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Centrafrique : la nouvelle chance de Nicolas Tiangaye

mars 27, 2013
Nicolas Tiangaye, à Bangui, au siège de la Primature, le 11 mars 2013. Nicolas Tiangaye, à Bangui, au siège de la Primature, le 11 mars 2013. © Vincent Fournier/JA

Premier ministre issu des accords de Libreville, Nicolas Tiangaye a été reconduit à son poste, mardi 26 mars, par Michel Djotodia, le nouvel homme fort de la Centrafrique.

Le 11 mars, lorsqu’il avait reçu Jeune Afrique à Bangui dans son bureau du cinquième étage de la Primature, Nicolas Tiangaye disait de ses rapports avec François Bozizé qu’ils étaient « fluides ». Depuis, le président déchu, chassé de la capitale centrafricaine, s’est réfugié au Cameroun. Tiangaye, lui, a été reconduit, mardi 26 mars, au poste de Premier ministre par le nouvel homme fort du pays, Michel Djotodia, et tient aujourd’hui un tout autre discours. « Nos relations étaient trop conflictuelles », a-t-il déclaré, mercredi à l’AFP.

Une version sans doute plus proche de la réalité, tant François Bozizé, contraint de nommer à l’issue des accords de Libreville celui qui fut un de ses farouches opposants, a tout fait pour lui mettre des bâtons dans les roues. Les deux hommes, tous deux francs-maçons, se disputaient notamment le contrôle des maigres ressources du pays.

Ainsi, lors de la formation du gouvernement d’union nationale, le 3 février, Bozizé avait imposé ses proches aux portefeuilles stratégiques, avec rang de ministre délégué. Nommé vice Premier ministre, le colonel Anicet Parfait Mbaye, qui fait partie des militaires qui l’avaient aidé à prendre le pouvoir en 2003, avait ainsi été chargé de surveiller Tiangaye. Tandis que Dieudonné Tokofeïssé, ancien directeur de cabinet de l’influent ministre sortant Albert Besse, le secondait aux Finances.

De meilleures relations ?

Tiangaye aura-t-il une plus grande marge de manouvre avec Michel Djotodia ? Celui qui fut président de la Ligue centrafricaine des droits de l’homme (LCDH) de 1991 à 2003 est persuadé que leurs relations « seront meilleures ». Tout en concédant que « l’avenir seul dira si ces relations vont se consolider ou se détériorer. »

Car si Djotidia était membre du gouvernement de Tiangaye (ministre de la Défense et vice Premier ministre), les deux hommes n’ont pas réellement eu le temps de faire connaissance. Très souffrant, le patron de la Séléka a passé la majeure partie de son temps dans la capitale congolaise pour s’y faire soigner.

Adepte du discours de circonstance, Tiangaye tente aujourd’hui de ménager Djodotia (comme il a pu le faire avec Bozizé) défendant sa décision de suspendre la Constitution. Son maintien « avec la situation actuelle n’est pas envisageable. On ne peut pas maintenir la Constitution. C’est juridiquement impossible. Bien entendu, il faudra y revenir dans trois ans, à la fin de la période de transition qui doit déboucher sur des élections. »

Sécuriser le pays

« Les accords de Libreville ont été reconduits dans tous les actes constitutionnels et je suis reconduit sur la base des accords politiques de Libreville. La donne a changé mais tous les acteurs sont restés les mêmes », a-t-il souligné, indiquant qu’il composera un gouvernement d’union nationale donnant une représentation à toutes les tendances.

Ce gouvernement aura pour principale mission de sécuriser le pays et notamment sa capitale Bangui, en proie aux pillages depuis l’offensive de la Séléka. Afin de mettre un terme à cette insécurité le ministre de la Communication centrafricain et porte-parole des rebelles, Christophe Gazam Betty, a demandé mercredi à « tous les hommes en armes » de « se faire identifier » sur deux sites militaires.

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Jeuneafrique.com par Vincent Duhem

Côte d’Ivoire/Atteinte à la sûreté de l’Etat : Une attaque déjouée hier à la Maca

février 12, 2013
 
Les
© Ministères par PRISCA
Les ministres de la justice et de la défense auprès du Président de République visitent la Maca après la dernière évasion
Lundi 09 juillet 2012. Abidjan. Les ministres de la justice et de la défense auprès du Président de République Mato Loma cissé et Koffi Koffi paul visitent la Maca après la dernière évasion.

L’atmosphère était tendue hier à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan(Maca). Des militaires lourdement armés y étaient positionnés pour parer à une éventuelle attaque.

Dispositif de guerre ce mardi soir à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). 19 heures, des véhicules 4X4 équipés de mitrailleurs 12/7 sont planqués autour de la prison. Certains éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) en casques lourds et gilets pare-balle sont positionnés avec des lance-roquettes. D’autres ont des kalachnikovs et des Fusils mitrailleurs (Fm). Tous les accès du pénitencier sont bouclés. Les soldats sont très nerveux. Le dispositif est dirigé par deux officiers. Ce sont  les lieutenants Aboudramani Issa Dezalor et Konaté Souleymane. Leurs consignes sont fermes. Toute personne suspecte doit être interpellée. Un détachement de l’escadron de gendarmerie d’Abobo est aussi sur les lieux.

Selon les informations recueillies sur place, depuis 9 heures du matin, une alerte d’attaque a été donnée. Les renseignements ont été reçus par les ministères de l’Intérieur et de la Défense. Ils annoncent l’arrivée d’assaillants à bord de deux véhicules de type 4X4 et de couleur treillis. Leurs occupants sont en communication avec des détenus pro-Gbagbo, précisément les commandants Kipré Yagba, ex-directeur de cabinet du général Bruno Dogbo Ble,ancien patron de la Garde républicaine, Judicaël Atoh,anciennement en poste au premier Bataillon d’ infanterie d’Akouedo, Alphonse Douaty, Laurent Akoun , Ehivet Simon Pierre (frère cadet de Simone Gbagbo), et certains officiers subalternes et sous-officiers arrêtés dans les attaques d’Azito,d’Agban et d’Agboville.

Dès l’arrivée des véhicules, des militaires et mercenaires détenus devaient donner l’assaut en lançant des grenades offensives qu’ils cachent dans leurs cellules avec la complicité de certains gardes pénitentiaires. Ensuite, les arrivants lourdement armés devaient faire sauter le portail principal de la Maca, extraire les prisonniers politiques pour les mettre à l’abri. Objectif final: libérer tous les détenus des bâtiments, distribuer des armes et attaquer les zones sensibles d’Abidjan.

C est au cours d’une réunion tenue samedi à l’intérieur de la prison que ce projet d’attaque a été finalisé. Y ont pris part des personnes extérieures ayant profité des visites autorisées de ce jour. Mais, une fuite est vite partie du conclave et l’information a été remontée jusqu’aux plus hautes autorités. Le coup a été confirmé par l’attitude de certains détenus qui, hier matin, avaient déjà fait leurs bagages et même ont annoncé la ‘’bonne nouvelle’’ à quelques co-détenus.

Ce mercredi à 3 heures du matin, une fouille générale était prévue dans les cellules pour retrouver les grenades et les armes dissimulées dans la prison.

Nord-Sud par Bahi K.

Centrafrique: Bozizé limoge son fils, la rébellion accepte de négocier

janvier 3, 2013

Le président centrafricain François Bozizé a fait le ménage dans la haute hiérarchie militaire mercredi, limogeant son fils du ministère de la Défense pour reprendre lui-même en main l’armée, incapable de résister sur le terrain à l’avancée des rebelles qui exigent son départ du pouvoir.

La coalition rebelle du Séléka a conquis en trois semaines la majeure partie du pays, mais devant la détermination de la force africaine d’interposition à l’empêcher de marcher sur la capitale Bangui, elle a toutefois décidé mercredi de stopper sa progression et d’accepter des pourparlers de paix avec le gouvernement centrafricain. Ces négociations pourraient débuter le 8 janvier à Libreville, la capitale du Gabon.

Dans son discours de voeux du Nouvel An, le président Bozizé avait "regretté" le manque de discipline et l’échec des Forces armées centrafricaines devant la progression éclair de la rébellion.

Le service de presse de la présidence a annoncé mercredi soir que le propre fils du chef de l’Etat, "le ministre délégué à la Défense Jean-Francis Bozizé avait été relevé de ses fonctions" tout comme "le chef d’état-major" Guillaume Lapo. "Le chef de l’Etat prend en main le portefeuille (de la Défense)", et le général de Division Michel Bémakoussi est nommé directeur de cabinet de la Défense, est-il indiqué.

Actuellement colonel, Jean-Francis Bozizé devait être promu général prochainement. Discret mais bien présent en politique, certains le voyaient déjà prendre la suite de son père.

Du côté des rebelles, le porte-parole de la coalition du Séléka, Eric Massi, a confirmé "suspendre l’offensive en direction de Bangui". "Nous allons envoyer une délégation au Gabon en vue de participer aux pourparlers de paix", a-t-il ajouté.

"Normalement, ces négociations doivent avoir lieu le 8 janvier à Libreville. Il semblerait que la date du 8 janvier soit confirmée", a indiqué une source diplomatique. C’est le président congolais Denis Sassou Nguesso qui dirigera ces pourparlers, selon la même source.

Le porte-parole du Séléka a rappelé que les rebelles exigeaient le départ du pouvoir de François Bozizé qui dirige le pays depuis 2003. "Le départ du président Bozizé reste toujours pour nous une exigence parce que nous mettons en doute sa sincérité", a-t-il déclaré. François Bozizé s’est dit prêt à un dialogue sans condition en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale.

La ville de Damara désertée

Après avoir enlevé plusieurs villes du nord et du centre depuis le 10 décembre, la rébellion du Séléka campe à Sibut, à 160 kilomètres au nord de la capitale centrafricaine. Dans sa ligne de mire se trouve la ville de Damara, dernier verrou à 75 km de Bangui, où est positionnée la Force multinationale d’Afrique centrale (Fomac) qui s’est renforcée ces derniers jours.

Un contingent de 120 militaires camerounais est ainsi arrivé mercredi soir en République centrafricaine, a indiqué la Fomac.

La Force a clairement prévenu mercredi la rébellion que toute tentative de marcher sur Bangui serait considérée comme "une déclaration de guerre". "Si les rebelles attaquent Damara, c’est une déclaration de guerre, cela veut dire qu’ils ont pris la résolution d’engager les 10 Etats d’Afrique centrale", a déclaré le général Jean-Félix Akaga, chef de la Force.

Ses effectifs, dont le gros des troupes est tchadien, devraient atteindre 760 hommes à la fin de la semaine, selon une source interne.

A ces effectifs s’ajoutent 600 soldats envoyés par la France, l’ancienne puissance coloniale, officiellement pour protéger et éventuellement évacuer ses ressortissants.

Le chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby Itno, président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique centrale et allié du président Bozizé, qu’il a aidé à prendre le pouvoir en 2003, avait déjà prévenu lundi que Damara constituait "une ligne rouge à ne franchir par aucune des deux parties".

Damara, ville d’environ 40. 000 habitants, a été presque entièrement désertée il y a six jours, à l’annonce de l’arrivée des rebelles, a constaté un journaliste de l’AFP. Les maisons sont presque toutes abandonnées, les habitants dorment à la belle étoile dans la brousse.

A Bangui, de nombreux "patriotes", répondant à l’appel de M. Bozizé, élèvent à la nuit tombée des barrages, censés prévenir toute incursion rebelle.

Jeuneafrique.com avec AFP

Côte d’Ivoire: 20 ans de prison requis contre le Général Dogbé Blé, ex-homme fort de Gbagbo(Procureur)

octobre 11, 2012

ABIDJAN – Le parquet militaire ivoirien a requis jeudi 20 ans de prison contre le général Brunot Dogbo Blé, un ex-homme fort du régime de l`ancien président Laurent Gbagbo, jugé dans le premier grand procès de la crise de 2010-2011 pour l`assassinat d`un officier à la retraite.

Le parquet a requis 20 ans de prison et la perte de leur grade pour le général Dogbo Blé, ex-commandant de la Garde républicaine, et quatre membres de sa garde rapprochée, qui comparaissent depuis le 2 octobre pour enlèvement, séquestration, assassinat, ou complicité d`enlèvement et d`assassinat du colonel-major Adama Dosso. Deux autres inculpés sont en fuite.
Les avocats de l`ex-pilier sécuritaire de Laurent Gbagbo, accusé de complicité, son directeur de cabinet et un sous-officier ont plaidé la relaxe pour leurs clients, estimant que les preuves n`étaient pas réunies.

Les avocats du sergent Jean Noël Léo Lago, qui a avoué avoir tué la victime, et d`un autre sous-officier présenté comme membre du commando ayant tué le colonel Dosso, ont demandé la clémence pour leurs clients.

Le sergent Lago a affirmé que l`ordre lui avait été donné, au nom du chef de la Garde républicaine, par le directeur de cabinet du général Dogbo Blé, ce que les deux intéressés ont fermement nié.

Le verdict était attendu dans la soirée.
Le général fidèle à Laurent Gbagbo a nié toute responsabilité dans la mort de l`officier à la retraite, défendu son "travail" durant la crise post-électorale de 2010-2011 et expliqué avoir protégé le régime.

Le colonel-major Adama Dosso avait été arrêté alors qu`il sortait du Golf Hôtel d`Abidjan, quartier général du président élu Alassane Ouattara – dont il était proche – durant son bras-de-fer avec Laurent Gbagbo, qui refusait de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010. La crise, conclue en avril 2011, a fait quelque 3.000 morts.

AFP

Côte d’Ivoire : à la barre, Dogbo Blé nie être responsable de l’assassinat d’un proche de Ouattara

octobre 8, 2012
Le général Brunot Dogbo Blé (D) quitte le tribunal militaire à Abidjan, le 2 octobre 2012. Le général Brunot Dogbo Blé (D) quitte le tribunal militaire à Abidjan, le 2 octobre 2012. © Sia Kambou/AFP

Le procès du général Brunot Dogbo Blé s’est poursuivi, lundi 8 octobre, à Abidjan. Au cours de l’audience, l’ancien pilier sécuritaire du régime de Laurent Gbagbo a nié avoir participé à l’assassinat d’un proche de Alassane Ouattara pendant la crise postélectorale ivoirienne.

Accusé en compagnie de quatre autres officiers ou sous-officiers ivoiriens du meurtre du colonel-major à la retraite, Adama Dosso, un proche d’Alassane Ouattara, en mars 2011, le général Brunot Dogbo Blé a vigoureusement réfuté toutes les allégations portées contre lui. Appelé à la barre du tribunal militaire d’Abidjan pour s’expliquer, lundi 8 octobre, l’ex-chef de la très redoutée Garde républicaine de l’ancien président Laurent Gbagbo a affirmé être victime d’un « montage honteux ».

« Je n’ai pas donné d’ordre à qui que ce soit » dans cette affaire, dont le procès s’est ouvert le 2 octobre. Les cinq hommes incriminés sont accusés d’enlèvement, séquestration, assassinat, ou complicité d’enlèvement et d’assassinat. Parmi les prévenus, le sergent Jean Noël Lago Léo a une nouvelle fois avoué au cours de l’audience avoir tué la victime et assuré que l’ordre lui avait été donné par le directeur de cabinet du général Dogbo Blé, au nom de ce dernier.

Pilier sécuritaire

L’ex-chef de la garde républicaine s’est également félicité de son « travail » durant la crise de 2010-2011, expliquant qu’il avait défendu le président Laurent Gbagbo et qu’il ne l’avait pas « trahi ». Lui qui fut le véritable pilier sécuritaire de l’ancien régime pendant la crise s’est enfin dit « en paix » avec lui-même « et avec Dieu ».

Le colonel-major Adama Dosso avait été arrêté alors qu’il sortait du Golf Hôtel d’Abidjan, quartier général du président élu Alassane Ouattara. Au total, une quarantaine de militaires pro-Gbagbo doivent être jugés dans une série de procès liés à la crise post-électorale. Le général Dogbo Blé est par ailleurs inculpé de génocide et d’autres crimes de sang commis durant la crise.

Jeuneafrique.com avec AFP 

Congo: Biographie d’Auguste Iloki, nouveau président de la Cour constitutionnelle

septembre 24, 2012

Portrait du Nouveau Président de la Cour Constitutionnelle au Congo Brazzaville


L’ancien vice-président de la Cour constitutionnelle a été nommé le 17 septembre 2012 au poste de président de l’institution, après la disparition du titulaire, Gérard BITSINDOU
Né le 15 décembre 1950 à Bokombo, dans le département de la Cuvette, au nord Congo, Auguste ILOKI est titulaire de plusieurs diplômes dont un doctorat d’État en droit décroché en 1984 à l’Université de Paris II en France. Diplômé de l’École nationale de la magistrature de Paris, section internationale, en 1978, l’actuel président de la Cour constitutionnelle est un cadre rompu de l’administration judiciaire congolaise.
Il a été tour à tour juge au Tribunal de grande instance de Brazzaville en 1979, Conseiller Juridique du Ministre de la Justice en janvier 1981 avant d’être nommé Conseiller à la Cour d’Appel de Brazzaville en novembre de la même année. Auguste ILOKI a également assumé les fonctions de Directeur de Cabinet du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice de février 1983 à mai 1986 puis celles de président du Tribunal Populaire de la Commune de Brazzaville de mai 1986 à juillet 1991.
En 1991, il est nommé Conseiller Juridique et Administratif du Président de la République, poste qu’il occupa jusqu’en 1992. Il a assumé cette fonction également auprès du Président de l’Assemblée Nationale dès l’avènement de la démocratie en 1992. Cette même année, il a été désigné Juge à la Cour Suprême en septembre.
Après la guerre civile de 1997, Auguste ILOKI est promu président de la chambre administrative et constitutionnelle de la Cour suprême en 1998. En 2003, il est nommé Vice-Président de la Cour Constitutionnelle avant d’être élevé au rang de Président de l’institution.
Toutes ces prestations lui ont valu la distinction honorifique de Grand Officier dans l’ordre du Mérite congolais. Chargé de cours à l’École nationale d’administration et de la magistrature ainsi qu’à la Faculté de droit de l’Université Marien NGOUABI, depuis 1982, Auguste ILOKI est par ailleurs, un écrivain.
Il est auteur de plusieurs ouvrages : Le droit de licenciement au Congo (2000) ; Le recours pour excès de pouvoir au Congo (2002) ; Le droit de divorce au Congo (2004) ; Le droit des successions au Congo (2006) et Le droit du mariage au Congo, paru en 2008. Sa dernière publication remonte à 2010 : Le droit des parcelles de terrain au Congo, tome 1. Le tome 2 est en cours d’édition. Le nouveau Président de la Cour Constitutionnelle est marié, père de sept enfants.

Source: Patrick Eric Mampouya

PS : Harlem Désir choisi après un long suspense

septembre 12, 2012

 

  • Harlem Désir sera le prochain premier secrétaire du PS.
    Harlem Désir sera le prochain premier secrétaire du PS. Crédits photo : GUILLAUME BAPTISTE/AFP
     

    À l’issue de consultations compliquées, la première secrétaire et le premier ministre ont enfin choisi le patron du parti.

    C’était difficile à croire, notamment parce que Martine Aubry prépare sa succession depuis des mois, mais les socialistes avaient prévenu: «Ce genre de négociation (visant à désigner le futur patron du PS, NDLR), ça se terminera dans la nuit du 11 au 12 septembre», glissait cet été le directeur de cabinet de la première secrétaire du PS, Jean-Marc Germain. Mais personne n’avait osé prédire que le délai du 11 septembre à minuit – date et heure limites prévues par les statuts du parti pour le dépôt des motions destinées à être examinées au congrès de Toulouse en octobre – serait même… dépassé.Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault, initiateurs d’une motion majoritaire, se sont rencontrés une dernière fois mardi soir, pour finaliser le dispositif, soit le nom du premier secrétaire, le texte de la motion et les contours de la future direction du PS.

    La première secrétaire et le premier ministre ont annoncé leur choix mercredi, avant le conseil national du parti, qui doit se tenir dans l’après-midi. Harlem Désir sera donc le prochain premier secrétaire du PS. Le député Guillaume Bachelay, poussé par Martine Aubry, est proposé pour le poste de numéro 2 du parti.

    Cette décision intervient à l’issue d’une séquence «psychodramatique» – dixit un socialiste – dans la dernière ligne droite. Dimanche, des représentants des différentes sensibilités du PS s’étaient réunis pour tenter de se mettre d’accord sur une «architecture globale». En vain. Lundi et mardi, intox, coups bas, coups de bluff et pressions ont parasité les négociations, alors que les deux principaux candidats à la succession de Martine Aubry, Jean-Christophe Cambadélis et Harlem Désir, continuaient de faire campagne, par médias interposés mais surtout en coulisses. Lundi soir, les discussions étaient même complètement bloquées, à tel point que l’hypothèse de la désignation à la tête du PS d’un «troisième homme» a un temps refait surface, devant l’impossibilité de trancher entre Désir et Cambadélis.

    Pousser leurs pions

    Mais les négociations ont buté lundi sur d’autres points d’achoppement, notamment la répartition des «postes exécutifs» du parti, chaque sensibilité voulant être représentée selon le poids qu’elle estime avoir dans l’appareil. Les barons du parti (Manuel Valls, Vincent Peillon, Pierre Moscovici, Stéphane Le Foll, etc.), qui se sont alliés dans une «offensive pro-Désir», ont ainsi tenté de pousser leurs pions (lire ci-dessous). «Mais le syndicat anti-Cambadélis a des intérêts divergents pour les postes», explique un négociateur.

    Les tractations ont également bloqué sur les revendications des «hamonistes», les proches de Benoît Hamon, le représentant de l’aile gauche du Parti socialiste (lire encadré). «Sur le fond et la forme, les propositions qu’on nous fait sont indécentes», pestait un député proche du ministre délégué à l’Économie solidaire.

    Mode de désignation

    Le vrai-faux suspense de ces derniers jours a alimenté les critiques sur le mode de désignation du premier secrétaire. À droite, où le député UMP Édouard Courtial ironise sur la «reine mère» du PS qui choisit son «dauphin». À gauche, où l’on dénonce, à l’instar du député Christophe Caresche, «l’opacité» du processus. «Ça me fait mal au cœur, ajoute un député PS. Dire que Martine Aubry a rénové le parti, a installé les primaires, le non-cumul des mandats… Et ça se termine avec un psychodrame non démocratique entre Camba et Désir! C’est pathétique.»

    Un dirigeant socialiste ironise, dans un demi-sourire: «Nicolas Sarkozy disait que l’extrême sophistication de nos débats sélectionnait des hommes et des femmes beaucoup plus politiques qu’à droite.» Interrogé un peu plus tard sur les négociations en cours, le même répondait: «Eh bien, ça sophistiquise toujours…!»

    Lefigaro.fr par Solenn de Royer

RDC : les mutins du M23 seraient soutenus par de hauts responsables rwandais, selon des experts de l’ONU

juin 22, 2012
James Kabarebe serait accusé par des experts de l'ONU de soutenir le M23. James Kabarebe serait accusé par des experts de l’ONU de soutenir le M23. © Cedeon/AFP

Le groupe d’experts de l’ONU sur la RDC affirme avoir des preuves que trois des plus hauts gradés rwandais soutiennent la mutinerie congolaise du M23, a rapporté l’agence Reuters. Celle-ci affirme avoir eu accès à des notes prises lors d’une présentation orale le 13 juin, mais ne donne pas plus de précision.

Les accusations sont graves, et les éléments de preuves matérielles manquent. Selon l’agence de presse britannique Reuters, le groupe d’experts de l’ONU sur la RDC affirme disposer de preuves du soutien de trois des plus hauts responsables rwandais de la Défense à la mutinerie congolaise du M23, qui opère dans le Nord-Kivu, province frontalière du Rwanda. Les noms du ministre de la Défense, James Kabarebe, de son directeur de cabinet, Charles Kayonga et du conseiller militaire du président Paul Kagamé, Jacques Nziza, sont cités. James Kabarebe est « en contact permanent avec le M23 », auraient affirmé les experts, qui accusent l’armée rwandaise d’avoir pénétré en territoire congolais pour renforcer les positions des rebelles, d’avoir apporté un soutien logistique à ces derniers et d’avoir assuré à leur leader présumé, Bosco Ntaganda, un passage sûr au Rwanda.

Ces accusations auraient été formulées oralement par le groupe d’experts pour la RDC devant le comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU à New-York, le 13 juin. Le bureau de Reuters à Dakar, qui les rapporte, s’appuie sur des « notes », prises lors de cette réunion par un diplomate. Mais aucun rapport écrit n’a été communiqué pour l’instant et aucune précision n’a été donnée sur les preuves dont le groupe d’experts dit disposer.

Ce dernier, composé de six personnes (pour l’essentiel des chercheurs et journalistes) doit communiquer son rapport écrit au comité des sanctions de l’ONU dans les prochains jours, avant qu’il ne soit publié. Et pour l’heure, aucun responsable rwandais n’a souhaité réagir à ces allégations.

Tensions croissantes

Le Rwanda a déjà été accusé par la Monusco et l’ONG Human Rights Watch de soutenir la mutinerie du M23, mais a démenti à plusieurs reprises. La mutinerie avait débuté avec les velléités d’arrestation par Kinshasa de Bosco Ntanganda, jusque-là général de l’armée congolaise, ancien membre de l’armée rwandaise, ancien leader de l’ex-rébellion du CNDP (Congrès national pour la défense du peuple), et faisant l’objet d’un mandat de la Cour pénale internationale (CPI).

Ce nouvel épisode intervient alors que les relations entre le Rwanda et la RDC se tendent : le ministre congolais des Affaires étrangères, Raymond Tshibanda, qui entretenait jusque-là des contacts très suivis avec son homologue rwandaise, Louise Mushikiwabo, a évoqué une possible « rupture de la paix entre [les] deux pays » mercredi.

Pendant ce temps, sur le terrain, la mutinerie semble se renforcer : elle a annoncé jeudi le ralliement de sept officiers de l’armée congolaise et 166 hommes.

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet, avec Vincent Duhem

Mahamadou Issoufou, ou le retour du Niger sur la scène politique internationale

mai 3, 2012

Au bras de fer avec les Occidentaux qu’affectionnait son prédécesseur, le président nigérien Mahamadou Issoufou préfère le dialogue.

Modeste, cultivé, disponible pour répondre aux médias internationaux… L’image que Mahamadou Issoufou offre à l’étranger est en décalage avec le surnom que lui ont donné ses compatriotes : Zaki, « le lion » en haoussa. Un apparent paradoxe que le président nigérien dissipe d’une formule : ce qui compte, c’est « la force des arguments, pas les arguments de la force ».

Le chef de l’État, 60 ans, est réputé intransigeant sur la scène politique nationale. Succédant à trois militaires - Ibrahim Baré Maïnassara, Mamadou Tandja et Salou Djibo -, il est le premier civil à présider aux destinées du Niger depuis Mahamane Ousmane (1993-1996).

Mathématicien de formation, ingénieur, il a été directeur national des Mines, de 1980 à 1985, avant d’intégrer la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), dont il a été le secrétaire général. Il démissionne en 1991 pour se consacrer au parti qu’il a fondé quelques mois auparavant avec d’anciens compagnons, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS-Tarayya), sous la bannière rose duquel il a été élu à la magistrature suprême, le 12 mars 2011. C’était sa cinquième candidature depuis 1993.

Premier Cercle

Au bureau à 7 h 30 chaque matin (une demi-heure avant l’horaire officiel de l’administration), il reçoit pendant une heure ses principaux conseillers, avant de passer à la correspondance puis aux audiences. « Il lit énormément la presse lui-même, et pas seulement les notes que lui transmettent ses services », ajoute un familier du Palais. Il délègue peu. En tout cas, rares sont les décisions qui ne passent pas par lui et son premier cercle de collaborateurs. Celui-ci est composé quasi exclusivement de fidèles du PNDS-Tarayya, parmi lesquels son directeur de cabinet, Hassoumi Massaoudou, son ministre des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, et son ministre du Pétrole et de l’Énergie, Foumakoye Gado.

Ce qui compte selon lui, c’est "la force des arguments, pas les arguments de la force".

Internationale socialiste

Très respectueux des procédures et profondément démocrate, le chef de l’État nigérien est parfois trahi par sa bonne foi. Comme lorsqu’il a reconnu devant l’ex-ambassadrice américaine Bernadette Allen, médusée par sa « franchise », s’être « fait rouler » par l’ancien président Mamadou Tandja lorsque celui-ci lui avait assuré qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat, selon un câble diplomatique de juillet 2009 dévoilé par WikiLeaks. À la différence de Tandja, Issoufou pense aider davantage son pays en restaurant sa crédibilité internationale sur les plans politique et économique, en communiquant sur ses points de vue, ses stratégies, ses atouts et ses besoins - ce à quoi il s’emploie en voyageant fréquemment -, plutôt qu’en se livrant à des bras de fer avec les Occidentaux. Les passes d’armes de Tandja avec Paris sur la question de l’uranium « n’étaient que de la propagande destinée à préparer les esprits à la violation de la Constitution », persifle-t-on dans l’entourage du nouveau président.

Engagé dans une politique de réformes profondes et de projets à long terme, accordant une grande place à la planification rationnelle, Mahamadou Issoufou, en bon socialiste - il est vice-président de l’Internationale -, veille cependant à garder une marge de manoeuvre financière pour améliorer le quotidien des plus modestes (électrification des campagnes, baisse des prix des produits et services de première nécessité…).

Il s’efforce aussi de conserver les liens directs qu’il a tissés avec ses concitoyens lors des nombreux déplacements sur le terrain qu’il effectuait lorsqu’il était dans l’opposition, déplacements au cours desquels, assurent ses conseillers, il aurait visité plus de la moitié des 10 000 villages du pays. 

Jeuneafrique.com

Béchir Salah Béchir : l’homme qui embarrasse Sarkozy et Fillon

avril 30, 2012

À quelques jours du second tour de la présidentielle française, le Premier ministre François Fillon est revenu sur les accusations du site Mediapart selon lesquelles Mouammar Kaddafi aurait financé la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Difficile néanmoins de dissimuler un personnage encombrant : Béchir Salah Béchir, l’ancien chef de cabinet du "Guide" libyen, réfugié à Paris sous protection française et recheché par Interpol.

Serait-il l’épine dans le pied de Nicolas Sarkozy à quelques jours du second tour de la présidentielle française, dimanche 6 mai ? Béchir Salah Béchir est en tout cas au centre des attentions, en attendant de se retrouver un jour, qui sait, sous le feu des projecteurs. Ancien directeur de cabinet de Mouammar Kaddafi et président du Libyan Africa Investment Portfolio (LAP), il séjourne actuellement à Paris après avoir été exfiltré de Libye grâce à l’intervention directe de Claude Guéant, ministre de l’Intérieur français, et de Bernard Squarcini, le patron des renseignements de l’Hexagone, comme l’avait révélé Jeune Afrique.

Or, son nom est apparu samedi 28 avril dans un document publié par le site d’informations Mediapart, selon lequel un accord aurait été trouvé en 2006 pour un financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy l’année suivante par le régime libyen de Mouammar Kaddafi… à hauteur de 50 millions d’euros, alors que le plafond des dépenses des candidats au second tour était limité à moins de 14 millions d’euros.

Passeport fantôme

L’Élysée, qui a crié à la manipulation et à l’infamie, a aussitôt affirmé son intention de déposer plainte contre Mediapart estimant que ce document était un faux. Une thèse que Nicolas Sarkozy et François Fillon ont étayé en s’appuyant sur les déclarations du signataire présumé du courrier, Moussa Koussa, ancien chef des services secrets libyens, et sur le destinataire de la lettre en question, Béchir Salah Béchir, qui ont tous les deux démenti leur implication.

La sincérité de ce dernier, au moins, peut cependant poser problème, au vu de son lieu de résidence actuelle, Paris. Pour François Fillon, la France accorde en effet sa protection à l’ancien dignitaire libyen uniquement au titre de l’immunité diplomatique, puisque celui-ci disposerait « d’un passeport diplomatique du Niger. »

"Aucune trace d’un mandat d’arrêt international" ?

Or le ministère des Affaires étrangères nigérien est rapidement venu mettre à mal l’argumentu Premier ministre français. Selon Niamey, Béchir Saleh Béchir n’est actuellement plus en possession du précieux sésame, qu’il aurait restitué depuis mars dernier. La France n’aurait donc, à ce titre, aucune obligation légale à l’encontre de l’ex-directeur de cabinet de Mouammar Kaddafi. D’autant que, alors que François Fillon a affirmé qu’il n’y avait « aucune trace d’un mandat international » visant Béchir Salah Béchir, ce dernier se trouve également dans le viseur d’Interpol.

L’organisation a en effet publié une notice rouge, consultable sur Internet, à son encontre. Or, ce document est utilisé pour demander l’arrestation en vue d’extradition d’individus recherchés par un État ou une juridiction internationale. Si elle n’est donc que le relais d’un mandat d’arrêt, national ou international, elle garde une valeur juridique certaine pour les pays membres d’Interpol, au rang desquels figure évidemment la France. L’affirmation de François Fillon n’est donc théoriquement pas fausse. Toute la question est de savoir pourquoi l’État français préfère aujourd’hui ignorer la demande d’Interpol…

Jeuneafrique.com


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