Australie: un homme tué par un requin

juillet 4, 2020

Un homme est décédé ce samedi 4 juillet après avoir été attaqué par un requin pendant qu’il pêchait au harpon au large de la côte est de l’Australie, a indiqué la police. La victime, âgée de 36 ans, a été mordue à une jambe dans les eaux proches de la destination touristique prisée Fraser Island, une île située à environ 400 kilomètres au nord de Brisbane.

Une infirmière et un médecin ont soigné l’homme sur la terre ferme avant l’arrivée des secours, mais il est décédé des suites de ses blessures, selon la police. C’est la quatrième attaque fatale d’un requin en Australie depuis le début de l’année. «C’est une journée très triste pour notre communauté», s’est lamenté sur Facebook le maire de Fraser Island George Seymour. «Nos plus sincères condoléances vont à la famille et aux amis de ce jeune homme», a-t-il poursuivi. Les forces de l’ordre n’ont pas identifié l’espèce de squale impliquée. L’Australie reste un des pays où les attaques de squales sont les plus fréquentes, mais elles sont rarement mortelles.

Fraser Island est «un lieu clé de procréation pour les poissons migrateurs» qui attirent les requins, a expliqué au quotidien Courier Mail Daryl McPhee, professeur associé en science environnementale à l’université Bond. «Ce n’est pas surprenant qu’il y ait une attaque de requin non provoquée là-bas; c’est peut-être plus surprenant que des gens aillent y faire de la plongée», a-t-il souligné.

Le mois dernier, un surfeur âgée de 60 ans est décédé après avoir été attaqué par un requin de trois mètres à une centaine de kilomètres au sud de Brisbane.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus: port du masque obligatoire dès dimanche en Iran, 148 nouveaux décès

juillet 4, 2020

Le port du masque va être obligatoire pour entrer dans certains lieux publics couverts en Iran, a indiqué ce samedi 4 juillet le président Hassan Rohani, alors que 148 nouveaux décès ont été recensés dans le pays, le plus touché par la pandémie au Moyen-Orient.

Lors d’une réunion du Comité de lutte contre l’épidémie, Rohani a annoncé l’entrée en vigueur de la nouvelle mesure dès dimanche: «A partir de demain, il faudra porter un masque si on veut entrer dans un endroit couvert», a-t-il dit. Depuis fin juin, le ministère de la Santé avait lancé une campagne «Je porte un masque» pour inciter les Iraniens à se protéger contre le virus.

Le nouveau bilan quotidien porte le nombre total des victimes à 11.408 morts, a déclaré samedi à la télévision d’Etat la porte-parole du ministère de la Santé Sima, Sadat Lari. «Au cours des dernières 24 heures, nous avons recensé 2.449 nouveaux cas liés au virus, portant à 237.878 le total des contaminations», a ajouté Lari.

L’application de la nouvelle mesure pourrait cependant être difficile car, selon la Municipalité de Téhéran, de nombreuses personnes ne portent pas de masque en utilisant les transports en commun de la capitale où il est déjà obligatoire. Rohani a également affirmé que la mise en oeuvre de cette consigne nécessitait «une sorte de garantie d’application». «Dans les bureaux administratifs, cela pourrait être plus facile: par un décret, nous pouvons empêcher des gens sans masques d’y entrer», a-t-il encore dit.

La République islamique, qui a annoncé ses premiers cas de virus SARS-CoV-2 le 19 février, est de loin le pays le plus touché du Moyen-Orient. Selon Lari, les provinces du Khouzestan, de l’Azerbaïjan Occidental et Oriental, du Khorassan-é-Razavi, du Kurdistan, de Kermanshah, de Bouchehr, d’Ilam et d’Hormozgan sont classées «rouge» selon l’échelle de risque établie par les autorités. Celles de Téhéran, de Fars, d’Ispahan, de Mazandaran, de Hamadan, de Zanjan, de Sistan-Balouchistan, d’Alborz et du Lorestan sont en alerte, a-t-elle ajouté.

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis : la petite amie du fils aîné de Trump positive au coronavirus

juillet 4, 2020

La petite amie de Donald Trump Junior, fils aîné du président des États-Unis, Donald Trump, a été testée positive au Covid-19, a rapporté vendredi 3 juillet le New York Times. Kimberly Guilfoyle, une avocate et ancienne présentatrice de la chaîne Fox News, est une des principales responsables du financement de la campagne du président Trump en vue de sa réélection en novembre prochain. Elle se trouvait vendredi soir au Mont Rushmore, dans le Dakota du Sud, pour assister au discours du président et au feu d’artifice de la fête nationale du 4 juillet.

Testée positive après un examen de routine pratiqué auprès de toute personne susceptible de se trouver en contact direct avec le président, Kimberly Guilfoyle, 51 ans, a été immédiatement placée à l’isolement, a rapporté le New York Times. «Elle va bien, elle sera testée à nouveau pour vérifier car elle est asymptomatique», a déclaré au journal un autre haut responsable du financement de la campagne du président Trump, Sergio Gor. «Donald Trump Junior a été testé négatif, mais par mesure de précaution il s’isole lui aussi et a annulé toute apparition publique», a-t-il ajouté.

Selon le New York Times, Kimberly Guilfoyle n’a pas voyagé dans l’avion du président pour se rendre au Mont Rushmore. Donald Trump Junior, 42 ans, et elle prévoient de regagner la Côte est des États-Unis par la route après les célébrations, précise le journal en citant l’entourage du couple.

Par Le Figaro avec AFP

Décès de l’ambassadeur du Congo en Afrique du Sud

juillet 4, 2020

NÉCROLOGIE: Décès de l’ambassadeur du Congo en Afrique du Sud monsieur Jean Marie Adoua dans sa résidence à Pretoria.

 

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews

RDC-Dan Gertler : quand des montages financiers complexes brouillent les pistes

juillet 4, 2020

Kinshasa, en décembre 2018.

Kinshasa, en décembre 2018. © Jerome Delay/AP/SIPA

 

Des ONG accusent l’entrepreneur israélien d’avoir continué à faire fructifier ses affaires en RDC, en dépit des sanctions américaines qui pèsent sur lui.

Accusé d’avoir engrangé quelque 1,36 milliard de dollars de bénéfices indus en achetant à prix cassé et en revendant des permis extractifs entre 2010 et 2012, Gertler, proche de l’ex-président Joseph Kabila, mis à l’index par Global Witness mais aussi par l’Africa Panel Progress, a été sanctionné en décembre 2017 par le Bureau américain du contrôle des avoirs étrangers (OFAC).

Depuis lors, en application de la loi Global Magnitsky, lui et 33 membres de son entourage sont interdits de séjour aux États-Unis, et ne peuvent plus avoir accès à leurs actifs détenus sous juridiction américaine.

Quant aux personnes physiques ou morales américaines, elles ont également interdiction d’effectuer des transactions avec Dan Gertler et ses sociétés. Théoriquement, l’Israélien et ses associés ne peuvent plus non plus utiliser le dollar américain.

Dans un rapport fouillé publié le 2 juillet 2020, l’ONG Global Witness et la la Plateforme de Protection des Lanceurs d’Alerte en Afrique (PPLAAF), basées respectivement à Londres et à Paris, et s’appuyant sur des investigations et des documents envoyés par des lanceurs d’alerte, détaillent le système de contournement de ces sanctions extrêmement élaboré mis au point par Gertler et ses associés.

Transferts d’actifs

Par l’entremise de son associé congolais Alain Mukonda, Gertler aurait redomicilié en RDC la plupart de ses sociétés détenant des avoirs dans le pays, auparavant essentiellement enregistrées dans des paradis fiscaux. Une douzaine de nouvelles compagnies congolaises, logées sous le holding Gerco, ont ainsi été immatriculées sur la période.

L’homme d’affaire israélien aurait fait transiter au moins 100 millions de dollars entre ses sociétés et ses partenaires, grâce à un réseau de mandataires – congolais, israéliens, français, russes, … – actifs en RDC, mais aussi en Israël et à Hong-Kong, via des comptes ouverts chez Afriland First Bank RDC, filiale du groupe fondé par le banquier camerounais Paul Fokam. Selon les ONG, l’essentiel de ces transactions était libellé en dollars.

Parmi celles mises en avant par Global Witness et PLAAF, 25 millions de dollars auraient été versés à la Gécamines, peu après l’attribution de nouveaux titres miniers de cuivre et cobalt en juin 2018. Propriété de l’État congolais et pilotée depuis 2010 par Albert Yuma Mulimbi, également proche de Joseph Kabila, la Gécamines est accusée d’avoir favorisé les activités de l’homme d’affaires israélien controversé. Par ailleurs, au moins 21 millions de dollars auraient été envoyés par les sociétés de la galaxie Gertler sur des comptes inconnus en dehors de la RDC.

Un rapport jugé « à charge » par Afriland First Bank

En parallèle, le géant suisse des matières premières Glencore, détenteur de deux mines majeures de cuivre et cobalt en RDC, Mutanda Mining et Kamoto Copper Company (KCC), associé avec Gertler depuis 2007, a repris en juin 2018 le paiement – interrompu pendant six mois – des royalties contractuellement dues à ce dernier, mais en euros, et non plus en dollars, du fait des sanctions américaines.

Deux autres grandes sociétés minières internationales actives en RDC, le kazakh Eurasian Resource Group (anciennement ENRC) et le chinois Sicomines auraient aussi, selon Global Witness et PLAAF, continué à faire des affaires avec des sociétés de la galaxie Gertler.

Dans le même temps, l’homme d’affaires a pu rencontrer le nouveau président, Félix Tshisekedi, très vite après son élection. Interrogé en septembre 2019 par le journal Le Monde sur les supposées malversations de l’Israélien et les sanctions américaines, le chef de l’État avait déclaré qu’il n’avait pas d’objection à ce que Dan Gertler poursuive ses affaires en RDC.

Le 1er juillet, soit la veille de la publication du rapport des deux ONG, Afriland First Bank a déposé à Paris une plainte en diffamation contre PLAAF et Global Witness. Elle juge le rapport à charge, et en récuse les conclusions, notamment sur le fait que la banque aurait manqué à ses devoirs de vigilance contre le blanchiment.

Avec Jeune Afrique par Christophe Le Bec

Différend RDC-Zambie : un haut diplomate zimbabwéen choisi comme médiateur

juillet 4, 2020

 

L’ambassadeur James Manzou, secrétaire des Affaires étrangères du Zimbabwe, dirigera le processus de médiation conduit par la Communauté de développement d’Afrique australe (Sadc)  dans le différend frontalier entre la République démocratique du Congo et la Zambie, indique le site southerntimesafrica.com.

 

James Manzou

L’ambassadeur Manzou a été le plus haut représentant du Zimbabwe auprès de l’Union européenne. Le président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, préside l’organe de la Sadc sur la coopération politique, de défense et de sécurité. Le porte-parole du président Mnangagwa, M. George Charamba, a déclaré au Southern Times que le président zimbabwéen a désigné l’ambassadeur Manzou pour traiter le différend frontalier entre la RDC et la Zambie. « Je crois comprendre qu’il fait des efforts pour gérer le conflit avec diligence. Ils se sont réunis lundi de cette semaine et je peux vous dire que des progrès importants ont été accomplis jusqu’à présent en termes de recherche d’une solution à l’amiable au différend », a déclaré le porte-parole.

La RDC et la Zambie se disputent le contrôle d’un terrain de treize kilomètres carrés à leur frontière, dans les provinces du Tanganyika et du Haut-Katanga. Depuis plus de deux mois, les soldats zambiens ont fait irruption sur le sol congolais. Tout en mobilisant les Fardc, Kinshasa disait privilégier dans un premier temps la voie diplomatique pour obtenir leur retrait. Mais la RDC a renforcé sa présence militaire dans la région, provoquant des affrontements entre les soldats des deux pays.

Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires a déclaré que les affrontements avaient entraîné le déplacement de centaines de personnes à Moba. Le 11 mai, le président de la RDC, Felix Tshisekedi, a envoyé à Harare la ministre des Affaires étrangères de la RDC, Marie Nzeza, pour demander à Emmerson Mnangagwa, président de l’organe de la Sadc sur la coopération politique, de défense et de sécurité, d’intervenir dans le différend. Et ce dernier a présenté la question à ses homologues de la région.

En juin dernier, la Sadc avait présidé une réunion des états-majors des armées de la RDC et de la Zambie afin de d’obtenir le retrait des troupes zambiennes du sol congolais. «Les deux pays reconnaissent qu’ils sont membres de la Sadc et qu’ils doivent coexister pacifiquement. Des différends surgiront toujours autour des frontières, mais l’essentiel est toujours de trouver des moyens pacifiques de les résoudre. Dans cet environnement Covid-19, le moins que nous puissions nous permettre  est une accentuation de la crise en important un autre problème de nature militaire. La bonne chose est que les deux pays sont prêts à parler », a déclaré George Charamba au Southern Times.

Une tentative de régler le problème a eu lieu en 1989 lorsqu’un traité a été signé entre les présidents de l’époque, le zambien Kenneth Kaunda et le Congolais Mobutu Sese Seko, et des balises ont été placées le long de la frontière comme marqueurs.Cependant, les affrontements frontaliers se sont poursuivis et les deux pays doivent encore trouver une solution durable au différend, rappelle le média.

De tels différends frontaliers sont courants en Afrique : Botswana/ Namibie, Nigéria/ Cameroun, et le Malawi/Tanzanie, etc. Cela est dû aux ambiguïtés créées par des frontières arbitrairement dessinées au moment de la partition de l’Afrique. Le Botswana et la Namibie se sont déjà disputés l’île de Kasikili / Sedudu sur la rivière Chobe qui borde les deux pays. La  médiation de ce différend avait également été assurée par le Zimbabwe et l’affaire a été réglée par la Cour internationale de justice en 1999 lorsqu’il a été décidé que l’île appartenait au Botswana.

 

Patrick Ndungidi

RDC/Gouvernement : le ministre de la justice Célestin Tunda Ya Kasende en disgrâce

juillet 4, 2020

 

Lors de sa rencontre avec Joseph Kabila le week-end, certaines indiscrétions laissent entendre que le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi,  aurait exigé à son interlocuteur la démission du ministre incriminé.

 

Célestin Tunda ya Kasende

La situation du vice-Premier ministre et ministre de la Justice, Célestin Tunda Ya Kasende, auteur d’un avis engageant le gouvernement transmis à l’Assemblée nationale au sujet des trois propositions de loi querellées relatives à la reforme judiciaire, ne fait que s’empirer. Lors du Conseil des ministres hebdomadaire, le vendredi 3 juillet, tenu en mode télétravail, il nous revient que le ministre fautif aurait été prié de se déconnecter sur instruction du chef de l’Etat. Il lui est interdit de participer aux Conseils des ministres jusqu’à nouvel ordre, apprend-on.

En fait, le ministre de la justice est en disgrâce vis-à-vis du chef de l’Etat qu’il a tenté de défier après sa libération à l’issue de son arrestation et son audition à la Cour de cassation le samedi 26 juin dernier. Lors d’une réception par ses pairs du parti juste après sa libération,  le ministre incriminé avait affirmé qu’il avait reçu l’appel de quelqu’un le qualifiant de « Yemeyi » (lui-même, ndlr) qui lui aurait demandé de ne pas avoir peur. Un détail très mal digéré par le partenaire Cach dont Félix Antoine Tshisekedi est le chef de file.

Lors de sa rencontre avec Joseph Kabila, ce week-end, certaines indiscrétions laissent entendre que le chef de l’Etat aurait exigé au sénateur à vie la démission du ministre Célestin Tunda Ya Kasende. « Le président de la République refuse de continuer à travailler le ministre congolais en charge de la Justice », confient des sources concordantes. D’autres encore allèguent que sa libération aurait été fortement négociée entre les deux partenaires de la coalition au pouvoir.  « Célestin Tunda n’a pu être relâché qu’en promettant de démissionner (…) Il a fait savoir qu’il était malade et qu’il acceptait de démissionner, en contrepartie d’arrêter toute procédure judiciaire à son encontre. C’est donc dans ce seul cadre qu’il a été libéré », a avoué un cadre proche du FCC sous l’anonymat. Une chose est vraie, c’est que le sort du ministre de la justice et Garde des sceaux est quasi scellé. Joseph Kabila, en tant qu’autorité morale du FCC, est appelé à lui trouver un remplaçant pour ne pas exacerber inutilement la tension.

Pour rappel, Célestin Tunda ya Kasende, visé par une « procédure en flagrance » par le procureur général près la Cour de cassation, avait été arrêté le 27 juin à Kinshasa pour faux et usage de faux. Il lui a été imputé le fait d’avoir transmis au Parlement des avis en rapport avec les propositions de loi portant sur la réforme judiciaire, sans impliquer ni le Premier ministre, ni l’ensemble du gouvernement.

 

Avec Adiac-Congo par Alain Diassoa

Plus de 1.000 personnes soupçonnées d’avoir participé au génocide sont encore recherchées par le Rwanda

juillet 3, 2020

La plupart des suspects identifiés par l’Unité rwandaise de traque des fugitifs suspectés de crime de génocide se trouvent en RDC, en Ouganda et au Malawi

Rwa

A l’entrée de l’un des bureaux de l’Unité rwandaise de traque des fugitifs suspectés de crime de génocide (GFTU), à Kigali, le 22 mai 2020. SIMON WOHLFAHRT / AFP

Les dossiers colorés, marqués confidentiels, sont empilés du sol jusqu’au plafond. « Chacun de ces classeurs correspond à un suspect de génocide et contient un acte d’accusation et un mandat d’arrêt international », explique le procureur John Bosco Siboyintore. « Depuis la création de cette unité en 2007, nous en avons émis 1 144, envoyés à 33 pays différents », explique-t-il, en faisant visiter les bureaux de l’Unité rwandaise de traque des fugitifs suspectés de crime de génocide (GFTU).

Situés dans trois pavillons du quartier de Nyarutarama à Kigali, les locaux de la GFTU sont discrets, presque anonymes. Seul un poster à l’entrée, avec les photographies des derniers gros poissons du génocide des Tutsi encore en fuite, trahit les activités de cette équipe de vingt-trois procureurs et d’enquêteurs pas comme les autres.

Leur mission : rédiger des actes d’accusation contre les fugitifs suspectés d’avoir participé aux massacres qui, en 1994, ont coûté la vie à plus de 800 000 personnes ; envoyer des mandats d’arrêts dans les pays où ils vivent ; enfin espérer qu’ils soient jugés sur place ou extradés vers le Rwanda.

La France, premier pays occidental

Alors que le pays s’apprête à accueillir une enquête de l’ONU pour préparer le procès du financier présumé du génocide, Félicien Kabuga, arrêté près de Paris le 16 mai, la GFTU traque sans relâche les ultimes fuyards. Ceux qui n’ont pas été jugés par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), chargé de poursuivre les idéologues des massacres et les ministres du gouvernement génocidaire de 1994 à 2015. Ceux, également, qui ont échappé à la justice rendue au Rwanda par les tribunaux traditionnels populaires gacaca de 2005 à 2012.

« Le principal problème, c’est que ces fugitifs changent régulièrement d’adresse et de nom. Ils disent qu’ils ne sont pas rwandais, ils se font passer pour morts, ou alors ils sont protégés par le statut de réfugiés », déplore John Bosco Sibonyintore, à la tête de la GFTU depuis 2011.

La plupart des suspects identifiés par l’unité se trouvent actuellement en République démocratique du Congo, en Ouganda et au Malawi. La France occupe la première position pour les pays occidentaux, ayant reçu quarante-sept mandats d’arrêts rwandais. Trois de ces accusés sont passés devant la justice française. Aucun n’a été extradé.

Pour les enquêteurs de la GFTU, la bataille commence sur le terrain. En se fondant sur une longue liste de « suspects de première classe » établie par le bureau du procureur général, ainsi que sur des plaintes déposées directement à l’unité, ils sillonnent le Rwanda à la recherche de témoins à charge et à décharge, retournent sur les scènes de crime, interrogent des prisonniers. Vingt-six ans après, c’est une véritable course contre la montre pour tenter de reconstituer les faits.

Juger sur son propre sol

« Le grand défi, aujourd’hui, c’est que les témoins ont un âge avancé, à tel point qu’ils ont du mal à se souvenir », note Yves Ndizeye, le chef du service d’enquête à la GFTU. Pour trouver des témoignages, l’équipe s’appuie principalement sur les anciens juges des tribunaux populaires gacaca, qui avaient été choisis parmi la population en fonction de leur intégrité. Une fois que les preuves contre un suspect sont suffisantes, et qu’il a été localisé, les procureurs entament la rédaction d’un acte d’accusation et un mandat d’arrêt.

Commence ensuite la longue route vers une éventuelle extradition. « Pour le Rwanda, juger les génocidaires sur son propre sol a toujours été une priorité. Les rescapés sont ici, les témoins sont ici. Pourquoi les envoyer témoigner dans un autre pays alors que les procès peuvent avoir lieu ici et être suivis par les premiers concernés ? », s’interroge Sam Rugege, juge en chef de 2011 à 2019.

Ce retraité aux yeux vifs et à la voix fluette a été un acteur incontournable des réformes de la justice rwandaise. Le pays a mis en place un cadre de protection des témoins en 2006, abolit la peine de mort l’année suivante, puis créé une chambre spéciale pour les crimes internationaux. De quoi rassurer la justice internationale qui, jusque-là, doutait de la capacité des tribunaux rwandais à garantir des procès équitables.

Le relais du « Mécanisme »

En 2012, le TPIR, basé à Arusha en Tanzanie, transfère ainsi un premier accusé à Kigali. Jean Uwikindi, ancien pasteur arrêté en Ouganda, sera condamné à la prison à vie. Suivront Bernard Munyagishari en 2013 puis, en 2016, Ladislas Ntaganzwa, accusé d’avoir personnellement dirigé un groupe qui a tué plus de 20 000 Tutsi.

Aujourd’hui, le Mécanisme résiduel de l’ONU pour les tribunaux internationaux (IRMCT), qui a pris le relais du TPIR, garde seulement compétence pour l’affaire Félicien Kabuga, le financier présumé du génocide arrêté en mai près de Paris, ainsi que pour l’affaire Protais Mpiranya, ex-commandant de la garde présidentielle toujours en fuite. Les dossiers des six derniers accusés du TPIR ont été transférés à la justice rwandaise.

Reste que, sur les 1 144 mandats d’arrêts envoyés par l’unité dans des dizaines de pays, seuls vingt-quatre accusés ont été renvoyés au Rwanda, souvent au terme d’une longue bataille juridique. Vingt-trois autres ont été jugés dans leurs pays d’accueil.

« Il reste encore des centaines de suspects du génocide des Tutsi dans des pays qui ont les moyens de les juger et qui disent protéger les droits de l’homme. Je pense que ces pays ne donnent pas assez d’importance aux vies perdues ainsi qu’aux crimes qui ont été commis », s’indigne Sam

Après la fermeture du Mécanisme résiduel pour les tribunaux internationaux, dans quelques années, Kigali devra compter sur la seule coopération des Etats dans lesquels les suspects se trouvent. Une gageure, selon Serge Brammetz, procureur en chef de l’IRMCT : « C’est déjà difficile pour une institution internationale comme la nôtre, un tribunal des Nations unies, d’obtenir une coopération de la part de certains Etats. J’imagine que pour un Etat nation, c’est encore plus difficile. »

Avec Le Monde par Laure Broulard

 

Coronavirus: l’OMS exhorte les gouvernements à «se réveiller» et «engager le combat»

juillet 3, 2020

«Les chiffres ne mentent pas», a déclaré l’un des responsables de l’organisation, en référence au nombre de nouvelles infections déclarées dans le monde entier.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a exhorté vendredi les pays touchés par le coronavirus à «se réveiller» et à «engager le combat», car «les chiffres ne mentent pas».

«Il est vraiment temps que les pays regardent les chiffres. S’il vous plait, n’ignorez pas ce que vous disent les chiffres», a déclaré lors d’une conférence de presse le responsable des urgences sanitaires à l’OMS Michael Ryan. «Les gens doivent se réveiller. Les chiffres ne mentent pas et la situation sur le terrain ne ment pas», a-t-il poursuivi, soulignant qu’«il n’est jamais trop tard, dans une épidémie, pour prendre le contrôle».

«L’OMS comprend parfaitement qu’il y a de bonnes raisons pour les pays qui veulent remettre leurs économies sur les rails», a-t-il poursuivi. «Mais vous ne pouvez pas ignorer le problème non plus, il ne va pas disparaître comme par magie», a-t-il dit. «Nous devons engager le combat maintenant. Nous devons stopper ce virus maintenant», a-t-il insisté.

«Les pays sont face à des choix difficiles» mais «doivent absolument briser les chaînes de transmission», y compris en adoptant des mesures de confinement «s’il n’y a pas d’alternative», a estimé Michael Ryan.

La pandémie de Covid-19 continue de ralentir en Europe, mais elle flambe sur le continent américain. Pour la première fois depuis le déclenchement de l’épidémie en Chine en décembre, l’Amérique latine a dépassé vendredi l’Europe en nombre de cas, avec plus de 2,7 millions de malades, même si le Vieux continent reste la région du monde la plus endeuillée avec près de 200.000 morts devant les Etats-Unis et le Canada (137.421) et l’Amérique latine (121.662).

Par Le Figaro avec AFP

Édouard Philippe salue «le processus fascinant» en cours en Nouvelle-Calédonie

juillet 3, 2020

L’ex-premier ministre Edouard Philippe, a salué vendredi, dans son discours de départ de Matignon, le «processus fascinant» de décolonisation en cours en Nouvelle-Calédonie, dont la population va se prononcer le 4 octobre, lors d’un nouveau référendum, sur l’accession à la pleine souveraineté du territoire.

Traditionnellement traité par Matignon, depuis Michel Rocard, la Nouvelle-Calédonie qui arrive au terme d’un long processus de décolonisation entamé en 1988, est considérée comme un dossier sensible. «Je voudrais saluer particulièrement les forces politiques de Nouvelle-Calédonie», a dit Edouard Philippe, qui a passé de longues heures avec elles à Matignon, lors des comités de signataires de l’accord de Nouméa (1998), pour discuter de l’avenir de ce territoire.

«Le processus extraordinaire qui a été engagé en Nouvelle-Calédonie, bien avant ce gouvernement et poursuivi par beaucoup de Premiers ministres depuis Michel Rocard, est un processus fascinant, difficile, complexe, incertain encore, mais il faut rendre hommage à nos concitoyens du Pacifique qui oeuvrent pour essayer de trouver la bonne solution, les bonnes solutions, pour cette île incroyablement attachante», a-t-il expliqué au nouveau Premier ministre Jean Castex.

Ce dernier devra prendre en charge l’organisation du référendum du 4 novembre prochain, après le premier, qui s’est tenu le 4 novembre 2018 et a vu la victoire du «non» à l’indépendance (56,7%).

Edouard Philippe s’est rendu deux fois en Nouvelle-Calédonie, dont la première fois en décembre 2017, où il était venu s’immerger pendant quatre jours pleins. Il avait marqué les esprits en évoquant son «respect» et son «humilité devant une histoire qui nous oblige», et par le temps qu’il avait pris à l’écoute de chacun et à la compréhension de la culture kanak.

Par Le Figaro avec AFP