CAN : stades déserts, bagarre, mauvais hymne… Les petites et grosses polémiques de la compétition

janvier 19, 2022
La sélection mauritanienne, au stade de Limbe, le 12 janvier 2022. © Issouf Sanogo/AFP

Comme chaque grande compétition, la CAN connaît quelques couacs. Alors que la première phase ne touche à sa fin, retour sur les principaux « bad buzz » de cette 33e édition, qui se tient au Cameroun.

Hormis l’affaire de l’arbitre zambien Janny Sikazwe, déjà évoquée dans ces colonnes, d’autres couacs ont émaillé la compétition phare du football africain. Des stades longtemps vides, des pelouses qui se dégradent rapidement, l’hymne mauritanien diffusé lors d’un match qui n’était pas le bon, des échauffourées à l’issue de la rencontre entre le Ghana et le Gabon (1-1)… Retour sur les quelques incidents qui ont marqué le premier tour de la compétition.

Mauritanie : l’hymne n’était pas le bon

Était-ce un signe ? La deuxième participation de la Mauritanie à une phase finale de la CAN risque, comme en 2019, de s’achever au premier tour après les deux défaites du pays face à la Gambie (0-1) et à la Tunisie (0-4). Avant leur premier match face aux Scorpions gambiens à Limbe, le 12 janvier, les Mourabitounes n’ont jamais pu entendre leur hymne national. Quelques notes de musique ont retenti pendant quelques secondes, avant d’être brutalement interrompues. Les joueurs mauritaniens, d’abord perplexes, n’ont pas eu plus de chance lors de la deuxième tentative.

Le speaker du stade s’est alors excusé platement, promettant la diffusion rapide de l’hymne. Après une longue minute d’attente, les mêmes notes de l’ancien hymne mauritanien (en vigueur de 1960 à 2017) ont résonné brièvement avant que les organisateurs, sans doute par souci d’éviter le running-gag, ont renoncé, et diffusé le (bon) hymne gambien. La CAF a ensuite expliqué qu’« un problème technique avait empêché l’ingénieur du son d’accéder au fichier audio correspondant. »

Stades désertés

En 2019, lors de la CAN en Égypte, trop de matchs s’étaient déroulés devant des tribunes largement dégarnies. Le problème s’est répété au Cameroun, au moins durant les premiers jours. Aucun stade n’a fait le plein, pas même celui d’Olembé pour le match d’ouverture opposant le Cameroun au Burkina Faso (2-1), le 9 janvier. Celui entre le Maroc et le Ghana, programmé le 10 janvier au stade Amadou-Ahidjo, à Yaoundé, n’a attiré tout au plus que 1 500 spectateurs, alors qu’il peut en accueillir 42 500.

Les raisons de cette désaffection massive sont multiples. Le prix des places (de 4 à 31 euros) est jugé trop élevé. Par ailleurs, le protocole sanitaire très strict qu’ont imposé la Confédération africaine de football (CAF) et l’État camerounais pour lutter contre les risques de propagation du Covid-19, dans un pays où environ 6% de la population serait vaccinée, n’a pas favorisé la fréquentation des stades, puisque toute personne souhaitant assister à un match doit présenter un passe vaccinal et un test PCR datant de moins de 48 heures.

Le gouvernement a donc décidé, non pas d’assouplir les règles, mais de modifier les horaires des activités scolaires, académiques et professionnelles, qui s’achèveront au plus tard à 14 heures. Une décision prise par Paul Biya, le chef de l’État, « pour permettre aux Camerounais de prendre une part active à cet événement continental d’envergure. » Depuis, les enceintes sont beaucoup plus garnies et vivantes…

À Douala, gazon pourri

Le stade Japoma de Douala est récent, sa pelouse est toute fraîche, mais elle ne ressemble déjà à plus grand-chose, alors que seulement quatre matchs y ont été disputés. De la teinture verte a beau avoir été appliquée sur l’aire de jeu pour cacher la misère, le résultat est là : la pelouse se détériore à vue d’œil, ce qui ne favorise pas les équipes qui essaient de développer un beau jeu.

Djamel Belmadi, le sélectionneur de l’Algérie, y a fait allusion, mais sans pour autant en faire une circonstance atténuante expliquant les piètres performances de ses joueurs face à la Sierra Leone (0-0) et la Guinée Équatoriale (0-1). Son équipe devait affronter les Équato-Guinéens sur un terrain déjà bien abimé après la rencontre entre la Côte d’Ivoire et la Sierra Leone (2-2), qui s’était achevée une heure plus tôt.

C’est dans le Stade Japoma qu’aura lieu le choc décisif entre les Fennecs et les Éléphants, le 20 janvier. Patrice Beaumelle, le coach français des Ivoiriens, a bien tenté de nuancer les nombreuses critiques, en affirmant que la pelouse « est plus que correcte » et qu’ « on a vu pire lors de certaines CAN ». Certes, mais pas sûr que cet argument suffise à atténuer un sentiment quasi-général…

Bagarre générale entre le Gabon et le Ghana

Le match entre le Ghana et le Gabon, le 14 janvier à Yaoundé, s’est terminé par une bagarre générale. Les Black Stars, qui menaient depuis la 18e minute grâce à un but d’André Ayew, ont été rejoints au score dans les dernières secondes après l’égalisation de Jim Allevinah. Alors que les Gabonais manifestaient leur joie, certains joueurs ghanéens ont disjoncté, notamment Benjamin Tetteh, auteur de plusieurs coups.

Le Ghana n’a pas digéré l’attitude des Gabonais, qui n’avaient pas rendu à leurs adversaires un ballon que ceux-ci avaient mis en touche volontairement après la blessure de l’un des leurs. André Ayew a parlé d’un comportement « très petit, une marque de petits joueurs ». La CAF, de son côté, a décidé de suspendre Tetteh pour trois matchs, et d’adresser un avertissement aux deux équipes pour « comportement antisportif. »

Avec l’élimination du Ghana et la qualification du Gabon, il n’y a heureusement plus aucun risque pour que les deux équipes se retrouvent lors des tours à élimination directe.

Avec Jeune Afrique par Alexis Billebault

Gaspard Ulliel est mort des suites d’un accident de ski

janvier 19, 2022

L’acteur, âgé de 37 ans, avait été transporté par hélicoptère au CHU de Grenoble, mardi après-midi, après être entré en collision avec un autre skieur.

Gaspard Ulliel, lors du 17e Festival international du film de Marrakech, le 8 décembre 2018.
Gaspard Ulliel, lors du 17e Festival international du film de Marrakech, le 8 décembre 2018. MOSA’AB ELSHAMY / AP

L’acteur français Gaspard Ulliel est mort, mercredi 19 janvier, des suites d’un accident de ski survenu la veille à La Rosière (Savoie), a annoncé sa famille dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse (AFP) par son agent. Il avait 37 ans.

Mardi, peu avant 16 heures, Gaspard Ulliel avait été transporté par hélicoptère au centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble après être entré en collision avec un autre skieur au croisement de deux pistes bleues, selon une porte-parole de la station. Selon la gendarmerie, l’état de l’acteur avait alors été jugé très critique. Une enquête a été ouverte et confiée à la compagnie républicaine de sécurité (CRS) des Alpes, a, par ailleurs, annoncé le parquet d’Albertville.

Le décès de Gaspard Ulliel a suscité un flot de réactions émues du distributeur Gaumont, de confrères comme de membres du gouvernement.

« Gaspard Ulliel a grandi avec le cinéma et le cinéma a grandi avec lui. Ils s’aimaient éperdument. C’est le cœur serré que nous reverrons désormais ses plus belles interprétations et croiserons ce certain regard. Nous perdons un acteur français », a immédiatement réagi le premier ministre, Jean Castex, sur Twitter.

« Sa sensibilité et l’intensité de son jeu faisaient de Gaspard Ulliel un acteur d’exception. Le cinéma perd aujourd’hui un immense talent. J’adresse mes condoléances à ses proches et mes pensées affectueuses à tous ceux qui le pleurent aujourd’hui », déclaré la ministre de la culture, Roselyne Bachelot.

Pierre Niney, qui avait lui aussi incarné Yves Saint Laurent à l’écran, et remporté pour ce rôle le César, s’est dit « le cœur brisé ». « Gaspard était la bienveillance et la gentillesse. La beauté et le talent », a-t-il confié sur Twitter.

César du meilleur acteur

Sa dernière apparition sur les écrans remonte à l’automne dernier où il partageait l’affiche de la comédie La Vengeance au triple galop, d’Alex Lutz, avec Leïla Bekhti et Audrey Lamy. Deux ans auparavant, il était à l’affiche du film Sibyl, de Justine Triet, avec Virginie Efira et Adèle Exarchopoulos. Le film avait été présenté en compétition au Festival de Cannes de 2019.

Devenu en quelques années un acteur phare du cinéma français, Gaspard Ulliel est au casting de la minisérie Marvel Moon Knight, prochainement diffusée sur Disney +.

Révélé à 19 ans dans Les Egarés (2003), d’André Téchiné, aux côtés d’Emmanuelle Béart, où il incarne Yvan, un garçon plutôt sauvage qui, pendant l’exode, traverse les routes de France avec deux enfants et leur mère, Gaspard Ulliel a ensuite interprété un soldat de la première guerre mondiale dans Un long dimanche de fiançailles (2004), réalisé par Jean-Pierre Jeunet, un rôle qui lui a valu le César du meilleur espoir masculin en 2005.

L’acteur avait impressionné en 2014 pour son interprétation du couturier Yves Saint Laurent dans le biopic de Bertrand Bonello. En 2017, il a décroché le César du meilleur acteur pour son rôle dans Juste la fin du monde, de Xavier Dolan. Il y incarnait un écrivain retrouvant sa famille après douze ans d’absence, à qui il venait annoncer sa mort prochaine.

« Un garçon étrange, difficile à percer »

Né le 25 novembre 1984 de parents stylistes, il a passé son enfance entre l’école et l’appartement familial, dans le centre de Paris, où il dessinait pendant des heures. C’est une amie de sa mère qui lui propose d’intégrer l’agence de comédiens qu’elle vient de créer. Il n’a que 11 ans mais obtient très vite un petit rôle dans un téléfilm.

Après quelques stages d’été au cours Florent, il s’inscrit après son bac à l’université de Saint-Denis pour des études de cinéma qu’il abandonnera d’autant plus vite que sa carrière va vite décoller. Il est remarqué par Michel Blanc qui lui offre en 2002 un rôle dans une comédie à succès, Embrassez qui vous voudrez.

En 2009, on le retrouve en fils d’Isabelle Huppert dans Un barrage contre le Pacifique, de Rithy Panh, mais aussi en rejeton de Jean Reno dans un thriller, Le Premier Cercle. En 2010, il joue Henri de Guise dans La Princesse de Montpensier, de Bertrand Tavernier.

Devenu un acteur de premier plan, il enchaîne les tournages, y compris aux Etats-Unis dans Hannibal Lecter : les origines du mal, qui conte les jeunes années du serial killer cannibale. Son premier rôle en anglais.

Un contrat signé avec la marque Chanel pour laquelle il devient l’égérie d’un parfum lui a fait dire :

« Tout à coup, j’ai eu un confort financier qui m’a permis de choisir, d’attendre, de ne pas inonder les écrans. »

Un de ses metteurs en scène, Rodolphe Marconi, qui l’a fait tourner dans Le Dernier Jour, dit de lui :

« Gaspard est un ciel bleu traversé de nuages qui n’éclatent jamais. Un garçon étrange, difficile à percer. Il a sûrement une fêlure, le jour où ça va s’ouvrir, ça va faire mal… »

L’acteur était père d’un petit garçon.

Le Monde avec AFP

Canada-Québec: Un événement rare pourrait se produire dans les prochains jours

janvier 19, 2022

Le Québec connaîtra une descente d’air froid particulièrement intense au cours des prochains jours, si bien que Montréal pourrait enregistrer une température de -30 °C pour la première fois depuis presque 30 ans.

Creux très prononcé

Un creux atmosphérique assez prononcé, qui permettra l’incursion d’air arctique jusqu’au cœur du continent nord-américain, est en cause. L’air polaire n’est donc pas loin, et demeure sur le nord de la province. C’est derrière la dépression en provenance de l’ouest mercredi que le froid va avoir le champ libre pour amorcer une descente vers nos latitudes.

© Fournis par MétéoMédia

Poussée de froid

Une brève, mais intense incursion de froid est donc prévue, surtout pour les nuits de jeudi à vendredi et de vendredi à samedi. C’est à ce moment qu’un mercure de -30 °C est possible pour la métropole. Le reste du Québec ne sera pas épargné : des températures glaciales sont également prévues sur l’ensemble du territoire à la fin de la semaine.

© Fournis par MétéoMédia

Une première en 28 ans ?

La dernière fois qu’une température de -30 °C s’est invitée sur le thermomètre à Montréal, c’était le 27 janvier 1994. À ce moment, un mercure de -31,8 °C avait été enregistré. Pour l’instant, il n’est pas prévu que la métropole enregistre des températures inférieures à cette marque. Malgré tout, ce serait la température la plus froide enregistrée depuis près de 28 ans au sein de la métropole. La marque du froid absolu en janvier remonte au 15 janvier 1957 avec -37,8 °C à Montréal. C’est cependant loin du record de froid absolu enregistré au Québec : une glaciale température de -54,4 °C a été observée à Doucet, en Abitibi-Témiscamingue, le 5 février 1923.

© Fournis par MétéoMédia

Avec MétéoMédia

Le destin tragique du premier transgenre de l’histoire de France

janvier 19, 2022

Née femme en 1838, Herculine Barbin a été la première personne à voir son identité de genre modifiée à l’état civil. Un spectacle raconte sa courte vie.

Son nom est aujourd’hui oublié, mais son histoire a inspiré de nombreux écrivains. À commencer par Hervé Guibert et Michel Foucault. La figure d’Herculine Barbin, premier transgenre de l’histoire de France, sort aujourd’hui de l’ombre grâce à la metteuse en scène Catherine Marnas, qui porte sur les planches une adaptation de ses écrits intimes. La directrice du Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (TNBA) confie avoir eu envie de consacrer un spectacle au destin tragique d’Herculine après avoir pris conscience des tourments des étudiants et étudiantes « intersexes » [naissant avec des attributs génitaux et/ou chromosomiques et/ou hormonaux appartenant aux deux sexes, NDLR] de son école de théâtre. « Je n’avais pas réalisé l’ampleur du sujet avant de voir de plus en plus de jeunes confier leurs troubles à notre jury. Je me suis demandé ce que cela racontait de notre monde », confie la dramaturge.

La vie d’Herculine Barbin a tout du drame. Elle voit le jour le 8 novembre 1838 à Saint-Jean-d’Angély, près de La Rochelle, en Charente-Maritime, et est enregistrée comme « fille » à l’état civil. Mais, à la puberté, son développement sexuel ne correspond pas à celui d’une jeune femme. Ses seins ne poussent pas. « À cet âge, où se développent toutes les grâces de la femme, je n’avais ni cette allure pleine d’abandon ni cette rondeur de membres qui révèlent la jeunesse dans toute sa fleur. […] Mes traits avaient une certaine dureté qu’on ne pouvait s’empêcher de remarquer. Un léger duvet qui s’accroissait tous les jours couvrait ma lèvre supérieure et une partie de mes joues », écrit-elle dans le carnet secret où elle note ses états d’âme.

Scandale au pensionnat

Herculine poursuit sa scolarité au couvent des ursulines de Chavagnes, dans ce pensionnat féminin qui destine ses élèves à un institut de formation pour institutrices. Là, l’héroïne tombe amoureuse de la fille de la directrice. La découverte de leur passion sera à l’origine d’un scandale qui l’obligera à quitter la région. Et c’est à Paris qu’elle mettra fin à ses jours, au printemps 1868.

Si la figure de l’hermaphrodite est connue depuis l’Antiquité, le sort des individus que l’on qualifie aujourd’hui de « non binaires » est peu abordé en littérature ou au théâtre. Dans une société où les standards sexués répondent à une assignation fondée sur le genre, la difficulté qui est la leur à s’accepter, mais aussi à trouver leur place, ne peut qu’être aggravée par ce manque de visibilité.

Une vie d’exclue

La fin tragique du mythique enfant d’Hermès et d’Aphrodite qui se vit « voler » ses attributs masculins par la naïade Salmacis dans le conte d’Ovide fait écho à la douloureuse vie d’Herculine. Réassignée « homme » en 1860 après des examens médicaux qui ont révélé chez la jeune Barbin l’existence d’un micropénis et de testicules sous-cutanés, elle sera exclue du jour au lendemain du monde féminin dans lequel elle a grandi. Deux jugements du tribunal civil de Saint-Jean-d’Angély rectifieront d’un simple trait de plume son état civil. Herculine deviendra alors Abel.

La violence de cette expérience est particulièrement destructrice. D’autant que, soupçonnée d’avoir dissimulé sa vraie identité pour « corrompre » les jeunes filles parmi lesquelles elle évoluait jusque-là, Herculine-Abel est envoyée à Paris. C’est en tant qu’employé(e) de bureau dans la Compagnie du chemin de fer d’Orléans qu’il (elle) gagnera sa vie avant d’être renvoyé(e) de ce poste et de vivre misérablement durant le reste de son existence, les places de domestique lui étant refusées.

Embauché(e), un temps, dans une institution financière, Herculine-Abel envisage de partir en Amérique. Avant de finir par se suicider dans une chambre de bonne du Quartier latin, à 29 ans… laissant sur sa table de chevet des « confessions » qui seront publiées dès 1872.

Un journal intime captivant

Si le milieu scientifique se passionne pour le dossier médical hors norme d’Herculine, la postérité n’a retenu de ce drame que son aspect graveleux. Oskar Panizza en a fait le ressort de l’intrigue d’une nouvelle sulfureuse, intitulée Un scandale au couvent, écrite en 1893 et publiée en 1914. Il faudra attendre 1978 et la création par Michel Foucault de la collection « Vies parallèles » chez Gallimard pour que le texte autobiographique rédigé par Herculine entre 1863 et 1868 fasse l’objet d’un traitement sérieux.

Les confessions d’Herculine ont inspiré à Hervé Guibert un texte (inédit), conservé aujourd’hui à l’Institut mémoires de l’édition contemporaine. Le journal intime de l’hermaphrodite a été adapté au cinéma en 1985 par le réalisateur René Féret sous le titre Mystère Alexina. Le rôle principal était tenu par l’auteur de bande dessinée Philippe Vuillemin. La même année, ce texte était porté sur scène par Alain Françon au Festival d’Avignon. Lara Bruhl y a consacré une lecture-spectacle en 2001. Anne-Sophie Juvénal a également mis en scène ce texte, en 2016.

Mais la vie de cette transgenre avant l’heure restait malgré tout confidentielle. Largement documenté par Gabrielle Houbre, historienne spécialiste en études du genre, qui a publié aux Presses universitaires de France, l’an dernier, une impressionnante biographie intitulée Les Deux Vies d’Abel Barbin, né Adélaïde Herculine (1838-1868),le tragique destin d’Herculine résonne aujourd’hui étrangement avec les préoccupations d’une certaine jeunesse.

Un rôle sur mesure pour Yuming Hey

Le spectacle que nous propose Catherine Marnas rend à l’ouvrage d’Herculine toute sa modernité. Mettant en exergue les jeux de représentation faussés par l’indétermination sexuelle d’Herculine, des projections d’images, sur un grand mur blanc, font apparaître les motifs emmêlés et difficilement déchiffrables de gravures en noir et blanc du XIXe siècle. On croit apercevoir des jeunes filles sous des motifs floraux, mais rien n’est moins sûr.

C’est au milieu de lits alignés comme dans un dortoir et recouverts de tissus blancs faisant irrésistiblement penser à des linceuls que le chanteur et comédien Nicolas Martel et l’extraordinaire Yuming Hey restituent le calvaire que fut la vie d’Herculine. Ils entrecoupent ce texte âpre de chansons contemporaines (d’Indochine, notamment) qui offrent autant d’heureuses respirations. Le résultat est d’autant plus troublant que Yuming, qui prête ses traits à l’héroïne, se déclare lui-même non binaire.

« Si j’ai monté ce texte, c’est parce que l’irruption du genre sur l’avant-scène de la société fait que ce qui était souterrain jusque-là s’affiche dorénavant comme une question essentielle », explique Catherine Marnas, qui a emprunté à Éric Fassin le sous-titre de sa pièce : Archéologie d’une révolution.

Michel Foucault disait que le destin d’Herculine Barbin l’avait aidé à comprendre « les théories biologiques de la sexualité, les conditions juridiques de l’individu, les formes de contrôle administratif dans les États modernes (qui) ont conduit peu à peu à refuser l’idée d’un mélange des deux sexes en un seul corps ». C’est dans cette perspective qu’il faut écouter ce témoignage « avec son style élégant, apprêté, allusif, un peu emphatique et désuet qui était pour les pensionnats d’alors non seulement une façon d’écrire mais une manière de vivre », conclut le philosophe.

Herculine Barbin : archéologie d’une révolution, adaptation par Catherine Marnas et Procuste Oblomov, avec Yuming Hey et Nicolas Martel, coproduction Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine (TNBA) et Comédie de Caen (CDN de Normandie). Jusqu’au 22 janvier. Tarif plein : 15 € ; tarif réduit : 8 €. Du mardi au vendredi à 20 heures. Samedi à 19 heures. Puis en tournée. Durée : 1 h 25.

Avec Le Point par Baudoin Eschapasse

Afrique centrale : Félix Tshisekedi succède à Denis Sassou N’Guesso à la présidence de la CEEAC

janvier 19, 2022

Le président  congolais, Denis Sassou N’Guesso, a passé le 19 janvier à Brazzaville le témoin à son homologue de la République démocratique du Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, à la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), à l’issue de la 20e  conférence.

A l’ouverture de la conférence, le président Denis Sassou N’Guesso a réitéré son appel à l’application de la contribution communautaire à l’intégration. Il a encouragé le Tchad et la République centrafricaine à persévérer dans la voie de la sagesse pour la recherche des solutions aux différends politiques.

« Les présentes assises marquent la fin du premier mandat de la présidence tournante de notre communauté régionale. Les actions déjà entreprises, en vue de la mise en œuvre de toutes les décisions adoptées, constituent de réels mobiles de satisfaction légitime », a déclaré Denis Sassou N’Guesso.

Il a lancé un appel aux pays membres de la communauté pour apporter un appui financier et matériel au Tchad. « Quelles que soient nos difficultés internes, nous ne pouvons pas demeurer les bras croisés alors que certains partenaires extérieurs concrétisent déjà leurs promesses en faveur du Tchad », a souligné le chef de l’État congolais. 

Au total, quatre chefs d’État ont pris part au sommet de Brazzaville au côté du président Denis Sassou N’Guesso. Il s’agit des présidents de l’Angola, de la République centrafricaine, de la RDC et de la Guinée équatoriale.

Dans son discours, le nouveau président de la CEEAC, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est engagé à promouvoir le capital humain durant son mandat.

Pour lui, l’investissement dans la formation de la population, la santé et la culture, devrait permettre d’accentuer le développement dans la communauté.

Avec Adiac-Congo par Christian Brice Elion

Le Canada organise une réunion des Amériques sur la crise en Haïti

janvier 19, 2022
Des hommes armés en uniforme à bord d'un véhicule.

La police patrouille dans le centre-ville de Port-au-Prince, en Haïti. Photo : AP/ Matias Delacroix

Le Canada organise une réunion virtuelle de ministres des Antilles et des Amériques pour discuter de l’insécurité croissante en Haïti, notamment depuis l’assassinat de son président l’été dernier.

Le président Jovenel Moïse a été assassiné par balles le 7 juillet à son domicile de Port-au-Prince. Sa femme a aussi été blessée lors de cette fusillade.

Des migrants d’Haïti et d’un certain nombre de pays d’Amérique centrale se sont également déplacés vers le nord, exerçant une pression sur la frontière sud des États-Unis et créant une instabilité généralisée dans l’hémisphère occidental.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, présidera le sommet virtuel vendredi.

Elle en sera alors à l’ultime étape d’un voyage officiel dans trois pays européens pour discuter du renforcement militaire russe à la frontière ukrainienne, qui menace toute l’Europe.Mélanie Joly se croise les bras.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly Photo: Associated Press

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, et son homologue haïtien, Ariel Henry, prendront la parole à l’ouverture de cette réunion ministérielle virtuelle.

Soutenir un processus politique inclusif

Ottawa a invité des ministres des Affaires étrangères de démocraties aux vues similaires et des représentants d’organisations multilatérales comme les Nations unies, la Communauté des Caraïbes (CARICOM), l’Organisation internationale de la Francophonie et l’Organisation des États américains.

Affaires mondiales Canada décrit cette réunion comme une tentative de renforcer les efforts coordonnés en matière de sécurité, et de soutenir un processus politique inclusif et le développement durable.

La ministre Joly sera accompagnée du ministre canadien du Développement international, Harjit Sajjan.

Le Canada et Haïti sont depuis longtemps unis par une profonde amitié et une étroite collaboration, indique la ministre Joly dans un communiqué.

En tant qu’ami et partenaire de longue date, le Canada est prêt à appuyer les solutions mises de l’avant par Haïti pour résoudre les problèmes les plus urgents du pays, et reste engagé à soutenir Haïti en vue de favoriser un avenir plus démocratique, plus sûr et plus prospère.

Par La Presse canadienne avec AP

Sénégal : pourquoi le TER doit être réservé à la classe moyenne

janvier 19, 2022
Le TER reliant Dakar à Diamniadio, le 29 décembre 2021. © Erick Ahounou/AID

En inaugurant le Train express régional qui relie Dakar à Diamniadio, et bientôt Mbour puis Thiès, Macky Sall a laissé entendre que ce mode de transport s’adressait à tous. Mais en réalité, seule la classe moyenne pourra l’emprunter.

Le Train express régional (TER), avancée technologique d’importance, a donc été ré-inauguré en grande pompe le 27 décembre dernier par le chef de l’État sénégalais. Le président de la BAD, Akinwumi Adesina, l’a aidé à tenir le ruban. Cette fois, le TER roulera tous les jours sans s’arrêter, de la gare du port de Dakar à Diamniadio –  en attendant, affirme Macky Sall, de rejoindre bientôt les villes de Mbour et de Thiès.

Tarifs prohibitifs

Dans des accents de Lider Maximo communiste, le président de la République a annoncé qu’une « aube nouvelle [s’était] levée ». Communisme ? C’est bien le mot juste ! On veut en effet faire accroire, en haut lieu, que ce TER est destiné à convoyer  115 000 voyageurs par jour, dont une majorité de pauvres des banlieues paupérisées. La réalité est autre. Ce TER entièrement climatisé, d’un coût de « 780 milliards [de F CFA] hors taxes » – selon le dossier de presse officiel – devrait être destiné à la seule classe moyenne. Cela doit être dit.

Déjà, les tarifs pratiqués ne sont pas à la portée du goorgorlou lambda, censé l’emprunter plusieurs fois par jour : 500 F CFA pour rallier Thiaroye, 1 500 F CFA pour atteindre Diamniadio. Ensuite, le véritable défi, c’est de convaincre les ménages qui ont une ou deux voitures de s’en priver en semaine afin de contribuer au nécessaire désengorgement de la capitale sénégalaise. Ils emprunteraient ainsi des transports en commun adaptés à leur standing et répondant à leurs légitimes attentes de confort et de propreté.

Laissez les pékins moyens continuer à monter dans les bus Tata et les Ndiaye Ndiaye à 150 F CFA le trajet. Réservez plutôt le TER aux citoyens de la classe moyenne, dont beaucoup ont d’ailleurs quitté le centre-ville pour s’installer dans les villas cossues des poches prospères de banlieues comme Mbao Villeneuve, Malika, Keur Massar…

LA GRATUITÉ DU TER DURANT LES QUINZE JOURS QUI ONT SUIVI SON INAUGURATION N’ÉTAIT QU’UN LEURRE

Actuellement en cours de réalisation, le Bus Rapid Transit (BRT) pourra, lui, être dévolu aux personnes assommées par la quête journalière de la « dépense quotidienne », la fameuse DQ sénégalaise. Mais le gouvernement refuse de l’admettre et s’installe dans le déni, mettant en avant sa volonté farouche de permettre aux plus pauvres de voyager en TER. Comme pour se persuader d’avoir raison, il a ainsi décidé d’attirer le chaland des couches précaires en décrétant sa gratuité durant les quinze jours qui ont suivi son inauguration. Mais ce n’était qu’un leurre.

Améliorer le bilan carbone du TER

Qu’on se le dise (tout cynisme mis à part), toutes les infrastructures publiques ne sont pas accessibles à tous les citoyens. À chacun son transport en commun. Air Sénégal (« esprit Teranga », es-tu là ?) existe bien grâce aux deniers publics, c’est-à-dire grâce aux impôts de tous les contribuables. Mais voyager sous pavillon national n’est pas donné à tout le monde, pas plus pour aller à Paris ou à New York que pour rallier Ziguinchor.

LA VÉRITABLE AVANCÉE ? PERMETTRE AUX NANTIS DE GARER LEURS 4X4 LES JOURS OUVRÉS POUR LES REPRENDRE LE WEEK-END

Pour en revenir au TER, la véritable avancée – maintenant qu’on a préféré ce train urbain à la réalisation d’un train international allant de Dakar à Bamako –, ce n’est pas de lui faire atteindre Thiès ou Mbour. C’est de créer une ligne Dakar Plateau-Ngor Almadies. Pour que les fonctionnaires onusiens et les Sénégalais nantis garent leurs 4X4 pendant les cinq jours ouvrés de la semaine, et les reprennent le week-end pour sortir de Dakar afin de s’aérer.

Oui, la vraie cible du TER devrait être celle-là. Ce serait en plus une bonne occasion d’améliorer le bilan carbone du TER. « Chacun pour soi et Dieu pour tous » ? Que tout le monde s’assoie et q

Ousseynou Nar Guèye

Par Ousseynou Nar Guèye

Éditorialiste sénégalais, fondateur du site Sentract.sn

Que Dieu nous pousse. Quid des Sénégalais non pourvus matériellement ? Ils pourront prendre le TER les week-ends, et pour les grandes occasions où ils s’endimanchent. Voilà. Et à propos, « bonne année » !

Québec: Un violent incendie ravage le pavillon des Seigneurs à Pointe-du-Lac

janvier 18, 2022

Le feu se serait déclaré un peu avant 14h, mardi après-midi. Vers 15h, les pompiers s’affairaient à compléter l’extinction à l’aide des camions-échelles et par des attaques au sol au travers les ouvertures, alors que le pavillon des Seigneurs était déjà en ruine.

Une épaisse colonne de fumée noire s’échappait du bâtiment et une forte odeur se faisait sentir à l’extérieur. Avec le vent, des morceaux de cendres s’étaient répandus dans la cour de récréation de l’école Beau-Soleil ainsi que sur les terrains de baseball et de soccer à proximité.

Une quarantaine de pompiers se sont mobilisés pour l’opération qui devait se poursuivre pendant une bonne partie de la soirée pour compléter l’extinction. Au plus fort de l’incendie, ce sont cinq camions qui étaient sur place pour éteindre le feu qui s’est répandu rapidement.

Si certains témoins rencontrés sur place parlaient d’une possible défaillance électrique, l’origine du feu demeurait encore inconnue pour les pompiers. «À ce moment-ci, on ne peut pas confirmer ni infirmer quoi que ce soit. Aucune hypothèse n’est écartée jusqu’à maintenant», a fait savoir le chef aux opérations, Dany Cloutier.

Même si le bâtiment présentait une forme un peu particulière et une grande superficie, il n’a pas présenté de défi particulier pour la Direction de la sécurité incendie de la Ville de Trois-Rivières. «On a du personnel et des équipements suffisamment», assure le chef aux opérations.

Les élèves de l’école Beau-Soleil, voisine du pavillon des Seigneurs, avaient également été évacués par mesure préventive. «C’est que la fumée s’est mise à tourner vers l’école. On a rassemblé les jeunes dans le gymnase pour s’assurer que la qualité de l’air soit bonne», explique Dany Cloutier.

Les autobus étaient d’ailleurs arrivés un peu plus tôt pour venir chercher les élèves qui attendaient à l’extérieur et la direction a demandé aux parents de ceux qui fréquentent le service de garde de venir les chercher un peu plus tôt. Des autobus de la Société de transport de Trois-Rivières (STTR) avaient également été dépêchés sur place pour abriter des sinistrés.

Une ambulance se trouvait également sur les lieux au cas où des pompiers seraient incommodés, mais elle n’aura pas été nécessaire. Personne sur place n’avait été blessé, puisque le bâtiment était vacant et qu’aucune activité n’avait lieu à l’intérieur du centre communautaire lorsque les flammes ont pris naissance, a assuré le porte-parole de la Ville de Trois-Rivières, Guillaume Cholette-Janson. Il n’y avait en effet sur place que le responsable de l’entretien du pavillon.

L’opération s’est terminée après cinq ou six heures de travail, alors que les pompiers sont rentrés en caserne un peu avant 20h. L’enquête pour déterminer les causes de l’incendie s’est poursuivie par la suite et les conclusions n’étaient toujours pas connues en fin de soirée. 

Un centre communautaire très fréquenté

Le vaste édifice qui a brûlé était un endroit très fréquenté par la population, alors que deux grandes salles pouvant accueillir 350 personnes et une autre d’une capacité d’une centaine se trouvaient à l’intérieur. Des mariages, des partys et de nombreuses levées de fonds ont pu s’y tenir.

Certains pleurent également la banque alimentaire qui avait été amassée ou encore la perte de leur local pour se réunir. Différentes clientèles étaient en effet desservies par des organismes communautaires à cet endroit, dont les alcooliques anonymes, les aînés, les scouts, le cercle des fermières, ou encore celles qui suivaient des cours du soir au Pavillon Saint-Arnaud. Le rendez-vous des coureurs des bois y avait aussi des bureaux. L’Association des stomisés de la Mauricie, la bande sonore de Trois-Rivières et l’Eau Vive Aquarellistes MCQ fréquentaient également l’établissement.

«Tout le monde a des souvenirs du pavillon des Seigneurs à Pointe-du-Lac. C’est notre centre communautaire, il faut qu’il renaisse de ses cendres», insiste le conseiller municipal du district de Pointe-du-Lac, François Bélisle.

Le maire de Trois-Rivières abondait dans le même sens lors d’un point de presse avec les journalistes. «On doit reconstruire, a-t-il souhaité. Le pavillon des Seigneurs est un centre communautaire excessivement important situé tout juste à côté d’une école. C’est un centre très fréquenté par la population de Pointe-du-Lac, mais aussi de tout Trois-Rivières.»

«C’était un centre qui était très prisé. Il y avait quasiment tout le temps du monde dans ce pavillon-là. C’est une grosse perte. Ce sont des milliers de personnes qui passent ici chaque année, a témoigné l’ancien coordonnateur des loisirs, Daniel Magny, qui s’est rendu sur place pour voir la triste scène. C’est une partie de la vie des gens de Pointe-du-Lac qui s’envole en fumée.» Daniel Magny, qui a été coordonateur des loisirs pendant une quinzaine d'années, était sur place pour assister à la triste scène. Daniel Magny, qui a été coordonateur des loisirs pendant une quinzaine d’années, était sur place pour assister à la triste scène. SÉBASTIEN LACROIX

«Ce qui est le plus ironique, c’est que lors du gros feu de Pointe-du-Lac [en janvier 2005], le quartier général était [au pavillon des Seigneurs]. Les policiers, les pompiers, les médias étaient tous à l’intérieur, parce que c’était la place que tout le monde pouvait aller», s’est souvenu Daniel Magny qui a été en poste pendant une quinzaine d’années.

Marie-Josée Cantin, qui a pris la relève de Daniel Magny en juillet 2021, était également sur place pour constater les dégâts. Elle espérait une reconstruction des lieux. «C’est un pavillon qui était utilisé par beaucoup d’organismes, on va travailler pour voir ce qu’il est possible de faire, a-t-elle souhaité. C’est sûr que c’était tranquille avec la pandémie, mais nous avions des groupes essentiels comme les AA ou les paniers de Noël pour les familles dans le besoin.»Marie-Josée Cantin espère une reconstruction des lieux. Marie-Josée Cantin espère une reconstruction des lieux. SÉBASTIEN LACROIX

«C’est un gros morceau qui part en fumée, fait valoir Mme Cantin. C’était mon bureau préféré. C’est un beau coin. C’est tranquille. Les gens sont chaleureux. Il y a tout le temps de la vie dans ce pavillon-là.»

Par ailleurs, la Ville a fait savoir que la patinoire extérieure du site doit être fermée pour une durée indéterminée, puisque le bâtiment utilisé par les patineurs est adjacent au pavillon principal. Afin de permettre la réouverture de la patinoire extérieure, la Ville envisage d’installer une roulotte à proximité de la glace.

En raison des mesures sanitaires, tous les organismes qui fréquentent le pavillon des Seigneurs étaient en pause jusqu’au 7 février, à l’exception des Alcooliques anonymes (AA) qui y tenaient toujours une rencontre par semaine.

La Ville doit rapidement trouver des solutions pour combler le manque de locaux dans le secteur de Pointe-du-Lac qu’a entraîné cet incendie. «Des gens travaillent sur différentes options. Et il faudrait le faire rapidement, alors que les camps de jour s’en viennent dans quelques mois, note le maire de Trois-Rivières. Le Centre des loisirs Michel-Veillette est situé tout près et on évalue la possibilité d’utiliser certains locaux.»

Avec Le Nouvelliste par Sébastien Lacroix et Gabriel Delisle

Rapatriement en Guinée de la dépouille d’Aminata Touré : respect protocolaire ou manœuvre politique ?

janvier 18, 2022
Damien Glez © Damien Glez

Le corps de la fille aînée de Sékou Touré a été rapatrié en Guinée, le 17 janvier. Un événement hautement symbolique, en cette période de récupération tactique.

Solidaires face aux admonestations d’une communauté internationale plus ou moins sous-régionale, les juntes jumelles d’Afrique de l’Ouest vont-elles se forger une légitimité populiste en invoquant l’esprit des anciens chefs d’État ? Au Mali, les putschistes qui ont poussé Ibrahim Boubacar Keïta à la démission saluent aujourd’hui la mémoire du disparu et font vibrer la corde sensible d’une reconnaissance formelle de la nation. En Guinée voisine, le président de la transition s’incline, lui, devant la mémoire d’Hadja Aminata Touré, fille aînée de Sékou Touré où Mamadi Doumbouya tente, depuis quelques semaines, de conquérir les nostalgiques.

Hadja Aminata Touré

Autorisation de Mohammed VI

Le 12 janvier, la mairesse de Kaloum décède à l’hôpital militaire de Rabat, des suites d’un cancer du pancréas. La junte obtient le rapatriement de son corps, en dépit de la fermeture actuelle des frontières marocaines. Après la prise en charge, par le Maroc, de l’intégralité des frais médicaux de la fille de Sékou Touré, c’est le roi Mohammed VI lui-même qui autorise le rapatriement de la dépouille, en affrétant un vol spécial des Forces armées royales.

Mamadi Doumbouya peut-il se gargariser d’une mansuétude du roi à son égard ? Le geste du monarque ne souligne-t-il pas simplement la fidélité du royaume à la famille de la défunte ? Ce sont déjà les services royaux marocains qui avaient assuré le transport de la dépouille de Sékou Touré, décédé à Cleveland en 1984. Dès cette époque, la fille de l’ancien président guinéen avait été parrainée par Hassan II, le père de Mohammed VI. Le lien a perduré…

C’EST LA DÉPOUILLE D’UNE FIGURE PRÉSENTÉE COMME FÉDÉRATRICE QUE LA GUINÉE ACCUEILLE

Toujours est-il que la junte actuelle flatte, depuis quelques temps, la mémoire du premier président de la République de Guinée. Un jour, Mamadi Doumbouya se recueille sur la tombe de Sékou Touré. Un autre, il restitue le domaine des Cases de Bellevue à sa veuve. Un autre encore, il rebaptise l’aéroport de Conakry du nom de celui qui avait dit « non » au général de Gaulle.

Cette semaine, c’est donc la dépouille d’une figure présentée comme fédératrice que la Guinée accueille. À l’arrivée du corps, l’ancien Premier ministre guinéen Kabinet Komara n’a pas manqué de souligner le « besoin de se donner la main » pour que la Guinée « construise le futur tout en n’oubliant pas le passé », mais en « conservant le passé comme un tremplin pour bien construire le futur ». Or, des journalistes guinéens présentent Komara comme le « VRP » du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) de Mamadi Doumbouya…

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Canada-Québec: Décès de l’artiste Karim Ouellet

janvier 18, 2022
Karim Ouellet tient fièrement son trophée dans les mains. Il pose pour la caméra, vêtu d'un complet et d'un noeud papillon.

Karim Ouellet avec son prix Juno de l’album francophone de l’année en 2014. Photo: La Presse Canadienne/Jonathan Hayvard

L’auteur-compositeur-interprète Karim Ouellet s’est éteint. L’artiste a été trouvé mort lundi soir à Québec. La cause et la date de son décès ne sont pas connues pour le moment.

Son corps inanimé a été découvert un peu avant 22 h à l’intérieur du studio L’Unisson, rue Saint-Anselme, dans le quartier Saint-Roch, selon nos sources.

Le Service de police de la Ville de Québec écarte la thèse criminelle pour expliquer la mort de Karim Ouellet. Il était vraisemblablement décédé depuis plusieurs heures au moment de la découverte de son corps, selon nos informations. Aucune manoeuvre de réanimation n’aurait donc été entreprise.Une bâtisse avec des graffitis et l'inscription Unisson.

Le corps de Karim Ouellet a découvert à l’intérieur du studio L’Unisson, dans le quartier Saint-Roch, à Québec. Photo: Radio-Canada/Sébastien Vachon

Proches et communauté des artistes sont sous le choc à la suite de cette triste nouvelle. Karim Ouellet s’était replié sur lui-même ces dernières années.

Il était beaucoup plus reclus qu’à l’époque où moi je l’ai côtoyé, a confié Stéfane Campbell, relationniste de presse de Karim Ouellet durant plusieurs années, à l’animatrice en information Julie Drolet sur les ondes de RDI.

Né à Dakar, au Sénégal, Karim Ouellet avait récemment célébré son 37e anniversaire. Ayant grandi au Québec après avoir été adopté, il se fait d’abord connaître dans la capitale à partir de 2007 en multipliant les collaborations avec CEA, Webster et Limoilou Starz, notamment.

Il se fait remarquer à plus grande échelle lors du Festival international de la chanson de Granby en 2009.Sarahmée et Karim Ouellet.

Karim Ouellet et sa soeur Sarahmée Photo: Instagram.Com/Sarahmeeo

Distinctions

Son second album remporte le prestigieux prix de l’album francophone de l’année aux Junos en 2014. Fox s’écoule à plus de 33 000 exemplaires.

Il obtient le prix Félix-Leclerc pour sa chanson L’amour, qui l’a fait connaître du grand public québécois.

En 2013, Karim Ouellet est nommé quatre fois à l’ADISQ, puis devient Révélation Radio-Canada en 2012-2013.

En février 2018, pour le 27e Mois de l’histoire des Noirs, le chanteur est choisi comme porte-parole francophone de cet événement national.Karim Ouellet est debout sur une scène et il joue de la guitare

L’animateur d’ICI Musique, Philippe Fehmiu, rend un vibrant hommage à Karim Ouellet Photo : Radio-Canada

Il fait aussi des premières parties lors de concerts du célèbre Stromae et participe souvent à des célébrations de grande envergure, comme la fête du Canada.

Peu avant sa mort, il travaillait sur son quatrième album, selon sa biographie sur Spotify. Il était aussi juge pour le concours de chant Anjou Star.

Consternation

La classe politique est également sous le choc. Le premier ministre du Québec, François Legault, lui a rendu hommage sur son compte Twitter.

Mes condoléances à la famille et aux proches de Karim Ouellet, un jeune artiste qui a amené un nouveau style à la musique québécoise, a écrit le politicien.

Le maire de Québec, Bruno Marchand, a également exprimé son chagrin.

Un homme, un auteur, un interprète hors du commun qui a su redonner goût a la musique francophone s’envole aujourd’hui, a-t-il rédigé sur son compte Twitter.

« Sa douceur et sa plume continueront de vivre par sa musique qui restera gravée dans le paysage musical des Québécoises et des Québécois à jamais. […] À toi, cher Karim, passionné, je te souhaite un bon voyage. »— Une citation de  Bruno Marchand, maire de Québec.

La cheffe de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, Dominique Anglade, a pour sa part cité des paroles de la plus célèbre chanson de Karim Ouellet.

Je suis sous le choc. Karim Ouellet est décédé à 37 ans. J’envoie mes plus sincères condoléances à la famille et aux proches. Dans L’amour, Karim nous chante : « allons voir s’il nous est permis de garder l’espoir ». Que ces paroles continuent de résonner dans nos cœurs.

Il laisse notamment dans le deuil sa soeur, la rappeuse Sarahmée.

Radio-Canada avec

Alain Rochefort

Alain Rochefort et la collaboration de Hadi Hassin, Eloïse Léveillé-Chagnon, Édith Hammond et Steve Jolicoeur