCE devrait dire adieu à cette somme. La France devrait alors la renflouer de 8,9 milliards d’euros. Selon le même mécanisme, elle pourrait avoir à recapitaliser le Fonds monétaire international (1,6 milliard d’euros).

La facture s’alourdit au fil du temps

Plus indirectement, la France pourrait avoir à refinancer le réseau des banques centrales de la zone euro, ici encore en fonction de son importance économique, soit à hauteur de 22,2 milliards d’euros (chiffre calculé par Fitch). En effet, la Banque centrale grecque a accumulé 106 milliards d’euros de contreparties financières envers ses consœurs européennes, selon l’agence de notation.

L’ardoise de l’État grec vis-à-vis de la France s’allonge au fil des mois, alors que les versements d’aide s’enchaînent. Du coup, fait remarquer un observateur, «plus une faillite grecque surviendrait tard, plus elle coûterait cher à ses partenaires». Le FESF doit encore débourser 75,9 milliards d’euros d’ici à 2014, le Fonds monétaire 28,2 milliards d’euros, selon les calculs des analystes de la banque Credit Suisse. Si la Grèce reste dans la zone euro, elle commencera à rembourser les emprunts contractés auprès de la France et de ses autres partenaires à partir de 2020… et sur une période comprise entre vingt et trente ans.

Lefigaro.fr par Guillaume Guichard

Dubaï, nouvelle valeur refuge du Moyen-Orient

mai 15, 2012


  • La tour Burj Khalifa, plus haute tour du monde, qui abrite un restaurant avec vue panoramique à plus de 800 mètres de hauteur sur l'île artificielle de Palm Island.
    La tour Burj Khalifa, plus haute tour du monde, qui abrite un restaurant avec vue panoramique à plus de 800 mètres de hauteur sur l’île artificielle de Palm Island. Crédits photo : Ayesha Daya/Bloomberg

    Trois ans après la crise financière, touristes et capitaux du Golfe affluent  dans l’émirat.

    Dans le hall en marbre blanc du Dubai Mall, le plus grand et le plus luxueux centre commercial du monde, les voitures de golf sont prises d’assaut par des femmes en abayas, la robe noire traditionnelle des émirats. Elles s’adonnent à leur passe-temps favori: le shopping. En fin de journée, on les retrouve en après-ski de fourrure dans le Mall of Emirates, jouant aux boules de neige avec leurs enfants au pied de la piste de ski en neige artificielle, la plus prisée du Moyen-Orient. Dehors, il fait 40 degrés. Hôtels et restaurants du front de mer sont bondés.

    Trois ans après la crise financière qui a précipité Dubaï au bord de la faillite, le petit émirat a renoué avec la croissance, en hausse de 5 % cette année, et retrouvé la confiance des marchés. La Bourse a gagné plus de 22 % depuis le début de l’année. Les rendements du sukuk du gouvernement de Dubaï – emprunt obligataire – arrivant à maturité en novembre 2014 sont tombés à 3,7 %, leur plus bas niveau depuis le 28 octobre 2009.

    Endettées de 100 milliards de dollars, les grandes entreprises publiques de l’émirat profitent de cette détente sur les marchés obligataires pour rembourser leurs créanciers. «La crise n’est pas finie. Dubaï doit refinancer 15 milliards de dette cette année, mais les marchés sont très bien orientés. Il ne devrait y avoir aucun problème de remboursement de dette», se félicite Khatija Haque, économiste à la banque NBD, la plus grande des Émirats.

    Dubaï n’a pas de pétrole, mais de riches voisins en quête de lieux sûrs pour passer leurs vacances et placer leur argent. «Loin de porter préjudice à Dubaï, le printemps arabe lui a profité!», se félicite Lionel Reina, patron d’Orange Business Arabia. Les Saoudiens ne vont plus en vacances sur la mer Rouge, en Égypte, ni en week-end à Bahreïn: ils viennent se détendre dans les Émirats. Le tourisme est en hausse de 16 %, les chambres d’hôtel sont pleines à 86 % et les ventes de détails – 30 % du PIB de Dubaï – explosent.

    Pour ce petit émirat, l’argent du Golfe est une bénédiction. En 2009, c’est un prêt de 20 milliards de dollars d’Abu Dhabi qui l’a sauvé de la faillite. En 2011, les pays de l’Opep ont gagné 1300 milliards de dollars grâce à la hausse du prix du baril. De quoi faire quelques emplettes en Europe, mais aussi à Dubaï, où la nouvelle donne financière suit la courbe des prix du pétrole. «On ne sait pas s’il y a eu des échanges d’actifs entre Abu Dhabi et Dubaï après le sauvetage. La transparence financière est très limitée!», se désole Nitish Bhojnagarwala, de chez Moody’s. «Quant à la garantie d’Abu Dhabi sur les dettes de Dubaï, elle est loin d’être systématique…», rappelle-t-il. Depuis 2010, Dubaï a restructuré 35 milliards de dollars de dettes – plus du tiers de sa dette -, une opération qui s’est soldée par une perte de 10 à 20 % pour les banques.

    Hôtel sous la mer 

    Cette montagne de dettes n’empêche pas le retour de la folie des grandeurs… immobilières. Dernière idée en date: ouvrir un hôtel sous la mer! «Le projet est basé sur un concept unique, une expérience inédite, qui ouvre de nouveaux horizons pour le tourisme, tout en préservant l’écosystème», affirme Drydocks World, la filiale du conglomérat public Dubai World, qui a signé un contrat, début mai, avec un mystérieux fonds d’investissements suisse, Big Invest Consult. Montant du projet: entre 50 et 120 millions de dollars.

    La nouvelle ne fait pas l’unanimité. «Plutôt que de relancer ces projets tape à l’œil, Dubaï devrait se concentrer sur son cœur de métier, le commerce, les infrastructures, les services aux entreprises», estime Amina al-Rustamani, femme d’affaire avisée, patronne de TECOM, une zone franche qui abrite les sièges régionaux de CNN, IBM ou Microsoft. «La folie immobilière était une dispersion inutile et dangereuse, estime Cyrille Fabre, du cabinet de conseil Bain. La crise a remis Dubaï sur le bon chemin: elle a fait baisser les prix, ce qui a redonné un avantage compétitif à Dubaï.»

    En attendant, l’immobilier reste le point noir de Dubaï, à l’image de la centaine de squelettes d’immeubles qui entourent la ville. Les prix ont chuté de 60 %. Le taux de vacance des bureaux atteint 50 % «Seuls quelques quartiers très prisésvoient les prix rebondir», confirmeOlivier Ghattaz, de BNP Paribas Real Estate, à Dubaï.

    La déprime du secteur n’empêche pas le lancement de nouveaux projets, s’ils ont un lien avec le tourisme de luxe. Le géant immobilier Emaar a ainsi annoncé la construction prochaine d’un musée d’art moderne et un opéra au pied de Burj Khalifa. Son concurrent Nakheel renonce à de nouvelles îles artificielles, mais démarre la construction d’une centaine de villas et de deux centres commerciaux sur l’île de Palm Jumeirah, la seule des trois qui soit habitée.

  • Lefigaro.fr  par Alexandrine Bouilhet

Alerte/Info: L’Europe met Athènes sous pression ce soir

mai 14, 2012
  • Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble. Ce week-end, les deux dirigeants ont évoqué une possible sortie de la Grèce de la zone euro.
    Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble. Ce week-end, les deux dirigeants ont évoqué une possible sortie de la Grèce de la zone euro. Crédits photo : Georges Boulougouris/EU/Georges Boulougouris

    À l’approche de la réunion de l’Eurogroupe, ce lundi soir, les dirigeants européens multiplient les déclarations sur le thème: la monnaie unique peut très bien se passer de la Grèce si celle-ci ne respecte pas ses engagements.

    Les pays de l’euro, déchirés sur les voies de la croissance et le coût de l’austérité, trouvent une quasi-unanimité sur la Grèce. Toutes institutions et capitales confondues, la pression monte sur Athènes et sur un gouvernement peut-être introuvable, mais déjà sommé de choisir entre le respect de ses engagements et l’abandon de l’euro.

    L’hypothèse d’une rupture entre la Grèce et la monnaie commune avait déjà trouvé des adeptes à la fin de l’été 2011, au plus fort des tractations entre l’ex-gouvernement Papandréou et ses créanciers. Après deux ans de renflouements et de promesses rompues, le scénario n’est plus tabou. Mais jamais jusqu’ici des responsables européens n’avaient clamé aussi fort que le «Grexit», comme on dit sur les marchés, pourrait être, après tout, la moins mauvaise ­solution.

    D’habitude consensuel, le président de la Commission, José Manuel Barroso, a ouvert le feu en assurant qu’il «vaudrait mieux» que la Grèce quitte le club monétaire si elle ne veut pas en respecter la loi. Olli Rehn, son bras droit, enfonce le clou en expliquant que la zone euro est aujourd’hui en meilleure posture pour encaisser le choc. En clair, Athènes n’aurait plus les moyens d’un chantage avec ses créanciers. Pour la zone euro, insiste le commissaire, «il n’est pas question» d’assouplir le second plan de redressement, accepté en mars.

    Du côté des capitales, l’Allemand Wolfgang Schäuble a voulu donner le «la». La zone euro, dit-il, «peut supporter une sortie de la Grèce». Et à la BCE, deux gouverneurs abondent. Si Athènes ne tient pas parole, «il n’y a plus de raison de la soutenir financièrement», avance Jens Weidmann, également patron de la Bundesbank. Depuis l’Irlande, pays lui-même sous perfusion, son collègue Patrick Honohan affirme que la Grèce «se retrouverait ipso facto hors du bloc monétaire» si elle renonçait à la parole donnée. Un tir groupé qui précède le rendez-vous de l’Eurogroupe, ce lundi soir à Bruxelles.

    Unité de façade

    Le message est plus politique que financier: il s’agit d’amener les Grecs – majoritairement attachés à la monnaie unique, d’après les sondages – à refuser leur soutien aux extrémistes et à ouvrir les yeux sur les chimères qui rendent le laxisme budgétaire compatible avec l’euro. Rien ne dit que cette manœuvre aboutira au résultat escompté. Rien ne garantit non plus qu’une sortie de la Grèce serait bénéfique pour ses partenaires, au-delà de l’échec politique qu’elle consacrerait pour la monnaie commune et l’UE tout entière. Le président du Conseil, Herman Van Rompuy, plus nuancé, note que «la solution à la crise sera toujours plus d’Europe».

    Le casse-tête grec permet au moins une unité de façade aux chefs de file de la monnaie commune. À l’Eurogroupe, deux autres dossiers risquent de les montrer sinon divisés, du moins indécis: d’abord, la conduite à tenir à l’égard de l’Espagne, visiblement incapable de tenir l’objectif d’un déficit budgétaire réduit à 3% en 2013, ensuite une partie de chaises musicales sans cesse repoussée à la tête d’institutions financières de l’UE. Sont concernés au moins quatre postes sensibles: la présidence de l’Eurogroupe (pour lequel l’Allemand Wolfgang Schäuble est candidat), la direction générale du nouveau fonds de secours permanent MES, un poste au directoire de la BCE et, pour finir, la présidence de la Banque européenne de reconstruction et de développement (Berd). Sur ce siège, Paris et Berlin divergent, au désespoir de beaucoup d’Européens. Côté français, l’absence ce lundi soir à l’Eurogroupe d’un ministre des Finances – François Baroin, titulaire sortant du portefeuille, ne s’y rendra pas – viendra ajouter à l’inertie.

  • Lefigaro.fr Jean-Jacques Mevel

Les moines feraient-ils de bons managers ?

mai 13, 2012

La vie monastique appliquée à l’entreprise

 
L'ouvrage propose d'utiliser les outils spirituels des moines bénédictins et bouddhistes zen -à commencer par la méditation.
L’ouvrage propose d’utiliser les outils spirituels des moines bénédictins et bouddhistes zen -à commencer par la méditation.

Diplômé de l’Essec, entrepreneur et coach, Sébastien Henry veut redonner du sens à l’acte managérial. Il vient de publier un ouvrage inattendu sur ce thème : Quand les décideurs s’inspirent des moines. Tout un programme.

«Prenez quelques minutes pour imaginer vos funérailles. Votre corps repose au milieu de la pièce dans un cercueil»… Voici l’un des exercices auxquels Sébastien Henry, auteur du livre «Quand les décideurs s’inspirent des moines (*)», invite nos dirigeants et managers. «Se sentir à proximité de la mort est une pratique spirituelle que l’on retrouve à la fois dans la famille bénédictine et le bouddhisme». Objectif: se recentrer sur l’essentiel.Le ton est donné. L’ouvrage propose d’utiliser les outils spirituels des moines bénédictins et bouddhistes zen -à commencer par la méditation-, pour retrouver sens et sérénité dans un quotidien pressant et stressant.

«La pratique spirituelle n’est pas forcément religieuse. Elle est ce qui nourrit l’âme, que l’on soit croyant ou pas», explique Sébastien Henry, 39 ans, spécialiste de l’accompagnement de dirigeants. «Je ne suis pas croyant au sens traditionnel du terme, mais cela fait 10 ans que je médite tous les jours, pour revenir à moi-même».

Tenté un temps par la vie monastique qui le fascine depuis ses 20 ans, ce diplômé de l’Essec a finalement opté pour l’entrepreneuriat. Son activité l’a mené en Chine et au Japon, où il a côtoyé de près les Moines zens. De cette double expérience est né ce livre publié en mars, à son retour en France.

L’ouvrage décline neuf principes de la vie monastique, transposables à l’univers de l’entreprise. Outre la prière et la méditation, véritable pilier du livre, l’auteur évoque la vie en communauté, qui ne serait pas si éloignée que cela du quotidien du dirigeant… En tant que «chef de communauté», ce dernier n’est-il est censé «aider chacun à progresser en utilisant au mieux ses ressources et ses talents, placer chaque personne au poste le plus adapté»?

Sur la solitude et le silence, l’auteur invite les décideurs à s’en nourrir comme le font les moines. «Passez 10 minutes, seul à ne rien faire, immobile», suggère-t-il. Cette nourriture de l’âme passe aussi par la lecture de textes sacrés, qui «peuvent être entièrement profanes, mais qui apportent souffle et inspiration». «Vos textes sacrés ne sont pas forcément ceux des autres», résume l’auteur, citant Marc Aurèle et François Mauriac.

L’auteur traite aussi de l’amour et la compassion, de la stabilité, ou encore de l‘obéissance.

Le pont entre les deux mondes n’est pas toujours facile à faire… Ainsi le principe de la pauvreté est-il remplacé par la «sobriété» et l’éthique dans le business. Quant à l’hospitalité monastique, sa traduction dans le monde de l’entreprise, n’est autre que «recrutement». A ce sujet, l’auteur suggère «d’enrichir votre équipe et votre entreprise en pratiquant une hospitalité réaliste»…

«Même si vous vous moquez bien des moines, je suis sûr que vous sortirez de ce livre meilleur, plein de bonnes idées à mettre en pratique», écrit Michel Bon, ancien président de Carrefour et de France Télécom, qui a préfacé l’ouvrage.

L’approche de la religion y est utilitariste, le but étant d’éviter trop de stress à nos chers dirigeants. «Ils viennent rarement me voir dans une quête de spiritualité», reconnaît volontiers le coach auteur. Pour autant, l’ouvrage peut être un pas vers davantage de sens pour les patrons et, de fait, pour leurs collaborateurs. Il est donc fortement conseillé pour nourrir la réflexion des décideurs en ces temps difficile que vit le management.

(*) Quand les décideurs s’inspirent des moines», Sébastien Henry, Édition Dunod.

Lefigaro.fr par Caroline Beyer

Andrew Moss, PDG d’Aviva, tombe à cause de son salaire

mai 9, 2012

 

  • Andrew Moss, PDG de l'assureur britannique Aviva.
    Andrew Moss, PDG de l’assureur britannique Aviva. Crédits photo : David Levenson/Bloomberg
     

    Le PDG de l’assureur Aviva, Andrew Moss, a démissionné après le vote des actionnaires contre son augmentation. À Londres, le « printemps des actionnaires » qui secoue les assemblées générales fait trembler les dirigeants.

    Le «printemps des actionnaires» dans la City a fait une victime. Andrew Moss, le patron de l’assureur britannique Aviva, a démissionné mardi, après avoir essuyé un revers historique contre sa rémunération lors de l’assemblée générale de la firme la semaine dernière. Il avait beau avoir de lui-même renoncé à une augmentation prévue de 4,6 % de son salaire annuel de 960.000 livres (1,2 million d’euros), les actionnaires ont désavoué à 54 % son package de rémunération. Prenant acte de cette humiliation, il a préféré se retirer pour tenter d’apaiser la fronde. L’action Aviva s’est aussitôt envolée de plus de 5 % à la Bourse de Londres.

    Les fat cats («gros matous»), comme on les désigne ici, rasent les murs dans la capitale européenne de la finance. Depuis des mois, leurs salaires à six ou sept zéros et leurs bonus exponentiels sont sur la sellette. L’activisme des actionnaires, remontés contre des rémunérations sans rapport avec les performances en pleine crise, la réprobation de l’opinion et le volontarisme du gouvernement en la matière se liguent pour envoyer aux patrons le message que l’heure des comptes est arrivée.

    Dans la même journée de mardi, le directeur général du bookmaker William Hill, Ralph Topping, l’a échappé de peu face à une AG mouvementée qui s’est prononcée à 49,8 % contre son augmentation de salaire de 8,3 % et un bonus de 1,2 million de livres. Un petit porteur en colère a dénoncé «le festin de la dernière chance des PDG qui essayent de prendre le plus possible tant qu’il est encore temps».

    La semaine dernière, Sly Bailey, la dirigeante du groupe de presse Trinity Mirror, a elle aussi présenté sa démission plutôt que d’avoir à affronter ce jeudi la révolte des actionnaires sur son salaire de 1,7 million de livres, tandis que l’action de l’entreprise a perdu 90 % de sa valeur depuis qu’elle en a pris les commandes.

    Projet de loi

    Vendredi, ce sera au tour des dirigeants du géant de l’énergie Centrica de faire face à la contestation d’un package de 4,3 millions de livres prévu pour son patron, Sam Laidlaw. Cette agitation n’est pas le fait d’actionnaires activistes radicaux. De gros investisseurs institutionnels mènent désormais la contestation. 32 % de ceux de la banque Barclays se sont opposés ou abstenus sur les 17 millions de livres du PDG Bob Diamond et les 2,1 milliards de bonus distribués dans la maison, trois fois plus que le montant des dividendes versés.

    «Les actionnaires exaspérés ont perdu patience, explique Sarah Wilson, dirigeante de l’association de petits porteurs Manifest. Ce n’est pas un mouvement politique mais l’exigence de meilleures performances des entreprises. Le mouvement d’occupation de la Bourse de Londres a légitimé le besoin de régulation par l’État puisque les conseils d’administration n’ont pas été capables de s’autoréguler.»

    Un projet de loi sera justement présenté ce mercredi lors du discours du Trône. L’une de ses dispositions les plus controversées risque cependant d’être abandonnée: elle prévoyait d’exiger l’approbation des plans de rémunération par une majorité des trois quarts des actionnaires. Mais la loi devrait rendre contraignant le vote des assemblées générales, jusqu’à présent simplement consultatif.

    En attendant, ce «printemps des actionnaires» ne fait que bourgeonner. L’association de retraités FairPensions vient de lancer une campagne pour que tous les retraités, genre veuves écossaises, fassent entendre leur voix contre les rémunérations excessives. Les salaires des dirigeants anglais ont bondi de 49 % en un an.

  • Lefigaro.fr par Florentin Collomp

La Chine lorgne les réserves d’hydrocarbures de l’Arctique

avril 19, 2012
Le premier ministre chinois Wen Jiabao est en visite officielle en Europe du Nord du 20 au 27 avril.

L’Arctique et ses réserves d’hydrocarbures sont au centre de la visite officielle du premier ministre chinois Wen Jiabao en Europe du Nord du 20 au 27 avril.Islande, Suède, Pologne et Allemagne, chaque étape revêt en effet une signification particulière pour Pékin.

L’Islande a été le premier pays d’Europe occidentale à reconnaître à la Chine le statut d’économie de marché et à engager avec elle des négociations sur une zone de libre-échange. Cette fois-ci, Wen Jiabao va y faire miroiter des projets d’investissements mais, surtout, il veut y signer des contrats concernant l’exploitation de la géothermie.

En Pologne, troisième étape de son périple, il compte renforcer les liens de l’empire du Milieu avec les pays d’Europe centrale (Peco) à l’occasion d’un forum économique. Ce sont des «marchés prometteurs, d’une position géographique avantageuse, d’une main-d’œuvre qualifiée et d’une demande énorme en matière de construction d’infrastructures», rappelle Jiang Yaoping, vice-ministre du Commerce chinois.

Quant à l’Allemagne, dernière étape, c’est presque une visite de routine. Le premier ministre visitera la Foire de Hanovre. Une manière de bien marquer que ce pays est le plus grand partenaire de la Chine sur le Vieux Continent, avec des échanges commerciaux en hausse de 18 % l’an dernier, à 169,15 milliards de dollars, soit 30 % du total réalisé avec l’Union européenne.

Mais c’est en Suède, deuxième pays visité après l’Islande, que Wen Jiabao veut surtout pousser ses pions. Ce pays ne figure qu’au huitième rang des partenaires commerciaux de la Chine et la coopération entre Pékin et Stockholm a, jusqu’à présent, tourné autour des hautes technologies. Or aujourd’hui la Chine veut la recentrer sur les économies d’énergie et la protection de l’environnement. Elle devrait d’ailleurs signer un mémorandum d’entente sur ces deux sujets. Et ce n’est pas par hasard.

 

Premier consommateur

La Suède est, tout comme l’Islande, membre permanent du conseil de l’Arctique, un forum intergouvernemental de coopération auquel siègent également le Canada, la Russie, la Norvège, le Danemark, les États-Unis et la Finlande. Pour la Chine, premier consommateur d’énergie dans le monde, qui engloutira 3 milliards de tonnes d’équivalent pétrole en 2015 selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), soit 21 % de la consommation mondiale, l’Arctique est un véritable Eldorado.

Ses réserves pétrolières sont estimées à 90 milliards de barils et à 30 % des ressources en gaz de la planète encore non découvertes, selon des études géologiques américaines. Pékin, qui brigue un siège d’observateur au sein du conseil de l’Arctique, n’a jamais caché souhaiter se «préparer à son exploitation», selon Cui Hongjian, de l’Institut chinois d’études internationales. Et d’ajouter: «l’Arctique est un domaine public».

La Russie, le Canada et la Norvège y sont hostiles. C’est pourquoi Pékin compte tant aujourd’hui l’appui de la Suède et de l’Islande. Islande à qui la Chine promet d’être son grand port d’attache si le recul de la calotte polaire permet, comme on le pense, d’ouvrir en été une nouvelle route maritime raccourcie à 6.400 kilomètres pour le transport de fret entre Shanghaï et l’Europe.

Lefigaro.fr par Arnaud Rodier


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