Quel avenir pour la Gambie, tout juste libérée par son encombrant voisin sénégalais ?

janvier 23, 2017

Le dictateur Jammeh parti, le nouveau président Adama Barrow n’est pas encore revenu de son exil à Dakar où il avait prêté serment.

Soldats sénégalais de la force « Restaurer la démocratie » envoyée par la Cédéao, le 22 janvier 2017 à Banjul pour permettre la transition démocratique du pays après la présidentielle de décembre 2016. Crédits : CARL DE SOUZA/AFP
Et soudain, Banjul a exulté. Depuis plus d’un mois, la capitale de la Gambie vivait dans une angoisse paralysante, ne sachant lequel de ses deux présidents, le dictateur Yahya Jammeh, qui refusait de céder le pouvoir, ou Adama Barrow, un agent immobilier vainqueur contre toute attente de l’élection du 1er décembre 2016, allait emporter la partie.

Le départ en exil du premier, samedi 21 janvier, n’avait suscité qu’une joie empreinte encore de timidité. On ne se défait pas en quelques minutes de vingt-deux années de peur. Mais lorsque dimanche, une colonne de véhicules de l’armée sénégalaise, mandatée par la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), a pénétré dans la ville pour aller se masser devant le palais présidentiel, alors Banjul a semblé d’un coup se dévêtir du manteau de peur qui l’étouffait.

« Tout le monde est satisfait »

Ils étaient tout au plus deux mille à trois mille personnes à accompagner les militaires venus du Sénégal pour sécuriser la State House avant le retour d’Adama Barrow, toujours réfugié à Dakar. Mais leurs chants, leurs cris avaient la force de ceux qui veulent croire qu’un avenir meilleur leur tend les bras.

« C’est fini ! », « On est chez nous ! », hurle la foule avant d’entonner l’hymne national. Les quelques soldats gambiens encore présents au palais tiennent la barrière, mais l’attitude martiale de certains ne paraît plus vraiment impressionner les supporteurs du nouveau chef de l’Etat.

L’autocrate Yahya Jammeh quitte la Gambie, le 21 janvier 2017, après vingt-deux ans de dictature.

L’autocrate Yahya Jammeh quitte la Gambie, le 21 janvier 2017, après vingt-deux ans de dictature. Crédits : AFP

Et qu’importe, en cet instant, que la souveraineté de la Gambie semble passablement entamée. « Je suis si heureux que les soldats sénégalais soient arrivés. Je suis sûr qu’avec eux tout va être réglé. Nos militaires ne soutiennent pas le peuple. Ils ont tout fait pour que Yahya Jammeh reste au pouvoir. Nous n’avons aucune confiance en eux », déclare Pa Conteh qui, à 21 ans, n’a encore connu qu’un seul dirigeant. Tout le monde acquiesce autour de lui.

Les propos, quelques heures plus tôt, du chef d’état-major de l’armée gambienne, Ousman Bardgie, personnage fantasque qui a servi « à 100 % Yahya Jammeh » mais se disant désormais prêt à appuyer « à 200 % ou 150 % Adama Barrow » ne suffisent pas à rassurer. Comment croire un patron de l’armée en treillis, sandales et chaussettes, capable d’entamer devant des journalistes les pas du tube « Gangnam Style », de promettre d’offrir « des crèmes glacées » aux soldats sénégalais sur le point de débarquer dans sa capitale, tout en se dédouanant des années de répression ? Les changements de régime accouchent souvent de retournements de vestes spectaculaires.

Lire aussi :   Yahya Jammeh soupçonné d’avoir vidé les caisses de l’Etat gambien

Samedi soir, le général Bardgie était venu saluer une dernière fois « Son Excellence Cheikh Professor Alhadji Yahya Jammeh », qui se prévaut, entre autres titres et qualités, d’être « l’homme qui défie les rivières », avant qu’il ne s’engouffre dans l’avion du président guinéen Alpha Condé. Avec le chef de l’Etat mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, ce dernier a mené une médiation de la dernière chance conclue par un succès diplomatique. « Tout le monde est satisfait. Le plus important, c’était d’éviter la guerre », confiait en aparté Alpha Condé, quelques heures avant d’embarquer dans son jet l’ex-numéro un gambien, dont le point de chute finale serait la Guinée équatoriale.

Eviter « une chasse aux sorcières »

Progressivement lâché par les siens, sous la menace d’une opération militaire de la Cédéao, l’autocrate déchu est arrivé malgré tout à négocier un départ qui lui évite, pour l’heure, d’éventuelles poursuites. Dans une déclaration conjointe, la Cédéao, l’Union africaine et les Nations unies se sont en effet engagées à travailler avec les nouvelles autorités gambiennes pour assurer à l’ex-chef de l’Etat, à ceux qui l’ont servi et à ses partisans leur « sécurité », et à leur éviter « une chasse aux sorcières » et que « leurs biens ne soient saisis ».

Les trois organisations internationales ont également promis de faire en sorte « que les pays hôtes qui offrent l’hospitalité africaine à l’ancien président Jammeh et à sa famille ne deviennent pas la cible de harcèlement, d’intimidation ou toute autre forme de pressions ou de sanctions ».

Si Halifa Sallah, le porte-parole d’Adama Barrow, s’est évertué, dimanche en conférence de presse, à ne pas contester ces mesures permettant à la Gambie de réaliser « la révolution la plus pacifique de l’histoire de l’humanité », Dakar n’a pas tardé à minimiser la portée de ce document. Le chef de la diplomatie sénégalaise a ainsi considéré que le contenu de la déclaration n’équivalait pas à une impunité pour Yahya Jammeh.

Entre ce dernier, protecteur des derniers rebelles indépendantistes de Casamance – la région méridionale du Sénégal –, et Dakar, les relations étaient exécrables et le Sénégal n’attendait qu’une occasion pour obtenir la chute de ce turbulent voisin. L’intervention militaire de la Cédéao, baptisée « Restauration de la démocratie » en Gambie, est avant tout une opération sénégalaise, comme l’a confirmé la nationalité des soldats arrivés jusqu’à présent à Banjul pour sécuriser le retour d’Adama Barrow.

La Gambie peut aujourd’hui, selon divers observateurs, craindre les visées hégémoniques du Sénégal qui n’a jamais totalement digéré l’indépendance de cette étroite bande de terre enserrée à l’intérieur de son territoire. Novice en politique, Adama Barrow, dont le retour devrait intervenir « très bientôt », saura-t-il s’affranchir de la tutelle de son encombrant protecteur ?

Lemonde.fr par envoyé spécial à Banjul

Après le départ de Jammeh, les journalistes de Gambie savourent leur nouvelle liberté

janvier 23, 2017

Absente des kiosques depuis cinq jours et muselée pendant vingt-deux ans de dictature, la presse gambienne reparaît, enfin.

Le 21 janvier 2107, des Gambiens fêtent le départ du pays de Yahya Jammeh, qui a imposé vingt-deux années de dictature à son peuple. Crédits : CARL DE SOUZA/AFP
Ousmane Kargbo, rédacteur en chef du quotidien gambien The Point frappe son clavier avec le sourire aux lèvres. Il est 21 heures ce dimanche 22 janvier et le journaliste vient de trouver le titre de son éditorial du lundi dans son bureau à Fajara, non loin du stade de Bakau : « 22 years of terror end in Gambia » (« fin de vingt-deux années de terreur en Gambie »). Le texte est une longue complainte contre le régime de Yahya Jammeh qui, au fil des ans, a soumis son peuple à la dictature. Détentions arbitraires, disparitions forcées, violations permanentes de la liberté d’expression et des libertés individuelles, tout y passe. « On se fait plaisir avec cette reprise de la liberté de ton. Cela faisait longtemps qu’on n’écrivait plus ce qu’on voulait en Gambie ! », exprime le journaliste heureux.

Un événement majeur avait poussé The Point, jadis réputé pour la crédibilité de ses informations, à se livrer à l’autocensure. Le soir du 16 décembre 2004, Dayda Hydara, fondateur du journal et doyen de la presse gambienne, vient de boucler son journal et raccompagne deux collègues avant de rentrer chez lui, à Jeshwang, sur la route de Banjul. Soudain, un taxi surgit à sa hauteur et ses occupants ouvrent le feu. Dayda est atteint à la tête, à la poitrine, à l’estomac. Il meurt sur le coup.

Sa famille n’obtiendra pas justice. Aucune enquête n’a été menée, aucune arrestation n’a eu lieu. L’assassinat de Dayda Hydara marqua le début d’une longue nuit pour la presse gambienne brutalisée et brimée durant tout le règne de Yahya Jammeh. Si bien que l’éditorial de ce lundi est aussi perçu par le rédacteur Ousmane Kargbo comme une revanche sur l’Histoire.

« L’émergence d’un pays »

Dans son rapport 2016, le bureau Afrique de l’Ouest de l’organisation pour la liberté d’expression Article 19 estime à une centaine le nombre de journalistes qui ont fui la Gambie depuis 1994.

Plus loin, à Westfield, l’un des quartiers où les manifestants ont célébré le départ de Yahya Jammeh samedi soir, la rédaction de The Voice, qui paraît trois fois par semaine, offre le décor d’un magasin abandonné. A l’intérieur, le rédacteur en chef Mussa Sheriff peine à se concentrer, tellement il est excité à l’idée de recommencer à publier son journal.

Depuis le 18 janvier, veille de la fin de l’ultimatum donné au président Yahya Jammeh par les forces de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) de quitter le pouvoir, aucun journal n’était paru en Gambie. « Nous avions tous peur que le régime envoie ses nervis dans nos rédactions ou des soldats pour nous éliminer », explique Bacary, une jeune journaliste gambienne.

L’éditorial de The Voice, tiré à 1 500 exemplaires, est titré « The new Gambia is born » : une nouvelle Gambie est née. Une aspiration à la construction d’un pays enfin débarrassé de ses clivages raciaux et ethniques exacerbés sous le règne de Yahya Jammeh. « A travers cet éditorial, notre journal invite les Gambiens à tout oublier et à s’employer résolument à l’émergence d’un pays qui doit être l’affaire de tous, sans oublier la diaspora », lance Mussa Sheriff.

Tout oublier, le nouveau président ne semble pas prêt à s’y résoudre, lui qui a dénoncé dans la soirée le fait que le dictateur Jammeh, en partant, aurait volé des millions de dollars aux caisses de l’Etat et emporté des voitures de luxe. De fait, et sans surprise, c’est cette ligne de « regarder devant, pas en arrière » que défend le Daily Observer, journal progouvernemental, qui titre son éditorial du jour « National reconciliation towards developement of Gambia », « la réconciliation nationale pour le développement de la Gambie ».

Lire aussi :   Yahya Jammeh soupçonné d’avoir vidé les caisses de l’Etat gambien

Au quartier Churchill Town, sur l’axe principal qui mène à la ville de Brikama, le quotidien Foroyaa a ses locaux au premier étage. Sam Sarr, directeur de publication, septuagénaire énergique, galvanise ses reporters. « Faites vite, le bouclage est avancé aujourd’hui ! », rappelle-t-il. Dans son éditorial de ce lundi, il salue la fin de la dictature et appelle le président Barrow à rentrer le plus tôt possible en Gambie, pour prendre contrôle de la situation du pays.

Par Amadou Ndiaye, contributeur Le Monde Afrique, Banjul, envoyé spécial

États-Unis: Donald Trump attaqué en justice par une association anticorruption

janvier 23, 2017

 

 Citizens for Responsibility and Ethics in Washington, une association anticorruption, a porté plainte lundi 23 janvier contre Donald Trump. Elle l’accuse de violer la Constitution américaine en raison des revenus qu’il continue à percevoir de pays étrangers.
Les avoirs de la Trump Organization à l’étranger comme aux Etats-Unis exposent le président des Etats-Unis à de nombreux soupçons de conflit d’intérêts, selon les experts en éthique et les juristes qui ont appuyé la plainte de l’ONG.
Les plaignants affirment que M. Trump viole une clause de la Constitution américaine en continuant à percevoir « de l’argent et des faveurs de gouvernements étrangers, de clients de ses hôtels, de baux immobiliers et de transactions immobilières à l’étranger ». M. Trump a immédiatement jugé la plainte « dénuée de tout mérite ».
Lemonde.fr avec AFP

Congo: Les présidents américains du règne de Sassou Nguesso

janvier 23, 2017

No comment

Congo: André Okombi Salissa menoté au Parquet

janvier 23, 2017

André OKOMBI SALISSA est actuellement au parquet chez OKO Ngakala.

Première agression de l’avocat Sénégalais d’Andre OKOMBI SALISSA à la DGST.

L’avocat Sénégalais de André OKOMBI SALISSA, Maitre Diallo Boukouta agressé par les agent de la DGST. Oko Ngakala le menace dans son bureau avec son arme de guerre: un micro ouzi.

Son avocat Sénégalais, Maitre Diallo Boukouta à été encore menacé pour la deuxième fois en une journée. Pour la deuxième fois c’est le procureur OKO Ngakala qui le pointe une arme de guerre ( micro ouzi ) sur son visage .. << dégage de mon bureau, sinon je vais faire éclater ta petite cervelle, sale idiot , ici c’est pas le Sénégal >>

L’avocat sénégalais d’Okombi, Maitre Diallo Boukouta a été agressé et amené menotter à la DGST parce qu’il a rappelé les règles de droit au procureur Oko Ngakala. L’ambassadrice du Sénégal est actuellement à la DGST. André Okombi Salissa vient d’être déféré à la maison d’arrêt.

Photo de BrazzaNews.

L’avocat sénégalais de Monsieur André Okombi Salissa, Maitre Diallo Boukouta vient d’être brutalisé à la DGST parce qu’il a dénoncé la mauvaise procédure contre son client.

Même les avocats étrangers qui sont dans l’exercice de leur profession sont brutalisés au Congo << Brazzaville >>. Où va le pays? Réponse: vers l’abime d’ici peu. Il faut agir!

 

 Brazzanews.fr

Tension en Côte d’Ivoire avec des mouvements sociaux

janvier 23, 2017

Abidjan – Des mouvements sociaux se déroulaient lundi dans plusieurs villes de Côte d’Ivoire, notamment à Abidjan où des gendarmes ont bloqué l’autoroute du nord, dans le sillage de la grève des fonctionnaires qui paralyse lycées et collèges.

A Abidjan, des gendarmes en colère ont érigé dans la matinée des barrages bloquant la circulation sur la principale autoroute à la sortie de la mégapole à hauteur du quartier populaire de Yopougon, selon des témoins.

 « Le calme est revenu, la circulation est rétablie », a affirmé l’AFP une source sécuritaire.

Dans l’est, dans le quartier de « la Riviera Sol Béni » des pompiers ont également bloqué la circulation sans que les raisons de leur manifestation soit clairement établies, selon plusieurs médias ivoiriens.

La plupart des lycées et collèges publics de la capitale économique sont restés fermés.

« Nous rentrons à la maison, nos professeurs sont en grève », ont dit à l’AFP des lycéens à Adjamé, quartier populaire d’Abidjan. D’autres élèves ont quitté leur établissement à Cocody, a constaté un journaliste de l’AFP.

La fronde sociale a également touché des villes de l’intérieur, notamment Bouaké, deuxième ville du pays et épicentre de la mutinerie militaire des dernières semaines, Daloa (centre-ouest) et Man (ouest), selon des médias ivoiriens.

A Bouaké (centre) des centaines d’élèves sont sortis dans la rue et ont paralysé la circulation.

« Nous demandons au gouvernement de régulariser la situation des enseignants pour une reprise des cours » a affirmé à l’AFP Mamadou Soro, l’un de leur porte-parole, élève en terminal.

Kouassi Kouadio Justin, qui passe son baccalauréat cette année, se plaint à l’AFP du « retard que prennent les cours » et qualifie cette grève de « situation chaotique ».

« Nous ne savons pas pourquoi le gouvernement met tout ce temps pour résoudre le problème des fonctionnaires alors qu’ils ont réglé le problème des militaires » s’est également plaint un autre élève.

– retraites réduites de 30 à 50 % –

Les grévistes demandent des augmentations de salaires, le paiement de certains arriérés de primes, et protestent contre une réforme des retraites intervenue en 2012 dont les premiers effets se font sentir en 2016, avec la mise à la retraite de fonctionnaires touchés par la loi.

Cette réforme fait passer l’âge de la retraite de 55 à 60 ans, voire 65 ans pour les grades les plus élevés. Les cotisations augmentent de 6 à 8,33% du salaire, alors que les pensions ont été réduites de 30 à 50%.

De nombreux observateurs estiment que les concessions faites aux militaires ont renforcé les fonctionnaires dans leur conviction de pouvoir faire fléchir le gouvernement.

Dimanche soir, un communiqué syndical lu à la télévision, avait pourtant annoncé la suspension de la grève.

Joint au téléphone, le président de la Plateforme nationale qui regroupe une cinquantaine de syndicats, Théodore Gnagna Zadi, qui avait lu le communiqué à la télévision, a dit à l’AFP avoir « subi des pressions ».

Selon lui, il a été convié à discuter avec le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly en soirée dimanche. Selon ses dires, le Premier ministre lui a dit de lancer un appel à la reprise du travail « sinon nous serions responsables de tout ce qui adviendrait. Donc j’ai parlé comme il m’a demandé. Ca n’engage que moi? pas mes camarades ».

« Je m’inquiète pour ma sécurité », a-t-il ajouté, déclarant « ne pas être sûr d’être présent aux nouvelles négociations » prévues mardi.

Certains syndicats ont effectivement demandé à leurs adhérents de reprendre le travail, assurant qu’ils seraient présents à ces négociations mardi.

De source proche du pouvoir, on assure n’avoir fait « aucune menace ou pression ». Le gouvernement affirme avoir donné satisfaction aux grévistes sur la réforme des retraites et se dit optimiste pour une reprise du travail mardi.

Romandie.com avec(©AFP / 23 janvier 2017 15h20)             

Burundi : l’UE demande à la CPI d’ouvrir sans tarder une enquête sur les violations des droits de l’homme

janvier 23, 2017

Le président burundais Pierre Nkurunziza à Bujumbura, le 17 mai 2015 © Jerome Delay/AP/SIPA

Dans une nouvelle résolution, l’Union européenne vient de demander à la Cour pénale internationale et au Conseil de sécurité des Nations unies d’ouvrir une enquête sur les « violations des droits de l’homme au Burundi ». Un sujet sur lequel le Parlement européen n’est « pas à jour », a rétorqué Bujumbura.

« Le Parlement européen invite le Conseil de sécurité des Nations unies et la CPI à ouvrir rapidement une enquête complète sur les violations des droits de l’homme qui auraient été commises au Burundi au cours de la récente crise dans le pays, y compris sur le risque d’un génocide sur son territoire », lit-on au point 9 de la résolution 2017/2508, adoptée ce jeudi 19 janvier.

Égrenant une liste de rapports accompagnés de chiffres terrifiants sur les meurtres, enlèvements, disparitions forcées, tortures… imputés aux agents de l’État, le Parlement européen soutient par la même occasion  la décision de l’UE de suspendre ses aides budgétaires, salue les sanctions ciblées « à l’encontre des Burundais responsables de violations de droits de l’homme et de ceux qui font obstacle aux efforts visant à trouver une solution politique à la crise ».

Les eurodéputés consacrent par ailleurs une ligne à leur préoccupation née de « l’annonce faite par le président Nkurunziza le 30 décembre 2016 selon laquelle il pourrait briguer un quatrième mandat en 2020 ».

La réponse directe de Bujumbura

La réplique ne s’est pas fait attendre. « Le Parlement européen n’[est ] pas à jour par rapport à la situation politico-sécuritaire qui  prévaut actuellement au Burundi. Depuis… le 30 décembre 2016, il n’a jamais été signalé [par les députés et sénateurs en vacance] des cas de violation des droits de l’homme dans aucune circonscription parmi les 18 que compte le Burundi », affirme un communiqué de deux pages, signé le 20 janvier, au lendemain de la résolution, par les présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale.

Mais le paragraphe a du mal à convaincre Anschaire Nikoyagize, président de la ligue Iteka, une organisation de défense des droits de l’homme qui continue de travailler discrètement après sa dissolution par le gouvernement. « Depuis le début de 2017, aucune semaine ne se passe sans qu’il y ait au moins huit meurtres. Du 9 au 15 janvier seulement, nous avons enregistré dix personnes tuées, deux torturées, trois portées disparues et 97 qui ont été arrêtées arbitrairement par la police en collaboration avec les jeunes Imbonerakure affiliés au parti au pouvoir, le Cndd-Fdd« , révèle Nikoyagize, qui vit aujourd’hui en exil.

Le vote de la résolution a coïncidé avec la visite du commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union Africaine, Smail Chergui, à Bujumbura pour la recherche d’une solution au paiement du contingent burundais engagé en Somalie. Un autre sujet qui tape sur les nerfs des autorités du pays, mais sur lequel l’Union Européenne ne veut pas non plus bouger d’un iota.

Jeuneafrique.com par Armel Gilbert Bukeyeneza

Dialogue en RD Congo : l’interminable partage du gâteau exaspère les évêques

janvier 23, 2017

Deux évêques congolais, membres de la Cenco et médiateurs des pourparlers politiques en RDC, le 21 décembre 2016 à Kinshasa. © John Bompengo/AP/SIPA

Plus de vingt jours après la signature de l’accord politique global et inclusif en RDC, les modalités de son application tardent à être adoptées. Principal blocage : le partage des postes. Au grand dam des évêques congolais, médiateurs de ces tractations, qui l’ont fait savoir dimanche.

« La Cenco [Conférence épiscopale nationale du Congo, médiatrice des pourparlers en cours en RDC, ndrl] lance un appel aux négociateurs à se montrer plus sensibles aux besoins du peuple congolais et à ne pas perdre de vue l’objectif principal de ces négociations qui est l’organisation des élections dans moins d’une année ». Dans un communiqué publié le dimanche 22 janvier, les évêques congolais tirent, une fois de plus, la sonnette d’alarme.

« Il n’est pas concevable que les tractations pour mettre en oeuvre un accord prennent plus de temps que les négociations initiales pour signer le même accord », explique à Jeune Afrique un prêtre congolais qui participe aux travaux. « Nous avons de plus en plus l’impression que des politiques se préoccupent plus des postes à conserver ou à occuper qu’à l’intérêt supérieur de la nation », s’exaspère-t-il.

Dans son communiqué, la Cenco revient en effet sur les « avancées enregistrées » jusqu’ici, mais surtout sur les « divergences persistantes », « à plus ou moins 11 mois de l’organisation des élections », l’accord de la Saint-Sylvestre ayant prévu la tenue de la présidentielle, des législatives et des scrutins provinciaux au plus tard en décembre 2017.

Un « triumvirat » à la tête du CNSA

C’est à l’issue d’âpres tractations qu’un accord a été trouvé lundi à Kinshasa sur la répartition des sièges au sein du Conseil national de suivi de l’accord et du processus électoral (CNSA) dont la direction a été confiée à l’opposant historique Étienne Tshisekedi.

Le CNSA sera ainsi composé de 28 membres dont neuf délégués de la Majorité présidentielle (MP), six du Rassemblement, principal regroupement de l’opposition rangé derrière Étienne Tshisekedi, quatre de l’opposition signataire de l’accord de la Cité de l’Union africaine conduite par Vital Kamerhe, quatre du Front pour le respect de la Constitution, deux de l’opposition dite « républicaine » dirigée par Léon Kengo wa Dondo, président du Sénat, et trois représentants de la société civile.

Pour contourner la question de l’ordre de préséance des trois vice-présidents du CNSA, les parties ont convenu de mettre en place un présidium. Il s’agit d’un espace présidentiel qui regroupera le président et ses trois vice-présidents. Ces derniers proviendront chacun de la MP, du Front pour le respect de la Constitution et de l’opposition signataire de l’accord de la Cité de l’Union africaine.

En cas d’absence éventuelle d’Étienne Tshisekedi qui s’apprête à se rendre de nouveau en Belgique pour un « check-up médical », c’est ce présidium qui exercera l’intérim, selon la médiation. « Il fonctionnera sous forme de triumvirat : les trois vice-présidents vont se concerter, avec l’accompagnement de la Cenco », a précisé Mgr Fridolin Ambongo, vice-président de la Cenco.

Interminable partage des postes ministériels

Les évêques catholiques indiquent par ailleurs que les parties peinent encore à s’entendre sur « le mode de la présentation du candidat Premier ministre : le Rassemblement exige de présenter un seul nom, la MP exige au moins cinq noms. » « Il en est de même sur la répartition des postes ministériels du gouvernement (…) », soulignent-ils.

Le prochain gouvernement ne doit pas dépasser la barre symbolique de 50 ministres

À ce stade, les protagonistes se sont tout juste accordés sur « les principes à prendre en compte pour fixer la taille du gouvernement ». « La prochaine équipe gouvernementale ne doit pas dépasser la barre symbolique de 50 ministres », assure une source proche du dossier.

S’inspirant de la formule « 1+4 » (un président et quatre vice-présidents de la République) issue du dialogue de Sun City en 2003, le futur Premier ministre sera entouré de quatre-vice Premiers ministres, « titulaires chacun d’un portefeuille et chargés d’une commission gouvernementale ».

« Décrispation au compte-gouttes »

Quant aux mesures de décrispation attendues, les autorités ne se montrent pas pressées pour prendre des décisions dans ce sens. Les évêques notent toutefois le retour de Roger Lumbala, ex-allié du Mouvement du 23-Mars (M23), la rébellion vaincue fin 2013 dans l’est de la RDC.

« Cette décrispation se passe au compte-gouttes. Ce n’est pas normal ! », a tonné dimanche Olivier Kamitatu, ancien président de l’Assemblée nationale et cadre du Rassemblement de l’opposition. « La décrispation [du climat politique] ne doit pas attendre un arrangement particulier. Que ce soit la libération des prisonniers politiques, que ce soit la réouverture des médias, elle se fait de manière trop lente », a-t-il dénoncé.

Concernant le cas de Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle, qui a refusé que son sort bloque la conclusion de l’accord du 31 décembre, la Cenco indique qu’une commission ad hoc a été mise en place pour suivre ce dossier. Il en est de même concernant celui de l’opposant Jean-Claude Muyambo.

Quid du calendrier électoral ?

Priorité des priorités, les élections censées avoir lieu avant la fin de l’année ne semblent pas être au cœur des préoccupations des politiques. Il ne reste pourtant que, théoriquement, 11 mois ! Ce qui pousse les évêques à anticiper et à faire une « recommandation particulière » : la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) est en effet appelée à publier le calendrier global du processus électoral d’ici le 15 avril.

En attendant, la médiation a fixé, en accord avec les protagonistes, au 28 janvier l’adoption de « l’arrangement particulier », document additif du compromis politique conclu le 31 décembre dans lequel toutes les modalités d’application de l’accord seront définies.

« La Cenco n’est pas prête à conduire les bons offices indéfiniment sans résultats », avertit le communiqué des évêques. Ces derniers appellent, une fois de plus, le camp de Kabila et celui de l’opposition à « se faire les concessions majeures » pour un aboutissement heureux des négociations.

Y parviendront-ils d’ici le 28 janvier, comme l’espèrent les évêques ? Rien n’est moins sûr.

Jeuneafrique.com par Trésor Kibangula

Libre-échange: Trump signe l’acte de retrait des Etats-Unis du TPP

janvier 23, 2017

Washington – Le président américain Donald Trump a signé lundi dans le Bureau ovale un document mettant fin à la participation des Etats-Unis au traité de libre-échange transpacifique (TPP), âprement négocié pendant des années par l’administration Obama.

Ce traité, vu comme un contrepoids à l’influence grandissante de la Chine, a été signé en 2015 par 12 pays d’Asie-Pacifique représentant 40% de l’économie mondiale, mais n’est pas encore entré en vigueur.

« Nous en parlions depuis longtemps », a-t-il déclaré aux journalistes présents lors de la signature, jugeant que cette décision était « une bonne chose pour le travailleur américain ».

Durant sa campagne, Donald Trump avait dénoncé un accord « terrible » et promis de s’en retirer au plus vite.

L’administration Obama le présentait au contraire comme le nec plus ultra de tous les traités de libre-échange, car cet accord va bien au-delà de la simple levée des barrières douanières.

Il prévoit aussi la levée de barrières non-tarifaires, comme l’ouverture des appels d’offres nationaux par les pays membres aux entreprises étrangères sans avantages indus pour leurs propres entreprises publiques, ou encore le respect du droit du travail selon les normes de l’Organisation internationale du travail (OIT).

De nombreuses ONG dénonçaient cependant les effets pervers d’un texte jugé opaque sur les droits des travailleurs, l’environnement, la perte de souveraineté ou encore l’accès aux médicaments.

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe, grand défenseur de l’accord, avait reconnu fin 2016 que le TPP sans les Etats-Unis « n’aurait pas de sens ».

Le traité a été signé par 12 pays : Australie, Brunei, Canada, Chili, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Etats-Unis et Vietnam.

romandie.com avec(©AFP / 23 janvier 2017 18h07)      

CAN 2017 : le Gabon abandonne « sa » CAN face au Cameroun

janvier 22, 2017

Une supportrice gabonaise lors d’un match de la CAN à Oyem, le 20 janvier 2017. © afp.com – ISSOUF SANOGO

Coup dur pour l’intérêt de la compétition : le Gabon, pays-hôte, a été sorti dès le premier tour de « sa » Coupe d’Afrique des nations après avoir concédé son troisième nul en autant de rencontres face au Cameroun (0-0), qualifié en quarts.

C’est la première fois depuis 1994 que le pays-organisateur n’ira pas en quart de finale. Une équipe qui ne sait pas gagner devant 40.000 supporters malgré les visites du président Ali Bongo à l’entraînement, tel aura été le drame des équipiers de Pierre-Emerick Aubameyang, sevré plus que jamais de balles de but face aux Lions indomptables.

« La victoire ou la porte ». Face au Cameroun qui a laissé l’attaquant Vincent Aboubakar sur la touche, le Gabon est bien passé des paroles aux actes avec un trident plus offensif que d’habitude (Aubameyang, Denis Bouanga et André Biyogo Poko).

Mais comment on peut rater ça? A cause de la pelouse humide? D’Oyem à Franceville sans oublier la diaspora, c’est le cri qu’1,2 million de Gabonais ont poussé quand Aubameyang a glissé à côté des filets vides une remise au millimètre de Denis Bouanga (3e).

Furia gabonaise

Révélation du tournoi, le Franco-Gabonais Bouanga a ajusté dans la foulée un tir dans les airs après avoir mis dans le vent la défense camerounaise (5e).

Pas facile cependant pour un pays-organisateur de dépendre pendant encore 85 minutes de la bonne volonté et l’énergie d’un attaquant de 22 ans qui évolue pour l’instant en Ligue 2 française, à Tours, prêté par Lorient (Ligue 1).

La furia gabonaise n’a donc duré que dix minutes. Le temps que le Cameroun reprenne la gestion du jeu, tandis que les Panthères montraient très vite leurs limites.

Match étrange

Dans ce match étrange, qui tenait parfois de la Ligue des champions pour l’ambiance et de la Ligue 2 pour le manque de finition, le Cameroun ne s’est pourtant pas non plus créé de franches occasions en première mi-temps.

Eux-mêmes menacés de rentrer à Yaoundé en cas de victoire gabonaise, avec le Burkina Faso menant contre la Guinée-Bissau , les Lions indomptables ont marqué leur emprise sur la seconde période avec un tir de Sébastien Siani à droite des buts de son co-équipier d’Ostende Didier Ovono (53).

Sans réussite, les Gabonais se sont de nouveau essayé au pressing offensif à l’heure de jeu. En vain, malgré un tir sur le poteau dans les arrêts de jeu. L’heure des adieux avait déjà sonné.

Jeuneafrique.com avec AFP