Articles Tagués ‘Femme’

Je rêvais d’une femme

mars 5, 2013

 

Je rêvais d’une femme pendant que je dormais,

Je rêvais d’une femme pendant que je me prélassais,

Elle s’appelait Jocelyne, une femme du Pas-de-Calais

Elle m’avait dit de déposer son baiser là où je voulais

Je l’avais déposé dans le triangle écarté de ses cuisses

Elle ressemblait à une pomme cueillie dans ma jeunesse

Au matin à mon réveil, je découvrais qu’elle était sur mon lit

Le baiser de Jocelyne, je trouvais qu’il avait bien grandit

Quand je lui avais parlé du sommeil reposant de son baiser

Elle voulait elle aussi savourer ce grand bonheur d’éternité

Le baiser doux de Jocelyne avait parfumé tout mon corps

J’étais ivre de joie en dormant sur l’oreiller de son bord

Ô ma belle Jocelyne ! tu es toute naturelle au Pas-de-Calais

Je t’invite au réveil à table pour boire un bon verre de lait

 

Bernard NKOUNKOU

 

Vaillante étudiante du Labrador

février 21, 2012

Ô toi, la brune étudiante qui dort

Sous le grand froid du Labrador

Réveille-toi dès le soleil levant

Aux premiers rayons du temps

 

Femme de société, espoir du salut

Debout comme le soldat bien poilu

Enfourche les armes de ta féminité

Jette vite dans la caserne ta timidité

 

Ô toi, la Jeanne d’Arc des temps modernes

Relève les défis là où les hommes échouent

Car tu n’es plus une graminée de petit chou

Dans ce foutu monde de drapeaux en berne.

Bernard NKOUNKOU

États-Unis : pas de "mariage blanc" pour les Africaines-Américaines

novembre 8, 2011

Pourquoi les Africaines-Américaines rechignent-elles à convoler hors de leur communauté, au risque de rester éternellement célibataires ? Explications sociologiques dans un pays toujours marqué par de fortes tensions entre Noirs et Blancs…

« À ce stade de ma vie, je pensais que je serais mariée et que j’aurais des enfants », confie Audrey, 39 ans. Cette Africaine-Américaine avenante, diplômée et sexy, vit seule à Washington et s’y résigne tristement. « Audrey fait partie du groupe de célibataires le plus nombreux aux États-Unis : les femmes noires », explique Ralph Richard Banks, professeur à la Stanford Law School (Californie) et auteur d’un livre au titre provocateur : Is Marriage for White People ?* (« Le mariage est-il réservé aux Blancs ? »)

Après une enquête à travers tout le pays, Banks – qui est lui-même noir – attribue le fort taux de célibat (près de 70 %) des Africaines-Américaines à leur rejet des mariages mixtes et à « une pénurie d’hommes noirs sur le marché ». Pénurie due, en partie, au nombre effarant des incarcérations : sur plus de 2 millions de prisonniers aux États-Unis, quelque 40 % sont des Noirs. Autre facteur aggravant : des différences socioprofessionnelles trop marquées au sein de la communauté noire. Près de 1,4 million de jeunes Africaines-Américaines font des études universitaires (niveau licence), contre 900 000 garçons, et elles sont deux fois plus nombreuses que ces derniers à obtenir leur diplôme. En 2008, elles étaient 125 000 à continuer leurs études au-delà de la licence, contre 58 000 garçons.

Pourtant, ces diplômées acceptent volontiers d’épouser des non-diplômés. Mais les couples formés d’une executive woman et d’un col-bleu, qui gagne forcément moins bien sa vie, sont voués à l’échec dans plus de la moitié des cas. Quant aux Noirs qui ont réussi, ils adoptent l’attitude inverse. Face à l’abondance de l’offre féminine, ils reconnaissent avoir l’embarras du choix entre Noires, Blanches, Hispaniques ou Asiatiques… et ne pas être pressés de s’engager !

Trahison

« Les Africaines-Américaines franchissent les barrières sociales, mais pas les barrières raciales : seule 1 femme sur 20 opte pour un mariage mixte », souligne Banks, pour qui ce refus a une raison très politique : « Elles veulent se montrer solidaires des hommes de leur communauté. Pour beaucoup d’entre elles, mariage mixte rime avec trahison. » Certaines invoquent des arguments en apparence futiles (« C’est facile de sortir avec un Noir, car il sait que je ne me lave pas les cheveux tous les jours, que je dois porter un foulard la nuit ») – preuve, selon Banks, qu’elles n’ont pas le courage de se lancer dans une kyrielle d’explications avec des néophytes. Enfin, certaines reconnaissent vouloir des bébés noirs. Comme Cecelia, qui craint, en se mariant avec un Blanc, de mettre au monde un enfant qui ne passerait pas pour le sien. « Elle aurait peur qu’on la prenne pour la nounou », suggère Banks. Parce qu’il affiche une grande complicité et élève ses deux filles à deux, le couple Obama fait d’autant plus rêver…

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* Is Marriage for White People ? How the African American Marriage Decline Affects Everyone, de Ralph Richards Banks, Dutton Books 2011, 289 pages, 19 euros.

Jeuneafrique.com par Joséphine Dedet

Hommage: Martine Aubry dit son "amitié" à Ségolène Royal

octobre 10, 2011

PARIS (Reuters) – Martine Aubry a rendu hommage lundi à Ségolène Royal, candidate malheureuse de la primaire socialiste, dont les idées valent selon elle davantage que son score jugé décevant de dimanche.

La maire de Lille, qui est qualifiée pour le second tour, a dit avoir été émue par la candidate du PS à la présidentielle de 2007, en pleurs après être arrivée quatrième à la primaire avec environ 7% des voix.

"Je suis passée voir Ségolène Royal pour lui faire un signe d’amitié parce que je pense que c’est une femme qui continuera à compter", a dit Martine Aubry sur TF1.

"L’importance dans les idées qu’elle apporte est plus grande que le score qu’elle a fait hier soir", a estimé la maire de Lille. "J’ai été émue moi-même par les résultats parce que je pense qu’elle a été notre candidate et qu’elle a beaucoup apporté à la gauche."

Martine Aubry a eu des divergences dans le passé avec la présidente de la région Poitou-Charentes, notamment lors du combat pour la tête du PS au congrès de Reims en novembre 2008, remporté d’un cheveu par la maire de Lille.

"Elle nous a parfois bousculés, on était parfois en désaccord mais c’est une femme de courage comme les femmes en général en politique, et aujourd’hui on a besoin de courage", a dit la première secrétaire du PS – en retrait de son poste le temps de la primaire.

"Beaucoup de ce qu’elle porte, je le porte aussi", a-t-elle conclu.

Invité sur France 3, François Hollande, favori de la primaire et ancien compagnon de Ségolène Royal, a parlé d’un "moment difficile" pour la mère de ses quatre enfants.

"Là, on peut admettre qu’il y ait un moment de très grande émotion après ce qu’avait été sa campagne de 2007 mais en 2012 les Français, dans cette primaire, ont voulu renouveler", a-t-il dit.

Reuters par Jean-Baptiste Vey

Nouvelle: Pasteur Théodore, expulsé in solidum

octobre 9, 2011

Friand de la bonne chair des belles fidèles qui viennent à l’église. Il ne ferme pas les yeux pour convoiter ces belles créatures de la nature divine. Les femmes, il les adore comme le Bon Dieu, telle est l’expression littérale de son prénom, Théodore: "celui qui adore Dieu". Il est même prêt à s’agenouiller devant leur beauté sensuelle et piquante.

Depuis fort peu, des rumeurs circulent dans la communauté que le pasteur fréquente une jeune femme seule ayant un enfant qu’il prétend aider dans ses différentes courses car nouvellement arrivée, il veut l’assister dans son intégration au pays d’accueil. Il utilise sa voiture familiale pour le déplacement de cette femme encore étrangère dans la ville. La curiosité prend des allures d’interrogations et pasteur Théodore fait semblant de ne rien n’entendre et voir ses yeux qui se posent et s’agrippent sur le corps de leur relation. Il se la coule douce chez Maribel. Il en fait sa deuxième maison, il y passe plusieurs fois par jour. Et la dulcinée se donne le luxe du meilleur service à table et à la satisfaction des désirs les plus mordants qu’apprécient le pasteur et qu’il aime savourer dans sa vie pastorale. Il ne se gêne pas malgré les conseils d’abandon qui viennent de cette fréquentation que la commune renommée juge peu honorable en sa qualité d’homme d’église.

Au-delà de petites bouderies, sa femme jeannette le défend à corps perdu qu’il en est pas un infidèle de mari car c’est un pasteur pleins de mérites et de respect. De nombreuses langues se délient mais cette dernière défend bec et ongle son amour qu’il est un homme de foi et ne peut se permettre de tomber dans la luxure.

A côté de l’appartement de Maribel, vit un autre couple de la même communauté et des membres de celle-ci s’y rendent au vu du stationnement de la voiture familiale du pasteur Théodore qui prend parfois la précaution des regards indigestes pour le coin arrière. Quand des visiteurs sont assis dans le salon principal – dans la causerie amicale avec Maribel; l’arrivée consignée du pasteur s’exprime toujours en excuses volontaires du propriétaire de maison qui se lève de sa stature imposante pour recevoir le pasteur qui est servi dans la cuisine, mangeant copieusement son bon poulet kedjounou et sa sauce graine avec du bon foutou manioc qu’il malaxe entre ses doigts. La vie est belle dit-il souvent à Maribel.

Mais un jour, une femme de la communauté sentant le besoin d’uriner remplir sa vessie et désirant se diriger aux seules toilettes de la maison découvre confortablement assis à table le pasteur qui délectait son bon plat servi dans la grande joie d’une vie élégamment partagée entre deux ménages. Elle s’écriait :  «  Ah! Pasta ! ». La réponse éclair est un pincement de clin d’œil suivi de l’index posé verticalement au milieu des lèvres huilées de sa fine bouche de prédicateur.

Au comble de toute surprise, Maribel tombe enceinte du pasteur. Il lui demande de démenager et de changer de quartier pour aller vivre très loin dans la plus grande discrétion afin d’éviter tous ces yeux hagards qui s’intéressent à leur vie de couple. A l’église, une sanction a été prise au directoire consistant à suspendre le pasteur de prêcher dorénavant afin de conserver la dignité, la sérénité mais aussi la cohésion et l’harmonie au sein des fidèles.

Depuis peu, le pasteur Théodore a confié toute la charge pastorale à son fils Mathieu pour le remplacer en lieu et place. Devant la tentation de la chair, le corps est faible, le pasteur a succombé même si Maribel n’est pas membre de son église mais seulement de la communauté ayant le même dessein d’établissement dans le pays d’accueil.

La rumeur de la grossesse qui s’enfle et prend des proportions de diffusion et de communication de bouche en bouche éclate dans la communauté. Des enquêtes confirment que le déménagement a été fait sans tambour ni trompette à la cloche de bois vers 1h00 du matin quand tous les voisins plongeaient dans un sommeil profond d’été.

Furieuse de la grande honte qui défraie la chronique dans toutes les maisons de la communauté, la femme du pasteur maman Jeannette informe sa maisonnée et de concert avec tous les enfants, ils ont décidé d’expulser leur père, plaçant sa petite valise à la porte, lui ravissant son téléphone portable et sa voiture familiale afin de cesser toutes communications avec Maribel et de ne plus faire ses courses. Le pasteur a trouvé un logis d’infortune dans un garage abandonné du même quartier en attendant sa nouvelle destination.

Certains enfants devant le comportement peu honorable de la descente dans la disgrâce de leur père ont préféré quitter le toit familial car la maman menace de changer de ville pour une paix plus digne devant le nouvel amour et l’arrivée du nouveau-né alors que le pasteur compte déjà dans sa filiation sept enfants. Et de source concordante, le pasteur ne payait pas la maison préférant dépenser l’argent dans ses sorties au restaturant pour mieux satisfaire les désirs de Maribel, la nouvelle conquête qui a troublé son cœur devant la vieille marmite de Jeannette, la mère supérieure maintenant bonne pour servir de l’éducation et de la garde du foyer.

Que deviendra la vie du Pasteur, de celle de Maribel ainsi que de Jeannette dans ce décor sentimental planté de désordre dans la communauté en panne de morale qui était distillée par l’homme d’église?

Bernard NKOUNKOU

Sur le drap de la berge

octobre 2, 2011

Étendue sur le drap de la berge
La femme se couvre de fine neige
Quand le soleil chante sur ses seins
Le cantique chaud du grand matin

Viennent à la pointe timide de ses pieds
Des petites bulles blanches de pitié
Qui couvrent sa frêle et grâce silhouette
Avec des plumes blanches de mouettes

Frissonnant sous le petit vent nomade
Qui cherche la brise à la peau vagabonde
Elle étale son corps splendide au ciel
Pour recevoir des caresses superficielles

Jambes en l’air aux écarts impudiques
Ventre sans couverts aux poils rustiques
Le torse de sa poitrine aux collines jumelles
S’enracine dans les profondeurs des aisselles.

Bernard NKOUNKOU

Angela Merkel sacrée femme la plus puissante du monde

août 25, 2011

C’est la quatrième fois en cinq ans que la chancelière allemande occupe la première place de ce classement du magazine américain Forbes. Christine Lagarde est 9e.

Angela Merkel est à nouveau cette année la femme la plus puissante du monde, devant la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton et la présidente brésilienne Dilma Rousseff, selon le classement annuel du magazine Forbes publié mercredi. La Française Christine Lagarde, nouvelle directrice générale du FMI arrive en 9e place de ce classement des 100 femmes les plus puissantes du monde, et une seule autre Française trouve sa place dans la liste, Dominique Senequier, patronne d’Axa Private Equity (98e).

C’est la quatrième fois en cinq ans que la chancelière allemande occupe la première place de ce classement largement dominé par les femmes d’affaires et les Américaines. L’an dernier, elle en avait été détrônée par Michelle Obama, la Première dame américaine. Les cent femmes les plus puissante du monde, selon Forbes, s’occupent de politique, d’affaires, d’organisations caritatives ou travaillent dans les médias. Mais on y trouve aussi des artistes, dont l’excentrique Lady Gaga, qui à 25 ans est la benjamine de la liste où elle occupe la 11e place.

Elles contrôlent 30 000 milliards de dollars

Ces femmes âgées de 25 à 85 ans contrôlent collectivement un total de 30.000 milliards de dollars, ajoute le magazine. Leur moyenne d’âge est de 54 ans. Vingt-deux sont célibataires. Leur puissance vient de leur fortune, mais aussi de leur pouvoir et de leur audience, réseaux sociaux obligent, précise Forbes. Vingt-neuf d’entre elles sont PDG, huit sont chefs d’Etat.

Parmi les femmes politiques, outre Angela Merkel, figurent dans la liste Hillary Rodham Clinton (2e), Dilma Rousseff (3e), Sonia Gandhi, présidente du parti indien du Congrès (7e), l’opposante birmane Aung San Suu Kyi (26e), la reine Rania de Jordanie (53e), la présidente du Costa Rica Laura Chinchilla (86e) ou encore l’Américaine Sarah Palin (34e). Et parmi les artistes, l’actrice Angelina Jolie occupe la 29e place et la chanteuse Beyonce Knowles la 18e.

Vingt-six femmes entrent pour la première fois dans la liste : c’est notamment le cas de Michele Bachmann (22e), la candidate à l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine de 2012, et de la responsable éditoriale du New York Times Jill Abramson (12e). Parmi les poids lourds des médias figurent l’Américaine Oprah Winfrey (14e), Arianna Huffington, créatrice du Huffington Post (31e), la journaliste Christiane Amanpour (44e) et la Britannique Helen Boaden, directrice du groupe BBC News (51e).

La plus âgée de la liste est la reine Elizabeth, 85 ans, qui se classe à la 49e place. L’an dernier, Michelle Obama arrivait en tête de ce classement. Elle rétrograde cette année à la 8e place.

L’Expansion.com

L’orgasme final

août 18, 2011

Âgé de 72 ans, le propriétaire d’un cabaret de Berlin, en Allemagne, offre 383 000$ CAN à la femme qui le fera mourir d’amour écrit le quotidien Bild.

Rolf Eden dit qu’il veut mourir dans les bras d’une belle femme âgée de moins de trente ans. Son offre, affirme-t-il, est inscrite en noir et blanc dans son testament.

"Je veux un sexe torride, et un orgasme assez violent et puissant pour me faire flancher le coeur. M. Eden a déjà le coeur malade.

Il demande aux intéressées de communiquer avec lui au plus vite à cause de son âge.

En parlant d’âge, en voici une bonne

Il est tellement vieux que lorsqu’il a commandé des oeufs cuits trois minutes, on lui a demandé de payer immédiatment!
- Milton Berle

Ma femme achète trop de vibrateurs

août 17, 2011

Un Roumain demande le divorce prétextant que sa femme dilapide l’argent du foyer sur des vibrateurs et autres accessoires sexuels.

Teodor Popescu, un professeur de Focsani, en Roumanie, ne peut plus supporter les fantaisies de sa femme Maria qu’il a épousé il y a deux ans.

C’est quand elle a cassé le cochon pour acheter quatre vibrateurs que les fusibles de Teodor ont lâché.

Grrrrrr. "J’espère qu’elle s’en tire bien avec ses vibrateurs car moi, je ne suis plus là. Terminé!

Le salaire mensuel moyen, en Roumanie, est d’environ 200$ Canadien.

Michelle Obama, femme d’ambition

août 16, 2011

Volet de la série d’été. Janvier 2009, investiture de Barack Obama : Michelle ne quitte pas des yeux l’élu de son coeur. Quel chemin parcouru depuis la rencontre entre la brillante avocate et le stagiaire idéaliste… Quel amour il a fallu pour résister ensemble au tourbillon d’une ascension politique ! Anne Plantagenet rembobine cette love story sur fond de rêve américain.

Elle s’ennuie dans ce cabinet d’avocats, c’est insensé comme elle s’ennuie. Et pas seulement. Elle s’en veut aussi. Toutes ces années d’études, ces nuits à bûcher sur la table de la cuisine, ces innombrables journées entamées bien avant l’aube… Avoir franchi de si nombreux obstacles, intégré les prestigieuses universités de Princeton et de Harvard, elle, la petite Noire des quartiers sud de Chicago élevée dans un deux-pièces, fille d’un employé d’une station d’épuration d’eau, atteint d’une maladie incurable, et d’une femme au foyer, avoir défié tant de préjugés et déjoué tous les pronostics qui lui prédisaient une existence bien loin des sphères du pouvoir et des élites, cantonnée à la place que la société réserve aux minorités : à la marge. Avoir réussi ce pied de nez magistral aux pythies de tous bords pour se retrouver à défendre les dossiers insipides des riches clients de la ville. Riches et blancs. Elle s’appelle Michelle, a 24 ans, mesure 1,82 m, corps athlétique, menton volontaire. Elle est imposante, joue la carte de la féminité à outrance pour compenser un physique un peu massif – aux antipodes des beautés filiformes des magazines féminins – et la dureté de son regard. Le sourire éclatant qu’elle arbore, comme d’autres une arme au ceinturon, abrite sans grande dissimulation un caractère des plus intransigeants. Ceux qui la connaissent savent que l’exigeante miss Robinson ne tolère pas beaucoup le dilettantisme, pas plus qu’elle ne souffre l’échec, la critique et l’opposition.

Elle affiche une assurance qu’on pourrait sans peine, de prime abord, prendre pour de l’arrogance. Et ne pleure jamais. Peut-être a-t-elle une haute opinion d’elle-même. Peut-être est-elle présomptueuse, revancharde, à un point tel que le désir en devient indicible. Ce qui est sûr, c’est qu’elle ne devrait pas être là. Elle est une anomalie statistique, une bizarrerie, presque un contresens. Mais aussi le petit miracle qui permet de garder la foi, l’illustration du parcours exemplaire, de la force de la volonté. Ou simplement l’exception qui confirme la règle. Car les enfants de la communauté à laquelle elle appartient ne deviennent pas avocats. Précisément, elle a consacré le sujet de sa thèse universitaire aux divisions raciales. Le monde reste dominé par les hommes et, fait indiscutable, par les Blancs. Chez Sidley Austin, où elle est entrée à la fin de ses études, spécialisée dans le marketing et la propriété intellectuelle, Michelle Robinson est une des rares femmes. Et elle est la seule Noire. Ce jour-là, elle porte une jupe droite cintrée, un chemisier à jabot, un collier de perles et des escarpins qui élèvent davantage encore sa longue silhouette sans rien cacher de ses formes plantureuses. Michelle a le goût des vêtements, des bijoux et des chaussures. Qui a dit que sa stature lui proscrivait les talons hauts ? Il est hors de question qu’elle s’autocensure. Si elle a des complexes, des fragilités ou des peurs, elle leur fonce droit dessus et appuie précisément là où ça fait mal. Son humour caustique et son franc-parler décontenancent. Son élégance racée effarouche.

Une femme intimidante

Ses collègues du cabinet la jugent sans doute un peu radicale, intimidante, assurément trop grande. Elle ne leur témoigne pas davantage d’intérêt. Ils ne lui arrivent pas à la cheville. Elle n’a jamais rencontré d’homme à sa taille. Un homme ? Le candidat idéal serait noir, forcément, au mieux métis; ses origines, différentes de celles de Michelle, qui a grandi dans une famille défavorisée mais soudée, aimante. Elle l’imagine d’un milieu plus aisé, mixte. En revanche il n’a pas connu de stabilité affective, a été ballotté son enfance durant, s’est construit sur du déchirement, mélange d’influences tragiques et éclatées. Orphelin. A voyagé, vécu à l’étranger, parle plusieurs langues. Cultivé, intelligent, sportif (il pratique le basket), drôle (il la fait rire), terriblement ambitieux et sensible à la cause des Noirs. Il apporte à Michelle l’élément fantaisiste qui lui fait tant défaut, la touche d’étrangeté nécessaire à sa réussite trop parfaite (un prénom peu commun, presque imprononçable, atteindrait au sublime, mais peut-être est-ce trop demander). Il a un charme irrésistible en dépit de ses oreilles décollées, mais n’adore qu’elle (dont il est le seul à avoir décelé les secrètes fragilités, les failles magnifiques), ne daigne pas même lever les yeux sur les multiples femmes qui papillonnent autour de lui, tremblant à l’idée de la perdre, elle, Michelle, son amarre, son rocher, car Me Robinson n’est pas partageuse, elle est si fière qu’elle le tuerait d’abord et le quitterait ensuite. S’il en venait à la trahir.

Glamour et rigueur

Mais cela ne peut se produire car il est puritain, et le couple qu’ils forment est exemplaire, fusionnel. Leur complémentarité accomplie les rend plus forts. Non seulement ils sont amoureux, mais solidaires. Alliés. Associés. Partenaires. Une véritable entreprise qui, au fil du temps, apprend à contrôler son image, huile son discours. Un malin dosage de glamour et de rigueur, un ton familier mais terriblement redoutable. L’incarnation idéale du rêve américain.

Le mari de Michelle est forcément engagé dans la collectivité et, de fait, flirte rapidement avec la politique. Il connaît la réalité du terrain, parle bien, se montre proche des gens, met la main à la pâte, pratique l’humour aussi bien que la fermeté. Une véritable entreprise qui, au fil du temps, apprend à contrôler son image, huile son discours. Un malin dosage de glamour et de rigueur, un ton familier mais terriblement redoutable. L’incarnation idéale du rêve américain. Le mari de Michelle est forcément engagé dans la collectivité et, de fait, flirte rapidement avec la politique. Il connaît la réalité du terrain, parle bien, se montre proche des gens, met la main à la pâte, pratique l’humour aussi bien que la fermeté. Il croit possible de changer le monde (du moins les États-Unis d’Amérique), de réduire les inégalités, d’unifier la nation, de poursuivre le rêve de Martin Luther King, et place la justice sociale au centre de son programme. À ses côtés, Michelle, inébranlable et fière, qui, avec le temps, retouche sa coiffure, bonifie son maquillage, affine ses tenues. Bardée de tous ses diplômes, capable de prendre la parole plus d’une heure en public sans notes, elle est loin d’être l’épouse potiche habituelle, n’est pas là juste pour la caution morale.

Des bâtisseurs

Et même si elle est appelée, un temps, à mettre sa propre carrière entre parenthèses pour soutenir celle de son mari, c’est sujet à un accord entre eux. Elle pose des conditions, impose des concessions domestiques. Pas question pour elle d’être dans l’ombre, de passer ses soirées à attendre. Elle veut en être. Exige de participer, choisit ses combats personnels (les enfants défavorisés, l’obésité infantile). Il faut avant tout se rendre accessible à tous, se poser en modèle, en héroïne modeste, préférer les petits créateurs aux grands couturiers, danser joue contre joue devant les caméras, savoir shooter dans un ballon de soccer, jouer dans une série télévisée, participer à des émissions populaires, ne pas hésiter à dévoiler, par de savantes gaffes distillées avec art (sa franchise brute est désormais notoire), les touchantes petites imperfections du mari redevenu à la maison un homme comme les autres (qui ronfle, laisse traîner ses chaussettes, a mauvaise haleine au réveil). Ensemble ils peuvent aller très loin, Michelle le sait depuis le premier jour. Elle y croit même bien davantage que lui. Depuis leur résidence de Chicago, avec parquet en bois, peintures balinaises, statues africaines, où elle décide d’enraciner son homme, elle le pousse en avant. Sans relâche. L’empêche de baisser les bras, le contraint à garder la foi. Elle est son socle, son rempart. Il est son prodige, son plus bel accessoire. Ils sont des bâtisseurs, n’existent pas l’un sans l’autre. En toute logique, il se fera d’abord élire localement avant de devenir sénateur. Et après, se pourrait-il que… ?

Un homme métis et une femme noire, descendants d’esclaves, aux commandes d’une société où la ségrégation raciale, si elle n’est plus légale depuis seulement une cinquantaine d’années, est largement encore en vigueur dans la vie de tous les jours… ? À Princeton, la camarade de chambre de Michelle a déménagé le premier soir. Ses parents ne voulaient pas qu’elle dorme dans la même pièce qu’une Noire. Soudain Michelle doute. C’est le seul moment. Elle n’est pas du genre vacillant. Ce n’est pas dans son tempérament. Elle s’est mariée sans hésiter, a mis au monde deux filles à trois ans d’intervalle, a investi son poste de mère aussi naturellement qu’elle a su s’imposer comme icône de la mode et comme symbole, paradoxalement, de la lutte des femmes.

La femme la plus célèbre du XXIe siècle

Non sans surprise, elle a découvert que ses enfants constituaient sa priorité absolue et passaient avant les meetings, distributions de tracts, manifestations de tout ordre, l’ivresse d’une estrade devant une foule qui acclame, l’émotion qu’engendre la gratitude, reçue ici et là, les mains tendues, les larmes de reconnaissance…

Rien de tout cela ne vaut le regard bouleversant de Malia et de Sasha, leur rire, leur chair potelée de fillettes tant aimées, noires comme elle. Dans leur villa de South Side, Michelle recrée à l’identique la chaleur du foyer qu’elle a partagée petite avec ses parents et son frère dans le pavillon de brique, quelques rues plus loin. Parfois elle se demande si tel n’est pas simplement l’objectif qu’elle poursuit en réalité, un bonheur familial sans ombre ni éclat, un cocon stable et rassurant, avec un mari rentrant tous les soirs à la maison après une journée de travail bien remplie, des amies proches avec qui faire du shopping et avaler une part de pizza le samedi midi. Elle serait bénévole dans des associations locales à but social et non lucratif, travaillerait à l’université, cultiverait un petit potager bio, fréquenterait l’église du pasteur Wright, qui a célébré son mariage, baptisé ses filles et déclaré que les Noirs des États-Unis devraient dire : « Que Dieu maudisse l’Amérique ! » Et parfois elle a silencieusement l’audace d’espérer, se voit avec son époux propulsé à une place qu’aucun homme de couleur n’a occupée jusqu’à ce jour. Elle n’ose pas le formuler, tant c’est inconcevable, mais elle, au pied du Capitole, tenant la Bible sur laquelle lui prêterait serment. Pour un monde plus juste.

Elle, la plus célèbre femme du XXIe siècle.Mais il faut aller en campagne comme on part sur le front, perdre toute intimité, lui absent, sur les routes sept jours sur sept, dans les tranchées électorales où l’on mobilise de nouveaux soldats, avec la solitude, l’épuisement, la tentation du guerrier; et elle, aux activités professionnelles sacrifiées, à ronger son frein à la maison, « desperate housewife » bonne à faire le ménage, les lessives, les courses, la vaisselle, à élever ses enfants seule, avec des images insoutenables virevoltant dans sa tête comme les robes à volants et les décolletés pigeonnants des attachées de presse, secrétaires, assistantes, conseillères, présidentes de comités de soutien de son mari.

L’homme idéal

Elle interrogera. Voudra savoir si cela en vaut la peine. Si son homme a une chance d’être élu candidat démocrate à la présidentielle. Si la moindre infime probabilité justifie toutes les abnégations, les privations auxquelles ils seront tenus pendant des années. Et les humiliations aussi. Car Michelle pressent déjà. Le portrait de son mari que des internautes se seront amusés sur la Toile à dépigmenter et à coiffer de cheveux lisses, bruns. Et le sien, son visage de femme respectable, de citoyenne américaine, en guenon. Il pleut sur Chicago ce jour. Michelle chasse ces visions d’un geste agacé de la main. Elle s’ennuie tellement dans ce cabinet qu’au lieu de s’atteler aux affaires en cours elle rêvasse, se laisse aller aux divagations les plus saugrenues. L’homme idéal ! Courageux et digne comme son père, qui, sans une plainte, tous les jours de sa vie, est allé travailler en dépit de la sclérose en plaques qui lui causait mille souffrances. L’homme idéal n’existe pas. Et Michelle a toutes les chances de rester vieille fille, avocate et malheureuse. On frappe à sa porte. Son supérieur passe une tête : – Maître Robinson, le nouveau stagiaire est arrivé. Vous êtes chargée de vous occuper de lui, de le former. Il s’appelle… Ba… Ba… Barack… Vous parlez d’un prénom ! Barack Obama.

lefigaro.fr/Madame


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