Née sans jambes, une petite Syrienne troque des boîtes de conserve pour des prothèses

décembre 9, 2018

Née sans jambes, une petite Syrienne troque des boîtes de conserve pour des prothèses

Née sans jambes, la Syrienne Maya Merhi, 8 ans, est de retour chez elle le 9 décembre 2018 dans le camp de déplacés de Serjilla (nord-ouest), après avoir reçu des soins en Turquie et des jambes artificielles qui lui permettent de marcher normalement / © AFP / Aaref WATAD

Elle avait ému les réseaux sociaux avec des photos la montrant en train de se traîner au sol avec de fausses prothèses faites de boîtes de conserve. Cinq mois plus tard, la petite syrienne Maya Merhi peut enfin remarcher grâce à des jambes artificielles.

Souffrant d’une malformation congénitale héritée de son père, Maya Merhi est née sans jambes. Après environ cinq mois passés en Turquie pour recevoir des soins et apprendre à utiliser des prothèses, la fillette de huit ans est rentrée samedi chez elle dans un camp de déplacés du nord-ouest de la Syrie.

Vêtue d’un pull rose assorti à ses baskets, elle parcourt de sa démarche saccadée les allées rocailleuses du camp de Serjilla. »J’étais tellement heureux quand je l’ai vue marcher ainsi », confie en souriant son père Mohammad Merhi, assis dans sa tente de fortune.

Assise dans sa tente dans le camp de déplacés de Serjilla (nord-ouest de la Syrie), Maya Merhi enlève ses prothèses dont la structure en plastique est décorée du drapeau turc, le 9 décembre 2018 / © AFP / Aaref WATAD

« Ses proches étaient tous très heureux », poursuit le trentenaire d’une voix douce, à côté de sa fille qui sourit timidement et opine quand il lui demande si elle est contente.

En juin dernier, Maya avait bouleversé le monde sur fond de conflit dévastateur en Syrie, pays que la fillette n’a jamais connu qu’en guerre. Ces images, diffusées entre autres par l’AFP, la montraient en train d’avancer au ras du sol à l’aide de prothèses fabriquées par son père à partir de boîtes de conserves et de tubes en plastique.

Pour parer à l’usure, il remplaçait les boîtes de conserve une fois par semaine et le plastique une fois par mois.

Maya Merhi marche dans le camp de déplacés de Serjilla (nord-ouest de la Syrie) à l’aide de prothèses artisanales fabriquées par son père avec des boîtes de conserve et des bouteilles en plastique, le 20 juin 2018 / © AFP/Archives / Aaref WATAD

L’émotion suscitée par les photos avaient poussé le Croissant-Rouge turc à évacuer la fillette et son père à Istanbul où un médecin orthoprothésiste, touché par une vidéo sur les réseaux sociaux, a pris en charge le coût des prothèses. Le père de Maya en a lui aussi obtenu mais il reconnaît qu’il a encore du mal à les utiliser.

Assise dans sa tente sur un matelas en mousse à même le sol, la fillette dévoile ses moignons, enlève et réinstalle ses jambes artificielles, laissant apparaître la structure en plastique décorée du drapeau turc.

La lumière qui filtre depuis l’entrée de la tente éclaire doucement son visage encadré par un foulard coloré, des fleurs turquoises sur un motif panthère.

« Au début, c’était difficile (pour elle) de s’habituer, elle marchait sur des boîtes de conserve et soudain elle se retrouve en hauteur », raconte son oncle, Hussein Merhi, qui l’a accompagnée lors de son périple en Turquie. « Elle chutait, comme un petit enfant qui apprend à marcher », se souvient-il.

Aujourd’hui, s’aidant encore parfois de béquilles, Maya peut jouer avec les autres enfants et prend gaiement part aux farandoles

Romandie.com avec(©AFP / (09 décembre 2018 18h03)

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décembre 9, 2018

France/Juppé: le président doit « répondre concrètement », tenir un discours « d’autorité » mais aussi « d’empathie »

décembre 9, 2018

Bordeaux – Alain Juppé, le maire de Bordeaux, théâtre d’importants débordements et dégradations samedi soir, a estimé dimanche qu’Emmanuel Macron doit « répondre concrètement à certaines attentes légitimes », tenir « un discours d’autorité », mais aussi « de compréhension, d’empathie ».

Mais M. Juppé, qui visitait dimanche des rues de Bordeaux les plus marquées par des heurts, a aussi déclaré que « les +gilets jaunes+ responsables doivent cesser d’appeler à manifester », car « c’est convoquer les casseurs sur la voie publique », « courir le risque de voir les spécialistes de la guérilla urbaine se déchainer ».

« Il faut que ce désordre cesse », avait écrit M. Juppé dans un tweet tôt dimanche matin. « Il faut que le président de la République, parle, parle vite, qu’il tienne un discours fort à l’attention des Francaises et des Français », a-t-il ajouté face à des journalistes.

Il faut « un discours d’autorité bien sur, mais aussi un discours de compréhension, d’empathie parce que beaucoup de revendications des +gilets jaunes+ responsables méritent d’être prises en considération, et s’expriment dans un langage compréhensible de tous les Francais », a poursuivi M. Juppé, évoquant notamment la question du pouvoir d’achat des plus modestes, mais aussi « un discours nouveau sur la gouvernance ».

Autour de lui, les services techniques et de voirie, continuaient dimanche matin de s’affairer à nettoyer les rues, après un spectaculaire travail depuis la veille au soir a partir de 23H00, qui avait rendu un aspect quasi-normal aux artères scènes des heurts samedi soir.

Cours Victor Hugo, l’un des points chauds de la veille où un véhicule blindé de gendarmerie avait dégagé des barricades enflammées, la circulation était rétablie et dense, les feux oranges clignotants. L’artère conservait pourtant des stigmates: une carcasse de fourgonnette incendiée, un bureau de poste saccagé, deux agences bancaires vandalisées, et certains distributeurs bancaires mis hors service.

Le tramway, dont certaines portions de rail, des câbles, avaient été endommagés par le feu, circulait normalement pour deux des trois lignes tôt dimanche, la troisième devait être rétablie à la mi-journée.

A quelques pas de là, la longue rue piétonne Sainte-Catherine, théâtre elle aussi d’accrochages et d’éphémères barricades enflammées, grouillait de monde dimanche en fin de matinée, avec la quasi-totalité des magasins ouverts. Pas toutefois le magasin Apple, dont les vitrines avaient été brisées, et le matériel -téléphones, ordinateurs en exposition– pillé par une poignée de casseurs en début de soirée.

Au moment de ce pillage, les forces de l’ordre « étaient parallèlement engagées sur 9 points différents » d’accrochage ou de barricades dans le centre de Bordeaux, a souligné le préfet de Gironde Didier Lallement dimanche, soulignant « la diversité considérable » des lieux d’incendie.

Selon un bilan actualisé du préfet, 69 personnes ont été interpellées, dont 54 placées en garde à vue. Trente-deux personnes ont été blessées, six membres de forces de l’ordre et 26 civils, dont une personne qui a eu la main arrachée par une grenade qu’elle avait ramassée.

Samedi, après des manifestations de « gilets jaunes » et pour le climat dans le calme, des heurts ont éclaté aux abords de la mairie, puis se sont poursuivis jusqu’en fin de soirée dans plusieurs rues du centre. Environ « 200-300 personnes », selon M. Juppé, puis de petits groupes de casseurs ont mis le feu à des barricades, du mobilier urbain, dégradant des vitrines et quelques banques, avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.

Romandie.com avec(©AFP / 09 décembre 2018 12h35)

Belgique: les indépendantistes flamands quittent le gouvernement, fin de la coalition (ministre)

décembre 9, 2018

Bruxelles – Les ministres nationalistes flamands de la N-VA vont démissionner de la coalition au pouvoir en Belgique depuis quatre ans, en raison d’une divergence profonde sur le Pacte de l’ONU sur les migrations, a annoncé dimanche l’un d’eux, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon.

« C’est clair, c’est net », a déclaré M. Jambon à la télévision publique RTBF en confirmant ces départs, mettant fin à plusieurs heures de flou.

Une fois acté le départ de la N-VA, poids lourd de cette coalition belge, le premier ministre Charles Michel doit prendre la tête d’un gouvernement sans majorité au Parlement, à cinq mois des prochaines élections législatives prévues fin mai.

Il doit nommer dimanche de nouveaux ministres pour remplacer ceux de la N-VA et redistribuer leurs portefeuilles (Intérieur mais aussi Finances, Défense et Migration).

Le gouvernement a souvent tangué depuis quatre ans en raison des prises de positions jugées radicales de la N-VA sur la migration.

Le président du parti Bart De Wever avait lancé samedi soir un ultimatum à M. Michel, laissant entendre que la N-VA s’en irait si ce dernier s’envolait pour Marrakech dimanche afin d’approuver au nom de la Belgique le Pacte de l’ONU sur les migrations.

« Je prends (…) acte ce soir que la N-VA quitte la majorité », avait répondu M. Michel dans la foulée. Il avait répété sa ferme intention de représenter la Belgique à Marrakech comme « chef de gouvernement d’une coalition responsable ».

Samedi soir, un conseil des ministres de la dernière chance avait été convié, mais il n’a pas permis de surmonter les divergences.

La N-VA est le seul des quatre partis de la coalition opposé à ce texte onusien, qui doit être approuvé lundi et mardi au Maroc par les pays de l’ONU, avant d’être ratifié lors d’un vote au siège des Nations Unies à New York le 19 décembre.

Le pacte avait d’abord fait l’objet d’un consensus gouvernemental cet été, mais la N-VA a changé d’avis fin octobre.

La crise, latente depuis plusieurs semaines, a éclaté mardi soir, quand Charles Michel a annoncé son intention de se tourner vers le Parlement, faute d’unanimité au sein de son gouvernement.

Deux jours plus tard, une large majorité droite/gauche s’est dégagée en plénière à la Chambre en faveur d’une résolution demandant au gouvernement de soutenir le pacte. La N-VA s’est retrouvée isolée au côté du parti d’extrême droite Vlaams Belang.

Ce parti anti-immigration a d’ailleurs tenu samedi un meeting à Bruxelles avec Marine Le Pen, cheffe de l’extrême droite française, et Steve Bannon, ex-conseiller de Donald Trump, afin de dénoncer ce Pacte, brandi comme épouvantail par les populistes à travers l’UE à l’approche des élections européennes en mai prochain.

Non contraignant, le pacte de l’ONU recense des principes et une vingtaine de propositions pour aider les pays à faire face aux migrations.

Romandie.com avec(©AFP / 09 décembre 2018 11h51)

Que peut annoncer Macron pour sortir de la crise?

décembre 9, 2018
Emmanuel Macron accompagné de membres du gouvernement se rend à l’Arc de Triomphe, le 2 décembre 2018 / © AFP/Archives / Geoffroy VAN DER HASSELT

Emmanuel Macron accompagné de membres du gouvernement se rend à l’Arc de Triomphe, le 2 décembre 2018 / © AFP/Archives / Geoffroy VAN DER HASSELT

Emmanuel Macron devrait annoncer en début de semaine des mesures sociales fortes et concrètes pour sortir enfin de la crise des « gilets jaunes », sans pour autant enterrer son ambition réformatrice.

Un cap plus social?Emmanuel Macron a jusqu’à présent affirmé qu’il entendait « changer de méthode » mais pas de « cap » économique. Des « macronistes historiques » militent pourtant pour un « tournant social » face aux « orthodoxes » budgétaires de Matignon et Bercy.

« Il faut réformer mais aussi accompagner les gens vulnérables. On doit leur faire sentir que les efforts sont partagés », réclame l’économiste Philippe Aghion, qui a travaillé sur le volet économique du programme présidentiel. « Il faut accélérer les réformes qui vont améliorer le quotidien des Français », a insisté dimanche le député LREM Matthieu Orphelin sur France Inter, en citant les retraites ou la précarité énergétique.

Le chef du groupe LREM à l’Assemblée Gilles Le Gendre a mis en garde samedi contre l’idée de « faire n’importe quoi » au nom de la justice sociale car « la principale mesure de justice sociale et de pouvoir d’achat, c’est de pouvoir faire en sorte que les Français retrouvent du boulot.

Le meilleur pouvoir d’achat c’est le salaire ».Avec quelles mesures? Parmi les pistes évoquées figurent un coup de pouce au SMIC au delà des 1,8% prévus en 2019 et au minimum vieillesse ainsi qu’une prime mobilité pour ceux qui utilisent la voiture pour se rendre à leur travail.

Est également évoqué l’avancement de la « désocialisation » (exonération de charges sociales) des heures supplémentaires, prévue en principe pour septembre 2019.

Les ministres de Bercy Bruno Le Maire et Gérald Darmanin proposent aussi d’encourager les entreprises à verser à leurs salariés une prime exceptionnelle de fin d’année, qui serait exonérée d’impôt. Revenir sur des réformes?

L’Elysée estime que le mouvement des « gilets jaunes » n’est pas anti-réformes et qu’une bonne partie de ses aspirations correspond à ce qu’Emmanuel Macron avait promis durant la campagne. Emmanuel Macron a fixé mercredi sa ligne rouge en affirmant ne pas vouloir « détricoter » des réformes décidées depuis 18 mois, en premier lieu l’ISF, chiffon rouge pour les gilets jaunes et les oppositions de gauche. Elle pourrait être évaluée plus rapidement qu’initialement prévu à l’aune du retour des exilés fiscaux ou de l’utilisation des plus de trois milliards d’euros rendus aux ménages les plus aisés.

Quid des prochaines réformes? »L’agenda est caduc. Comment faire la révision constitutionnelle, la PMA, dans ces conditions? Il faut tout reconstruire dans l’ordre », avertit un pilier de la majorité. « Je ne vois pas comment il pourra faire passer les réformes », s’inquiète un autre conseiller, alors qu’Emmanuel Macron veut lancer début 2019 des chantiers majeurs, comme la réforme des retraites et celle de la fonction publique.

Emmanuel Macron au sommet du G20 à Buenos Aires, le 1er décembre 2018 / © AFP / Ludovic MARIN

Laisser filer le déficit?Toute nouvelle mesure sociale, cumulée à l’abandon des hausses de taxes sur le carburant, creusera le déficit budgétaire au delà des 2,8% visés par le gouvernement en 2019. « Parfois en très peu de mots on dépense beaucoup d’argent public. Et souvent on peine à voir les ressources qu’il conviendrait de mettre en face » alors qu’il faut « éviter que la dette n’explose », a averti jeudi Edouard Philippe.

Attendre la concertation?Plutôt que de faire de nombreuses annonces, le chef de l’Etat pourrait attendre les propositions des concertations qui doivent se dérouler jusqu’au 1er mars dans toute la France, avec les syndicats, les élus locaux et les « gilets jaunes ». Marc Fesneau, le ministre des Relations avec le Parlement, a suggéré dimanche que le président expliquerait dans son allocution « la façon dont on va dialoguer avec les Français ».

Emmanuel Macron pourrait ainsi en préciser les modalités, encore très floues alors que doivent démarrer ce qu’Edouard Philippe a appelé des « Etats généraux » de la fiscalité.Quelles réponses politiques?

Cible principale des « gilets jaunes », Emmanuel Macron est appelé à changer de style, ce qu’il a déjà esquissé avec une série de mea culpa ces derniers mois, mais sans effet sur sa popularité, à un niveau historiquement faible dans les sondages.

Certains responsables politiques plaident pour un remaniement avant les Européennes, notamment en changeant de Premier ministre, Edouard Philippe étant jugé affaibli par la crise. « La Macronie a commencé à dire que la crise était de la faute du Premier ministre qui ne voulait rien lâcher. La bonne entente entre eux deux est terminée », affirme une source proche de la majorité.

En revanche, une dissolution, réclamée par Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, semble exclue.

Romandie.com avec(©AFP / (09 décembre 2018 12h53)

Paris demande à Trump de ne pas se mêler de politique intérieure française

décembre 9, 2018

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a invité dimanche le président américain Donald Trump, qui a commenté par une série de tweets critiques le mouvement populaire des « gilets jaunes » en France, à ne pas se mêler de politique intérieure française.

« Je dis à Donald Trump et le président de la République (Emmanuel Macron) le lui a dit aussi : nous ne prenons pas partie dans les débats américains, laissez-nous vivre notre vie de nation », a-t-il déclaré dans l’émission Le Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI.

« Nous ne tenons pas pour notre part de considération sur la politique intérieure américaine et nous souhaitons que ce soit réciproque », a-t-il ajouté.

Donald Trump a parlé samedi d’un « jour très triste » à Paris après une nouvelle manifestation des gilets jaunes – des Français modestes mobilisés contre la politique d’Emmanuel Macron – émaillée de violences, et a appelé à mettre fin à l’accord sur le climat signé à Paris fin 2015.

« Manifestations et émeutes partout en France », a-t-il tweeté. Les manifestants « scandent +Nous voulons Trump+. J’adore la France », a-t-il également écrit.

Le chef de la diplomatie française a contesté que de tels propos en faveur de Donald Trump aient été tenus lors des manifestations des gilets jaunes qui se succèdent depuis trois semaines.

« Les gilets jaunes n’ont pas manifesté en anglais à ma connaissance et pour tout vous dire, les images qui sont parues aux Etats-Unis et où on entendait « We want Trump » (Nous voulons Trump) étaient des images prises à Londres lors d’un déplacement du président Trump il y a plusieurs mois », a-t-il dit.

Le locataire de la Maison Blanche avait déjà ironisé mardi sur les concessions faites par Emmanuel Macron aux « gilets jaunes » en suspendant une taxe sur le carburant, estimant que l’accord de Paris était voué à l’échec.

La relation amicale entre les deux dirigeants s’est très nettement dégradée ces dernières semaines, le président américain moquant même le mois dernier, à son retour des commémorations du centenaire de l’Armistice de la Première Guerre mondiale à Paris, la faible popularité de son homologue français.

Le ministre français des Affaires étrangères a aussi égratigné l’homme fort du gouvernement italien, le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini, qui critique régulièrement Emmanuel Macron.

« J’entends bien les rodomontades de M. Salvini (..) Je lui laisse ses propos et ses déclarations péremptoires », a dit Jean-Yves Le Drian. « Il est (aussi) en ce moment devant des difficultés, des manifestations de plusieurs dizaines de milliers de personnes sur le projet (ferroviaire) Lyon-Turin. A chacun ses difficultés, respectons chacun », a-t-il ajouté.

Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Turin contre le projet de liaison ferroviaire avec Lyon, qui représente selon eux un « gaspillage d’argent public ».

Romandie.com avec(©AFP / (09 décembre 2018 14h03)

« Gilets jaunes »: 70 arrestations à Bruxelles, le quartier européen bouclé

décembre 8, 2018

Bruxelles – Environ 70 personnes ont été arrêtées samedi en amont d’une manifestation de « gilets jaunes » à Bruxelles, où le quartier des institutions européennes a été entièrement bouclé, a-t-on appris auprès de la police locale.

« On compte environ 70 arrestations suite aux contrôles qu’on fait de manière préventive », a expliqué à l’AFP Ilse Van De Keere, porte-parole de la zone Bruxelles

-Capitale-Ixelles.

Quelques dizaines de personnes étaient rassemblées en fin de matinée dans deux endroits de la capitale belge –Arts-Lois et Porte de Namur– mais aucune violence n’avait été constatée.

Des barrages de police étaient déployés autour du quartier européen, où se concentrent les institutions européennes (Commission, Conseil et Parlement européens), empêchant l’accès des véhicules, mais aussi des piétons, a constaté un journaliste de l’AFP.

Selon l’agence Belga, des gilets jaunes bloquent par ailleurs l’autoroute E17 vers Rekkem, une ville de Flandre occidentale, située près de la frontière avec la France.

Un barrage a également été mis en place tôt ce matin sur la E40, au niveau de la frontière franco-belge, à hauteur d’Adinkerque (nord), toujours selon Belga.

Le mouvement des « gilets jaunes », apparu en France, s’est exporté en Belgique, en particulier dans la région francophone de Wallonie.

Le 30 novembre, une manifestation de 300 personnes avait dégénéré à Bruxelles, où deux véhicules de police avaient été incendiés.

Romandie.com avec(©AFP / 08 décembre 2018 10h48)

« Gilets jaunes »: la tension monte d’un cran à Paris, calme en régions

décembre 8, 2018

Paris – Après une matinée relativement calme, des heurts ont éclaté samedi à différents endroits de la capitale lors de la quatrième grande journée de mobilisation des « gilets jaunes », placée sous très haute sécurité.

Des gaz lacrymogènes aux abords des Champs-Elysées, le Drugstore de Publicis de l’avenue attaqué, des vitrines brisées avenue de Friedland, une barricade enflammée sur les Grands-Boulevards où les véhicules blindés de la gendarme ont été déployés…

Des points de tension se sont soudainement créés en début d’après-midi alors que contrairement au samedi précédent aucun incident majeur ne s’était produit jusqu’à la mi-journée.

Le week-end dernier, les images de quartiers huppés de Paris en proie pendant des heures à la guérilla urbaine, avaient stupéfié en France comme à l’étranger et poussé les autorités à revoir leur stratégie de maintien de l’ordre.

89.000 membres des forces de l’ordre sont mobilisés, dont 8.000 à Paris appuyés par 14 « VBRG », véhicules blindés à roue de la gendarmerie.

Les manifestants sont un peu moins nombreux que la semaine dernière à la même heure: 31.000 en France (contre 36.000 le 1er décembre), dont 8.000 à Paris, selon le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Laurent Nuñez.

Prenant les devants, les autorités ont renforcé les contrôles en amont: plus de 700 personnes ont été interpellées dont 581 à Paris (423 gardes à vue) principalement car elles étaient en possession de marteau, de boules de pétanque, de pavés, de masques…Un nombre déjà bien supérieur au total des interpellations (412) effectuées dans la capitale samedi dernier.

– « Prudents » -« 

Nous sommes à la mi-journée, nous restons très prudents, pour l’instant il n’y a pas d’incident grave », a souligné M. Nuñez sur France 2.

Le Premier ministre Edouard Philippe a évoqué un dispositif de sécurité « exceptionnel », et remercié tous ceux « qui ont appelé au calme ».

Plusieurs figures de cette contestation née sur les réseaux sociaux avaient notamment ces derniers jours appelé à défiler pacifiquement.Plus de trois semaines après le lancement de ce mouvement pour le pouvoir d’achat né de la contestation de l’augmentation de la taxe sur les carburants, de nombreux « gilets jaunes » venaient pour la première fois manifester à Paris.

Avenue de la Grande Armée, Louis 24 ans, gilet jaune sur le dos, explique: « Je suis conducteur de travaux, j’ai un ouvrier qui le 10 du mois n’a plus rien pour vivre. C’est aussi pour lui que je lui là ».

A Paris et ailleurs, comme au Puy-en-Velay (Haute-Loire), des manifestants ont mimé la scène très controversée de l’interpellation de 151 jeunes à Mantes-la-Jolie la veille, en s’agenouillant les mains sur la tête.

Les grands magasins parisiens resteront fermés toute la journée, du jamais vu pour un samedi précédant les fêtes.

La tour Eiffel, le Louvre resteront également porte closes, tout comme de nombreux commerces et restaurants et 36 stations de métro.Plusieurs pays européens ont conseillé la prudence à leurs ressortissants, voire d’éviter Paris ce week-end comme la Belgique. « Ça nous gâche un peu notre séjour, tous les musées et les monuments sont fermés. On va juste se balader un peu et rentrer à l’hôtel ! », regrette Marcia, touriste italienne de 25 ans venue passer le week-end à Paris.

En régions, la situation semblait relativement calme même si le réseau routier et autoroutier connaissait des perturbations dans la matinée avant des manifestations prévues dans l’après-midi dans plusieurs grandes villes.

L’autoroute A6 est coupée au niveau de Villefranche-sur-Saône dans le sens Paris-Lyon. Coupée dans le sens Bordeaux-Paris dans la nuit, l’A10 a été rouverte en milieu de journée.

– « Dissolution » –

Des dizaines de personnes ont été interpellées à Grenoble, Toulouse et Bordeaux.

Deux mille « gilets jaunes » ont défilé à Marseille, 500 à Nice, où ils ont observé une minute de silence devant le palais de la Méditerranée « pour tous les morts et blessés des manifestations depuis trois semaines ».

Au sud de Montélimar, des « gilets jaunes » ont bloqué l’accès à la plateforme Amazon et celle d’Easydis, (qui approvisionne le Groupe Casino).

Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a de nouveau évoqué samedi « la dissolution » de l’Assemblée nationale, qui selon lui « s’approche comme une issue raisonnable et tranquille » à la crise.

Silencieux toute la semaine, Emmanuel Macron ne s’exprimera qu’en « début de semaine prochaine ».

Les concessions du gouvernement, notamment l’annulation de l’augmentation de la taxe sur les carburants, semblent n’avoir eu aucun effet, si ce n’est d’avoir fragilisé le Premier ministre Édouard Philippe qui défendait une simple suspension avant d’être brutalement désavoué par l’Elysée.

L’exécutif craint aussi une extension de la contestation à d’autres secteurs, notamment chez les agriculteurs et dans l’éducation.

Romandie.com avec(©AFP / 08 décembre 2018 13h38)

Togo : un enfant tué au cours d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre

décembre 8, 2018

Lomé – Au moins une personne, un enfant, a été tuée par balle samedi au cours d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre dans certains quartiers de Lomé notamment à Agoè, banlieue nord de la capitale, a indiqué le ministre de la sécurité.

« Il s’agit d’un enfant tué par balle par des individus à bord d’un véhicule 4X4, sans plaque. Des recherches sont actuellement en cours, pour retrouver le véhicule et les auteurs », a déclaré à l’AFP, le général Yark Damehane.

L’enfant avait d’environ 8 ans, a-t-il ajouté.

Il y aurait « un autre décès. Nous n’avons pas encore la confirmation. Un communiqué sera publié dans la soirée », a-t-il poursuivi.

La principale coalition de l’opposition qui n’a pas présenté de listes pour les élections législatives du 20 décembre, dénonçant des « irrégularités », a appelé à de nouvelles manifestations, pendant une dizaine de jours à partir de ce samedi pour exiger l’arrêt du processus électoral.

Ces manifestations sont interdites par le gouvernement qui a évoqué le « risque très élevé de troubles graves à l’ordre public », alors que la campagne électorale a démarré depuis mardi.

Dans certains quartiers, notamment à Agoè, des jeunes ont dressé des barricades et brûlé de pneus. Les forces de l’ordre ont réagi, faisant usage de gaz lacrymogènes, avec des courses poursuites dans la zone.

Dans certaines villes à l’intérieur du pays notamment à Sokodé et à Bafilo, des jeunes qui tentaient de se rassembler, ont été également dispersés à coups de gaz lacrymogènes

.La coalition réclame notamment des réformes constitutionnelles pour permettre la limitation des mandats présidentiels et, pour ce qui est des législatives, la recomposition du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et la reprise de toutes les activités déjà menées par cette institution.

Le pays traverse une grave crise politique depuis plus d’un an, avec des manifestations massives pour réclamer la démission du président Faure Gnassingbé. Ce dernier a succédé en 2005 à son père qui avait dirigé le Togo d’une main de fer pendant 38 ans.

Les Eglises évangéliques, presbytériennes et méthodistes du Togo ont appelé mercredi à un « report de quelques mois » de ces élections, dénonçant « les conditions non consensuelles » dans lesquelles est organisé le scrutin.

Vendredi soir, les « cadres musulmans » du Togo ont également appelé à un « report » de ces élections.

Romandie.com avec(©AFP / 08 décembre 2018 15h27)

Angela Merkel obtient un répit à la chancellerie

décembre 8, 2018
Angela Merkel et son successeur à la tête de la CDU Annegret Kramp-Karrenbauer, lors du congrès du parti à Hambourg, le 8 décembre 2018 / © AFP / John MACDOUGALL

La victoire à l’arraché d’une proche d’Angela Merkel pour diriger le parti conservateur allemand renforce les chances de la chancelière de rester en poste jusqu’en 2021, même si de gros écueils l’attendent l’an prochain.

L’Union chrétienne-démocrate (CDU) a porté vendredi à sa tête la Sarroise Annegrett Kramp-Karrenbauer (AKK), 56 ans, lors d’un congrès historique qui se termine samedi à Hambourg et marque la fin des 18 ans de règne d’Angela Merkel.

Ce poste lui ouvre à terme les portes de la chancellerie.Le plan fomenté par la chancelière s’est donc réalisé, soulignent les médias allemand. Même si sa protégée a remporté le poste avec seulement 35 voix d’avance sur Friedrich Merz, un anti-Merkel déclaré, partisan d’un net virage à droite du plus grand parti d’Allemagne.

Celle qu’on surnomme « Mini Merkel » endosse globalement la ligne centriste de la chancelière. Elle « va certes la contredire ça et là. Mais elle ne va pas fondamentalement lui compliquer la tâche à la tête du gouvernement », estime le quotidien Süddeutsche Zeitung.

« Personne ne croyait vraiment qu’un duo Merz/Merkel aurait pu travailler dans l’harmonie », pointe Der Spiegel.

Si Angela Merkel, 64 ans, a dû céder les rênes de son parti après deux élections régionales très décevantes en octobre, elle tient mordicus à boucler son quatrième et dernier mandat, qui s’achève en 2021.

– Fragile alliance –

« Je ne pense pas qu’Angela Merkel se soit affaiblie, au contraire, elle peut continuer de gouverner en tant que chancelière », indique à l’AFP Matthias Middelberg, délégué CDU de Hannovre au congrès de Hambourg.

Celle que le magazine Forbes a de nouveau récemment sacrée la femme la plus puissante du monde pourrait n’avoir toutefois obtenu qu’un sursis.

Car de nombreux obstacles demeurent jusqu’en 2021 qui pourraient mettre prématurément un terme à la fragile alliance gouvernementale qu’elle a mise sur pied cette année avec le parti social-démocrate. Une coalition agitée en quasi-permanence de crises

.Beaucoup en Allemagne ne la voient ainsi pas survivre aux élections européennes de mai 2019, si les partis traditionnels -CDU et SPD- sont de nouveau sanctionnés.

Elle pourrait aussi devoir partir au plus tard à l’automne après des scrutins dans trois Etats régionaux de l’est, tous des bastions de l’extrême droite de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD).

Le grand parti conservateur, attaqué à la fois sur sa droite et au centre, par les Verts, ne recueille plus qu’entre 26 et 28% dans les intentions de vote. Son partenaire du SPD est dans un état encore pire.

Les conservateurs, déjà affaiblis, avaient rassemblé encore 33% des voix, lors des législatives de 2017 marquées par l’entrée à la chambre des députés du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne.

– Unité en question –

Lors de son discours d’adieu, Angela Merkel a lancé vendredi un vibrant appel à l’unité de son parti. Car la campagne des dernières semaines pour sa succession a avivé les tensions entre courants.Et la courte victoire d' »AKK » face à son rival Friedrich Merz augure de lendemains compliqués.

L’intéressée a fait un premier geste samedi en direction des partisans d’une droitisation du parti, en nommant l’un de leurs représentants, le chef de l’organisation des Jeunes chrétiens-démocrates, Paul Ziemiak, au poste de numéro de deux de la CDU.

Elle a aussi déjà en partie durci sa position sur la politique migratoire, afin de bien se démarquer d’Angela Merkel.

Elle a même plaidé pour l’expulsion des Syriens reconnus coupables d’actes criminels. Une manière pour la CDU de tenter de reconquérir une partie des électeurs votant pour l’extrême droite depuis l’arrivée de plus d’un million de réfugiés dans le pays en 2015 et 2016.

« Kramp-Karrenbauer ne pourra maintenir l’unité de la CDU que si elle remporte des succès, en particulier dans le combat contre l’AfD », souligne Der Spiegel. Et si elle échoue, la CDU entrera dans une période de turbulence qui pourrait conduire à sa scission.

Romandie.com avec(©AFP / (08 décembre 2018 12h30)