Articles Tagués ‘Mouammar Kadhafi’

Libye : combats à Bani Walid, confusion sur des arrestations de membres de l’ancien régime

octobre 21, 2012
L'armée libyenne à Tripoli se prépare à un déploiement à Bani Walid, le 18 octobre 2012. L’armée libyenne à Tripoli se prépare à un déploiement à Bani Walid, le 18 octobre 2012. © AFP

La confusion régnait en Libye samedi après des déclarations officielles contradictoires sur des arrestations de membres de l’ancien régime, au moment où des combats font des dizaines de morts et de blessés dans l’ouest du pays, un an jour pour jour après la mort de Mouammar Kaddafi.

A l’occasion de ce 1er anniversaire, les autorités ont estimé que le pays n’avait pas été "totalement libéré" du régime Kadhafi, citant notamment Bani Walid, où de nouveaux combats entre des combattants restés fidèles au dirigeant déchu et des anciens rebelles ont fait au moins 26 morts et plus de 200 blessés.

Plus tard, le bureau du Premier ministre a annoncé dans un bref communiqué l’arrestation de Moussa Ibrahim, ex-porte-parole du régime kadhafiste, "par des forces appartenant au gouvernement de transition à un barrage de Tarhouna", ville entre Bani Walid et Tripoli.

L’information a été par la suite relayée par les médias officiels.

Mais en début de soirée, les autorités semblaient se rétracter. Le porte-parole du gouvernement, Nasser al-Manaa, a ainsi déclaré sur la télévision privée Libya al-Ahrar, que le gouvernement n’avait" rien donné d’officiel jusqu’ici sur l’arrestation de n’importe quel membre de l’ancien régime".

Moussa Ibrahim a lui même démenti l’information dans la soirée, dans un enregistrement sonore dont l’authenticité n’a pu être vérifiée, dans lequel il a aussi rendu hommage à Mouammar Kadhafi, à l’occasion du 1er anniversaire de sa mort après sa capture par les rebelles le 20 octobre 2011 à l’issue d’un conflit armé de huit mois.

"Au sujet des informations sur mon arrestation aujourd’hui, (…) il s’agit d’une tentative pour détourner l’attention sur les crimes commis par les rebelles de l’Otan contre nos gens à Bani Walid", a déclaré M. Ibrahim dans cet enregistrement publié sur internet.

Des rumeurs et des annonces officielles contradictoires ont circulé aussi sur l’arrestation d’autres responsables de l’ancien régime, dont Khamis, le dernier fils de Mouammar Kadhafi, donné pour mort par les siens depuis octobre 2011.

Cette confusion intervient quelques heures après que le président de l’assemblée nationale, Mohamed al-Megaryef, a reconnu que "la libération du pays n’a pas été complètement réalisée dans certaines régions".

26 morts et plus de 200 blessés à Bani Walid

Dans un discours, M. Megaryef a dressé un bilan sombre de la période post-Kadhafi, faisant état notamment de "retard" et de "négligence" dans la formation d’une armée et d’une police et dans le contrôle des armes.

Selon lui, cette situation a permis à "des vestiges de l’ancien régime de s’infiltrer dans les organes de l’Etat et de comploter avec ceux (de l’étranger) contre la révolution et sa direction légitime".

Quelques heures après le discours de M. Megaryef, de nouveaux combats à Bani Walid ont fait au moins 26 morts et plus de 200 blessés, selon un décompte de l’AFP basé sur les bilan des deux hôpitaux de Bani Walid et de la ville voisine et rivale de Misrata.

Durant la semaine, une quinzaine de personnes avaient déjà péri dans des bombardements des ex-rebelles sur Bani Walid.

Pour justifier l’opération militaire lancée contre la ville, M. Megaryef a indiqué que celle-ci était "devenue un abri pour un grand nombre de hors-la-loi hostiles à la révolution et même à des mercenaires".

"Ce n’est pas une guerre d’extermination ou de nettoyage ethnique comme certains le prétendent à tort mais une campagne pour le retour à la légitimité et pour rétablir la sécurité et la stabilité", a-t-il dit.

"Les autorités ont donné le feu vert aux milices pour exterminer les gens dans la ville", a accusé Salem al-Ouaer, chef militaire du plus important groupe armé de Bani Walid, appelant l’ONU et l’Occident à protéger les civils, dénonçant une "situation humanitaire très mauvaise".

Le porte-parole du chef d’état-major Ali Chikhi a fait état d’une avancée de ses forces vers le centre de la ville, ajoutant que "l’armée a assuré des couloirs humanitaires pour permettre aux civils de quitter la ville".

L’ONU a exprimé de son côté des inquiétudes au sujet des affrontements à Bani Walid.

"Dans l’intérêt de la réconciliation nationale et la stabilité à long terme du pays, une médiation est nécessaire d’urgence", a déclaré l’envoyé de l’ONU pour la Libye, Tarek Mitri, dans un communiqué, appelant à la protection des civils.

La menace d’un assaut pesait depuis plusieurs semaines sur Bani Walid après la mort d’un ex-rebelle enlevé et torturé à Misrata, qui a exacerbé les tensions entre Misrata et Bani Walid, cités voisines et rivales historiques ayant choisi des camps opposés lors du conflit.

Jeuneafrique.com

Omrane Shaaban, le défunt héros de la nouvelle Libye

septembre 29, 2012

Dans les sables de Libye, là où il repose depuis bientôt un an, Mouammar Kadhafi a dû esquisser l’un de ses sourires mauvais qui glaçaient ses interlocuteurs. Car mardi 25 septembre, l’un des rebelles qui avait contribué à sa capture, Omrane Shaaban, l’a rejoint six pieds sous terre. Ce jeune Libyen de 22 ans a été inhumé à l’issue d’une gigantesque prière organisée à Misrata, sa ville natale, une place forte de l’insurrection contre le despote halluciné de Tripoli.

Quelque 10 000 personnes ont assisté aux obsèques d'Omrane Shabaane, le 25 septembre, à Misrata.
Quelque 10 000 personnes ont assisté aux obsèques d’Omrane Shabaane, le 25 septembre, à Misrata. | ANIS MILI/REUTERS

Près de 10 000 habitants, massés sur la pelouse du stade municipal, se sont prosternés devant sa dépouille, enveloppée dans le drapeau libyen. Consacré martyr de la patrie, Omrane Shaaban était décédé la veille, dans un hôpital parisien, où il avait été transféré en urgence à la mi-septembre, après avoir passé deux mois dans les geôles de Bani Walid, une ville au sud de Misrata tenue par des nostalgiques du colonel Kadhafi.

Le jeune homme, ingénieur de formation, y avait été kidnappé en juillet, alors qu’il participait, au sein de la brigade Deraa Libya, une milice rattachée au ministère de la défense, à une opération destinée à libérer des journalistes de Misrata, précédemment capturés.

Blessé par balle dans un accrochage avec des miliciens de Bani Walid, visiblement torturé par ses ravisseurs, Omrane Shaaban n’avait plus que "la peau sur les os", selon ses parents, quand Mohamed Megarief, le président du Parlement libyen, avait obtenu sa libération, le 13 septembre.

Le jeune rebelle devait sa célébrité aux photos et aux vidéos qui l’avaient montré en train d’arrêter un Kadhafi aux abois, le visage hagard et ensanglanté, le 20 octobre, à proximité d’une canalisation, en lisière de la ville de Syrte.

IL A DÉSARMÉ  KADHAFI, LUI CONFISQUANT SON PISTOLET EN OR

Avec quelques compagnons d’armes, Omrane Shaaban avait appris qu’une cinquantaine de véhicules tentaient de fuir la ville, alors assiégée par les rebelles. Ils s’étaient lancés à la poursuite du convoi, qui devait entre-temps être bombardé par les forces de l’OTAN engagées aux côtés des insurgés.

Les rescapés, dont le Guide et quelques-unes de ses gardes du corps, avaient tenté de se cacher dans un tuyau de béton. "L’un d’eux a agité le drapeau blanc, avait raconté Omrane Shaaban, au quotidien espagnol El Pais. Il nous disait que son chef est ici et qu’il était disposé à se rendre. Mais nous n’avions pas imaginé une seconde que ce chef en question pouvait être Kadhafi."

De ce groupe de thuwar (rebelles) chanceux, l’histoire a retenu qu’Omrane Shaaban est celui qui a désarmé Mouammar Kadhafi, lui confisquant son fameux pistolet en or. Le dictateur libyen décéda peu après, probablement sous les coups de combattants de Misrata, où son corps fut exposé pendant plusieurs jours.

La mort d’Omrane Shaaban pourrait rouvrir l’une des plaies mal refermées de la nouvelle Libye : l’antagonisme entre Bani Walid et Misrata. Les combattants de cette dernière menacent de se faire justice si les autorités n’arrêtent pas au plus vite les meurtriers du nouveau héros libyen.

Lemonde.fr par Benjamin Barthe

Libye: Kadhafi préférait "mourir qu’être jugé" par la CPI

octobre 31, 2011

Depuis sa prison, un proche de Mouammar Kadhafi raconte les dernières semaines du "Guide", terré à Syrte sous les bombes jusqu’à sa mort le 20 octobre. Un homme "déprimé, inquiet" qui préférait "mourir en Libye qu’être jugé" par la Cour pénale internationale (CPI).

Le 27 juin, la CPI avait émis un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité contre Mouammar Kadhafi, son fils Seif Al-Islam et Abdallah Al-Senoussi, l’ancien chef des services secrets militaires de Libye.

La mesure aurait aggravé les choses, assure Mansour Daou, ex-chef des services de sécurité intérieure, emprisonné à Misrata (215 km à l’est de Tripoli): "Le mandat d’arrêt de la CPI les a décidés, lui et ses fils, à rester en Libye (. . . ) Kadhafi disait +je préfère mourir en Libye plutôt qu’être jugé par (le procureur de la CPI Luis) Moreno-Ocampo+".

Seif Al-Islam et un autre fils, Mouatassim, "voulaient que Kadhafi reste, surtout Seif", considéré comme son dauphin, tandis que "Senoussi le mettait sous pression pour qu’il parte", en vain.

Le 19 août, les forces du Conseil national de transition (CNT) étant aux portes de Tripoli, Mouammar Kadhafi file à Syrte, sa région natale, s’y sachant populaire. Les pro-CNT entrent dans Bab al-Aziziya, sa résidence, le 23.

"Kadhafi savait que c’était fini (. . . ) depuis que ses troupes avaient été repoussées de Misrata", un des fiefs de l’insurrection, le 25 avril, et devenait depuis "de plus en plus nerveux", se rappelle M. Daou. "Il était aussi sous pression parce que ses amis l’avaient abandonné, Berlusconi (le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi), Sarkozy (le président français Nicolas Sarkozy), Erdogan (le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan), Tony Blair (l’ex-Premier ministre britannique Tony Blair). Ca l’a miné, il les considérait comme des amis proches", ajoute-t-il.

Au début, l’ex-dictateur vit dans un hôtel de Syrte. Mais les pro-CNT atteignant les faubourgs mi-septembre, il change ensuite de logement quasi quotidiennement par mesure de sécurité.

Ses approvisionnements se réduisent, les bombes commencent à pleuvoir, les combats s’intensifient, dévastant la cité. L’électricité et l’eau courante sont coupées, la nourriture se fait rare. Celui qui veillait sur sa sécurité décrit un homme "déprimé, très inquiet". "C’était très inhabituel de le voir comme ça", dit-il.

Mouatassim, aujourd’hui mort, mène le combat à Syrte, tandis que Seif, actuellement en fuite, n’y viendra jamais: "à partir du 27 août, il est resté à Bani Walid", autre bastion pro-Kadhafi qui tombera peu avant Syrte, et "je ne l’ai jamais revu depuis", raconte Mansour Daou.

Les combattants professionnels tombant les uns après les autres sous le déluge de feu des pro-CNT, des volontaires de Syrte peu expérimentés viennent les appuyer. "Kadhafi lisait des livres, prenait beaucoup de notes, faisait des siestes. C’est Mouatassim qui commandait les combattants. Kadhafi ne s’est jamais battu. Il était vieux", explique l’ex-dignitaire.

Le 19 octobre, la situation est désespérée: le dernier carré est encerclé dans le quartier n°2 de Syrte, pilonné par les bombes du CNT et de l’Otan. Décision est alors prise de partir vers le sud, vers le Wadi Djaref, près du village natal de Kadhafi.

"Une erreur monumentale", pour M. Daou: "C’était une idée de Mouatassim. Il y avait environ 45 véhicules, 160 à 180 hommes, certains blessés. Le départ devait se faire vers 03H30 du matin (le 20 octobre), mais on a traîné trois ou quatre heures avant de partir (. . . ), parce que les volontaires de Mouatassim étaient mal organisés", raconte-t-il.

Le convoi s’ébranle après l’aube, et est rapidement repéré par l’Otan qui déclenche une frappe aérienne. Les pro-CNT viennent finir le travail, tuant ou capturant les survivants.

Blessé, Kadhafi est retrouvé caché dans un tuyau d’écoulement des eaux passant sous la route où son dernier convoi a été intercepté. Il est pris par les combattants de Misrata qui tiennent alors leur revanche: il est roué de coups, insulté, humilié. Deux heures plus tard, il est mort, une balle dans la tête, une autre dans la poitrine.

Jeuneafrique.com avec AFP

Kadhafi: le CNT veut juger les meurtriers

octobre 28, 2011

Les nouvelles autorités libyennes se sont dit aujourd’hui déterminées à poursuivre en justice les meurtriers de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi mort dans des circonstances floues après avoir été capturé vivant.

"Le responsable de cela (le meurtre de Kadhafi), quel qu’il soit, sera jugé et bénéficiera d’un procès équitable", a déclaré le vice-président du Conseil national de transition (CNT), Abdel Hafiz Ghoga.

Lundi, Moustapha Abdeljalil, le président du CNT, a annoncé la création d’une commission d’enquête sur les circonstances controversées de la mort de l’ex-dirigeant libyen afin «répondre aux requêtes internationales».

Alors que les nouvelles autorités libyennes martèlent depuis le début la thèse d’un décès intervenu dans un échange de tirs, de nombreuses sources font pour leur part référence à une exécution sommaire. Le ministre britannique de la Défense, Philip Hammond, a même estimé que la "réputation" des nouvelles autorités libyennes avait été "un peu ternie" par la mort de l’ex-dirigeant.

Lefigaro.fr avec AFP

Le corps de Kadhafi inhumé mardi en plein désert

octobre 24, 2011

Le corps de Mouammar Kadhafi sera inhumé mardi dans un lieu du désert libyen qui restera secret, a annoncé lundi soir un responsable du Conseil national de transition (CNT). On ne connaît pas encore les circonstances de sa mort.

Alors que le doute subsiste sur les conditions de la mort de Kadhafi, le nouveau régime en place se débarrasse de sa dépouille. Le corps de l’ancien despote libyen sera inhumé mardi dans un lieu du désert libyen qui restera secret, a annoncé lundi soir un responsable du Conseil national de transition (CNT).

L’ex-dirigeant libyen a été tué jeudi dernier alors qu’il tentait de quitter Syrte. Sa dépouille a été transférée et conservée à Misrata, dont elle a été emportée lundi soir vers une destination inconnue, selon Reuters. Il s’agira d’un "enterrement simple", a ajouté ce responsable, joint par téléphone, précisant que Mouatassim, le fils de Kadhafi tué le même jour, serait inhumé lors de la même cérémonie. Aucun accord n’a pu être trouvé avec la tribu à laquelle appartenait Kadhafi pour une éventuelle remise des corps, a-t-il dit.

Quoiqu’il en soit, les circonstances du décès de l’ancien leader libyen, tué après avoir été capturé vivant, ont soulevé une polémique qui sème l’embarras au sein du nouveau régime en place issu de l’ancien CNT. La proclamation de libération tant attendue est d’ailleurs assombrie par cette affaire. Selon le numéro deux du Conseil national de transition, Mahmoud Jibril, une autopsie réalisée dimanche matin a conclu que l’ancien dirigeant avait été tué d’une balle dans la tête lors d’un échange de tir sur le chemin de l’hôpital.

Commission d’enquête

S’il a confirmé dimanche la "mort par balles" du leader libyen, le chef du service national de médecine légale a indiqué ne pas pouvoir donner plus de précisions, car il "doit attendre le feu vert de (son) supérieur", le procureur général Abdelaziz Al-Ahsadi, pour en parler. "J’ai autopsié Mouammar Kadhafi et (le ministre de la Défense du régime déchu) Aboubakr Younès Jaber la nuit dernière, et (le fils de l’ex-"Guide" libyen) Mouatassim la nuit d’avant", a expliqué le médecin légiste. "C’était une autopsie standard complète, conforme à toutes les normes scientifiques et de l’Union européenne", a assuré le praticien. "Leurs blessures nous ont indiqué combien de blessures par balles ils ont reçues. (…) Nous avons des réponses à toutes les questions", dont celle de savoir si Kadhafi est mort lors de combats ou a été exécuté, a-t-il ajouté. "Nous parlons de mort par balles pour tous les trois", a précisé le légiste, sans vouloir donner plus de précisions. Selon lui, "le feu vert (pour communiquer sur le sujet) sera donné dans les prochains jours", et "rien ne sera caché".

La veuve de Kadhafi et plusieurs organisations internationales, dont l’ONU, appuyée par les Etats-Unis, ont réclamé une enquête. Le CNT va leur donner satisfaction, puisqu’il a annoncé lundi la mise en place d’une commission ad hoc. Saadi Kadhafi, un des fils de l’ancien dirigeant libyen, s’est dit de son côté, par la voix de son avocat, "choqué et outré par la violente cruauté" manifestée à l’égard de son père et de son frère Moutassim. "Les affirmations contradictoires du Conseil national de transition excusant ces exécutions barbares et les mauvais traitements infligés aux corps montrent clairement que les personnes liées à l’ancien régime n’auront pas le droit à un procès équitable en Libye et ne recevront pas justice des crimes commis à leur encontre", a affirmé le troisième fils de Mouammar Kadhafi, ancien footballeur et homme d’affaires, qui a trouvé refuge début septembre à Niamey, au Niger.

TF1 par L.D

La dépouille de Kadhafi n’est plus visible à Misrata

octobre 24, 2011

Dépouille de Kadhafi

Dépouille de Kadhafi

MISRATA, Libye (Reuters) – Les nouvelles autorités libyennes ont décidé lundi de ne plus exposer au public la dépouille mortelle de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim devant lesquelles ont défilé des centaines de Libyens depuis quatre jours à Misrata.

Les portes de l’entrepôt frigorifique où repose le corps du guide déchu dans la banlieue de cette ville martyre de la révolution libyenne sont désormais closes, a indiqué un responsable.

Auparavant, et pour la quatrième journée consécutive, des Libyens avaient défilé devant la dépouille de Mouammar Kadhafi pour s’assurer de la mort de l’homme qui a gouverné d’une main de fer leur pays pendant 42 ans.

Son corps gisait, enveloppé dans une couverture, sur un matelas maculé de sang dans un entrepôt frigorifique de Misrata. A ses côtés reposaient Mouatassim et l’ancien chef des services de renseignement libyens.

Compte tenu des allées et venues incessantes, la réfrigération n’était plus suffisante pour empêcher un début de décomposition des corps.

Les gardiens du lieu avaient décidé de distribuer systématiquement des masques chirurgicaux aux "visiteurs" pour filtrer les effluves. Ils ont recouvert les corps par des bâches en plastique.

Très peu de Libyens s’émeuvent du fait que le guide et son fils ne soient toujours pas inhumés quatre jours après leur décès, comme le veut le rite musulman qui prescrit un enterrement le jour même de la mort, de préférence avant le coucher du soleil.

"S’il avait été un homme bon, nous l’aurions porté en terre. Mais Kadhafi a choisi lui-même sa destinée", explique Salem Chaka, qui s’est rendu lundi devant les corps.

FATWA LIBYENNE

Un autre "visiteur", qui affirme avoir fait 400 km au volant pour voir les corps, a ajouté: "Je suis venu pour m’assurer de sa mort de mes propres yeux (…) Chaque Libyen doit venir le voir".

L’unanimité est loin de prévaloir au sein du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) quant au sort qui sera réservé à la dépouille du guide.

Les chefs du CNT veulent qu’il soit inhumé dans un lieu tenu secret pour éviter que la sépulture ne devienne un lieu de pèlerinage pour ses partisans.

La tribu des Kadhafa, à Syrte et dans sa région, a demandé que le corps lui soit remis pour l’enterrer dans sa ville natale.

Dans son testament, Mouammar Kadhafi avait demandé à reposer à Syrte.

"Les opinions divergent", explique un responsable du CNT à Misrata. "Certains veulent qu’il repose dans le cimetière des envahisseurs de Misrata", explique-t-il en se référant à un site situé en dehors de la ville, non loin du littoral, où des centaines de partisans armés de Mouammar Kadhafi ont été enterrés avec un minimum de respect et de dignité.

"D’autres souhaitent que le corps soit rendu à sa tribu".

Le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, a annoncé de son côté que cette instance avait mis en place un comité chargé de décider du sort à réserver au corps du guide dans le respect, a-t-il précisé, des recommandations des autorités religieuses du pays.

D’après l’agence de presse officielle égyptienne Mena, le Bureau libyen des "fatwas" (décrets religieux), avait déclaré que Mouammar Kadhafi n’était pas un musulman parce qu’il avait violé les préceptes de Mahomet et ne devrait donc pas avoir droit à des obsèques selon le rite islamique.

Reuters par Rania El Gamal

Libye : Mugabe et Kadhafi avaient des différends

octobre 23, 2011

Le président zimbabwéen Robert Mugabe avait des différends avec l’ancien dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, qui était pourtant un proche allié, a affirmé son porte-parole George Charamba, cité dimanche dans la presse officielle.

"Il y avait de sérieuses divergences, de principe, entre le président Mugabe et le colonel Kadhafi. (. . . ) Le président Mugabe n’a pas été d’accord avec Kadhafi quand ce dernier a ouvert son système à l’Ouest, de l’armée à l’économie, au nom du rapprochement", a indiqué M. Charamba à l’hebdomadaire gouvernemental The Sunday Mail.

Le journal précise que les deux dirigeants étaient aussi en désaccord sur le projet du colonel Kadhafi de fonder des "Etats-Unis d’Afrique" dotés d’un gouvernement unique.

Si le porte-parole de Robert Mugabe ne condamne pas directement la fin brutale de l’ancien guide libyen, jeudi, un éditorial du Sunday Mail s’en charge, estimant que "les efforts de la pauvre propagande occidentale ne réussiront pas à couvrir ce crime barbare".

"Kadhafi, malgré ses défauts (et ils sont nombreux), est un martyr" qui a été assassiné par les puissances occidentales, écrit l’hebdomadaire gouvernemental, relevant ironiquement que "le plus grand crime de Kadhafi a été de nationaliser le pétrole libyen".

"Il a utilisé les pétrodollars pour développer une nation qui a le plus haut niveau de vie en Afrique", ajoute-t-il.

"Il faut désormais s’asseoir et regarder ce qui va arriver dans une Libye +libre+ à partir de maintenant: une grande partie de la richesse nationale que certains Libyens estime être acquise va être siphonnée par des sociétés occidentales. "

Le camp du président Mugabe n’avait encore pas commenté la mort du guide libyen, un proche allié qui l’avait aidé dans sa lutte armée pour obtenir l’indépendance du Zimbabwe, dans les années 1970.

Robert Mugabe avait accusé l’OTAN d’avoir attaqué la Libye afin d’exploiter les ressources pétrolières du pays et avait expulsé l’ambassadeur libyen à Harare parce que ce dernier avait reconnu le Conseil national de transition (CNT), le nouveau pouvoir en place en Libye, début septembre.

Jeuneafrique.com

Les trésors de Libye désormais exposés aux pillages

octobre 22, 2011

La guerre a épargné les sites culturels, selon l’Unesco qui organisait le 21 octobre une réunion d’experts sur la préservation du patrimoine libyen.

Il n’y a pas eu de «génocide culturel». Après des mois d’un conflit qui s’est achevé jeudi 20 octobre, avec la mort de l’ex «Guide» Mouammar Kadhafi, «nous avons reçu de bonnes nouvelles : il n’y a pas eu de dégâts majeurs sur la plupart des sites culturels du pays», a déclaré le 21 octobre Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco, à Paris, lors de l’ouverture de la conférence d’experts réunis en urgence par l’organisation onusienne, pour la préservation du patrimoine culturel dans le pays. «Leptis Magna, par exemple, a été globalement épargné par le conflit. C’est d’abord grâce aux populations alentours, qui même dans les moments les plus difficiles, se sont mobilisées pour les protéger», a précisé la directrice. Ce colloque était prévu depuis plusieurs semaines. Mais la fin du colonel et la chute de Syrte, son dernier bastion, ont donné à l’événement une importance particulière.

C’est maintenant que la Libye doit être aidée

«C’est maintenant que la Libye doit être aidée. Sinon, on risque d’avoir des pillages, comme en Afghanistan et en Irak. Les populations locales ne sont pas toujours conscientes de la richesse de ce patrimoine qui s’étend du Sahara jusqu’à la Méditerranée», affirme Francesco Bandarin, sous-directeur général pour la culture de l’Unesco. Les «bonnes nouvelles» sont venues du Bouclier bleu, l’organisation internationale en charge des sites du patrimoine culturel, aux termes de la Convention de La Haye de 1954, pour la protection des biens culturels en cas de conflits armés. Ses experts se sont rendus fin septembre en Libye. Si les experts de l’organisation ont pu inspecter les principaux sites, «il faut encore évaluer le sud, la région du Djebel Neffousa, mais aussi Sabrata, cette grande ville de la Tripolitaine. Nous n’avons pas d’idée précise de ce qui s’est passé là-bas, à cause du manque d’informations», a souligné Francesco Bandarin.

L’information est principalement venue des forces de l’Otan. «Nous avons été en contact permanent avec les États engagés dans l’action militaire et le secrétaire général de l’Otan. Nous leur avons fourni les coordonnées géographiques précises et les cartes des sites protégés du Patrimoine mondial», a souligné Irina Bokova.

Il s’agit du premier résultat concret d’une telle coopération. D’où ce prolongement : «Nous avons fait en sorte que l’Otan organise un cycle de formation à la protection des sites culturels, à Vienne, du 22 novembre au 2 décembre prochain», s’enorgueillit-on, à l’Unesco.

Un «crime» qui rapporte «13 milliards d’euros par an

Mais toutes les nouvelles ne sont pas bonnes. «Une mosaïque a été détruite à Cyrène. Trois amphores romaines ont été volées au musée d’Apollonia. Surtout, le vol du trésor de Benghazi est un cataclysme. C’est l’un des plus grands vols de biens archéologiques de l’histoire», s’est indigné Francesco Bandarin. Huit mille monnaies anciennes d’or, d’argent et de bronze, des pièces archéologiques : le trésor sommeillait dans une caisse entreposée à la Banque nationale du Commerce de Benghazi, où le département des Antiquités de Libye les avait déposées. Le professeur italien Serenella Ensoli, qui a dévoilé le pillage, a fait le voyage de Naples à Paris. «Il faut aller à la Banque de Benghazi au plus vite, voir ce qu’il reste de cette caisse, a-t-elle appelé. La chercheuse est inquiète. «Il n’y avait pas de document visuel inventorié par l’Italie entre 1940, année où l’ancienne colonie a emporté les pièces et 1961, quand elle les a restituées». Serenella néanmoins possède bien quelques images des pièces disparues, des photos floues. Karl Heinz Kind, chef de l’unité des biens culturels d’Interpol se veut optimiste : «Nous avons reçu des Carabiniers des informations que nous avons pu entrer dans la base de données mondiale d’Interpol. J’espère que cela rendra difficile la vente sur les marchés».

Reste que la Libye, seule, ne pourra pas lutter contre le trafic d’art organisé. Le fantôme de Bagdad, dont le musée fut vidé de plus de 15 000 pièces archéologiques, hante les mémoires. L’Irak, depuis la fin de sa guerre, est devenu la première «source» de ce «crime» qui rapporte «13 milliards d’euros par an», pour reprendre les mots de Francesco Bandarin. Saleh Al Agab Abdallah, directeur du département des antiquités de Libye, tire la sonnetet d’alarme : «Notre institution est encore coloniale. Nous la voudrions post-coloniale. Beaucoup de sites archéologiques ne font l’objet d’aucun plan de gestion. La Libye n’a absolument aucune infrastructure pour la protection du patrimoine. Tout se fait avec les missions étrangères». Pour aider la Libye, vendredi, Irina Bokova a annoncé la création d’une présence permanente à Tripoli de l’Unesco

Lefigaro.fr par Valérie Sasportas

Videos de Kadhafi encore vivant et mort

octobre 21, 2011

Deux moments cruciaux de Mouammar Kadhafi entre la vie et la mort

Confusion autour des circonstances de la mort de Kadhafi

octobre 21, 2011

SYRTE, Libye (Reuters) – Des images particulièrement crues d’un Mouammar Kadhafi couvert de sang et empoigné par des combattants surexcités circulent sur les télévisions du monde entier, semant le doute sur les circonstances exactes de la mort de l’ancien "Guide" libyen.

Les images filmées de ce qui apparaît comme ses dernières secondes de vie offrent toutefois quelques indications sur sa mort.

Mouammar Kadhafi était encore vivant lors de sa capture près de Syrte. Dans la vidéo, filmée par un spectateur présent au milieu de la foule, on distingue Mouammar Kadhafi tiré hors du capot d’un véhicule et jeté par terre en étant tiré par les cheveux.

"Laissez-le en vie ! Laissez-le en vie !" crie une voix. Puis, on entend des coups de feu. Dans le chaos, les images changent alors de plan et ne filment plus l’ancien leader libyen. D’autres coups retentissent alors.

"Ils (les soldats) l’ont capturé vivant et alors qu’il allait être transporté, ils l’ont tabassé et ensuite ils l’ont tué", a confié une source haut placée du Conseil national de transition (CNT) à Reuters.

Ces images semblent contredire la version officielle du gouvernement libyen.

Mahmoud Djibril, chef du gouvernement du CNT, a expliqué que Mouammar Kadhafi était mort d’une blessure par balle à la tête reçue lors d’une fusillade entre ses gardes et les soldats pro-gouvernementaux.

"Le véhicule, quand il s’est mis en route, a été pris dans une fusillade entre les révolutionnaires et les forces de Kadhafi qui a été touché d’une balle dans la tête", a déclaré Djibril lors d’une conférence de presse à Tripoli, lisant le rapport d’un médecin légiste.

"Le médecin légiste ne peut dire si la balle venait des révolutionnaires ou des forces de Kadhafi", a-t-il ajouté.

Reuters


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 83 followers