Canada: C’est parti pour la vaccination de masse à Montréal

mars 1, 2021

De premiers Montréalais de 80 ans et plus qui vivent à domicile ont commencé lundi à recevoir le très attendu vaccin contre la COVID-19 dans divers lieux de la ville, dont le stade olympique et le Palais des congrès.

Lyette Saucier, 84 ans a été surprise par la piqûre du vaccin, lundi, au stade olympique. Heureusement, la douleur s’est rapidement dissipée.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Lyette Saucier, 84 ans a été surprise par la piqûre du vaccin, lundi, au stade olympique. Heureusement, la douleur s’est rapidement dissipée.

Les premiers vaccinés sont essentiellement des personnes âgées de plus de 85 ans, qui ont été les premières à pouvoir réserver leur place la semaine dernière. La prise de rendez-vous a ensuite été élargie aux 80 ans et plus puisque des places demeuraient disponibles.

Le directeur de la campagne provinciale de vaccination contre la COVID-19, Daniel Paré, a d’ailleurs annoncé lundi en entrevue à l’émission Tout un matin que tous les septuagénaires de Montréal et de Laval peuvent désormais prendre un rendez-vous à leur tour.

«On a concentré des vaccins dans cette région-là pour cette semaine, considérant le nombre de cas de COVID-19. Cette semaine, on voulait vraiment donner un petit « blitz ». C’est pour ça qu’on rouvre ce nouveau groupe prioritaire», a fait valoir M. Paré.

Une file d'attente s'est rapidement formée lundi matin au stade olympique. Le CIUSS de l'Est-de-Montréal affirme que beaucoup de gens se sont présentées jusqu'à 90 minutes avant leur rendez-vous. La distanciation physique n'était pas au rendez-vous.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Une file d’attente s’est rapidement formée lundi matin au stade olympique. Le CIUSS de l’Est-de-Montréal affirme que beaucoup de gens se sont présentées jusqu’à 90 minutes avant leur rendez-vous. La distanciation physique n’était pas au rendez-vous.

La campagne de vaccination de masse, qui s’est mise en branle jeudi dernier à Laval et dans les Laurentides, commence également lundi dans la région de Lanaudière. En Montérégie, elle ne débutera toutefois pas avant le 11 mars.

À Montréal, une quinzaine d’endroits accueillent des aînés, dont le stade olympique et le Palais des congrès, qui sont tous deux en mesure d’immuniser 3000 personnes par jour. Le stationnement à ces deux endroits est gratuit pour quiconque vient se faire vacciner.

Au stade olympique, la campagne de vaccination semble avoir été victime de son succès, et de l’impatience des aînés, lundi matin. Une file d’attente s’est rapidement formée dans la rotonde, de sorte que des employés ont dû offrir des chaises aux gens.

Un employé distribue des chaises aux personnes contraintes d'attendre avant d'entrer. Plusieurs d'entre elles sont mécontentes de la tournure des événements.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Un employé distribue des chaises aux personnes contraintes d’attendre avant d’entrer. Plusieurs d’entre elles sont mécontentes de la tournure des événements.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal affirme que beaucoup de personnes se sont présentées jusqu’à 90 minutes avant leur rendez-vous.

Pour éviter cette situation, les gens sont priés «de se présenter à l’heure de leur rendez-vous, et non pas en avance», a indiqué le CIUSSS dans un communiqué. «Le respect de cette directive est nécessaire pour assurer le respect des consignes sanitaires en vigueur», précise-t-il.

Une fois les chaises distribuées, les gens ont pu s'asseoir dans la rotonde du stade en attendant leur tour.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Une fois les chaises distribuées, les gens ont pu s’asseoir dans la rotonde du stade en attendant leur tour.

Au Patro Villeray, où des vaccins sont aussi offerts, aucune attente considérable n’était toutefois signalée lundi avant-midi. Plusieurs personnes interrogées avant de s’y engouffrer se disaient soulagées devant la perspective d’être enfin vaccinées.

«On se sent heureux d’avoir le vaccin», a déclaré un homme qui arrivait pour son rendez-vous. «Peut-être qu’on va être plus protégés. Alors, ça va nous donner un peu d’assurance, aussi. En tout cas, il faut le faire», a commenté une autre femme.

Une infirmière auxiliaire venue prêter main-forte pour la vaccination, Cera Tofan, abondait dans le même sens. «Il faut passer à cette étape. Le plus rapidement c’est, mieux c’est pour tout le monde», a-t-elle indiqué. «On veut gagner cette immunité collective tellement désirable.»

Il a fallu au moins une heure avant que des mesures visant à assurer le respect de la distanciation physique soient mises en place dans la rotonde du stade.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Il a fallu au moins une heure avant que des mesures visant à assurer le respect de la distanciation physique soient mises en place dans la rotonde du stade.

«On trouve que ça roule bien»

Au Palais des congrès, une bonne affluence pouvait aussi être constatée en milieu de matinée. «On trouve que ça roule bien», a commenté Francine Dupuis, présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

«C’est sûr que, comme c’était la première journée, on a commencé un peu en retard. On n’était pas tout à fait à point. On a eu quelques petits accrocs sur le plan informatique. Mais maintenant, ça roule bien, et on pense que ça va être de plus en plus efficace et que les gens auront moins d’attente», a-t-elle indiqué.

Mme Dupuis invite elle aussi les gens qui ont des rendez-vous à se présenter tout au plus 10 minutes avant l’heure prévue pour recevoir leur vaccin.

«Ça ne sert à rien d’attendre dans la file; ils vont de toute façon être vaccinés. Et ça fait moins d’attente, surtout pour les personnes qui ont des marchettes ou des chaises roulantes», a-t-elle souligné.

Selon Mme Dupuis, le gouvernement a pensé entreprendre la campagne de vaccination de masse auprès des septuagénaires, avant de se raviser, par crainte que cela pose des problèmes de logistique.

Mme Dupuis affirme que les pages horaires offertes pour les prochaines semaines sont actuellement «restreintes», parce que Québec n’a pas pu offrir une «assurance totale» que les doses attendues arriveront. «Mais au fur et à mesure qu’on nous confirme les arrivées [de vaccins], on ajoute des plages de rendez-vous», assure-t-elle.

Le nombre de vaccinateurs suffit à répondre à la demande en ce moment, puisque les centres de vaccination ne fonctionnent pas encore à leur pleine capacité. «Quand tous les sites montréalais vont être à pleine capacité, ça pourrait poser un problème», a-t-elle toutefois convenu.

Au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, une centaine de personnes supplémentaires sont recherchées pour différentes tâches, dit-elle. «C’est très complexe, c’est beaucoup de logistique. Il faut les former ces gens, il faut leur montrer le système informatique; il faut qu’ils s’approprient ça, détaille-t-elle. Donc, il faut de la formation pour ne pas que les gens fassent d’erreurs.»

«C’est la lumière au bout du tunnel»

En entrevue à Tout un matin, Ginette Senez, directrice par intérim de la gestion extrahospitalière de la pandémie au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, a expliqué que les aînés qui se rendent au Palais des congrès doivent se laver les mains avant de s’enregistrer avec leur carte d’assurance-maladie avant d’être dirigés vers la salle de vaccination.

«On a d’abord une évaluation, on donne son consentement, on change de table et on procède à la vaccination comme telle», a-t-elle résumé. «Par la suite, on se rend à la salle d’attente […], on attend 15 minutes, on ressort de la salle, on prend le rendez-vous pour notre deuxième dose et on quitte.»

Les gens qui seront vaccinés aujourd’hui recevront le vaccin de Pfizer-BioNTech, a précisé Mme Senez.

«On vaccine avec le vaccin qui nous est rendu disponible. En ce moment, nous avons beaucoup plus de doses de Pfizer que de Moderna. Concernant AstraZeneca, nous ne l’avons pas encore», ajoute-t-elle en référence à ce vaccin et à sa version indienne, Covishield, qui ont tous deux été approuvés vendredi dernier par Santé Canada.

Selon Mme Senez, le vaccin de Moderna, qui nécessite une manipulation un peu moins délicate que celui de Pfizer-BioNTech, est davantage utilisé dans des situations où le vaccin doit être déplacé. Il est notamment utilisé en ce moment pour vacciner les aînés vivant dans des habitations à loyer modique (HLM).

Daniel Paré a par ailleurs indiqué lundi qu’une aide devrait être bientôt offerte aux personnes âgées qui n’ont pas de moyen de transport pour se rendre aux centres de vaccination, comme le demandait en fin de semaine le Réseau FADOQ.

Les personnes admissibles à un vaccin sont invitées à prendre rendez-vous en ligne à l’adresse Québec.ca/vaccinCOVID ou par téléphone au 1 877 644-4545.

Avec Radio-Canada par  François Messier 

États-Unis/Caroline du Sud: un an plus tard

mars 1, 2021
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Il y a un an, je me tenais à Columbia, en Caroline du Sud, reconnaissant que les électeurs de l’État de Palmetto , et en particulier l’épine dorsale du Parti démocrate, la communauté afro-américaine, nous avaient mis sur la voie de la présidence.

Cette nuit-là, j’ai dit que la nôtre était une campagne pour les gens qui avaient été renversés, comptés et laissés pour compte. J’ai parlé du coût de la colère et de la division dans le pays et de la nécessité d’unir l’Amérique.

That night, as I prepared to speak, the United States confirmed our 69th coronavirus case. As a nation, we were just beginning to understand how much our lives would soon be upended.

Le monde a radicalement changé au cours de la dernière année. Notre nation a commencé à se débattre avec un compte à rebours attendu depuis longtemps sur la justice raciale. Notre démocratie a subi une violente insurrection dans notre Capitole. En tant que peuple, nous avons pleuré les plus d’un demi-million de vies perdues à covid-19, et la dévastation économique qui a martelé tant plus de familles, de petites entreprises et de communautés. Ajoutez à cela le besoin croissant de faire face à notre changement climatique, et c’est une confluence de crises peut-être sans précédent dans notre histoire.

Et pourtant, même si le monde a changé, les défis que j’ai décrits cette nuit-là ne sont devenus que plus urgents.

Des millions d’Américains ont perdu leur emploi à la suite de la récession COVID-19. Nos villes ont perdu 1,3 million d’emplois depuis mars dernier; les éducateurs, les infirmières, les policiers, les pompiers et d’autres travailleurs publics essentiels ont été poussés au bord du gouffre. 400 000 petites entreprises ont fermé leurs portes, pour toujours.

Le bilan économique de la pandémie continue de déchirer notre pays aussi brutalement que le virus lui-même.

Nous voyons les dommages d’une manière que nous ne nous attendions pas à voir dans ce pays — des files de voitures, des kilomètres de long, dans les banques alimentaires. Au début de février, un adulte sur sept ayant des enfants dans ce pays a déclaré qu’il n’avait pas suffisamment de nourriture.

Nous avons vu la participation des femmes à la population active à son plus bas niveau en plus de trois décennies, car tant de femmes sont confrontées au choix dévastateur entre un chèque de paie et les soins et l’éducation d’un enfant.

Au cours de la dernière année, nous avons été testés comme jamais auparavant. Et maintenant, nous répondons.

Faire face au COVID-19 a exigé à la fois un miracle de la science et un miracle de fabrication, donnant trois vaccins efficaces à ce jour. Maintenant, il faut la plus grande entreprise opérationnelle de notre histoire: obtenir des coups de feu dans les bras de centaines de millions d’Américains.

Je me suis fixé un objectif de 100 millions de tirs dans mes 100 premiers jours. Pour y parvenir, nous ramenons des médecins et des infirmières à la retraite comme vaccinateurs, déployons des professionnels de la santé de l’armée et de notre corps médical commandé, et nous installons et soutenons de nouveaux sites de vaccination élargis. Par conséquent, nous sommes bien en avance sur notre objectif , atteignant la moitié de la marque en seulement 37 jours.

Nous faisons également des progrès dans la guérison économique dont notre nation a besoin.

Tard vendredi soir, la Chambre des représentants a adopté mon plan de sauvetage américain. Cela nous rapproche un peu plus de la vaccination de la nation; obtenir des gouvernements des États et des collectivités locales le soutien dont ils ont besoin pour éviter des licenciements massifs; mettre 1 400 $ de plus dans les poches des Américains sous forme de paiements directs; l’augmentation et l’extension des allocations de chômage pour des millions d’Américains qui sont sans emploi en raison de leur propre faute; aider des millions d’Américains à nourrir leurs familles et à garder un toit au-dessus de leur tête; et ramener nos enfants en toute sécurité à l’école.

Tous les aspects du Plan de sauvetage américain répondent à un besoin désespéré, et c’est pourquoi nous constatons un soutien massif de la part des maires et des gouverneurs des deux partis, et de la grande majorité du peuple américain.

Et aussi essentiel que cela soit, ce n’est que le début.

La firme de Wall Street Moody’s estime que le plan de sauvetage américain aidera l’économie à créer plus de 7 millions d’emplois rien que cette année seulement. Ce serait sur la voie des plus de 18 millions d’emplois que Moody’s estime créer au cours des quatre prochaines années grâce à notre plan de relance Build Back Better.

En livrant son appui à ma candidature, le membre du Congrès Jim Clyburn a parlé de la façon dont ce qui était en jeu pour le pays était « la bonté de l’Amérique ». Il a dit que l’Amérique était super parce que notre peuple était bon. Et nous ne pourrions jamais perdre cela.

Nous devons nous rappeler, en ce moment où il y a encore tant de douleur à travers le pays, que nous avons la responsabilité de soulever nos compatriotes américains, pas de les laisser affamés, sans emploi, dans le froid. Que nous sommes appelés à traiter tout le monde avec dignité et respect. Que les inégalités et les injustices mises à nu par la pandémie et les crises économiques de l’année écoulée ont rendu plus urgent que jamais pour nous de vivre enfin les principes fondateurs de cette nation — que chacun soit créé égal et ait le droit d’être traité sur un pied d’égalité tout au long de la vie.

Et nous savons que nous devons appliquer ces principes dans tout ce que nous faisons , de la récupération de la pandémie à la reconstruction de notre économie, à la réaffirmation du leadership de l’Amérique dans le monde.

Quand je regarde en arrière sur ce qui s’est passé en Caroline du Sud il ya un an, c’est incroyable de voir combien peut changer en une journée, peu importe une année entière. J’espère que dans un an, les Américains pourront regarder en arrière et s’émerveiller de ce qui a changé — dans leur vie et dans notre économie — pour le mieux.

Avec Associated Press

À New York, Tidjane Thiam et son fonds séduisent les investisseurs

mars 1, 2021
Tidjane Thiam, le 13 février 2020.Weigh on Results

La nouvelle société d’investissement du financier franco-ivoirien a levé 300 millions de dollars lors de sa première introduction à la Bourse de New York.

Le curriculum vitae de l’ancien DG de Credit Suisse aura su convaincre les investisseurs. En fin de semaine dernière, l’introduction en Bourse de la « société d’acquisition à vocation spécifique » (SPAC, en initiales anglaises) lancée par Tidjane Thiam et ses partenaires, Adam Gishen et Abhishek Bhatia, a été couronnée de succès.

L’opération, revue à la hausse par rapport à son objectif initial de 250 millions de dollars, en raison d’une forte demande, a finalement été réalisée au prix de 10 dollars pour 30 millions d’unités, d’après la communication financière de la société à l’issue du « pricing ».

Les parts du véhicule, baptisé Freedom Acquisition I Corp, sont négociées depuis le 26 février à la Bourse de New York sous le symbole « FACT.U ».À LIRE Tidjane Thiam : tout comprendre au « SPAC », la société d’investissement à 250 millions de dollars que prépare le financier franco-ivoirien

Cibler le secteur des services financiers

La société de « chèque en blanc », enregistrée aux Îles Caïmans, a été constituée dans le but de « procéder à des opérations de fusion, d’échange d’actions, d’acquisition d’actifs, d’achat d’actions, de réorganisation ou de rapprochement entre une ou plusieurs entreprises similaires », selon le prospectus destiné aux investisseurs et déposé mi-février.

Fondé par Tidjane Thiam, Adam Gishen et Abhishek Bhatia, Freedom Acquisition I Corp est soutenu par un fonds privé affilié à Pacific Investment Management Company (Pimco).

La structure prévoit de cibler le secteur des services financiers, en particulier les entreprises technologiques présentant un potentiel de croissance et de stabilité financière. D’un point de vue géographique, la boussole est pointée vers les marchés développés, tels que l’Amérique du Nord ou l’Europe, et les marchés émergents, en Asie, en Amérique latine et certains pays d’Afrique.

Avec Jeune Afrique par Aurélie M’Bida

France: Nicolas Sarkozy reconnu coupable de corruption, condamné à trois ans d’emprisonnement

mars 1, 2021

PARIS — Un tribunal parisien a reconnu lundi l’ancien président français Nicolas Sarkozy coupable de corruption et de trafic d’influence et l’a condamné à un an de prison et à deux ans avec sursis.

© Fournis par La Presse Canadienne

L’ancien chef de l’Etat Nicolas Sarkozy a été condamné lundi à Paris à trois ans d’emprisonnement, dont un ferme, pour corruption et trafic d’influence dans l’affaire dite «des écoutes», née en 2014 d’interceptions téléphoniques avec son avocat historique Thierry Herzog. Le tribunal correctionnel a estimé qu’un «pacte de corruption» avait été conclu entre l’ex-président aujourd’hui âgé de 66 ans, Me Thierry Herzog et l’ancien haut magistrat Gilbert Azibert, également condamnés à trois ans de prison dont un ferme.

En décembre 2020, le parquet national financier (PNF) avait requis des peines très lourdes: 4 ans de prison, dont deux avec sursis, à l’encontre de l’ancien magistrat Gilbert Azibert; 4 ans de prison dont 2 avec sursis, assortis de 5 années d’interdiction professionnelle, à l’encontre de l’avocat Thierry Herzog ; 4 ans de prison dont 2 avec sursis à l’encontre de Nicolas Sarkozy. Les trois hommes répondaient de corruption et de trafic d’influence.

L’audience, pourtant, ne semblait pas avoir mis en lumière de preuves assez solides pour justifier une telle sévérité. Au contraire: au fil des débats, les faiblesses de l’accusation étaient apparues, habilement exploitées par la défense très offensive menée conjointement par Mes Jacqueline Laffont, conseil de l’ancien président de la République, et Hervé Temime, aux intérêts de son confrère et ami Herzog«Je peux affirmer sans outrance, avait plaidé Me Laffont, que jamais je n’ai assisté à un tel recours à des vocables exprimant le doute dans un réquisitoire: «Nous pensons« «nous croyons »«cela pourrait ressembler à» , «faisceau d’indices», «nous acceptons de nous tromper»…»

«Personne, ici, ne cherche à se venger»

Le chef du PNF avait jugé opportun de venir, en personne, le jour du réquisitoire, défendre l’action de son parquet et jurer qu’il ne fallait y voir aucun règlement de comptes politique: «Un procès, ce n’est pas une vengeance privée, publique ou institutionnelle, avait rappelé Jean-François Bonhert. Personne, ici, ne cherche à se venger d’un ancien président de la République (…) Oui, MM. Sarkozy, Herzog, Azibert, vous avez droit à une justice impartiale».

Selon le ministère public, M. Azibert était intervenu de manière occulte, en échange de la promesse d’un poste à Monaco, au sein de la cour de cassation, saisie par M. Sarkozy d’un pourvoi. Me Herzog aurait joué les intermédiaires entre les deux. Las : l’arrêt de la juridiction suprême n’était pas celui escompté par l’ex chef de l’État, et M. Azibert n’avait pas obtenu de poste dans la principauté. Mais pour l’accusation, le délit n’en était pas moins constitué.

Dans la foulée de sa condamnation, Thierry Herzog a fait savoir, par le biais de ses avocats, qu’il faisait appel. «L’appel est suspensif sur toutes ces dispositions. Nous sommes plus déterminés que jamais à obtenir la relaxe de Me Herzog qui est présumé innocent», ont déclaré Hervé Temime et Paul-Albert Iweins.

Par Sylvie Corbet, The Associated Press avec Le Figaro et La Presse Canadienne

Littérature : « Humilité et gloire », un roman d’Emmanuel Ebolo-Iyendza

mars 1, 2021

Le récit de cet ouvrage relate le farouche destin de Ngomba face aux coutumes et traditions ancestrales de sa contrée.

La couverture du livre/DR

Roman édité par L’Harmattan Congo-Brazzaville en décembre dernier, « Humilité et gloire » soulève la problématique de l’influence des traditions sur nos sociétés en perpétuelle évolution. Au regard de l’histoire de Ngomba, personnage principal de l’œuvre, l’auteur appelle à une évolution des traditions pour ne pas qu’elles portent préjudices aux populations sur qui elles doivent s’appliquer.

Ngomba, la trentaine pile, est un jeune homme humble et respectueux. A la mort de son père et au gré des circonstances, les sages du village et la famille le désignent comme héritier par excellence. A sa charge désormais, l’épouse laissée par son père, ainsi que ses six frères et sœurs. C’est donc comme cela que le jeune homme devint marié et tuteur d’une famille nombreuse. Lui qui n’avait pas encore eu le temps de se choisir une épouse. Le temps passait et Ngomba remplissait sa tâche sans relâche. Il y avait toujours du gibier en abondance à la maison et la famille ne manquait de rien.

Croyant qu’il ne devait partager le reste de ses jours qu’avec sa belle-mère en tant qu’épouse, Ngomba se retrouve marié à deux autres épouses de ses proches décédés, à savoir son oncle et son meilleur ami. Ces situations inattendues ayant fait de lui l’objet de moqueries dans le village, déplaisent fortement à sa sœur aînée, qui lui propose alors d’épouser une nouvelle femme. Celle-ci n’étant autre que l’amante de son propre fils, ce dernier se révélant être le véritable géniteur de la progéniture qu’elle donnerait à Ngomba. Heureusement, un évènement inattendu vient changer le cours de sa vie et le laver de ce déshonneur.

Dans ce roman de 118 pages, l’adultère demeure le thème phare, car de nos jours, le phénomène est toujours d’actualité. Et ce, en dépit de nombreux dégâts causés au sein des familles.

« Humilité et gloire » est particulièrement une leçon sur les variantes de l’existence. Dans un langage simple, un ton humoristique et une trame accrochante, le roman enseigne au lectorat que la vie est faite de surprises et d’événements inattendus dont on ne peut maîtriser ni empêcher la réalisation. Toutefois, savoir s’adapter semble être la meilleure option. Et le cas de Ngomba montre combien l’humilité est une vertu noble que tout homme devrait posséder.

Natif de Fort-Rousset, actuel Owando en République du Congo, Emmanuel Ebolo-Iyendza est diplômé d’économie, des sciences de gestion et des sciences et techniques de la communication. Il est actuellement consul général de la République du Congo à Guangzhou, en République populaire de Chine.

Avec Adiac-Congo par Merveille Atipo

Tchad : ce que les autorités reprochent à l’opposant Yaya Dillo Djerou

mars 1, 2021
L’ancien chef rebelle tchadien Yaya Dillo Djerou à N’Djamena, le 10 novembre 2007.

Le domicile de Yaya Diallo Djerou était encore encerclé par les forces de l’ordre tchadiennes le matin du lundi 1er mars. Une tentative d’arrestation de l’opposant y a fait au moins deux morts la veille. 

Selon les autorités tchadiennes, au moins deux personnes ont été tuées et cinq autres blessées dimanche 28 janvier à N’Djamena, dans des échanges de tirs au cours d’une tentative d’interpellation au domicile de l’opposant et ancien ministre Yaya Dillo Djerou.

« Il y a eu deux morts et cinq blessés dont trois parmi les forces de l’ordre, a indiqué Chérif Mahamat Zene, porte-parole du gouvernement. Les forces de défense et de sécurité […] ayant essuyé des tirs d’armes », elles « n’ont pas eu d’autre choix que de riposter ».

« Le gouvernement condamne avec la dernière énergie cette rébellion armée au cœur de la capitale, qui n’est qu’une tentative de déstabilisation des institutions de l’État fomentée de longue date », a accusé le porte-parole.

Confrontation avec Hinda Déby Itno…

« Ils viennent de tuer ma mère et plusieurs de mes parents », a quant à lui affirmé Yaya Dillo Djerou, qui s’est déclaré candidat à l’élection présidentielle du 11 avril. « Un blindé a enfoncé ma porte principale. La lutte pour la justice doit continuer pour sauver notre pays. […] Mes chers compatriotes, levons-nous ! » a-t-il ajouté dimanche 28 février dans la soirée.

Yaya Dillo Djerou est sous le coup de deux mandats d’arrêt à la suite d’une plainte déposée en mai 2020 par la première dame, Hinda Déby Itno, et sa fondation Grand Cœur pour diffamation et injures. L’opposant avait dénoncé sur les réseaux sociaux une convention signée entre Grand Cœur et le gouvernement dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

Ancien ministre des Mines et de l’Énergie et ex-conseiller à la présidence de la République, il avait parlé de « conflit d’intérêts » à propos de cet accord dans une vidéo qui était par la suite devenue virale. Selon Dillo Djerou, la fondation s’attribue de façon abusive les prérogatives de certains ministères, notamment dans les secteurs de la santé et de l’éducation.

… et candidature à la présidentielle

À la suite de cette plainte, l’ancien conseiller du président avait été suspendu, le 11 mai 2020, de ses fonctions de représentant tchadien à la Commission économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) pour « manque de neutralité et violation du droit de réserve ». Sous la pression de N’Djamena, et notamment de la vice-présidente de la Commission, Fatima Haram Acyl, sœur d’Hinda Déby Itno, il en avait été licencié le 6 juillet.

Selon nos informations, plusieurs convocations ont été émises depuis mai 2020 par la justice tchadienne pour entendre Yaya Dillo Djerou, lequel ne s’est pas présenté, mettant en avant jusque début juillet l’immunité que lui conférait son rôle au sein de la Cemac.

La police a aussi tenté de se présenter à son domicile à au moins deux reprises, mais a rebroussé chemin face aux partisans présents sur les lieux.

INTERROGÉ EN PLACE PUBLIQUE DEVANT UNE FOULE DE SPECTATEURS FILMANT LA SCÈNE

L’ancien ministre a toutefois été entendu début juillet par des agents de la police judiciaire, lors d’un séjour privé dans son village d’Iriba, dans la province de Wadi Fira (frontalière avec le Soudan). Une scène étonnante puisque l’ancien rebelle du Socle pour le changement, l’unité et la démocratie (Scud), rallié en 2007 à Idriss Déby Itno, y a été interrogé en place publique devant une foule de spectateurs filmant la scène.

« De la barbarie pure et simple », selon Saleh Kebzabo

Le 26 février, Yaya Dillo Djerou avait déposé son dossier de candidature pour la présidentielle du 11 avril prochain, lors de laquelle le président Idriss Déby Itno briguera un sixième mandat. Il avait été désigné mi-février par le Parti socialiste sans frontières (PSF), à l’issue d’un congrès extraordinaire organisé sur le thème « L’heure du changement a sonné ».

Ce 1er mars, Saleh Kebzabo, autre opposant ayant déclaré sa candidature à la magistrature suprême, a annoncé suspendre sa participation au processus électoral. Il a qualifié les événements au domicile de Yaya Dillo Djerou de « barbarie pure et simple » de la part de « dirigeants indignes ». Succès Masra, autre prétendant ayant déposé son dossier de candidature pour la présidentielle, a réclamé la démission d’Idriss Déby Itno.

Avec Jeune Afrique par Mathieu Olivier

UE-Côte d’Ivoire : 1 milliard d’euros pour le cacao ivoirien, vraiment ?

février 28, 2021
Cacao

Si l’annonce de l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Côte d’Ivoire a fait du bruit, il y a encore loin de la parole aux actes : seuls 25 millions d’euros sont à ce jour confirmés.

C’est ce que l’on appelle un effet d’annonce. En fin de semaine dernière, l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Côte d’Ivoire, Jobst von Kirchmann, a mentionné une enveloppe pouvant aller jusqu’à un milliard d’euros destinée à la filière ivoirienne de l’or brun sur la période 2021-2027 pour l’aider à devenir plus durable.

La déclaration, faite à nos confrères de Reuters et qui a marqué les esprits, intervenait un mois après une réunion mi-janvier à Abidjan entre les autorités ivoiriennes – la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de fèves – et l’UE – son premier acheteur – pour discuter de l’avenir de leurs relations commerciales cacaoyères.

Et pour cause : l’UE prévoit de présenter d’ici à l’été 2021 une nouvelle réglementation visant à interdire l’importation de produits liés à la déforestation et à rendre obligatoire un « devoir de vigilance » pour les acteurs privés. Une réforme qui va bousculer le secteur de l’or brun et l’obliger à renforcer ses contrôles sur l’origine des fèves – un sujet hautement sensible – s’il veut continuer à avoir accès au marché européen. D’autres réunions sont d’ailleurs prévues en mars à Bruxelles et Abidjan.

Beaucoup d’incertitudes

C’est dans ce cadre que l’UE défend la mise en œuvre d’un projet Team Europe – cacao durable devant apporter une « enveloppe budgétaire très importante », a indiqué en janvier l’ambassadeur avant d’évoquer le chiffre choc d’un milliard un mois plus tard, en réunissant l’ensemble des financeurs potentiels : les États européens, la Banque européenne d’investissement (BEI), les institutions de développement nationales (AFD, KfW, GIZ,…) et même les chocolatiers privés.

Sauf que, dans les faits, il reste encore beaucoup d’incertitudes. « L’exercice de programmation 2021-2027 pour la Côte d’Ivoire est toujours en cours et sera conclu cette année. En ce moment aucune décision n’a encore été prise », a indiqué une porte-parole de l’UE sollicitée par Jeune Afrique.

« Si elle devait être retenue, un montant important serait alloué à cette importante priorité [la Team Europe], mais aucun chiffre ne peut être fourni à ce stade », a-t-elle ajouté.

Pour l’heure, la seule aide confirmée, annoncée fin janvier, se monte à 25 millions d’euros, une somme bien modeste face aux ambitions affichées. Et elle n’est pas destinée à la seule Côte d’Ivoire, mais aussi au Ghana et au Cameroun.

Enjeux multiples et complexes

La majeure partie de la somme (17 millions) financera de l’assistance technique « dans des domaines tels que la surveillance de la déforestation, la fourniture de services analytiques et consultatifs, la facilitation des politiques, les interventions spécifiques tout au long de la chaîne de valeur et le soutien aux investissements », précise l’UE.

Les 8 millions restant doivent « soutenir des réformes législatives substantielles en Côte d’Ivoire » afin de « créer un nouveau cadre juridique pour la production et le commerce du cacao ».

« Un apport de 200 millions d’euros serait déjà énorme », souligne un bon connaisseur du secteur, expliquant que l’enveloppe pourrait gonfler si les prêts ciblés aux États étaient inclus dans le dispositif. Localement, un acteur du secteur met, lui, en avant la difficulté pour l’UE de soutenir efficacement la filière face aux enjeux multiples et complexes que sont la déforestation, le travail des enfants et le revenu des producteurs.

Sollicité par Jeune Afrique, le Conseil café cacao, organisme de régulation du secteur en Côte d’Ivoire, n’a pas donné de suite avant la publication de cet article.

Avec Jeune Afrique par Estelle Maussion

[Tribune] L’Amérique est de retour en Afrique

février 28, 2021
Joe Biden à Washington, le 25 février 2021

Désignations de personnalités noires aux postes-clés, discours conciliants, « diplomatie normale »… L’administration Biden veut renouer avec l’Afrique, ignorée par Trump.

Ce n’est sans doute pas une tâche herculéenne : compte tenu de l’indifférence méprisante dont faisait preuve Donald Trump à l’égard du continent — où il ne s’est jamais rendu —, la nouvelle administration dispose d’un a priori favorable en Afrique, d’autant qu’elle a déjà marqué un changement net d’intentions et d’ambitions.

Dans un discours destiné aux délégués du 34e sommet de l’Union africaine et diffusé le 7 février, Joe Biden a indiqué la ligne générale de sa politique étrangère : « L’Amérique est de retour. La diplomatie est de nouveau au centre de notre politique étrangère. [Nous allons nous employer] à renouveler notre rôle dans les institutions internationales et à retrouver notre crédibilité et notre autorité morale. »

« Soutien et respect mutuel »

Il a ensuite centré ses propos sur l’Afrique, en affirmant que les États-Unis se tenaient à ses côtés, « partenaires en solidarité, soutien et respect mutuel. Nous croyons en les nations africaines ». Il a poursuivi en parlant d’une « vision commune pour un avenir meilleur », et en évoquant des sujets ayant trait à l’économie, la sécurité et les droits humains pour les « femmes et les filles, les personnes LGBTQI, les personnes en situation de handicap, les personnes de toute origine ethnique, religion ou culture.

Le président américain a également mentionné des urgences du moment : la pandémie et le réchauffement climatique, avec la perspective de financements adéquats pour des usines à vaccins et le Green Climate Fund. Il a enfin annoncé que les restrictions de visas pour les réfugiés édictées par Trump allaient être abrogées, et que l’égalité raciale et la lutte contre le suprémacisme blanc étaient des priorités de son administration. À l’évidence, Biden visait à insister sur la rupture franche avec l’administration Trump et, par contrecoup, à souligner les continuités avec Barack Obama, dont il était le vice-président.

Des Africains-Américains promus

Pour en savoir un peu plus, il faut nous tourner vers un ensemble de nominations tout à fait significatives auxquelles le nouveau président a procédé. Plusieurs Africains-Américains ont été promus. Enoh Ebong est ainsi devenue directrice par intérim de l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA). Cette femme d’origine nigériane a une solide expérience au sein de ladite agence, où elle a travaillé de 2004 à 2019.

Mahmoud Bah, d’origine guinéenne, est également distingué : il devient le responsable par intérim du Millennium Challenge Corporation (MCC). Le MCC, créé par le Congrès des États-Unis en 2004, est un programme de développement dont la vocation est de verser des subventions à des pays qui ont démontré leur engagement dans la promotion des bonnes pratiques de gestion et la réforme économique. Mahmoud Bah a lui aussi une solide expérience d’une dizaine d’années au sein de l’organisme à la tête duquel il a été nommé, y compris en tant que responsable du MCC en Côte d’Ivoire pendant trois ans.

LE GOUVERNEMENT AMÉRICAIN ACTUEL EST DE LOIN LE PLUS DIVERS DE L’HISTOIRE DU PAYS. LA MOITIÉ DE SES MEMBRES NE SONT PAS BLANCS

À ces nominations s’en ajoutent d’autres, du côté africain-américain, et au plus haut niveau. Elles marquent aussi une rupture symbolique et pratique avec l’ère Trump. Même si la vice-présidente n’est pas africaine-américaine (ses parents étaient d’origines caribéenne et indienne), Kamala Harris s’affirme comme une femme noire, en laquelle beaucoup de femmes et d’hommes noirs se reconnaissent. Le nouveau ministre de la Défense, le général quatre étoiles Lloyd Austin, est également entré en fonctions, une première pour un homme noir.

Marcia Fudge, représentante de l’Ohio au Congrès, est désormais ministre de l’Habitat et du Développement urbain, tandis que Susan Rice, ancienne ambassadrice des États-Unis à l’ONU, devient directrice du Conseil de politique intérieure (Domestic Policy Council). De son côté, Linda Thomas-Greenfield, une diplomate chevronnée qui fut notamment chargée des affaires africaines entre 2013 et 2017, avant d’être démise de ses fonctions par Trump, représente désormais son pays à l’ONU.

Si l’on ajoute à ces personnalités celles issues du monde hispanique, et même amérindien, le gouvernement américain actuel est de loin le plus divers de l’histoire du pays (la moitié de ses membres ne sont pas blancs). Voilà qui est significatif, et qui a été salué par les associations antiracistes du pays : la représentation, l’incarnation d’un poste, cela compte en politique !

Environnement et santé

Reste, bien entendu, à mesurer les effets de ces nominations sur les politiques mises en œuvre. Du côté de l’Afrique, la tendance générale est celle d’un retour à une diplomatie normale, marquée par des relations respectueuses entre les États-Unis et le continent.

L’inflexion principale par rapport à l’administration Obama semble devoir se situer du côté d’une accentuation de l’investissement environnemental, sur lequel Biden a tant insisté pendant sa campagne, et de la priorité médicale, puisque l’Afrique n’est pas épargnée par le Covid-19, même si la pandémie n’a pas eu des conséquences comparables à celles que l’Europe ou les États-Unis connaissent.

Sur les autres sujets, Washington combinera, de manière finalement assez classique, ses intérêts propres, en particulier économiques, à des préoccupations stratégiques (en laissant le premier rôle militaire à la France dans le Sahel, tout en assurant un soutien logistique) et humanitaires. Mais les historiens savent bien que ce qui semble prévisible sera déjoué par les événements eux-mêmes, et la capacité des responsables africains et américains à y répondre !

Par  Pap Ndiaye

Historien, professeur à Sciences Po Paris, nouveau directeur général du Palais de la Porte Dorée

L’Allemagne restreint les passages à la frontière avec la Moselle, la France demande plus de souplesse

février 28, 2021

Le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune a invoqué le cas des travailleurs transfrontaliers, alors que l’Allemagne a classé ce dimanche la Moselle en «zone à haut risque».

L’Allemagne va restreindre les passages à sa frontière en provenance de France après avoir classé le département de Moselle en zone Covid à haut risque, mais renonce à la quasi-fermeture telle qu’imposée à la République tchèque et à l’Autriche. «Le département français de Moselle sera considéré à partir du 2 mars à 00h00 comme zone affectée par les variants» du virus du Covid-19, soit la catégorie la plus élevée dans l’échelle de risque en Allemagne pour le coronavirus, qui en compte trois, a indiqué dimanche le ministère de la Santé. En conséquence, à partir de cette date les personnes entrant sur le territoire allemand «devront présenter un test PCR ou antigène» négatif, a-t-il ajouté. Un test datant de 48 heures maximum sera a priori nécessaire.

«Je regrette cette décision allemande parce qu’elle implique un certain nombre de ralentissements, de difficultés aux frontières pour non pas des mouvements touristiques mais de travail», a commenté sur France Inter le secrétaire d’État français aux Affaires européennes Clément Beaune. Le président de la région Grand-Est, qui inclut la Moselle, Jean Rottner, s’est dit lui dimanche matin «surpris» par une «décision extrêmement brutale».

Pas de contrôles systématiques

Une chose est pourtant acquise: l’Allemagne n’a pas l’intention d’introduire à sa frontière avec la Moselle des contrôles de douane permanents, contrairement à ce qu’elle avait fait au printemps 2020 au début de la pandémie à la frontière française, ce qui avait créé des tensions avec Paris et entre les populations locales. Contrairement aussi à ce que Berlin a déjà mis en place en février avec la République tchèque et la Tyrol autrichien.

«La frontière ne sera pas fermée», a indiqué dimanche à l’AFP un porte-parole du ministère de l’Intérieur, notamment car les régions allemandes limitrophes de la Moselle, la Sarre et la Rhénanie-Palatinat, ne l’ont pas demandé, mais aussi parce que les autorités régionales de part et d’autre de la frontière «coopèrent étroitement» sur cette question. Les contrôles policiers doivent être aléatoires et à l’intérieur du territoire allemand dans la zone frontalière, a-t-il précisé. La France va donc bénéficier d’une forme de traitement de faveur car le passage d’une région en catégorie zones de variants implique normalement une quasi-fermeture des frontières.

«On n’en veut pas»

«Cela on n’en veut pas» pour les 16.000 travailleurs frontaliers de Moselle, a martelé Clément Beaune dimanche. Il a aussi suggéré des tests «qui ne soient pas obligatoires chaque jour mais tous les deux ou trois jours».

Les contrôles mis en place par l’Allemagne avec la République tchèque et la région autrichienne du Tyrol l’ont été pour les mêmes raisons que la Moselle : la crainte d’une nouvelle vague de contamination au Covid-19 liée aux variants britannique ou sud-africain du virus, ce qui a suscité des critiques en Autriche notamment mais aussi de la part de l’Union européenne. La Commission européenne s’est ainsi émue de voir la libre circulation à l’intérieur de l’UE remise en cause et tente depuis de promouvoir une approche commune entre pays.

À la frontière avec la Moselle, «il faut donner l’exemple et revenir à un dispositif plus allégé», a plaidé Clément Beaune, en arguant d’un «esprit franco-allemand coopératif» pour «éviter de revenir à ce qu’on a vécu douloureusement» au début de la pandémie.

Ce traitement privilégié a pourtant déjà suscité des commentaires amers du chancelier autrichien Sebastian Kurz. «Il y a en Allemagne, en fonction des directions géographiques, des différences de rigueur en matière de règles à la frontière», a-t-il ainsi regretté ce week-end dans une interview au quotidien allemand Merkur. «Il est tout à fait approprié en période de pandémie de tendre un filet de sécurité avec des tests, des masques etc. Mais ce n’est à mon avis pas le cas pour des mesures qui mettent en danger le marché intérieur (européen), qui impliquent que les gens ne puissent se rendre sur leur lieu de travail ou que des familles soient séparées», a-t-il dit.

Par Le Figaro avec AFP

Les enfants américains «très probablement» vaccinés début 2022

février 28, 2021

Les enfants américains de moins de 12 ans pourront «très probablement» être vaccinés début 2022, a estimé dimanche l’immunologue Anthony Fauci, conseiller de la Maison Blanche.

La vaccination des enfants est un sujet fondamental aux Etats-Unis, car elle pourrait alléger le fardeau de millions de parents dont les enfants suivent toujours une éducation à distance. Les situations sont très diverses selon les Etats et la nature des écoles (publiques, privées, religieuses), et un bras de fer oppose autorités et enseignants autour de la réouverture des établissements.

Pour le moment, aucun des trois vaccins autorisés aux Etats-Unis (Pfizer/BioNTech, Moderna, Johnson & Johnson) n’est administrable aux moins de 16 ans. Mais le Dr. Fauci a indiqué à la chaîne NBC que certaines entreprises avaient déjà lancé des études pour réduire «progressivement» cet âge, en procédant par tranches: «Vous ne voulez pas aller d’un coup de 12 ans à six mois, vous commencez par descendre de 12 ans à 9 ans, puis de 9 ans à six, six ans à deux ans…»

Compte tenu de l’avancée de ces études, l’immunologue, respecté par de nombreux Américains, a prédit que les moins de 12 ans seraient au plus tôt vaccinés à la fin de l’année. «Et très probablement, au premier trimestre de 2022». Les lycéens devraient eux pouvoir se faire vacciner dès «cet automne». «Je ne suis pas sûr que ce sera exactement le jour de la rentrée, mais c’est à peu près ça», a-t-il jugé.

Par Le Figaro avec AFP