Archive pour la catégorie ‘Religion’

Vatican: aucun cardinal suspecté

mai 28, 2012
Aucun cardinal n’est suspecté dans le cadre des fuites de documents secrets du Saint-Siège, a affirmé aujourd’hui le porte-parole du Vatican en réponse aux informations de presse affirmant qu’un cardinal figure parmi les taupes à l’origine de ces fuites.”Je démens de façon catégorique. Aucun cardinal n’est suspecté (…) ni italien ni étranger”, a déclaré la père Federico Lombardi lors d’une déclaration à la presse.
Le pape est “bien évidemment informé” des développements de cette affaire qui a conduit à l’arrestation de son majordome Paolo Gabriele, et est “conscient qu’il s’agit d’une situation délicate que traverse la Curie”, a encore affirmé le porte-parole. La ligne souhaitée par le pape est “la transparence”, a-t-il dit.

La commission de cardinaux mise en place par le pape pour enquêter sur cette affaire “continue ses travaux, mène ses entretiens dans les temps requis par l’enquête et n’a pas l’intention de se laisser conditionner par la pression médiatique”, a-t-il encore affirmé.

“Un cardinal a guidé le corbeau”, a titré lundi matin le quotidien romain Il Messaggero, tandis que le grand journal milanais Corriere della Sera a fait sa manchette avec le titre: “un cardinal parmi les corbeaux”.

La gendarmerie vaticane avait arrêté M. Gabriele et trouvé des documents confidentiels à son domicile, un mois environ après la création de la commission d’enquête chargée d’élucider l’affaire des fuites qui secouent le petit État depuis le mois de janvier.

Il n’aurait pas agi seul et plusieurs médias vont jusqu’à affirmer qu’une vingtaine de personnes pourraient avoir passé des documents à l’extérieur du Vatican.
Un livre du journaliste Gianluigi Nuzzi publié il y a huit jours en Italie contient un nombre sans précédent de documents confidentiels illustrant de nombreux débats internes, par exemple sur la situation fiscale de l’Église et divers scandales.
Ces documents n’apportent pas de grandes surprises, mais révèlent les venins et les rancœurs entre divers cardinaux, chacun s’en remettant au pape et l’assurant de sa loyauté.

Lefigaro.fravec AFP

 

Benoît XVI «affligé» d’avoir été trahi par son majordome

mai 27, 2012
Benoît XVI, mercredi, jour de l'arrestation de son majordome.
Benoît XVI, mercredi, jour de l’arrestation de son majordome. Crédits photo : Andrew Medichini/AP 
 

Paolo Gabriele, incarcéré depuis mercredi, a été officiellement inculpé samedi pour «possession illégale de documents secrets». Une enquête est en cours pour établir si l’homme disposait de complices.

Jusqu’à mercredi, Paolo Gabriele était l’un des plus proches collaborateurs du pape. Majordome de Benoît XVI depuis 2006, il est l’un des rares laïcs à avoir accès aux appartements pontificaux: il lui servait ses repas, l’aidait à s’habiller et pouvait se rendre dans les pièces du Vatican auxquelles l’accès est strictement limité. En l’espace de quelques heures, le fidèle serviteur du Pape est devenu l’ennemi public du Vatican. Arrêté mercredi pour possession illégale de documents confidentiels retrouvés à son domicile, il est accusé d’avoir transmis ces données sensibles à des médias italiens en janvier et février derniers. Un délit équivalent à l’atteinte à la sécurité de l’État au Vatican. S’estimant trahi par son auxiliaire, Benoît XVI se dit «affligé» et «choqué».

Identifié vendredi par les médias italiens comme l’auteur de la fuite, Paolo Gabriele a été officiellement inculpé par la justice vaticane samedi. Le communiqué du parquet précise qu’une enquête approfondie allait être menée pour établir si l’homme, âgé de 46 ans, avait disposé de complices qui l’auraient aidé à diffuser les documents. Certains commentateurs de la presse italienne ont exprimé leurs doutes quant à une action isolée de la part de Paolo Gabriele, qu’ils soupçonnent de n’avoir été qu’un pion dans une lutte de pouvoir plus large au sein du Vatican.

Le majordome risque 30 ans de prison

Paolo Gabriele a choisi deux avocats pour se défendre. En l’absence de prison vaticane, l’ancien majordome était détenu samedi dans l’une des trois «salles sécurisées» contrôlées par la gendarmerie du Vatican. Paolo Gabriele est passible d’une peine de 30 ans de prison pour avoir possédé illégalement des documents appartenant à un chef d’État. S’il est reconnu coupable, il sera vraisemblablement détenu dans une prison italienne à la suite d’un accord entre l’Italie et le Vatican.

Parmi les documents qui ont fuité figurent des lettres adressées personnellement à Benoît XVI par l’archevêque Carlo Maria Vigano, ancien numéro deux des services administratifs du Vatican. Les courriers montraient que l’archevêque avait été muté comme nonce apostolique – l’équivalent d’un ambassadeur – à Washington après avoir révélé l’existence d’un large réseau de corruption, de népotisme et de favoritisme lié à des contrats signés à des prix gonflés avec des partenaires italiens. D’autres pièces évoquent des conflits internes concernant l’Institut des œuvres religieuses (IOR, la banque du Vatican), dont le président Ettore Gotti Tedeschi, accusé de «mauvaise gouvernance», a été limogé jeudi. Enfin, certains fax ultrasecrets dont le Pape était le destinataire évoquent les scandales sexuels chez les Légionnaires du Christ ou les négociations du Vatican avec les intégristes.

Par Figaro.fr

Accident dans un lieu de culte évangelique, un enfant tué

avril 9, 2012

PARIS (Reuters) – Une fillette de six ans a été tuée dimanche lorsqu’un plancher s’est effondré dans un pavillon servant de lieu de culte à une Eglise évangélique près de Paris, a annoncé la préfecture de Seine-Saint-Denis.

L’accident, survenu pendant un office en ce dimanche de Pâques, a fait en outre une douzaine de blessés, dont deux graves, selon un bilan provisoire, a-t-on ajouté de même source.

Quelque 150 pompiers et sauveteurs ont été dépêchés sur place, à Stains, à la limite avec la commune de Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis).

Plus d’une centaine de personnes participaient à l’office, au premier étage de ce lieu de culte fréquenté notamment par la communauté haïtienne.

“C’est un bâtiment neuf, rez-de-chaussée plus un (étage), bien entretenu”, a déclaré à la presse le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert. “C’est à l’enquête de déterminer s’il y eu surcharge ou trop de mouvement”.

Une enquête a été ouverte pour “homicides involontaires et blessures involontaires aggravés” et deux personnes, le pasteur de la communauté ainsi que le propriétaire du bâtiment, ont été placées en garde à vue dans la soirée, a-t-on appris de source judiciaire.

L’enquête a été confiée au Service régional de police judiciaire (SRPJ) de Seine-Saint-Denis ainsi qu’à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP) à Paris.

Nicolas Sarkozy a appris le drame “avec une très vive émotion et une profonde tristesse”, dit la présidence de la République.

“Dans ces moments difficiles, le chef de l’Etat tient à adresser à la famille de la victime ses condoléances attristées et à exprimer à toutes les personnes touchées par ce drame, ainsi qu’à leurs proches, sa solidarité personnelle et celle de la Nation toute entière”, lit-on dans le communiqué de l’Elysée.

Reuters

Un miracle attribué à Jean Paul II pourrait accélerer sa canonisation

mars 8, 2012

Un miracle attribué à Jean Paul II, survenu depuis sa béatification le 1er mai dernier, pourrait permettre de le faire saint rapidement, assure jeudi le magazine italien Panorama, affirmant s’appuyer sur une documentation parvenue au Vatican.

Interrogé, le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, s’est refusé à tout commentaire et à toute confirmation, soulignant que seule la signature d’un décret par la Congrégation pour la cause des saints peut faire foi en la matière.

Selon Panorama, une guérison miraculeuse est survenue quelques semaines seulement après la béatification triomphale du pape polonais sur la place Saint-Pierre.

Ce miracle présumé, sur lequel Panorama ne divulgue aucun détail, a été signalé au postulateur (défenseur) de la cause de canonisation de Karol Wojtyla, le prélat Slowomir Oder, et a été choisi avec soin parmi quatre signalements de guérison, selon l’hebdomadaire.

D’après lui, le dossier est déjà à l’étude des experts de la Congrégation pour la cause des saints, et devrait, une fois l’instruction terminée, passer devant ses commissions médicale et théologique.

Trois critères sont essentiels pour reconnaître un miracle: la guérison doit avoir été instantanée, être durable et ne pas être explicable scientifiquement.

S’il n’y avait pas d’obstacles, la canonisation pourrait même intervenir dans l’espace d’un an, estime le magazine.

Le processus de béatification (étape ultime avant la canonisation) de Karol Wojtyla avait été mené de façon accélérée, seulement six ans après sa mort.

Beaucoup de fidèles catholiques voudraient que ce pape très médiatique et populaire soit proclamé saint au plus vite.

AFP par Patrick Hertzog

Québec: prison pour un prêtre pédophile

février 10, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlUn prêtre québécois de 71 ans a été condamné vendredi à Québec à trois ans de prison pour des agressions sexuelles contre 13 garçons mineurs perpétrées entre 1973 et 1985. Le père Raymond-Marie Lavoie, religieux rédemptoriste, avait plaidé coupable en juillet dernier, ce qui a évité aux victimes d’avoir à témoigner sur les abus subis au Séminaire Saint-Alphonse, à Saint-Anne-de-Beaupré.
A l’issue de l’audience, son défenseur, Me Serge Goulet, s’est dit satisfait du verdict, selon des images transmises par la chaîne publique Radio-Canada. L’accusation, qui avait réclamé huit ans, a annoncé qu’elle allait faire appel.
La juge avait d’une part estimé que les risques de récidive étaient faibles et d’autre part que la position d’autorité du prêtre à l’époque des faits était une circonstance aggravante. Le prêtre est poursuivi aussi au civil, les victimes souhaitant obtenir d’importants dommages et intérêts.
L’Eglise catholique est éclaboussée depuis plusieurs années par une série de révélations d’abus sexuels commis en son sein contre des mineurs et souvent occultés par l’institution. Au Canada, plusieurs groupes de victimes ont obtenu des dommages intérêts atteignant au total des millions de dollars.

Lefigaro.fr

Assassinat d’une religieuse en RDC

février 10, 2012

La République démocratique du Congo étonne et continuera d’étonner.  Une religieuse de la Congrégation des Soeurs ou Fille de la charité de Jésus et Marie a été assassinée à Kananga. Elle a été poignardée, sans scrupule, par ses assassins cyniques à 13h00 au bureau de l’école de Bwena Muntu. Elle était chargée de préparer le dispositif pour la Marche des chrétiens prévue le 16 février, organisée par l’Église catholique. Cette manifestation s’inscrit pour la restauration d’un état de droit en RDC. Car ce pays est en perpétuel violation des droits humains où le citoyen ne peut pas faire prévaloir ses droits à la contestation d’un système anti-démocratique.  Les citoyens sont devenus des bêtes de pâture que l’on tue comme des poulets et des cabris.

Adresse mes condoléances à la Congrégation des Soeurs ou Fille de Jésus et Marie pour cette mort gratuite.

Que Dieu ait son âme !

Bernard NKOUNKOU

RDC : le cardinal Monsengwo, l’indigné de la République

janvier 27, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlDepuis qu’il a contesté les résultats de la présidentielle en  République démocratique du Congo, déclenchant l’ire du pouvoir, l’archevêque de  Kinshasa est victime de lynchage dans les médias officiels congolais. Mais le  cardinal Laurent Monsengwo en a vu d’autres…

Le 12 janvier, au terme d’une assemblée plénière de trois jours, la  Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a publié à Kinshasa un « message aux  fidèles catholiques et à l’ensemble du peuple congolais ». Elle y conteste la crédibilité des résultats de la  présidentielle du 28 novembre dernier et apporte tout son soutien au  cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, critiqué avec virulence par le pouvoir  depuis sa déclaration similaire, le 12 décembre. En novembre 2010,  quelques jours avant qu’il ne soit créé cardinal par Benoît XVI, il déclarait à  des confrères : « Je n’aurai pas peur d’annoncer l’Évangile. Je n’aurai pas  peur de dénoncer, bien qu’en des termes courtois, mais des termes fermes,  suffisamment clairs. »

Après sa sortie remarquée du 12 décembre, le prélat prenait le chemin de  Rome. Certains y ont vu une convocation du pape pour lui remonter les bretelles. « Ce n’est pas vrai, confie l’un de ses proches. Benoît XVI savait déjà que  le cardinal allait prendre cette position. Radio Vatican a réservé un large écho  à ses propos. Ensuite, il a été nommé, au cours de ce déplacement, membre du  Conseil pontifical de la culture et de la communication. » Revenu à  Kinshasa, l’archevêque a suivi, « d’abord sereinement », le lynchage  médiatique orchestré par le pouvoir. Puis « il a été peiné de voir  certaines personnalités pour lesquelles il avait du respect passer à la  télévision nationale pour débiter des inepties », selon un membre de son  entourage. La contre-offensive est arrivée le 7 janvier. Dans l’avant-midi  de ce jour-là, une messe est célébrée à la paroisse Saint-Joseph, à Matonge.

Jusqu’où peut aller Monsengwo en  RDC

L’abbé Pierre Bosangia lit une homélie au ton ferme : « S’il est vrai  que “toute autorité vient de Dieu” [...], il n’en est pas moins vrai que tout  exercice de l’autorité ne vient pas de Dieu. Car, on le sait, l’on ne peut obéir  qu’à une autorité légitime et à des lois justes, et non, par exemple, à une  prescription issue de la tricherie. » Cette homélie a-t-elle été inspirée  par le cardinal ? « Non, répond l’un des concepteurs du texte. C’est le  fruit d’une concertation au niveau de l’archevêché, à laquelle des laïcs ont  également participé. » Jusqu’où le primat peut-il aller ? « Pas plus  loin que la dénonciation de l’imposture et de la tricherie. Le dernier mot  appartient au peuple », souligne notre interlocuteur.

Dans les années 1990, en sa qualité de président de la Conférence épiscopale  du Zaïre, l’actuel cardinal avait présidé les travaux de la Conférence nationale  souveraine, jusqu’à devenir président du Haut Conseil de la République-Parlement  de transition. Il dut essuyer de nombreuses critiques. On l’accusait de  rechercher une troisième voie, un troisième homme qui ne devait être ni Mobutu  ni Tshisekedi, mais Kengo wa Dondo (la même accusation a été  reprise par les kabilistes). Pourtant, affirme l’ancien ministre des Affaires  étrangères Kamanda wa Kamanda, « il voulait simplement trouver une voie  médiane entre le radicalisme de Tshisekedi et l’intransigeance des faucons  mobutistes ».

Ses relations avec Laurent-Désiré Kabila n’ont pas été des meilleures. À  l’époque archevêque de Kisangani, il se vit plus d’une fois confisquer son  passeport. Avec l’actuel président, c’est un autre type de relations, mi-figue,  mi-raisin. Les moments les plus critiques restent la dénonciation par le  cardinal, en février 2011, de la révision constitutionnelle. Et  son absence remarquée aux cérémonies marquant le 10e anniversaire de  l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. À bientôt 73 ans, le cardinal, féru  de musicologie et polyglotte (il parle quatorze langues), est plus que jamais  combatif.

Jeuneafrique.com par Tsitenge Lubabu

Plusieurs archevêques africains en pointe face aux violences et aux fraudes

janvier 13, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlPlusieurs archevêques africains ont adopté des positions en  pointe face aux violences religieuses et aux fraudes politiques et économiques,  conformément aux directives du Vatican, même si Rome s’inquiète de certaines  dérives du clergé en Afrique.

Au Nigeria, le cardinal de Lagos Anthony Okogie et l’archevêque d’Abuja, John  Onaiyekan, ont clamé haut et fort qu’il n’y avait pas de guerre de religion,  désavouant les appels à la vengeance, et critiquant la faiblesse du gouvernement  et ses mesures économiques.

En République démocratique du Congo, le cardinal Laurent Monsengwo a contesté  dès décembre les conditions du scrutin ayant réélu Joseph Kabila, comme  “conformes ni à la vérité ni à la justice”.

La conférence épiscopale, dans un message intitulé “le courage de la vérité”,  a demandé que les erreurs dans les résultats des présidentielles et législatives  soient “corrigées”, sans demander l’annulation des scrutins, dans une situation  à haut risque.

Au Sénégal, le cardinal Adrien Sarr a critiqué le gouvernement pour ne pas  faire assez pour la paix en Casamance.

Au Burkina Faso, l’archevêque de Ouagadougou, Philippe Ouédraogo, a indiqué  que les évêques s’opposaient à une révision de la Constitution qui permettrait  au président Blaise Compaoré de briguer un nouveau mandat.

Au Cameroun, le cardinal à la retraite Christian Tumi, non suivi par tous les  autres évêques, dénonce la corruption du régime du président Paul Biya.  Il a  reçu en novembre le prix de l’intégrité de l’ONG Transparency International  (TI).

Le pape Benoît XVI avait remis en novembre aux évêques l’exhortation du  synode africain de 2009 leur recommandant de s’engager pour la réconciliation,  la justice et la paix, au delà des clivages ethniques.

Le document du synode, influencé par le génocide du Rwanda en 1994 où les  réflexes ethniques l’avaient emporté même dans le haut clergé, cherche à  introduire la clarté dans l’engagement politique de l’Eglise: il recommande  d’abord un engagement non partisan pour former les jeunes générations à la bonne  gouvernance et rappeler des valeurs de l’Evangile.

“la voix des sans voix”

L’Eglise africaine, “qui a oeuvré fortement à la démocratisation des années  90, a encore un grand rôle à jouer pour les droits de l’Homme et la justice  économique”, a expliqué à l’AFP Mario Giro, expert africain de la Communauté  Sant’Egidio.

Si leur prestige de patriarches rend les prélats africains parfois  redoutables pour les dictateurs, leur rôle, selon le père togolais Ballong Wen  Mewuda de Radio Vatican, ressemble parfois à une “mission impossible”.

“L’évêque doit être la voix des sans voix et dire à la société ce qui ne va  pas.  La génération des évêques actuels en est plus consciente, mais les  problématiques sont souvent plus complexes qu’après les indépendances”, dit-il.

Certains évêques mènent grande vie, sont parfois démis pour corruption et  affaire de moeurs, comme ces dernières années les anciens archevêques de Cotonou  et de Bangui, Marcel Honorat Agboton et Paulin Pomodimo.

Surtout leurs liens avec les pouvoirs -confortés par des liens de parenté ou  parfois des mallettes de billets–, leurs ethnies ou parfois avec des  gouvernements étrangers font qu’ils peuvent être manipulés et sortir de la  neutralité.

Ainsi, les évêques du Gabon sont souvent jugés dociles face au président Ali  Bongo.  Dans certains pays, faute de candidats autochtones sûrs, le Vatican  nomme parfois des évêques missionnaires, blancs.

Dans d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, les évêques sont apparus très  divisés face aux crises politiques, et le Vatican a eu fort à faire pour définir  une ligne claire.

“Malgré des exemples de courage, la qualité moyenne des évêques a chuté,  alors que le rôle des laïcs est plus positif.  Les grandes figures des années 90  ont disparu.  Ils ont des problèmes de discipline, le Vatican est en train de  faire un nettoyage”, juge une source proche du Vatican qui a requis l’anonymat.

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : l’Église divisée face au bras de fer Kabila-Tshisekedi

janvier 4, 2012

Le 12 décembre, l’archevêque de Kinshasa a mis en doute la crédibilité des résultats de la présidentielle congolaise, contre l’avis de sa hiérarchie. Et mis en lumière les divisions de l’Église catholique de RDC.

Appauvrie, divisée, l’Église catholique congolaise a bien du mal à parler d’une seule voix. La preuve : la cacophonie ambiante, depuis le 4 décembre dernier. Ce jour-là, alors que les premières contestations des résultats partiels de la présidentielle du 28 novembre annoncés par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) se font entendre, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) publie une déclaration. Les évêques parlent de leurs 30 000 observateurs électoraux déployés « sur une bonne partie de l’étendue du territoire congolais », mais qui n’ont pu couvrir que « 23,9 % des bureaux prévus ». Ils relèvent « des irrégularités, des tentatives de fraude et des violences ». Les choses n’en restent pas là.

Le 12 décembre, le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, monte au créneau. Se basant sur des résultats rendus publics par la Ceni trois jours plus tôt, il met en doute la crédibilité du scrutin et estime que les résultats publiés ne sont pas « conformes à la vérité et à la justice ». Il recommande « aux contestataires d’interjeter appel et de recourir aux voies de droit ». Or, le 4 décembre, Mgr Nicolas Djomo, évêque de Tshumbe et président de la Conférence épiscopale, avait clairement indiqué que l’Église de RDC n’avait pas pour rôle de publier des résultats.

Sous Mobutu déjà, une relation avec des hauts et des bas

Les passes d’armes entre les cardinaux et le pouvoir ne datent pas d’aujourd’hui. La plus célèbre des batailles a opposé, de 1972 à 1975, le président du Zaïre, Mobutu Sese Seko, au cardinal Malula. Pomme de discorde : la politique du retour à l’authenticité prônée par Mobutu. La querelle atteint son point culminant lorsque le chef de l’État, en voyage à l’étranger en février 1972, décide que le prélat doit quitter le pays avant son retour. Malula doit alors s’exiler pendant trois mois au Vatican. Ce qui n’empêchera pas une réconciliation entre les deux hommes. Lors de son jubilé, en 1984, le cardinal annonça publiquement avoir reçu un généreux cadeau de Mobutu. Quant au cardinal Etsou, successeur de Malula, il avait mis en doute la crédibilité des résultats du second tour de la présidentielle de 2006, remportée par Kabila face à Jean-Pierre Bemba.

Les déclarations de Monsengwo ont deux conséquences. D’abord, elles lui attirent les foudres du pouvoir, comme ce fut déjà le cas en février lorsqu’il avait dénoncé la révision de la Constitution ayant débouché sur le principe d’une présidentielle à un seul tour. Ensuite, Monsengwo se retrouve isolé dans la mesure où la Conférence épiscopale ne le soutient pas publiquement. Pour Aubin Minaku, secrétaire général de la majorité présidentielle, le primat n’a eu que ce qu’il méritait. « Je reste convaincu que l’Église catholique peut jouer un rôle dans ce pays, notamment en matière d’éducation civique, reconnaît-il. Mais en période électorale, elle doit se contenter de prodiguer des conseils neutres. La position du cardinal Monsengwo est partisane. »

Le politologue Mwayila Tshiyembe voit dans les différentes déclarations de l’archevêque de Kinshasa plus qu’un simple coup de gueule. Selon lui, le prélat veut « rester dans l’Histoire comme garant de la légalité, après être passé à côté du dialogue intercongolais au début des années 2000. Il veut se réapproprier les idées et le combat de la Conférence nationale souveraine de 1992, qu’il avait dirigée. »

Mamelles du pouvoir

Sur cette question du manque de transparence de l’élection du 28 novembre, l’Église a montré son visage habituel : celui de la division. L’abbé José Mpundu en est conscient. Curé, doyen d’une paroisse à Matete, une commune populaire de Kinshasa, il ne mâche pas ses mots : « La hiérarchie de l’Église a toujours été du côté du pouvoir. Les loups ne se mangent pas entre eux. » Évoquant le processus électoral, l’abbé Mpundu déplore le « manque d’organisation et d’efficacité » de l’Église, qui n’a mobilisé « que » 30 000 observateurs alors qu’il y avait plus de 60 000 bureaux de vote. Pourtant, souligne-t-il, vu sa très large implantation à travers le pays, elle aurait dû être présente partout. Un autre prêtre, l’abbé Richard Mugaruka, professeur aux Facultés catholiques de Kinshasa, abonde dans le même sens : « La Conférence épiscopale a fait des déclarations sans aucune stratégie de communication, soutient-il. La seule conclusion à tirer, après le constat du mauvais déroulement de l’élection, aurait dû être l’invalidation et l’annulation. Quant au cardinal Monsengwo, il a personnalisé le débat. S’il avait mis ses propos dans la bouche du bas clergé, qui côtoie au quotidien les 70 % des Congolais qui souffrent, ils auraient eu un autre retentissement. »

Les divisions au sein de l’Église catholique se traduisent, concrètement, par une rupture de fait entre le haut et le bas clergé, ce dernier accusant le premier d’être nourri aux « mamelles du pouvoir ». Les évêques, dans un contexte de pauvreté extrême, choisissent ce qui peut assurer leur survie. Transformés par la force des choses en présidents-directeurs généraux sans base, beaucoup posent des actes individuels sans recourir à une base qu’ils ne maîtrisent plus tout à fait. Selon l’abbé Mugaruka, cette Église, devenue la « propriété privée d’une cinquantaine de personnes », souffre des mêmes maux que le reste du pays : tribalisme, corruption, mauvaise gouvernance, impunité… Et elle a hérité des pratiques coloniales qui la rendaient très proche de l’administration et des milieux d’affaires. S’il admet que l’Église catholique congolaise aspire au changement, il constate un manque d’idées fortes pour une action digne de ce nom. Richard Mugaruka signale un autre aspect dont on ne parle pas assez : la révocation pour mauvaise conduite ces dernières années, par le Saint-Siège, d’une dizaine d’évêques congolais.

Ouailles

Il fut une époque où l’Église était en mesure de suppléer les carences du gouvernement en menant des actions sociales. Aujourd’hui, la paupérisation est telle qu’elle n’est plus capable de jouer ce rôle. C’est la conséquence du départ des différentes congrégations étrangères qui la finançaient et de l’apparition de nombreuses organisations non gouvernementales. Cela réduit l’impact de son discours sur les ouailles. D’où, peut-être, une perte de crédibilité qui fait le bonheur, depuis plusieurs années, des Églises évangéliques.

Jeuneafrique.com par Tshitenge Lubabu

Magasins chrétiens incendiés dans le nord-est du Nigeria, des centaines de gens fuient

décembre 26, 2011

Des magasins tenus par des chrétiens ont été incendiés et des centaines de gens fuyaient lundi les violences dans le nord-est du Nigeria, après une série d’attentats meurtriers le jour de Noël attribués au groupe islamiste Boko Haram, ont déclaré des témoins.

Selon des habitants et un responsable de la police, une trentaine de boutiques de chrétiens ont été brûlées dans la nuit de dimanche à lundi dans la ville de Potiskum (nord-est). Un supermarché a aussi été incendié de même que le domicile d’un dirigeant chrétien local, a déclaré un habitant.

Un responsable de la police parlant sous couvert de l’anonymat a confirmé que des incendies criminels, qui n’ont apparemment fait ni mort ni blessé, s’étaient produits.

“Nous n’avons malheureusement pu arrêter personne car les incendiaires ont pris la fuite dès que les bâtiments ont été en feu”, a-t-il dit.

Non loin de là, dans la ville de Damaturu, théâtre d’affrontements meurtriers la semaine dernière entre militants de Boko Haram et forces de l’ordre et d’un attentat suicide le dimanche de Noël, des centaines de gens se sont rassemblés devant des stations de taxis et arrêts de bus pour fuir.

La ville semblait calme lundi mais “la situation est terrifiante. Personne ne peut dire ce que sera la prochaine cible. Ma maison a été incendiée dans les attaques”, a dit un commerçant de 42 ans accompagné de sa femme et de leurs trois enfants, attendant de pouvoir monter dans un véhicule pour quitter Damaturu.

“Je ne peux pas rester plus longtemps”, a ajouté un autre homme devant un arrêt de bus.

“C’est calme aujourd’hui mais rien ne garantit qu’il en ira ainsi dans les prochaines heures”, a ajouté cet homme de 31 ans. “Des gens ont été tués et je peux être la prochaine victime”, a-t-il expliqué.

Le Nigeria a été frappé par une série d’attentats contre des églises chrétiennes et d’autres cibles qui ont fait une quarantaine de morts le jour de Noël. Un porte-parole de Boko Haram a revendiqué plusieurs de ces attaques.

Jeuneafrique.com


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