RDC-Rwanda : les chimères de la « balkanisation»

janvier 20, 2020

Des soldats congolais près de Goma, dans l'est de la RDC, le 25 octobre 2013 (illustration).

Des soldats congolais près de Goma, dans l’est de la RDC, le 25 octobre 2013 (illustration). © Kay Joseph/AP/Sipa

 

La vieille rengaine de la « balkanisation » a repris de plus belle depuis l’élection de Félix Tshisekedi, brandie par une opposition congolaise qui n’a aucun intérêt à ce que la paix revienne en RDC et qui attise la haine contre les Rwandais et les Congolais d’expression rwandaise. Une imposture pure et simple.

On croirait presque regarder un documentaire sur les guerres du XXème siècle dans les Balkans, montrant l’émiettement géographique de cette péninsule, jadis unifiée par l’empire Ottoman, en une myriade d’États. À la différence que la scène se passe dans les rues de Kinshasa en 2020 et que les manifestants ne sont ni Hongrois ni Turcs mais Congolais, et scandent : « Non à la balkanisation de la RDC ! »

Dans la région des Grands Lacs, le terme de « balkanisation » apparaît à la fin des années 1990, à l’époque des invasions de l’ex-Zaïre par le Rwanda et l’Ouganda. Les Zaïrois craignent alors que leurs deux voisins ne reprennent les territoires qui leur avaient autrefois appartenu avant le partage de l’Afrique. Il n’en sera rien.

Le concept refait surface après l’installation de Joseph Kabila au pouvoir, en 2001. Ses détracteurs l’accusent de dissimuler des origines rwandaises et d’être partie prenante à un grand complot international dont l’objectif serait de morceler l’État-continent tout en le dépossédant de ses provinces orientales, riches en minerais, au profit du Rwanda.

La récente accession au pouvoir de Félix Tshisekedi n’a apparemment rien arrangé. La vieille rengaine a repris de plus belle, alimentée cette fois par la coalition Lamuka, du candidat malheureux Martin Fayulu, officiellement arrivé second du scrutin présidentiel, mais aussi par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui avait présenté ce dernier comme le véritable vainqueur de l’élection. Lamuka, tout comme la Cenco, n’a pas digéré la défaite électorale de Fayulu.

Attiser la haine

De son côté, à peine élu, le président Félix Tshisekedi s’est efforcé de normaliser les relations avec le Rwanda, avant de déployer un important effectif des forces armées congolaises à l’est de la RDC pour combattre les groupes armés qui y sévissent. Les FARDC y ont enregistré certains succès, reprenant le contrôle de territoires jusque-là gangrenés par ces milices. De sorte que si projet de balkanisation il y a avait, les risques qu’il se concrétise tendent désormais vers zéro.

Cette opposition préfère attiser la haine contre les Rwandais et les Congolais d’expression rwandaise afin de saper les efforts de rapprochement entre le Rwanda et la RDC

Mais l’opposition n’a aucun intérêt à ce que la paix revienne en RDC. Ces 25 dernières années, le climat d’insécurité dans l’est du pays a permis aux seigneurs de guerre de s’enrichir et de faire carrière dans la politique ou dans l’armée. L’ADF-Nalu, par exemple, que l’on croyait être une milice ougandaise, s’est avérée être un groupe autochtone nandé financé par un politicien déchu de l’ère Kabila, Mbusa Nyamwisi, qui vit actuellement en Ouganda.

Alors que la RDC est en passe de sortir d’un chaos qui aura duré plus de vingt ans, notamment grâce à une bonne coopération avec ses voisins de l’Est, cette opposition préfère attiser la haine contre les Rwandais – sous-entendu : les Tutsi – et contre les Congolais d’expression rwandaise, afin de saper les efforts de rapprochement entre le Rwanda et la RDC.

Imposture

Le drame est que la théorie de balkanisation est une accusation en miroir. Pendant que l’actuel coordonnateur de la plateforme d’opposition Lamuka et ancien Premier ministre Adolphe Muzito déclare ouvertement son intention d’attaquer le Rwanda et de l’annexer si possible, la même opposition accuse le Rwanda de nourrir une ambition de « balkanisation ». Alors qu’ils accusaient Joseph Kabila à l’époque, puis Félix Tshisekedi à présent de coopérer avec le Rwanda, eux-mêmes avaient collaboré avec Kigali par le passé. Une imposture pure et simple.

De plus, à l’ère de la Zone de libre-échange de l’Union africaine, et alors que la RDC vient de demander à intégrer l’East African Community (EAC), la perspective d’annexion de territoires étrangers apparaît totalement farfelue.

Au lieu de proposer des solutions aux problèmes réels auxquels font face les Congolais, c’est-à-dire le chômage, le manque d’industrialisation ou la dégradation des infrastructures – autant de carences pouvant pousser une jeunesse désœuvrée à basculer dans la délinquance ou à s’enrôler dans les rangs les milices armées – l’opposition congolaise préfère pourtant échauffer les esprits de ses concitoyens autour de vieilles chimères.

Fustiger le Rwanda ou tout autre pays de la région n’améliore pas la productivité, cela ne crée pas d’emploi ni n’apportera la prospérité. Ceux qui parlent de balkanisation ne se sont visiblement jamais rendus à la frontière entre le Rwanda et la RDC, l’une des plus fréquentées au monde, pas plus qu’ils n’ont écouté le témoignage des vendeuses qui la traversent plusieurs fois par jour pour gagner leur vie.

La vraie richesse du Congo, c’est son peuple. Partout en Afrique, les ressources naturelles ne profitent qu’aux multinationales qui les exploitent et à quelques dirigeants, qui en reçoivent des miettes ainsi que des garanties de protection de leur régime. Avec Félix Tshisekedi, la RDC a une chance de devenir une nation pacifiée, qui va de l’avant. Mais cela doit passer par l’inclusion des diverses communautés qui constituent sa véritable richesse.

Désigner le Rwanda à la vindicte en le faisant passer pour l’ennemi commun est une lubie certes fédératrice mais aussi vaine qu’éphémère.

Par Gatete Nyiringabo, avocat rwandais spécialisé dans les droits de l’homme. Il est également blogueur.

France: Mohammed Moussaoui élu à la tête du Conseil français du culte musulman

janvier 19, 2020

Le Franco-Marocain était le seul candidat en lice. Il a été élu pour deux ans avec 60 des 87 membres du conseil d’administration ont voté «pour».

A 55 ans, Mohammed Moussaoui était déjà président du CFCM de 2008 à 2013.
A 55 ans, Mohammed Moussaoui était déjà président du CFCM de 2008 à 2013. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Le Franco-Marocain Mohammed Moussaoui a été élu dimanche à la tête du Conseil français du culte musulman (CFCM), principal interlocuteur du pouvoir public pour les cinq à six millions de musulmans pratiquants en France, avec la promesse de répondre au souhait du président Emmanuel Macron de lutter contre le radicalisme.

Mohammed Moussaoui, Franco-Marocain de 55 ans, déjà président du CFCM de 2008 à 2013 et seul candidat en lice, a été élu pour deux ans avec 60 voix «pour» par le conseil d’administration, qui comprend 87 membres. Il était le seul candidat après le retrait samedi de la candidature de Chems-Eddine Hafiz, tout juste élu nouveau recteur de la Grande Mosquée de Paris (GMP, proche de l’Algérie), et qui avait appelé à soutenir Mohammed Moussaoui, après la démission de Dalil Boubakeur. «Il y avait une bonne volonté de toutes les composantes de partir sur une liste commune et consensuelle (…) Cela a permis une composition du bureau qui j’espère va pouvoir affronter les défis qui sont les nôtres», a déclaré Moussaoui le nouveau président à la presse.

Les deux vice-présidents sont Chems-Eddine Hafiz et Ibrahim Alci (fédération CCMTF, proche de la Turquie). Ils seront respectivement présidents en 2022 et en 2024.

Souvent critiqué pour son manque de représentativité et de résultats, marqué par les querelles entre fédérations restées proches des pays d’origine des communautés (Maroc, Algérie, Turquie…), le CFCM, créé en 2003, est cependant le principal interlocuteur des pouvoirs publics sur le culte musulman L’islam est la deuxième religion en France, avec cinq à six millions de pratiquants. Emmanuel Macron, qui a plusieurs fois regretté la persistance de cet «islam consulaire» (sous l’influence des pays étrangers), entend mieux encadrer le culte musulman, en garantissant plus de transparence dans son financement. L’exécutif doit faire des propositions en février à ce sujet.

Le CFCM est surtout très attendu sur le renforcement de la lutte contre la radicalisation. Fin octobre, après l’attaque à la préfecture de Paris et en pleine polémique sur le port du voile, le chef de l’Etat avait appelé le CFCM à «un changement de rythme pour qu’il combatte, au côté de l’Etat, le communautarisme et l’islamisme». Mohammed Moussaoui a promis de mettre en place un Observatoire contre le radicalisme et de travailler sur la formation initiale et continue des imams et aumôniers.

Par Le Figaro avec AFP

France: Des églises de l’agglomération de Bordeaux cibles de tags injurieux

janvier 19, 2020

Une demi-douzaine d’églises ont été la cibles de tags injurieux envers l’Eglise dans la nuit de samedi à dimanche.

Une demi-douzaine d’églises de Bordeaux et de son agglomération ont été la cibles de tags injurieux envers l’Eglise, dans la nuit de samedi 18 à dimanche 19 janvier, des inscriptions sans doute liées à l’actualité.

Au moins cinq églises à Bordeaux, et une à Talence, ont été visées par ces graffitis insultants, découverts dimanche matin sur le portail ou sur les murs, et «sans doute de la même main», a indiqué le diocèse de Bordeaux.

Certains tags faisaient référence à la pédophilie, ou «de manière opportuniste» se voulaient «vraisemblablement liés à l’actualité», que ce soit le procès de l’ex-père Preynat ou les manifestations anti-PMA de dimanche à Paris, a estimé un porte-parole du diocèse.

Le vicaire général, le père Samuel Volta a dit le diocèse «attristé pour le sens du vivre-ensemble», et la communauté catholique «meurtrie par ces comportements, qui sont à l’opposé de la paix que nous recherchons pour notre ville».

Le maire LR de Bordeaux Nicolas Florian a, dans un tweet, «condamné ces actes avec la plus grande fermeté».

Le maire centriste de Talence Emmanuel Sallaberry a dénoncé des actes «odieux et méprisants». Tous deux ont indiqué qu’une plainte était ou allait être déposée. Les tags étaient en cours d’effacement, dimanche après-midi, par des entreprises de nettoyage.

Par Le Figaro avec AFP

Les boîtes noires du Boeing abattu en Iran seront envoyées en Ukraine

janvier 18, 2020

Les deux boîtes noires du Boeing d’Ukraine Airlines abattu par un missile le 8 janvier près de Téhéran seront envoyées en Ukraine, rapporte samedi l’agence de presse iranienne Tasnim.

Les autorités iraniennes sont également d’accord pour que des experts français, canadien et américain examinent les données contenues dans ces enregistreurs, ajoute l’agence.

L’Iran dit avoir abattu par erreur cet avion de ligne ukrainien à bord duquel se trouvaient 176 personnes, toutes décédées.

«Grâce au savoir-faire de pays comme la France, le Canada et l’Amérique, nous essaierons de lire (l’enregistreur de données) à Kiev», a déclaré à l’agence Tasnim le directeur des enquêtes accident de l’Organisation de l’aviation civile iranienne, Hassan Rezaifar. «Si cette tentative échoue, la boîte noire sera envoyée en France», a-t-il ajouté.

Les deux enregistreurs de voix et de données ne seront pas décodés en Iran, a encore déclaré Hassan Rezaifar.

Consensus

Un porte-parole du Bureau d’enquêtes et analyses (BEA) français a indiqué que les discussions étaient toujours en cours entre l’Iran, l’Ukraine, la France, le Canada et les Etats-Unis.

«On ne nous a pas demandé officiellement de nous occuper des boites d’enregistrement», a-t-il dit.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau, dont le pays comptait 57 ressortissants à bord, avait demandé vendredi à l’Iran d’envoyer les enregistreurs de vol en France.

«L’Iran n’a pas le niveau d’expertise technique ni surtout les équipements nécessaires pour être en mesure d’analyser rapidement ces boîtes noires endommagées», a dit Justin Trudeau. «Il y a un début de consensus sur le fait que (…) (la France) serait le bon endroit où envoyer ces boîtes noires afin d’en tirer des informations exactes de manière rapide et c’est ce que nous encourageons les autorités iraniennes à accepter», a-t-il ajouté.

Par Le Figaro avec Reuters

Présidentielle au Togo : sept candidats retenus par la Cour constitutionnelle

janvier 18, 2020

Vote dans un bureau de Lomé, en 2015 (photo d'illustration).

Vote dans un bureau de Lomé, en 2015 (photo d’illustration). © Erick Kaglan/AP/SIPA

 

La Cour constitutionnelle a publié sa décision vendredi et retenu sept candidats sur les dix enregistrés par la commission électorale, parmi lesquels le président Faure Gnassingbé, en lice pour un quatrième mandat.

Parmi les autres candidats, figurent Jean-Pierre Fabre, chef de file historique de l’opposition et président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), et l’ancien Premier ministre et président du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD), Kodjo Agbéyomé.

La Commission électorale nationale indépendante (Céni) avait enregistré le 8 janvier, les dossiers de dix personnalités.

La Cour constitutionnelle a rejeté les dossiers de deux candidats, pour « insuffisance du nombre de signatures d’électeurs » en leur faveur.

Le troisième (indépendant) avait entre temps décidé de retirer sa candidature.

Révision constitutionnelle

La campagne électorale pour cette présidentielle doit démarrer le 6 février et prendre fin le 20 février. Environ 10.000 gendarmes et policiers membres d’une « Force sécurité élection présidentielle » (FOSEP) seront déployés à travers le pays en vue de sécuriser le scrutin, selon les autorités.

L’actuel président Faure Gnabssingbé, au pouvoir depuis 2005, a été réélu en 2010 et en 2015 au terme de scrutins contestés.

En mai 2019, les députés ont voté une révision constitutionnelle qui permet non seulement au président Gnassingbé de se représenter en 2020 et 2025, mais aussi de bénéficier d’une immunité à vie « pour les actes posés pendant les mandats présidentiels ».

Par Jeuneafrique.com

 

Canada-Québec: Maman Dion est décédée à 92 ans

janvier 18, 2020

Thérèse Dion, mieux connue sous le nom de maman Dion, s’est éteinte à l’âge de 92 ans, dans la nuit de jeudi à vendredi, entourée de sa famille. Elle avait souffert de nombreux problèmes de santé au cours des derniers mois.

Elle était la mère de 14 enfants, dont deux ont fait carrière dans la chanson : Claudette Dion et sa plus jeune fille, la célèbre Céline Dion. Personnalité publique et animatrice de télévision, cette femme généreuse avait su se tailler une place de choix dans le cœur des Québécois et des Québécoises.

Née Thérèse Tanguay le 20 mars 1927, c’est dans les années 1940, alors qu’elle résidait à La Tuque avec ses parents, qu’elle a fait la connaissance d’Adhémar Dion. Le couple est tombé amoureux et s’est marié, mais a vécu quelques années difficiles, puisque Adhémar insistait sur le fait qu’il ne souhaitait pas avoir d’enfants. Il a finalement changé d’idée, et le couple en a eu 14.

La famille s’est installée à Charlemagne, dans Lanaudière, dans les années 1950. Sans surprise, la musique a occupé une place de choix chez les Dion. Thérèse Dion jouait du violon, et Adhémar, de l’accordéon. Et tout le monde chantait, bien entendu.

Thérèse Dion a d’ailleurs joué un rôle important dans la carrière de Céline. Aidée par son fils Jacques, Thérèse Dion a composé Ce n’était qu’un rêve, la chanson qui allait devenir le premier succès de la diva de Charlemagne, alors âgée de 12 ans.

L’enregistrement sur cassette avait été envoyé à René Angélil, qui est alors devenu l’imprésario de Céline Dion, puis son mari et le père de ses trois enfants, René-Charles, Eddy et Nelson.

Thérèse Tanguay Dion et Céline Dion souriant devant un écran noir.

Thérèse Tanguay Dion en compagnie de sa fille, la chanteuse Céline Dion.

Photo : Instagram / celinedion

Céline Dion va d’ailleurs toujours donner son concert vendredi soir à Miami, au programme de sa tournée internationale Courage. Sur Twitter, la chanteuse a écrit un hommage à sa mère. Maman, nous t’aimons tellement… Nous te dédions le spectacle de ce soir et je chanterai pour toi avec tout mon cœur.

Le spectacle commencera comme prévu à 19 h 30.

 

Alors que le succès de Céline Dion était assuré, Thérèse Dion s’est lancée dans la commercialisation, en1990, des pâtés Maman Dion, inspirés du plat favori d’Adhémar. Ce nouveau produit lui a valu une invitation sur le plateau du Point J, émission animée par Julie Snyder, ce qui l’a ensuite menée vers une nouvelle carrière à la télévision.

C’est ainsi qu’en compagnie d’Éric Salvail, elle a coanimé l’émission culinaire Maman Dion pendant deux saisons, de 1999 à 2001. Puis, pendant deux autres années, c’est à la barre du Brunch de maman Dion qu’on a pu la voir accueillir, chaque émission, une personnalité avec qui elle concoctait des recettes.

En 2005, Thérèse Dion avait créé sa propre fondation au profit de l’éducation des enfants défavorisés, la Fondation maman Dion.

Mes parents m’ont élevée comme ça, aider les gens moins chanceux dans la vie. Quand je suis retournée sur le marché du travail, je prenais aussi des sous pour acheter des provisions pour les pauvres, avait-elle raconté à La Presse canadienne en 2009.

En 2015, le gouverneur général du Canada de l’époque, David Johnston, lui a remis la Médaille du service méritoire, division civile, reconnaissant son œuvre au sein de la fondation.

Le 5 mai 2019, elle a reçu la médaille de l’Assemblée nationale des mains de Marguerite Blais.

Une femme forte

Thérèse Dion a toujours eu la volonté d’être aux commandes de sa vie, d’après l’auteur Georges-Hébert Germain, qui avait écrit sa biographie, La vie est un beau voyage, parue en 2006. Elle est née avec cette énergie, cette intelligence, cette force, avait-il dit à l’époque, en entrevue avec Christiane Charrette.

Lors de cette entrevue, Thérèse Dion, qui approchait alors les 80 ans, avait dit qu’elle n’arrivait pas à ralentir le rythme, malgré l’âge. J’essaie, mais je ne suis pas capable, avait-elle affirmé. Quand tu veux garder ta tête, tu travailles avec. Avec humour, elle avait illustré de quelle manière elle était toujours prête à partir. Il y a des fois, je pars tellement vite que les deux chaussures restent là, pis j’pars, pieds nus, avait-elle dit en riant.

Elle avait aussi expliqué d’où venait son besoin de dégager une aura de femme forte. Chez nous, il ne fallait pas pleurer pour rien. Il fallait travailler là-dessus. […] Quand je pleure, c’est dans la salle de bain ou bien dans ma chambre. Je ne veux pas montrer mes faiblesses devant les autres, devant mes enfants surtout. Pour montrer l’exemple.

Julie Snyder, productrice de l’émission Maman Dion et amie de Céline Dion, a rendu hommage à Thérèse Dion, sur les ondes de RDI.

C’est une femme qui, malgré sa famille modeste, avait quand même de l’envergure, une vision et une ambition que peu de Québécoises et de Québécois ont eues. Elle a eu la vision de voir sa fille réussir aussi bien que les grands de ce monde. Elle a été la première manager de Céline Dion, et ça, René Angélil le reconnaissait lui-même.

Julie Snyder, animatrice et productrice de télévision
Avec les informations de La Presse canadienne

Transition franc CFA-eco : derrière la contestation des anglophones, une querelle ivoiro-nigériane

janvier 17, 2020

Muhammadu Buhari et Alassane Ouattara

Muhammadu Buhari et Alassane Ouattara ©

 

La mise en place annoncée fin décembre par Alassane Ouattara d’un « eco-UEMOA », indexé sur l’euro et garanti par la France, est vue par les pays d’Afrique de l’Ouest hors zone CFA comme un parasitage de l’instauration de « l’eco-Cedeao », monnaie unique flexible que les États d’Afrique de l’Ouest ont prévu d’adopter en 2020.

C’est une gifle que viennent d’infliger à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et au président ivoirien Ouattara les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales de Gambie, du Ghana, de Guinée, du Liberia, du Nigeria et de la Sierra Leone réunis en Conseil de convergence de la Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO).

Dans un communiqué publié le 16 janvier à l’issue de leur réunion extraordinaire à Abuja (Nigeria), ils commencent par « féliciter l’UEMOA pour sa décision de se départir du franc CFA, mais prennent note avec préoccupation de la déclaration du président de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement [le président Ouattara] de l’UEMOA, le 21 décembre 2019, de renommer unilatéralement le franc CFA « eco », d’ici 2020 ».

Ils soulignent ensuite que « cette décision n’est pas conforme avec la décision de la Conférence d’État et de gouvernement de la Cedeao (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest) d’adopter « l’eco comme nom d’une monnaie unique indépendante de la Cedeao ». Ils recommandent « qu’un sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement membres se réunisse prochainement pour examiner en profondeur cette question ».

  • Que reprochent les signataires de la ZMAO à « l’eco-UEMOA » ?

Ils estiment que l’eco annoncé par le président Ouattara n’est qu’un avatar du franc CFA, parce que celui-ci demeure adossé à l’euro, que son taux de change est garanti par la France et qu’il n’est pas flexible comme le stipulait les documents préparatoires présentés en juin à Abidjan.

  • S’agit-il d’un affrontement francophones / anglophones ?

Il ne semble pas. En effet, le 29 décembre, le président ghanéen Nana Akufo-Addo avait applaudi la transformation du franc CFA en eco, en déclarant être « déterminé à faire tout ce que nous pouvons pour rejoindre les membres de l’UEMOA dans l’utilisation de l’eco, car cela aidera à éliminer les barrières commerciales et monétaires ».

Il souhaitait seulement que l’eco adopte un taux de change flexible. La volte-face du Ghana, qui a signé le texte, s’explique par des considérations politiques et non économiques et monétaires.

Les signataires s’inquiètent notamment du leadership pris par la Côte d’Ivoire et son président Alassane Ouattara dans cette affaire, d’autant plus qu’ils ne savent pas si celui-ci sera toujours au pouvoir après la prochaine élection présidentielle du 31 octobre.

  • La Cedeao, moins intégrée que l’UEMOA

Une partie du problème soulevé par la naissance de « l’eco-UEMOA » tient à la différence d’intégration entre l’UEMOA (8 membres, une seule monnaie, deux langues dont le français pour sept de ses membres et une Banque centrale commune) et la Cedeao (15 membres, huit monnaies, trois langues et pas de Banque centrale commune).

La seconde est en retard par rapport à la première, alors qu’elle a vocation à l’absorber un jour. Certains pays de l’Union ont eu envie d’accélérer le pas après trente ans de piétinement monétaire et de se débarrasser par la même occasion du fardeau politique du CFA.

Mais la transformation du franc CFA en eco suscite les critiques des autres membres de la Communauté, car elle constitue une préemption sur la future monnaie commune et ne respecte pas les principes adoptés en juillet par les Quinze, à savoir la flexibilité du taux de change, la centralisation partielle des réserves de change et la fédéralisation de la future Banque centrale.

  • La colère du Nigeria

C’est le Nigeria qui a mené la charge contre les annonces du président Ouattara. Avec ses 200 millions d’habitants, le pays pèse 70 % du produit intérieur brut de la Cedeao et est le premier contributeur au budget de la Cedeao, ce qui lui confère le rôle de pilote de la Communauté.

Il verrait bien sa monnaie, le naira, peser lourdement dans la monnaie commune et unique que sera l’eco. Mais Alassane Ouattara lui a damé le pion en transformant le franc CFA en « eco-UEMOA ».

Le handicap du Nigeria est qu’il fait figure de frein et pas de moteur d’intégration. Extrêmement protectionniste, il est hostile à l’adhésion du Maroc à la Communauté, a imposé depuis le 20 août 2019 un embargo strict aux produits en provenance de ses voisins béninois et nigériens, a cherché à monopoliser les postes au sein de la Commission de la Cedeao et a traîné les pieds pour adhérer à la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca).

  • La crise peut-elle dégénérer ?

Un spécialiste des questions monétaires, contacté par Jeune Afrique, ne l’envisage pas : « La mise en place de l’eco va durer tellement longtemps, compte tenu de la complexité d’une monnaie commune et des critères de convergence requis pour en faire partie, que les partenaires auront le temps de se mettre progressivement d’accord, de palabres en palabres ».

Il existe pourtant un risque, ajoute-t-il, à savoir « que la réaction des anglophones trouve un écho parmi les chefs d’État et de gouvernement de l’UEMOA qui ne sont pas vraiment convaincus par l’eco tel qu’il a été présenté par Ouattara ». Le président béninois, Patrice Talon a par exemple témoigné plus d’empressement dans ses prises de distance avec le franc CFA. Une crise de la zone monétaire de l’Union serait potentiellement grave pour la région.

Jeuneafrique.com par Alain Faujas

 

États-Unis/Iran: Trump appelle le guide suprême d’Iran à «faire attention à ses mots»

janvier 17, 2020

Le président américain Donald Trump a appelé vendredi l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de l’Iran, à surveiller son langage après un sermon dans lequel il dénonçait les «clowns américains» qui mentent selon lui de la façon «la plus vicieuse» qui soit.

«Le soi-disant “Guide suprême” d’Iran, qui n’est plus très suprême ces derniers temps, a dit des choses méchantes concernant les États-Unis et l’Europe», a tweeté Donald Trump. «Leur économie s’effondre et leur peuple souffre. Il devrait faire très attention à ses mots!», a-t-il ajouté.

Khamenei, qui a conduit la prière du vendredi pour la première fois en huit ans, a déploré le comportement des Etats européens dans le cadre de l’accord de 2015 sur le programme nucléaire iranien et s’est réjoui que l’Iran ait pu infliger un «revers» aux États-Unis en frappant des bases militaires irakiennes abritant des troupes américaines.

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis: Cinq femmes et sept hommes choisis pour juger Harvey Weinstein

janvier 17, 2020

La composition du jury qui décidera du sort du producteur déchu Harvey Weinstein, accusé d’agression sexuelle et de viol, a été finalisée vendredi, avec cinq femmes et sept hommes sélectionnés dans une atmosphère tendue. A l’issue de deux semaines d’audience au tribunal de Manhattan, qui auront vu passer près de 700 personnes convoquées, le juge d’Etat James Burke a validé les 12 jurés – secondés par trois suppléants – qui décideront de l’issue de ce procès emblématique du mouvement #MeToo.

Le processus de sélection s’est nettement accéléré après que la défense a épuisé les 20 récusations péremptoires (sans justification obligatoire) qui lui étaient allouées. La procureure Joan Illuzzi-Orbon s’est plainte au juge, à plusieurs reprises, que la défense cherchait à écarter systématiquement les jeunes femmes blanches du jury. L’un des avocats de l’accusé, Arthur Aidala, a notamment demandé la mise à l’écart d’une jurée potentielle qui, à 26 ans, était selon lui trop jeune pour appréhender le contexte du dossier.

«Beaucoup des nuances de cette affaire sont liées à la façon dont le monde tournait dans les années 90», a-t-il expliqué, en référence aux accusations visant Harvey Weinstein qui remontent à cette époque. Le choix des deux derniers jurés a déclenché une mini-polémique: la défense a accusé une femme d’avoir omis de mentionner qu’elle allait publier, cet été, un roman qui évoque l’histoire de jeunes femmes cibles de prédateurs sexuels. Le juge l’a tout de même retenue parmi les 12 jurés.

Une «décision aberrante», a indiqué après l’audience aux journalistes l’avocate d’Harvey Weinstein, Donna Rotunno. Dans la foulée, la défense a déposé un recours en annulation du procès, mettant en avant les «incohérences et les mensonges» de cette jurée. Accusé de harcèlement ou d’agression sexuelle par plus de 80 femmes, Harvey Weinstein, ne sera cependant jugé à New York que pour deux faits présumés, une agression sexuelle et un viol.

L’ex-producteur de 67 ans risque la perpétuité en cas de condamnation. Ce procès ultra-médiatisé doit entrer dans le vif du sujet mercredi prochain avec les plaidoiries d’ouverture, et se terminer le 6 mars.

Par Le Figaro.fr avec AFP

États-Unis: Trump s’attaque au programme de Michelle Obama pour les cantines scolaires

janvier 17, 2020
Pizzas et frites pourraient reprendre toute leur place dans les cantines scolaires américaines, l’administration Trump voulant de nouveau revenir sur le programme initié par Michelle Obama pour promouvoir des repas plus sains dans les écoles. Le ministre américain de l’Agriculture Sonny Perdue a présenté vendredi une proposition de réforme fédérale pour «assouplir» le programme de l’ex-Première dame, qui fête ce même jour son 56e anniversaire.

Partant du constat que les élèves jettent la nourriture qui leur est proposée si elle n’est pas «appétissante», il propose par exemple non de rayer les légumes du menu, mais de les présenter sous forme de frites. «Les écoles et académies scolaires nous disent qu’il y a encore trop de gaspillage alimentaire et qu’une plus grande flexibilité de bon sens est nécessaire pour fournir aux élèves des repas nutritifs et appétissants», justifie le ministre dans un communiqué. Il propose ainsi, entre autres, d’offrir à 100.000 écoles et 30 millions d’élèves «plus de variétés de légumes», ainsi que des «menus à la carte».

Les organisations liées à la santé sont immédiatement montées au créneau. «L’administration Trump poursuit son assaut sur la santé des enfants sous le prétexte de ‘simplifier’ les menus scolaires», a dénoncé dans un communiqué le responsable juridique du Centre pour la science dans l’intérêt public, Colin Schwartz. Cela «(permettra) aux enfants de choisir des pizzas, hamburgers, frites, et autre nourriture riche en calories, saturée en graisses, au lieu d’avoir des menus scolaires équilibrés chaque jour», a-t-il alerté.

Pour beaucoup d’écoliers des quartiers pauvres, il s’agit du seul repas possiblement équilibré de la journée. «Il ne s’agit pas seulement de ce qu’il y a dans l’assiette, mais également de la manière dont c’est préparé», a également regretté Nancy Roman, présidente du Partenariat pour une Amérique en meilleure santé, citée dans le Washington Post. «Les jeunes enfants ont particulièrement besoin d’être exposés aux fruits et légumes non transformés, faciles à manger», a-t-elle ajouté.

L’initiative de Michelle Obama, adoptée en 2012, avait été jugée cruciale pour lutter contre l’obésité infantile, dans un pays où près d’un enfant ou adolescent sur cinq est en surpoids. Elle mettait des restrictions sur les quantités de sel et les laits sucrés et imposait d’augmenter les céréales complètes dans les repas scolaires. Elle avait déjà été affaiblie par une première règlementation votée en 2018 par l’administration Trump.

Par Le Figaro avec AFP