Présidentielle Gabonaise: Les manifestants mettent le feu à l’Assemblée nationale (Palais Léon Mba)

août 31, 2016

Ce mercredi, 31 août, soir, l’Assemblée nationale (Palais Léon Mba) est sous les flammes (notre photo). Tout est en train de brûler. Comme le palais de l’Assemblée nationale du Burkina Faso, quelques heures avant la fuite de Blaise Compaoré en Côte d’Ivoire. La comparaison s’arrête-t-elle là où comme Compaoré, Bongo Ondimba Ali (BOA) va être obligé d’aller en exil ?

BOA et sa légion étrangère, ont décidé de défier le peuple du Gabon qui lui avait, clairement, signifié que son hold up électoral de 2009 était suffisant, et qu’il ne tolérerait pas un autre hold up électoral en 2016. Mais, ayant, toujours, regardé le peuple gabonais, de très haut, avec mépris, il a minimisé ses multiples mises en garde.

Conséquence : ce mercredi, 31 août, l’Assemblée nationale (où les députés siégeaient depuis hier) brûle, en attendant de s’attaquer, probablement, dans les heures qui viennent au Palais du Bord de Mer, si BOA, d’ici là, ne se décide pas à quitter le pouvoir, comme le peuple le lui demande.

Des heurts ont également éclaté à Nzeng Ayong, où l’immeuble du vice-Premier ministre Paul Biyoghe-Mba a été incendié.

A l’échangeur de Charbonnages, le centre commercial ABC mall a été vandalisé, ainsi que l’agence d’Ecobank à l’intérieur. Plusieurs chaines de distribution ont été prises pour cibles, mais aussi des magasins libanais au PK7 et PK6.

Le mieux pour tout le monde, serait qu’il parte du Gabon, cette nuit, en exil chez son frère, le roi du Maroc, qui a accepté de lui accorder l’asile politique, avec femme et enfants. L’émir du Qatar est, aussi, prêt à l’accueillir, à Doha. Comme quoi, il ne manque pas où aller.

Mais s’il ne se montre pas intelligent comme Blaise Compaoré, en octobre 2014, non seulement, il va tout perdre, mais, il sera orienté vers la CPI (Cour pénale internationale). En effet, les amis de Jean Ping sont décidés à l’y conduire. Pour avoir fait couler, inutilement, le sang des Gabonais : trois morts depuis cet après-midi. Les morts inutiles. En attendant d’autres.

La nuit porte conseil.

Dernière nouvelle : comme l’ambassade des Etats-Unis et l’Union européenne, le quai d’Orsay vient, à son tour, de demander à la CENAP, la très corrompue Commission électorale gabonaise, de publier les résultats du vote, bureau de vote par bureau de vote, pour les besoins de transparence électorale. Comme quoi, le rouleau compresseur est en marche.

Afriqueeducation.com

Brésil : Dilma Rousseff destituée, Michel Temer nouveau président

août 31, 2016

Brasilia – Le centriste Michel Temer, 75 ans, est devenu mercredi le nouveau président du Brésil, quelques heures après la destitution de Dilma Rousseff pour maquillage des comptes publics, marquant la fin de 13 ans de gouvernements de gauche dans le plus grand pays d’Amérique latine.

Ancien vice-président de Mme Rousseff dont il a précipité sa chute, l’homme fort du PMDB (centre droit) a prêté serment au Sénat et devra diriger un Brésil dans la tourmente jusqu’aux prochaines élections législatives et présidentielles fin 2018.

Tout aussi impopulaire que sa rivale, Michel Temer n’a pas fait de déclarations après cette courte cérémonie, à l’issue de laquelle il s’envolera vers la Chine pour un sommet du G20, où il tentera de redorer le blason terni de la première économie d’Amérique latine.

Selon les médias, il s’exprimera dans la soirée dans une allocution télévisée enregistrée.

Dilma Rousseff a fustigé sa destitution et réaffirmé son innocence.

Le Sénat a pris une décision qui entre dans l’histoire des grandes injustices. Il a commis un coup d’Etat parlementaire, a-t-elle dénoncé.

Une majorité de plus des deux tiers requis des sénateurs ont voté sans surprise pour la destitution de la dirigeante de gauche, première femme avoir été élue à la tête du Brésil en 2010, puis réélue de justesse en 2014.

Sur les 81 parlementaires, 61 ont voté pour sa destitution et seulement 20 ont voté contre.

Dilma Rousseff a commis des crimes de responsabilité importants (…), elle a été condamnée et perd ainsi son mandat de présidente de la République, a conclu le président de la Cour suprême (STF) Ricardo Lewandowski, qui dirigeait les débats du Sénat transformé pour l’occasion en tribunal.

– ‘Nous reviendrons’ –

Mme Rousseff a en revanche conservé ses droits civiques à la faveur d’un second vote, où la majorité des deux tiers requise pour l’en priver pendant huit ans n’a pas été atteinte. Seuls 42 sénateurs ont voté pour, 36 contre et 3 se sont abstenus.

Cela signifie qu’elle reste éligible. Elle pourra être candidate à des mandats de sénatrice, de députée, mais pas à la présidence en 2018, puisqu’elle a déjà été élue pour deux mandats consécutifs, a expliqué à l’AFP un universitaire en droit de Rio, Rogerio Dultra dos Santos.

Nous reviendrons, a d’ailleurs promis l’ex-dirigeante, s’exprimant devant un petit groupe de partisans depuis sa résidence du palais de l’Alvorada où elle avait suivi le vote en compagnie de son mentor, l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva.

Il ne s’agit pas d’un adieu, mais d’un à bientôt, a-t-elle lancé à l’adresse des Brésiliens, annonçant une opposition féroce au nouveau gouvernement putschiste.

Englué depuis la réélection de Mme Rousseff fin 2014 dans une crise politique et économique de magnitudes historiques, sur fond de méga-scandale de corruption, le Brésil, également cinquième pays le plus peuplé de la planète, rompt ainsi avec 13 ans de gouvernements du Parti des travailleurs (PT) initiée en 2003 par Lula.

Une longue page d’histoire marquée par le miracle socio-économique des années 2000 qui a vu sortir 29 millions de Brésiliens de la misère, avant les affaires de corruption et un brutal retournement économique qui ont précipité le Brésil et Mme Rousseff dans l’abîme.

Les chiffres officiels publiés mercredi ont confirmé que la récession s’installe au Brésil, avec un sixième trimestre consécutif de baisse du PIB.

– Procès marathon –

Le verdict est tombé au sixième jour d’un procès marathon, de dizaines d’heures de débats techniques et passionnés où le droit de la défense et la Constitution auront été scrupuleusement respectés sur la forme, sans forcément convaincre de la culpabilité de Mme Rousseff au plan strictement juridique.

La dernière session s’est conclue sur les discours enflammés de sénateurs de chaque camp: Temer n’a pas la légitimité pour gouverner ce pays, a lancé la sénatrice Vanessa Grazziotin (PCdoB, parti allié du PT).

Le sénateur Ronaldo Caiado (DEM, droite) a rétorqué que les vraies canailles sont ceux qui pillent les coffres de Petrobras et s’enrichissent avec l’argent public, les vraies canailles sont ceux qui laissent des millions de Brésiliens sans emploi.

Le motif de cette destitution’ Le maquillage des comptes publics pour camoufler l’ampleur du déficit, via un tour de passe-passe faisant incomber certains frais à des banques publiques, et l’approbation de trois décrets engageant des dépenses sans le feu vert du Parlement.

Pour la défense de Mme Rousseff, tous ses prédécesseurs ont eu recours aux manœuvres budgétaires incriminées sans avoir été inquiétés. Il s’agit donc d’un coup d’Etat institutionnel orchestré par l’opposition de droite et Michel Temer.

Le vice-président avait porté un coup fatal à l’ex-guérillera de 68 ans torturée et emprisonnée sous la dictature (1964-1985) en poussant en mars son grand parti centriste, le PMDB à claquer la porte de sa coalition.

La démonstration de combativité administrée lundi par Dilma Rousseff, répondant pendant plus de 14 heures au feu roulant de questions des sénateurs avec calme et fermeté, n’était donc qu’un baroud d’honneur pour la postérité.

Votez contre la destitution, votez pour la démocratie, avait-elle lancé aux sénateurs, dont plus de la moitié sont soupçonnés de corruption ou visés par une enquête.

Romandie.com avec(©AFP / 31 août 2016 22h31)

Gabon/présidentielle: l’Assemblée nationale incendiée à Libreville par des manifestants

août 31, 2016

 

Des incendies ont éclaté à Libreville, après la proclamation des résultats, le 31 août 2016. © Marco Longari/AFP

Immédiatement après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle, qui donnent Ali Bongo Ondimba gagnant avec à peine 5 000 voix de plus que son adversaire Jean Ping, des manifestants ont pris d’assaut les rues de Libreville: des troubles ont éclaté sur les grandes artères entre les forces de l’ordre et des opposants criant Ali doit partir.

Il n’aura fallu que quelques minutes après la proclamation des résultats pour que les quartiers populaires de la capitale s’embrasent. Les partisans de Jean Ping se sont lancés dans des manifestations de rue, réprimées par la police. Et, en fin de journée, ont fini par se diriger vers l’Assemblée nationale, qui a fini dans les flammes.

Dès le milieu de l’après-midi, alors que les résultats officiels n’avaient pas été proclamés mais que des chiffres donnant le président sortant gagnant circulaient déjà, des milliers de personnes sont descendues des bidonvilles pour crier leur colère dans une ville de facto en état de siège. Leur favori, Jean Ping allait être défait d’une courte paille (48,23%) face au président sortant (49,8%).

« Ping heho, Ali dégage! », ont hurlé les manifestants brandissant des tiges de palmier, alors que le ministre de l’Intérieur venait d’annoncer le président sortant vainqueur face à son rival Jean Ping, en fin de journée.

Dans les « PK » (sortie de la ville), les quartiers Nzeng Ayong ou encore Nkembo, des détonations lourdes ont éclaté et des colonnes de fumée noires s’échappaient à plusieurs dizaines de mètres dans le ciel.

Sur la voie express, qui contourne la capitale par l’est, des manifestants ont tenté de rejoindre le quartier général de Ping. Les plus énervés brûlaient ce qu’ils trouvaient sur leur passage.

C’est à quelques centaines de mètres de là qu’avait eu lieu plus tôt la proclamation des résultats tant décriés, dans l’enceinte ultra-sécurisée nommée « Cité de la Démocratie ».

Dispersion par les gendarmes anti-émeute

Les gendarmes anti-émeute ont dispersé les mouvements de foule vers des ruelles à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes, et de canons à eau.

En fin de journée, des blindés étaient positionnés à plusieurs carrefours stratégiques entourés de très nombreux policiers, gendarmes et militaires avec casques lourds et boucliers.

Une nuit incertaine tombait sur Libreville

L’Assemblée nationale du Gabon était en flammes mercredi soir à Libreville après avoir été incendiée par des manifestants descendus dans la rue à l’annonce de la réélection du président Ali Bongo Ondimba, selon plusieurs témoins.

En début de soirée, c’est l’Assemblée nationale qui est partie en flammes. « Des manifestants en colère ont brûlé toutes les voitures autour, ensuite ils sont entrés à l’intérieur du bâtiment et ont mis le feu », a témoigné un partisan de Ping, présent sur place, auprès de l’AFP.

Tout le bâtiment est en train de prendre feu, a indiqué à l’AFP Yannick, un Librevillois présent sur les lieux. Un panache rouge et noir se dégageait dans la nuit au-dessus du palais Léon Mba, selon des journalistes de l’AFP qui se trouvaient à distance.

Ils sont entrés, ils ont brûlé, selon le même témoin affirmant que les forces de sécurité auraient reculé.

L’Assemblée nationale se trouve sur le prestigieux boulevard Triomphal, qui dessert de grandes institutions (siège de la télévision d’Etat Gabon Télévision, Sénat, Hôtel de Ville, Centre culturel français, ministère du Pétrole, ambassades de Chine, de Russie et du Liban…).

Les forces de sécurité s’étaient déployées à titre préventif dès mardi après-midi aux points stratégiques de la capitale à la veille de la proclamation des résultats officiels provisoires par la commission électorale.

L’un des axes principaux, le front de mer de Libreville, était coupé aux abords de la présidence, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Romandie.com et Jeuneafrique.com avec (©AFP / 31 août 2016 20h51)

Quel premier bilan de la présidentielle au Gabon ?

août 31, 2016

par Cécile KyengeCécile Kyenge, originaire de RDC, est députée européenne et ancienne ministre italienne de l’Intégration. Elle a été chef de la mission d’observation de l’Union européenne pour les élections au Burkina Faso, en 2015, et membre observatrice de la délégation du Parlement européen pour la présidentielle de 2016 au Gabon.

Des membres de la Commission électorale du Gabon, dépouillent les bulletins de vote à Libreville, le 27 août 2016. © AFP

Samedi dernier, plus de 628 000 électeurs gabonais ont été appelés aux urnes pour choisir leur futur président.

En ma qualité de membre de la délégation du Parlement européen au sein de la Mission d’observation électorale de l’Union Européenne, j’ai eu le privilège d’assister à un vote que bon nombre d’experts considèrent comme historique pour le destin de ce pays de l’Afrique centrale. L’élection présidentielle au Gabon est à mes yeux d’autant plus importante qu’elle se tient à un moment charnière de l’histoire de la démocratie en Afrique.

Malgré tous les progrès enregistrés ces dernières décennies, la mise en pratique des principes démocratiques et de la bonne gouvernance reste trop souvent entachée par un manque de responsabilité d’une partie du leadership africain envers les peuples du continent. « Les progrès sont en panne », avait déclaré à juste titre la Fondation Mo Ibrahim lors de la publication de son Indice sur la bonne gouvernance en octobre 2015.

Au Gabon, les présidentielles ont été une occasion pour la classe dirigeante gabonaise d’envoyer un message clair à l’ensemble du continent africain et à toute la Communauté internationale : « avec votre soutien, nous sommes en mesure d’organiser une élection transparente et de faire preuve de la plus grande responsabilité dans tout le processus électoral ».

Quel premier bilan pouvons-nous dresser au lendemain du scrutin ? À l’invitation du gouvernement, l’Union Européenne a déployé plus de 50 observateurs, dont six députés du Parlement de l’UE. Les missions européennes, faut-il le rappeler, ont pour mandat de « présenter une évaluation détaillée, circonstanciée et impartiale des processus électoraux conformément au cadre juridique national et régional ainsi qu’aux obligations internationales signées par les pays hôtes ».

Concrètement, les observateurs sont en charge d’analyser toutes les phases du processus électoral : de l’établissement des listes électorales à la proclamation des résultats définitifs, en passant par la campagne électorale, le dépouillement ou les éventuels contentieux électoraux.

Au Gabon, notre délégation du Parlement européen, en tant qu’observateurs de courte durée, a eu globalement accès aux opérations de vote. Nous avons pu déployer sur le territoire gabonais trois équipes à Libreville, dans les régions de l’Estuaire et de Lambaréné. À titre personnel, je tiens à féliciter sincèrement les électeurs gabonais, qui ont exprimé librement leur droit de citoyen, dans le calme et avec patience, et ce malgré les retards d’ouverture des bureaux de vote. Malheureusement, au même titre que le chef observateur de l’EOM Gabon, Mariya Gabriel, j’ai moi-même constaté l’absence des listes électorales affichées devant les bureaux de vote, des défaillances au niveau de l’authentification des bulletins de vote et l’usage de scellés des urnes dépourvus de numéros d’identification.

Ces incidents reflètent un manque de transparence dans la gestion du processus électoral

Ces incidents reflètent un manque de transparence dans la gestion du processus électoral, marqué par un climat politique qui au lendemain du vote reste tendu. Ce manque de transparence concerne en particulier les modes de financement des partis et de la campagne électorale, et le fait que des organes de gestion des élections ont omis de mettre à la disposition des parties prenantes des informations vitales telles que la liste électorale et la liste des centres de vote.

À cela s’ajoutent une couverture médiatique excessive au profit du président sortant, l’absence de confiance des candidats de l’opposition et une partie de la société civile envers les organes responsables pour l’administration des élections, et notamment la Commission électorale nationale autonome et permanente (CENAP), dont la marginalisation laisse quelque peu perplexe. Je regrette par ailleurs les difficultés d’accès au vote du peuple autochtone, des femmes et des personnes avec un handicap, dues à l’absence de politiques d’inclusion sociale.

Comme l’a souligné, Jo Leinen, chef de la délégation du Parlement européen, nous avons été marqués par le niveau extrême de défiance et de mépris profond entre les camps des deux principaux candidats, qui nuit à l’unité et à la cohésion nationale. Il est urgent de jeter les bases d’un vrai dialogue politique. Le peuple gabonais pourra compter sur les efforts sans ménagement du Parlement européen pour rester à ses côtés.

Cécile Kyenge avecJeuneafrique.com

Décès du grand photoreporter français Marc Riboud, ancien de Magnum

août 31, 2016

Le grand photographe de presse Marc Riboud est décédé mardi à 93 ans des suites d’une longue maladie. Le Français est l’auteur de clichés restés dans l’histoire comme « la fille à la fleur » devant des soldats américains lors d’une marche contre la guerre au Vietnam.

Maître du noir et blanc, grand reporter d’une actualité qu’il traitait avec sensibilité, Marc Riboud expliquait qu’il photographiait « comme un musicien chantonne ». Né le 24 juin 1923 près de Lyon (sud-est) dans une famille bourgeoise, Marc Riboud est le cinquième d’une fratrie de sept enfants parmi lesquels Antoine Riboud, fondateur du géant agroalimentaire français Danone décédé en 2002.

Le jeune Marc démarre la photo à l’âge de 14 ans avec un Vest Pocket Kodak que lui offre son père. En 1944, il prend le maquis dans le Vercors, importante base de la Résistance française. Après-guerre, il suit des études d’ingénieur puis travaille en usine avant de se consacrer entièrement à la photographie.

En 1953, il intègre à Paris la prestigieuse agence Magnum, à l’invitation de ses fondateurs Henri Cartier-Bresson et Robert Capa, alors que paraît dans Life sa célèbre photo du « Peintre de la Tour Eiffel », un ouvrier en équilibre sur la célèbre structure métallique parisienne.

Passion pour l’Asie
Riboud s’embarque rapidement pour un voyage planétaire. Il ira en Inde, en Chine communiste – qu’il est en 1957 l’un des premiers Européens à parcourir. Il se rend ensuite au Japon, où il trouve le sujet de son premier livre, « Women of Japan ».

En 1960, après trois mois en URSS, il couvre les indépendances en Algérie et en Afrique subsaharienne. Entre 1968 et 1969, il effectue des reportages au Sud ainsi qu’au Nord Vietnam, où il est l’un des rares photographes à pouvoir entrer. Dans les années 1980-1990, il retourne régulièrement en Asie, particulièrement en Chine dont il photographiera les mutations pendant 40 ans.

Président de Magnum de 1974 à 1976, il quitte l’agence en 1979 parce qu’il « n’aime pas la compétition pour la gloire » qui s’y développe, confie-t-il.

Les photographies de Marc Riboud ont été publiées dans de nombreux magazines comme Life, Geo, National Geographic, Paris-Match ou Stern. Récipiendaire de plusieurs prix et auteur d’une quinzaine d’ouvrages, il a été très souvent exposé dans des galeries et des musées, en France, à Londres et New York.

Le décès a été annoncé mercredi à l’AFP par sa famille.

Romandie.com avec(ats / 31.08.2016 12h23)

Les chiens distinguent mots et intonations… comme les humains

août 31, 2016

Les chiens devant l’appareil à IRM

Les chiens devant l’appareil à IRM Enikö Kubinyi
Que ceux qui se sont amusés à dire un jour à un chien « sombre crétin » sur un ton enamouré ravalent leur condescendance. La queue pouvait bien bouger, l’animal n’était pas dupe. Une étude publiée cette semaine dans la revue Science montre en effet que le cerveau canin prête attention à la fois aux mots et aux intonations, autrement dit à ce que nous disons et à la façon dont nous le disons. « Exactement comme les humains », sourit Attila Andics, éthologue à l’université Eötvös Lorand de Budapest et premier signataire de l’article.

Spécialiste du langage et du comportement chez les animaux, Attila Andics et son collègue Adam Miklosi tentaient depuis longtemps de cerner les régions du cerveau mises en jeu chez le meilleur ami de l’homme lorsqu’il était soumis à une information. Il y a deux ans, les deux chercheurs avaient ainsi montré comment un pleur ou un aboiement déclenchait une réponse particulière dans l’hémisphère droit de l’animal, plus précisément dans la zone de l’audition. Normal, direz-vous, puisqu’il percevait l’information avec les oreilles.

Cette fois, les scientifiques hongrois ont soumis les chiens au langage humain. Le résultat est spectaculaire : comme nous, les canidés traitent les mots et leur sens avec leur hémisphère cérébral gauche, tandis qu’ils analysent l’intonation avec l’hémisphère droit. Pour en apporter la démonstration, les scientifiques hongrois ont d’abord appris à 13 chiens de différentes races à rester immobiles dans un tunnel d’images à résonance magnétique (IRM). « C’est à peu près tout ce que ces chiens avaient de particulier », précise Attila Andics. Rien à voir avec ces super-cabots surentraînés, célébrés dans les livres des records, capables de distinguer des centaines de mots prononcés par leurs maîtres.

« Grandes perspectives »

Deux chiens apprennent à rester immobiles

Deux chiens apprennent à rester immobiles Borbàla Ferenczy

A ces quidams canins ont été proposées différentes expressions. Des mots doux – « gentil garçon », « super », « bien joué », que leurs propriétaires assuraient employer ; et d’autres, pour eux a priori moins signifiants – « pourtant », « néanmoins ». Le tout prononcé soit d’une voix chaleureuse, soit avec une parfaite neutralité. La combinaison des deux variables a permis de constater que, quel que soit le ton utilisé, l’hémisphère gauche était activé lorsque les mots avaient clairement un sens pour l’animal. Et que, à l’inverse, peu importait le sens, l’hémisphère droit surréagissait lorsque l’intonation exprimait du sentiment.

Andics et ses collègues auraient pu se contenter de ce résultat, déjà majeur. Ils ont voulu voir quelle partie du cerveau se trouvait plus particulièrement stimulée lorsque les mots doux étaient prononcés d’une voix joyeuse. « Nous nous sommes aperçus que le centre de la récompense, celui qui réagit au plaisir sexuel ou à la nourriture, était alors activé. Et seulement dans ce cas, précise le chercheur. Si seule la signification ou l’intonation est positive, il n’y a pas d’activation. Le chien ne se contente donc pas de segmenter deux informations pour traiter le langage humain, il combine aussi les deux résultats. »

L’étude invite les propriétaires de chiens à la modestie. Leur animal n’est pas seulement leur meilleur ami. Il reste aussi un vieux cousin, notamment pour ce qui est du traitement du langage. De quoi passionner, au-delà des éthologues, une grande communauté de chercheurs. Neurologue à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Lionel Naccache salue « un dispositif simple, un schéma très propre et un résultat très clair, appuyé sur une nouveauté expérimentale : parvenir à réaliser l’IRM d’un animal non sédaté ». Un travail qui, derrière le chien, « ouvre de grandes perspectives pour la compréhension de l’origine du langage chez l’homme ».

« Naturalisation de la culture »

Pour Attila Andics, la conclusion est claire : « Le circuit qui permet de traiter le langage était déjà présent chez l’ancêtre commun de l’homme et du chien, il y a quelque 100 millions d’années. Certains pensaient qu’un big bang dans le cerveau humain avait permis au langage de pouvoir se mettre en place. Non, c’est juste une invention… comme la roue. Et si c’est vrai pour le chien, c’est très probablement vrai pour des animaux beaucoup plus proches de nous, comme les primates. »

Lionel Naccache le dit autrement. « Les travaux récents ont montré que les bases de l’empathie, de la coopération, de la cognition, du maniement des nombres existent bien au-delà de l’espèce humaine. Nous nous inscrivons dans un arbre évolutif qui nous dépasse très largement et qui impose des contraintes. Une sorte de naturalisation de la culture. » Le chien, assistant du philosophe ?

Lemonde.fr par  Nathaniel Herzberg

Le Brésil sur le point de tourner la page Dilma Rousseff

août 31, 2016

Brasilia – Dilma Rousseff vit ses dernières heures à la tête du Brésil: sauf coup de théâtre, les sénateurs voteront mercredi à Brasilia sa destitution pour maquillage des comptes publics au terme d’une procédure juridico-politique hautement controversée.

Mme Rousseff a prévu de faire une déclaration à la presse vers 13H00 heure locale (16H00 GMT), après le vote, a indiqué l’un de ses collaborateurs.

Michel Temer, 75 ans, ex vice-président de Mme Rousseff dont il a précipité la chute, assumera alors pleinement la présidence.

Tout aussi impopulaire que sa rivale, Michel Temer prêtera serment au Parlement dans la journée, lors d’une très brève cérémonie, avant de s’envoler vers la Chine pour participer à un sommet du G20, où il tentera de redorer le blason terni du Brésil.

Le Brésil ne peut pas être absent de la réunion du G20, a souligné M. Temer au quotidien O Globo, mercredi.

Il exerce déjà la présidence à titre intérimaire depuis la suspension, le 12 mai par le Sénat, de la première femme élue, en 2010, à la tête du cinquième pays le plus peuplé de la planète.

Englué depuis la réélection de Mme Rousseff fin 2014 dans une crise politique et économique de magnitudes historiques, sur fond de méga-scandale de corruption, le Brésil tournera ainsi la page de 13 ans de gouvernements du Parti des travailleurs (PT, gauche) initiée en 2003 par Luiz Inacio Lula da Silva.

Une longue page d’histoire marquée par le miracle socio-économique des années 2000 qui a vu sortir 40 millions de Brésiliens de la misère, avant les affaires de corruption et un brutal retournement économique qui ont plongé le Brésil et Mme Rousseff vers l’abîme.

– Jugement politique –

Le verdict va tomber au sixième jour d’un procès marathon, de dizaines d’heures de débats techniques et passionnés où le droit de la défense et la Constitution auront été scrupuleusement respectés sur la forme, sans forcément convaincre de la culpabilité de Mme Rousseff au plan strictement juridique.

Le président de la Cour suprême (STF) Richard Lewandowski, qui dirige les débats, lira d’abord mercredi son rapport résumant le procès.

On passera ensuite au vote électronique.

Les 81 sénateurs devront répondre à la question : Dilma Rousseff a-t-elle commis un crime de responsabilité?. S’ils sont 54 (les deux tiers) à voter oui, elle sera écartée définitivement du pouvoir. Dans le cas contraire, elle réintègrerait immédiatement ses fonctions.

Selon un décompte effectué par le quotidien Folha de Sao Paulo, le plancher est déjà atteint, avec 54 sénateurs pour, 20 contre et 7 indécis.

La probabilité que Dilma Rousseff ne soit pas destituée est quasi-nulle. J’estime que les chances de l’impeachment sont aujourd’hui de 99%, déclare à l’AFP Adriano Codato, professeur et analyste politique de l’Université fédérale du Parana.

Plusieurs sénateurs ont déjà déclaré que le jugement n’est au fond ni technique, ni juridique, ni financier, ni comptable, mais politique. Or elle n’a plus la majorité, argumente-t-il.

Pour la défense de Mme Rousseff, tous ses prédécesseurs ont eu recours aux manoeuvres budgétaires incriminées sans avoir été inquiétés. Il s’agit donc d’un coup d’Etat institutionnel orchestré par l’opposition de droite et Michel Temer.

Le vice-président avait porté un coup fatal à cette ex-guérillera de 68 ans torturée et emprisonnée sous la dictature (1964-1985) en poussant en mars son grand parti centriste, le PMDB à claquer la porte de sa coalition.

La démonstration de combativité administrée lundi par Dilma Rousseff, répondant pendant plus de 14 heures au feu roulant de questions des sénateurs avec calme et fermeté, n’aura été selon toute vraisemblance qu’un baroud d’honneur pour la postérité.

Votez contre la destitution, votez pour la démocratie, avait-elle lancé aux sénateurs, dont plus de la moitié sont soupçonnés de corruption ou visés par une enquête.

– ‘Conscience tranquille’ –

Mme Rousseff avait martelé avec force avoir la conscience tranquille de n’avoir commis aucun crime de responsabilité.

Le motif officiel de cette destitution annoncée? Le maquillage des comptes publics pour camoufler l’ampleur du déficit, via un tour de passe-passe faisant incomber certains frais à des banques publiques, et l’approbation de trois décrets engageant des dépenses sans le feu vert du Parlement.

Mais en réalité, Dilma Rousseff est attaquée pour avoir osé remporter une élection qui contrariait les intérêts de ceux qui voulaient changer le cap du pays et ne pas avoir empêché la poursuite des enquêtes sur la corruption au Brésil, a affirmé mardi son avocat, l’ex-ministre de la Justice José Eduardo Cardozo.

Sans hésiter à invoquer Dieu, l’avocate de l’accusation Janaina Paschoal a au contraire préconisé la destitution comme remède constitutionnel auquel nous devons recourir quand la situation devient particulièrement grave.

Romandie.com avec(©AFP / 31 août 2016 14h30)

Chris Brown relâché contre une caution de 250’000 dollars

août 31, 2016

Le chanteur américain de R&B Chris Brown, arrêté mardi, a été relâché dans la soirée contre une caution de 250’000 dollars, selon le greffe du comté de Los Angeles. Suspecté d’avoir agressé une femme avec une arme à feu, il n’a pas été formellement inculpé.

La police avait perquisitionné son domicile à la suite d’un appel d’urgence d’une femme qui disait avoir besoin d’aide. D’après plusieurs médias américains, elle aurait déclaré que Chris Brown aurait pointé vers elle une arme à feu.

« Chris est sorti et va bien », a écrit son avocat Mark Geragos sur son compte twitter. « Les allégations le visant sont clairement fausses », a-t-il ajouté.

Nombreux démêlés avec la justice
Le chanteur, connu pour ses nombreux démêlés avec la justice, avait été arrêté mardi par la police à la division d’homicides et vols du siège de la police de Los Angeles (LAPD). La police avait perquisitionné dans l’après-midi sa demeure princière de Tarzana, dans l’agglomération de Los Angeles.

Dans la matinée, après avoir refusé dans un premier temps l’entrée de la police chez lui sans mandat de perquisition, Chris Brown avait nié en bloc. Il avait publié des vidéos sur Instagram dans lesquelles il traçait un parallèle entre lui et le mouvement Black Lives Matter, qui dénonce les violences policières contre les Noirs.

Romandie.com avec(ats / 31.08.2016 12h52)

Gabon: le SG du parti au pouvoir demande des résultats crédibles à la présidentielle

août 31, 2016

Libreville – Le secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG) du président sortant Ali Bongo Ondimba, a appelé mercredi la Commission électorale (Cénap) à prendre toutes les dispositions pour publier des résultats fondamentalement crédibles de la présidentielle, dans une déclaration transmise à l’AFP.

Le secrétaire général Faustin Boukoubi, numéro deux du parti, encourage la Cénap à prendre toutes les dispositions idoines afin de publier des résultats fondamentalement crédibles au moment où la commission est réunie pour valider les résultats extrêmement controversés du scrutin opposant M. Bongo – également président du PDG – à l’opposant Jean Ping.

La paix, acquis le plus précieux de ces dernières décennies, mérite d’être absolument préservée afin de vivre des lendemains post-électoraux apaisés et propices à la relance de notre économie, poursuit-il.

Chaque Gabonais aimant véritablement son pays, patriote et soucieux des droits de l’homme, doit s’ingénier à éviter tout acte susceptible de la compromettre.

M. Boukoubi appelle enfin tous les compatriotes des deux camps politiques à faire preuve de sagesse et de retenue dans l’intérêt du peuple gabonais.

Le PDG soutient la position de son candidat Ali Bongo Ondimba tout en demeurant soucieux de la paix au Gabon, conclut son secrétaire général.

Depuis mardi soir, les débats au sein de la Cénap qui centralise les résultats s’enflamment sur une seule des neuf provinces: le Haut Ogooué, fief de l’ethnie Téké d’Ali Bongo et de son père et prédécesseur Omar Bongo, au pouvoir pendant 41 ans jusqu’à sa mort en 2009.

M. Bongo obtiendrait dans cette province 95,46% des suffrages, avec une participation de 99,93% pour 71.714 inscrits, d’après le procès-verbal qui doit servir de base au débat, auquel l’AFP a eu accès.

Ce score permettrait au président-candidat de remporter la victoire avec 49,,80% sur l’ensemble des neuf provinces, contre 48,23% pour son rival Jean Ping, avec un taux de participation nationale de 59,46%, toujours selon ces documents provisoires.

Ce qui représente au niveau national une différence de 5.594 voix en faveur de M. Bongo devant M. Ping sur 627.805 électeurs inscrits au total.

Sous couvert d’anonymat, un délégué de la majorité au pouvoir au sein de la Cénap n’a pas caché son septicisme à l’AFP: ces résultats vont être difficile à faire croire (au peuple, ndlr). On a jamais jamais vu des scores pareils, même du temps du père le défunt Omar Bongo.

Romandie.com avec(©AFP / 31 août 2016 12h59)

Présidentielle au Gabon: Mogherini (UE) demande la publication des résultats par bureau de vote

août 31, 2016

Libreville – La responsable de la diplomatie de l’Union européenne (UE) Federica Mogherini a demandé mercredi la publication des résultats par bureau de vote de l’élection présidentielle au Gabon, au moment où la commission électorale est réunie pour valider des résultats extrêmement controversés.

L’Union européenne réitère l’appel fait par l’observatrice en chef de la mission d’observation électorale de l’UE à publier les résultats par bureau de vote, a indiqué la porte-parole de Mme Mogherini dans une déclaration reçue par le bureau de l’AFP à Libreville.

Le président de la commission électorale nationale (Cénap), réunie en plénière depuis le matin, a refusé cette demande, invoquant la loi gabonaise. Les observateurs de l’Union européenne (UE) ont été invités à quitter le huis-clos de la Cénap qui précède la proclamation des résultats officiels provisoires.

Les délégués de l’opposant de Jean Ping contestent des résultats au niveau de la province du Haut-Ogooué, fief de son rival, le président sortant Ali Bongo Ondimba.

M. Bongo obtiendrait dans cette province 95,46% des suffrages, avec une participation de 99,93% pour 71.714 inscrits, d’après le procès-verbal qui doit servir de base au débat de la Cénap, auquel l’AFP a eu accès.

Ce score permettrait au président-candidat de remporter la victoire avec 49,80% sur l’ensemble des neuf provinces, contre 48,23% pour son rival Jean Ping, avec un taux de participation nationale de 59,46%, toujours selon ces documents provisoires. Cela représenterait 5.594 voix d’avance sur quelque 628.000 inscrits.

Il est donc essentiel que le processus de consolidation des résultats national se fasse dans une pleine transparence, a insisté la porte-parole de Mme Mogherini.

La demande de publication des résultats par bureau de vote – et non au niveau des neuf provinces ou national – avaient été formulée lundi par la responsable de la mission d’observation de l’UE, Maryia Gabriel, dans un premier bilan de sa mission.

La présence des observateurs de l’UE devait garantir un scrutin libre et transparent, ont plusieurs fois répété les autorités gabonaises, qui avaient invité les observateurs.

Romandie.com avec(©AFP / 31 août 2016 13h09)


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