Dimanche des Rameaux: hommage aux « martyrs d’aujourd’hui »

mars 29, 2015

Le pape François a dirigé dimanche les célébrations du dimanche des Rameaux en rendant hommage aux personnes mortes pour leur foi. Le souverain pontife a ainsi fait allusion aux victimes des djihadistes de l’Etat islamique (EI).

Le souverain pontife a présidé une procession sur la place Saint-Pierre, commémorant le jour où, selon la Bible, les habitants de Jérusalem ont accueilli Jésus quelques jours avant sa crucifixion.

Des milliers de personnes, dont le pape argentin, âgé de 78 ans, et des prélats en habits sacerdotaux rouges, ont porté des rameaux place Saint-Pierre à l’occasion du commencement de la semaine sainte, qui culminera avec le dimanche de Pâques.

« Nous avons une pensée aussi pour l’humiliation endurée par tous ceux qui, pour une vie de fidélité à la Bible, sont victimes de discrimination et en paient le prix », a déclaré l’évêque de Rome en italien.

Romandie.com

Canada: Sortie de piste d’un A320 d’Air Canada à Halifax, des blessés

mars 29, 2015

Montréal – Un Airbus A320 d’Air Canada est sorti de piste à l’atterrissage à l’aéroport international d’Halifax dans la nuit de samedi à dimanche, blessant au moins 23 personnes, ont rapporté la compagnie aérienne et un responsable aéroportuaire.

L’appareil effectuant un vol intérieur en provenance de Toronto (Ontario, centre) avec 138 personnes à bord est sorti de piste lors de son atterrissage à Halifax (Nouvelle-Écosse, Est), a rapporté la compagnie aérienne sur son compte Twitter.

Air Canada n’a pas donné d’explications à la sortie de piste de l’Airbus après son atterrissage à l’aéroport Stanfield d’Halifax à 00H43 (03H43 GMT) dimanche.

Mais une neige abondante tombait à Halifax et la météo canadienne avait émis une alerte à la neige ainsi qu’une mise en garde contre la visibilité réduite.

Selon la compagnie aérienne, 23 blessés ont été hospitalisés, alors que le porte-parole de l’aéroport, Peter Spurway, évoquait un chiffre de 25. Leur vie n’était pas en danger.

Quelques heures après l’accident, seulement cinq blessés restaient hospitalisés. Deux d’entre eux avaient besoin d’une attention urgente, a précisé M. Spurway.

Il y avait 133 passagers et cinq membres de l’équipage à bord, d’après Air Canada.

Après avoir débarqué de l’avion accidenté, tous les passagers ont dû attendre dans la neige, a rapporté l’un d’entre eux, y compris les blessés.

Il y avait plusieurs personnes, en sang. Tout le monde a pu sortir, mais le pire était qu’ils nous ont laissé dehors pendant une heure dans la neige qui tombait dru, a expliqué Lianne Clark à la chaîne de télévision canadienne CBC.

Elle a expliqué que quelques personnes se sont mises à courir parce que le carburant fuyait et nous avions peur.

Les passagers semblaient secoués lorsqu’ils ont débarqué de l’avion, et ont décrit la sortie de piste comme effrayante, selon le porte-parole.

– Coupure d’électricité –

Par ailleurs, l’aéroport d’Halifax était touché par une panne d’électricité au moment de l’accident, mais M. Spurway n’a pas précisé s’il y avait un lien entre la panne et la sortie de piste de l’avion, l’aéroport ayant fonctionné avec des générateurs et les pistes d’atterrissage ayant été éclairées.

Il n’y avait plus de courant, nous ne sommes pas sûrs qu’il y ait un lien entre la sortie de piste de l’Airbus et la panne. Il se peut qu’il y en ait un, a-t-il dit à l’AFP.

Au sujet d’informations non confirmées selon lesquelles les ailes de l’avion se seraient prises dans des fils électriques à l’atterrissage, M. Spurway a seulement indiqué que le Bureau de la sécurité des transports du Canada allait ouvrir une enquête sur les causes de l’accident.

Des images montrent l’appareil immobilisé, le nez endommagé, sur une piste de l’aéroport couverte d’une neige épaisse. Les dégâts sont considérables, d’après M. Spurway.

Les deux pistes de l’aéroport ont été fermées pendant la nuit, mais l’une d’entre elle devait rouvrir dans la matinée.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mars 2015 13h18)

François Hollande : nous allons « marcher pour les valeurs que la Tunisie représente »

mars 29, 2015

François Hollande entouré de journalistes après avoir voté le 29 mars 2015 à Tulle.
François Hollande entouré de journalistes après avoir voté le 29 mars 2015 à Tulle. © AFP

Après avoir voté pour le second tour des départementales, le président français s’est envolé dimanche matin pour Tunis, où il participera à la marche contre le terrorisme.

« Nous allons marcher pour la Tunisie et pour les valeurs qu’elle représente pour le monde arabe », a déclaré le président de la République François Hollande, à Tulle, où il a voté samedi pour le second tour des départementales avant de s’envoler pour Tunis participer à une marche contre le terrorisme.

« Quatre français ont été tués là-bas. La Tunisie souhaitait la présence de la France et la France souhaitait être a côté de la Tunisie qui, rappelons-le, est à l’origine du Printemps arabe et qui a été, avec des ressortissants d’autres pays, victime d’un acte terroriste odieux », a déclaré François Hollande à des journalistes à la sortie de son bureau de vote.

Stèle à la mémoire des victimes

« Le 11 janvier il y avait eu une manifestation de solidarité pour la France, pour les valeurs qu’elle porte. Aujourd’hui nous allons marcher pour la Tunisie et pour les valeurs qu’elle représente pour le monde arabe », a ajouté François Hollande.

Aux côtés d’autres dignitaires étrangers, il devrait accompagner le président tunisien Béji Caïd Essebsi sur une centaine de mètres le long de l’enceinte du musée, avant d’y inaugurer une stèle à la mémoire des victimes.

Le mussée du Bardo de Tunis a été la cible le 18 mars d’une attaque qui a coûté la vie à 22 personnes – 21 touristes et un policier.

Jeuneafrique.com

Tunisie: début de la marche populaire contre le terrorisme

mars 29, 2015

Tunisie: début de la marche populaire contre le terrorisme
Tunisie: début de la marche populaire contre le terrorisme © AFP

Des milliers de Tunisiens ont commencé dimanche sous haute sécurité à marcher « contre le terrorisme » après l’attentat sanglant du 18 mars au musée du Bardo à Tunis.

« Tunisie libre, terrrorisme dehors », scandaient notamment les manifestants dont beaucoup agitaient des drapeaux tunisiens. Un responsable policier a estimé leur nombre à 12. 000 peu avant 10H00 GMT.

Le chef du principal groupe armé jihadiste tunisien, Lokmane Abou Sakhr, accusé par Tunis d’avoir « dirigé » l’attaque du 18 mars contre le musée du Bardo, a été tué samedi par les forces tunisiennes, a par ailleurs annoncé dimanche le Premier ministre Habib Essid.

Les forces tunisiennes « ont pu tuer hier (samedi) soir les plus importants éléments de la Phalange Okba Ibn Nafaa, à leur tête Lokmane Abou Sakhr », a-t-il dit à la presse, qualifiant cela « d’opération très importante dans notre programme de lutte contre le terrorisme ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Nigeria: 23 personnes décapitées dans le nord-est vendredi, veille des élections

mars 28, 2015

Kano (Nigeria) – Vingt-trois personnes ont été décapitées vendredi soir, quelques heures avant le début des élections présidentielle et parlementaires au Nigeria, lors de l’attaque d’un village du nord-est du pays attribuée à des islamistes de Boko Haram par un député de cette région samedi.

L’attaque, menée par des hommes armés soupçonnés d’être des insurgés, a eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi, dans le village de Buratai, à près de 200 kilomètres de Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno, a rapporté le député Mohammed Adamu.

Ils ont décapité 23 personnes et incendié des maisons. Près de la moitié du village a été détruit a-t-il déclaré.

Une infirmière de l’hôpital de Biu, la grande bille la plus proche, a dit avoir reçu 32 blessés et elle a également mentionné que de nombreuses personnes avaient été décapitées.

Cette attaque, qui n’avait pas été revendiquée samedi après-midi, est similaire à de nombreux autres raids menés par Boko Haram dans l’Etat de Borno, où des civils ont été massacrés par dizaines à plusieurs reprises.

Le chef de Boko Haram Abubakar Shekau avait juré d’interrompre les élections présidentielle et législatives qui se tiennent ce week-end au Nigeria.

Samedi, sept personnes ont été tuées dans plusieurs autres attaques menées par des hommes armés autour de bureaux de vote dans l’Etat de Gombe, voisin de Borno.

Plusieurs témoins à Gombe ont affirmé que les assaillants cherchaient délibérément à montrer leur opposition au scrutin, des électeurs et un politicien ayant été visés, et du matériel électoral détruit.

Romandie.com avec(©AFP / 28 mars 2015 18h28)

Au Tchad, les réfugiés nigérians, à « 100% pour Buhari », ne peuvent voter

mars 28, 2015

Au Tchad, les réfugiés nigérians, à '100% pour Buhari', ne peuvent voter
Au Tchad, les réfugiés nigérians, à « 100% pour Buhari », ne peuvent voter © AFP

La petite carte bleue brille sous le soleil écrasant de N’Djamena. De dépit, Modou Mallam brandit sa « Voter’s card ». Son pays, le Nigeria, se rend aux urnes samedi pour élire président et députés, mais, réfugié, il sait que sa carte ne lui servira à rien.

Ce jeune commerçant est arrivé au Tchad il y a trois mois après avoir fui les attaques incessantes du groupe islamiste Boko Haram contre sa ville, Gamboru, dans le nord-est du Nigeria.

Comme Modou, des dizaines de milliers de réfugiés au Tchad (18. 000), au Cameroun (74. 000) et au Niger (125. 000) ne prendront pas part aux élections législatives et présidentielle. Ce qui ne les empêche pas d’espérer que « les choses changent » après les élections.

Ils sont une centaine à la sortie sud de N’Djamena, recroquevillés sur des nattes poussiéreuses, à l’ombre de quelques rares arbustes qui ont poussé ça et là.

Et, à l’unanimité, ils disent vouloir en finir avec un pouvoir sudiste qui les a abandonnés à leur sort, dans le nord-est longtemps marginalisé et très pauvre du Nigeria.

« Nous soutenons à 100% (Muhammadu) Buhari », le candidat de l’opposition à la présidentielle, du Congrès progressiste (APC), clament en choeur une dizaine de vieillards.

M. Buhari, originaire du nord et musulman, comme la majorité des réfugiés qui ont quitté le pays, a sévèrement critiqué la gestion de la rébellion des islamistes par le président sortant et principal adversaire, Goodluck Jonathan.

– ‘Bad Luck’ –

« Le gouvernement (actuel) ou Boko Haram, c’est la même chose! Personne ne nous a protégés quand ils sont venus nous massacrer dans nos villages. Et quand les soldats les pourchassaient, ils tuaient même plus de gens » que les insurgés, affirme Mohamed Abdulahi, 70 ans.

« +Bad Luck+ (surnom donné au président) est un traitre, il ne doit pas rester au pouvoir », renchérit son voisin, Ali Ahmad.

Chauffeurs de taxi, cultivateurs, commerçants. . . Même originaires de petites localités perdues dans l’immensité de la brousse nigériane, ils disent avoir « toujours » voté jusqu’à ce que l’insurrection islamiste fasse voler leurs vies en éclats.

Awa Maidiriga a 18 ans, un petit bébé de trois mois accroché sous le bras, et aurait bien aimé, elle aussi, donner son tout premier suffrage à « Buhari ». « J’espère que mon mari – resté à Maiduguri, la capitale de l’Etat de Borno – a pu voter. . . « , glisse-t-elle avec un sourire juvénile.

Mais pour l’heure, Awa et ses camarades d’infortune ont bien d’autres préoccupations en tête, comme trouver des vivres. « Nous n’avons pas le minimum. Je n’ai pas de lait pour mon bébé. Depuis des mois, nous mangeons rien d’autre que du riz avec de l’huile et un peu de sel », dit-elle.

– ‘Aucune aide, aucune nourriture’ –

Les réfugiés de N’Djamena, arrivés par la route via le Cameroun, sont un cas à part. « Récupérés » par la police dans les rues de la capitale tchadienne, ils ont été conduits dans une caserne de gendarmerie en construction – un espace quasi désertique -, en périphérie de la ville.

L’immense majorité des Nigérians ayant gagné le Tchad suite aux violences des derniers mois sont arrivés plus au nord, sur les rives du Lac Tchad, où a été installé un grand camp de réfugiés qui reçoit de l’aide humanitaire internationale.

Là encore, le ressentiment est amer envers les autorités nigérianes. « Notre ambassadeur est venu ici il y a deux mois. Il a fait sortir du camp les Ibos et les Yorubas (ethnies majoritairement chrétiennes et originaires du sud du Nigeria), mais il a laissé là tous les musulmans », affirme le vieux Mohamed Abdulahi, les yeux plein de colère.

« Nous n’avons reçu aucune aide, aucune nourriture » de la part de l’ambassade nigériane, dit-il. « Les seuls qui nous donnent quelque chose, ce sont les gendarmes tchadiens qui nous gardent. Ils paient de leur poche pour qu’on ait un peu d’huile et de bois » de chauffe.

Jeuneafrique.com avec AFP

Nord-est du Nigeria: 2 morts dans l’attaque de 2 bureaux de vote par des islamistes présumés

mars 28, 2015

Kano (Nigeria) – Au moins deux personnes ont été tuées samedi dans l’attaque de deux bureaux de vote dans le nord-est du Nigeria, peu après leur ouverture pour les élections présidentielle et législatives, selon un habitant et un responsable du scrutin.

Les hommes armés ont attaqué les villages de Birin Bolawa et Birin Funali, dans l’Etat de Gombe, souvent ciblés par les islamistes par le passé.

Nous avons entendu les assaillants crier: +On ne vous avait pas dit de rester à distance de l’élection’+ a rapporté un responsable local de la Commission électorale indépendante (Inec) sous couvert d’anonymat.

Abubakar Shekau, le chef du groupe islamiste armé Boko Haram, avait menacé, le mois dernier, de faire échouer le processus électoral, qu’il considère comme non conforme à l’Islam, dans une vidéo postée sur Twitter.

Ces élections n’auront pas lieu, même si nous sommes tués. Même si nous ne sommes plus en vie, Allah ne vous le permettra jamais, avait-il proféré.

Une vague d’attentats-suicides visant des marchés et des gares routières, ces dernières semaines, avaient laissé craindre des attaques terroristes samedi contre les électeurs.

Selon le responsable de l’Inec, les hommes armés sont arrivés dans le village de Birin Bolawa vers 8H30 (7H30 GMT) à bord d’un pick-up, le visage recouvert d’un chèche, juste après l’ouverture du bureau de vote.

Un électeur a été tué par balles et d’autres ont pris la fuite.

Ils ont mis le feu à tout le matériel électoral qu’on a abandonné en fuyant, a-t-il précisé.

Selon Karim Jauro, un habitant du village de Birin Fulani, une seconde attaque a eu lieu vers 9H15.

Dès que les gens les ont vus, ils se sont mis à courir, mais les hommes armés ont ouvert le feu sur le bureau de vote, tuant un homme, a-t-il expliqué à l’AFP.

Comme dans le village précédent, tout le matériel électoral a été brûlé. Nous sommes persuadés qu’il s’agit de Boko Haram, comme ils ont demandé aux gens de ne pas participer aux élections, a ajouté M. Jauro.

L’insurrection de Boko Haram et sa répression ont fait plus de 13.000 morts, principalement dans le nord du Nigeria, en six ans.

Très critiqué pour n’avoir pas su juguler l’insurrection islamiste durant son mandat, le président Goodluck Jonathan a lancé une offensive armée de grande envergure, le mois dernier, et il a autorisé les armées des pays voisins, le Tchad en tête, à intervenir dans le pays, ce qui a permis de faire reculer le groupe extrémiste, qui s’était emparé de pans entiers de territoires du nord-est.

Romande.com avec (©AFP / 28 mars 2015 12h53)

L’ONU évacue son personnel étranger au Yémen

mars 28, 2015

Les Nations unies ont entrepris d’évacuer leur personnel étranger de Sanaa, la capitale du Yémen, en raison de l’aggravation des conditions de sécurité, a-t-on appris samedi de source onusienne. Plus de 100 employés sont en route vers l’aéroport.

Ils vont être déplacés dans plusieurs pays, dont la Jordanie. L’offensive aérienne lancée par l’Arabie saoudite avec le soutien d’alliés sunnites contre les miliciens chiites Houthis est entrée dans son troisième jour.

Après s’être assurés en septembre le contrôle de Sanaa, les Houthis, soutenus par l’Iran, menaçaient de prendre Aden où s’est réfugié le mois dernier le président Abd-Rabbou Mansour Hadi.

La question yéménite va dominer le sommet annuel de la Ligue arabe qui vient de commencer à Charm el-Cheikh, en Egypte. Outre le président Hadi, arrivé vendredi dans la station balnéaire sur la mer Rouge, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon y est attendu.

Romandie.com

Nigeria : ouverture des bureaux de vote pour la présidentielle

mars 28, 2015

File d'attente le 28 mars 2015 devant un bureau de vote à Maiduguri.
File d’attente le 28 mars 2015 devant un bureau de vote à Maiduguri. © AFP

Les Nigérians commençaient samedi à se rendre aux urnes pour élire leur prochain président, au cours du scrutin le plus serré de l’histoire de ce pays le plus peuplé d’Afrique, marqué par les violences islamistes, la chute des cours du pétrole et la corruption endémique.

Du hub pétrolier de Port Harcourt, en plein sud chrétien, à Kano, la deuxième plus grande ville musulmane du continent, en passant par la mégalopole de Lagos, 68,8 millions d’électeurs – sur 173 millions d’habitants – sont appelés aux urnes, pour des élections présidentielle et législatives.

Les bureaux de vote devaient ouvrir officiellement à 08H00 locales (07H00 GMT), mais une demi-heure plus tard, des journalistes de l’AFP à Kano (nord), Lagos et Abuja ont cependant constaté que dans de nombreux bureaux, des responsables de la commission électorale indépendante (Inec) n’avaient toujours pas été déployés et le matériel électoral n’avait pas encore été distribué.

Le scrutin doit se dérouler en deux temps. Dans la matinée, les assesseurs procèdent à la vérification des inscriptions sur les listes. Dans un second temps, à partir de 13h30 (12H30 GMT), les électeurs devront revenir voter.

Le président sortant, Goodluck Jonathan (57 ans), brigue un second mandat, face à l’ancien général Muhammadu Buhari (72 ans), son principal adversaire et le candidat d’une opposition plus unie que jamais. Des élections législatives ont également lieu samedi. Samedi matin, de longues files d’attente se sont formées devant les bureaux de vote, un peu partout dans le pays. Certains électeurs ont même raconté avoir passé la nuit sur place.

La sécurité assurée par des milices privées

A Kano, la plus grande ville du nord du pays, frappée à plusieurs reprises par des attentats meurtriers commis par les islamistes de Boko Haram, la plupart des votants sont arrivés dès 06H00, juste après la prière du matin.

« Les élections c’est vraiment quelque chose d’important, au Nigeria », témoigne l’un d’entre eux, Dahiru Badamasi. « Le pays a besoin d’être secouru du chaos dans lequel on se trouve actuellement. L’insécurité, le manque de soins médicaux, d’éducation… Partout, c’est la pagaille. Voilà où on en est ».

Pour déjouer les attentats, des membres de milices privées étaient chargés de fouiller les électeurs à l’aide de détecteurs de métaux, comme à l’intérieur d’une école primaire, bondée de monde.

De part et d’autre du pays, les électeurs s’apprêtaient à soutenir leur candidat. Ainsi, à Daura, le fief du leader de l’opposition, Muhammadu Buhari, Moustapha Osman était totalement investi : « Nous sommes 100% prêts à voter, et nous allons voter pour le candidat qui protègera nos vies et l’intégrité de ce pays. »

A l’inverse, à Utuoke, dans le village du candidat chrétien, où Goodluck Jonathan doit voter dans la journée, Laurence Banigo, un ingénieur de 42 ans soutenait le président sortant: « Les Nigérians qui ont pu apprécier son bon boulot devraient lui donner la chance de continuer encore pour quatre ans. »

Margaret Nwoyi, femme au foyer de 34 ans, se montrait tout aussi enthousiaste « pour le fils » du pays. Il a permis à notre communauté de se développer. (…) Nous devons le récompenser en votant massivement pour lui aujourd’hui ».

Rues désertes à Lagos

Dans la mégalopole de Lagos, d’habitude embouteillée jour et nuit, les rues étaient désertes à cause d’une interdiction pour les véhicules de circuler pendant toute la durée du vote. Des barrages de police et de soldats étaient érigés sur les grandes artères de la ville. Seuls, quelques piétons étaient visibles dans les rues.

Dans un pays où les dissensions politiques attisent souvent les tensions religieuses, le duel entre le chef de l’Etat sortant, un chrétien du Sud, et M. Buhari, un musulman du Nord, fait redouter des violences politiques.

Une myriade d’observateurs internationaux ont été déployés dans le pays pour s’assurer du bon déroulement du scrutin. L’Inec espère pouvoir éviter les fraudes électorales, un problème récurrent lors des précédentes élections, grâce à un nouveau système de lecteurs de cartes électorales électroniques, expérimenté pour la première fois. Les résultats sont attendus dans les 48 heures suivant la fermeture des bureaux de vote.

Sur le plan sécuritaire, l’armée nigériane, qui a annoncé vendredi avoir repris le fief islamiste de Gwoza, se targue d’avoir démantelé le « califat » proclamé par Boko Haram, dans le cadre d’une offensive militaire régionale, ces deux derniers mois.

Mais les victoires récentes de l’armée nigériane contre Boko Haram, avec l’aide de ses alliés régionaux, le Tchad en tête, ne permettront sans doute pas d’effacer, dans l’esprit des électeurs, le manque de réactivité du président face à la montée en puissance du groupe islamiste, dont l’insurrection, et sa répression, ont fait en six ans plus de 13.000 morts et 1,5 million de déplacés.

Même si Boko Haram est en perte de vitesse, le groupe islamiste, désormais allié à l’organisation Etat islamique, a menacé de perturber l’élection et a prouvé ces dernières semaines avoir encore la capacité de mener des attentats-suicides meurtriers.

Jeuneafrique.com

Côte d’Ivoire : retour sur l’affaire Youssoufou Bamba

mars 28, 2015

Youssouf Bamba à New-York en juin 2014.
Youssouf Bamba à New-York en juin 2014. © UN Photo/Paulo Filgueiras

Retour sur le limogeage de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire auprès des Nations unies à la suite d’un couac diplomatique entre Abidjan et Rabat.

C’est une affaire dont les protagonistes auraient sans doute préféré qu’elle ne s’ébruite pas. Et parce qu’elle a fini par coûter son poste à l’ambassadeur de Côte d’Ivoire auprès des Nations unies, Youssoufou Bamba, il est important d’en retracer la chronologie pas à pas.

Tout remonte au 13 octobre 2014. Ce jour-là, lors d’une réunion de la 4e Commission des Nations unies, un conseiller de l’ambassade de Côte d’Ivoire, François-Xavier Zabavy, parle publiquement du Sahara occidental comme du « dernier territoire non autonome d’Afrique ». Inacceptable pour les Marocains, dont la réaction ne se fait pas attendre : dès le lendemain, ils adressent une protestation officielle à la représentation ivoirienne. Mais, assure-t-on au ministère ivoirien des Affaires étrangères et à la présidence, Youssoufou Bamba n’en informe pas Ab

De multiples reproches à l’encontre de l’ambassadeur

Rabat, du coup, s’agace de l’absence de réaction des Ivoiriens et profite d’une visite du président Alassane Ouattara au Maroc, les 20 et 21 janvier 2015, pour s’en étonner. À partir de là, tout s’accélère pour Youssoufou Bamba. Mi-février, Charles Diby Koffi, le ministre ivoirien des Affaires étrangères, lui adresse, sur instructions de la présidence, une demande d’explications.

Plusieurs choses sont en fait reprochées à l’ambassadeur. Abidjan dit ne pas comprendre pourquoi, alors que rien dans son agenda officiel ne s’y opposait, Youssoufou Bamba n’a pas personnellement assisté à la fameuse réunion. « Et quand bien même, insiste une source à la présidence. S’il avait un empêchement, il aurait dû se faire remplacer par son adjoint, Bafétigué Ouattara, plutôt que par un simple conseiller. » La même source affirme que Youssoufou Bamba a lui-même rédigé le texte lu ce jour-là en séance (ce que l’intéressé dément) et que le gouvernement ivoirien le tient quoi qu’il arrive pour seul responsable du dérapage. François-Xavier Zabavy n’a d’ailleurs pas été sanctionné.

« Épargnez-moi les commentaires sur cette affaire »

Youssoufou Bamba, 66 ans, était en fin de carrière. En poste à New York depuis cinq ans, il pouvait faire valoir ses droits à la retraite depuis décembre 2013. Le chef de la diplomatie ivoirienne a un temps envisagé de lui permettre de rester en fonction jusqu’à la fin de l’année scolaire, mais Alassane Ouattara en a décidé autrement (il faut dire que la formule prononcée en octobre est également contraire à la position officielle de la Côte d’Ivoire, qui soutient le Maroc sur le sujet). D’où son limogeage, qui lui a été notifié fin février. Joint au téléphone le 17 mars à New York, où il attendait encore une mission d’inspection venue d’Abidjan, Youssoufou Bamba n’a pas souhaité répondre à nos questions. « J’ai une grosse pression, a-t-il déclaré. Pour l’amour de Dieu, épargnez-moi des commentaires sur cette affaire ! »

L’homme était un diplomate chevronné. Il avait rejoint le ministère des Affaires étrangères en 1976 grâce au soutien d’Essy Amara, son parrain. En 1992, le président Houphouët-Boigny avait élevé ce natif de Dimbokro au rang d’ambassadeur. Sept ans plus tard, toujours appuyé par Essy, il était nommé ministre délégué à la Coopération internationale par Henri Konan Bédié. Il y a quelques années toutefois, les relations entre Bamba et Essy s’étaient tendues – le second ayant pris ombrage des ambitions du premier.

Droit de réponse de l’ambassadeur Youssoufou Bamba

Suite à la publication de nos premiers articles concernant cette affaire, l’ambassadeur Youssoufou Bamba nous a fait parvenir le droit de réponse suivant :

« Votre hebdomadaire a publié, dans son numéro 2825 (1er au 7 mars 2015), en me citant nommément, des affirmations selon lesquelles j’aurais tenu au cours d’une réunion aux Nations unies en octobre 2014 des propos contraires à la position officielle de mon pays. Je rejette totalement ces affirmations, qui me mettent personnellement en cause et ne sont fondées sur aucun élément concret, pour la simple raison que je n’ai pas participé à ladite réunion. En consultant la retransmission vidéo de la 6e réunion de la 4e Commission des Nations unies tenue le 13 octobre 2014 traitant des questions de décolonisation au cours de laquelle la Côte d’Ivoire a pris la parole, ainsi que le compte rendu de ladite réunion portant la cote CPSD/558 du 13 octobre 2014, tous deux accessibles au public sur le site internet des Nations unies, il est aisé de constater que nulle part l’image et le nom de l’ambassadeur Youssoufou Joseph Bamba ne figurent dans le contexte de cette réunion. »

Précisions de Jeune Afrique

Il est exact que les propos concernant le Sahara occidental n’ont pas été prononcés par M. Bamba, mais par l’un de ses conseillers relevant de son autorité, lequel avait, selon nos sources, lu un texte rédigé par l’ambassadeur lui-même – ce dont ce dernier se défend, précisant qu’il n’a pas été en mesure d’en « superviser » le contenu. o Il est en revanche inexact de laisser croire, ainsi que l’ont répété M. Bamba et son avocat, Me Canal-Forgues, que c’est la publication de cet incident dans J.A. qui est à l’origine du limogeage de l’ambassadeur. Comme le démontre notre article, l’enquête interne concernant sa responsabilité dans cette affaire a été ouverte bien avant – ce que M. Bamba n’ignore pas.

Jeuneafrique.com par Baudelaire Mieu, à Abidjan


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