Inde: une vague de chaleur tue plus de 430 personnes

mai 25, 2015

Une vague de chaleur a tué plus de 430 personnes dans deux Etats du sud de l’Inde où la température a frôlé les 50°C, ont indiqué les autorités lundi. Les taxis de Calcutta ont par exemple limité de leur côté leurs déplacements.

Le bilan devrait encore s’alourdir, préviennent-elles, certains chiffres de l’Etat du Telangana (sud) n’étant pas encore parvenus tandis que le thermomètre ne marquait aucun fléchissement.

La chaleur sévit depuis plusieurs jours en Inde, y compris dans la capitale New Delhi où la température approche 45°C. Elle provoque des coupures de courant, mais ce sont les Etats voisins du Telangana et de l’Andhra Pradesh qui souffrent le plus.

Dans l’Andhra Pradesh, les autorités exhortent la population à ne pas travailler longtemps sous le soleil, après la mort de 246 personnes en raison de la chaleur la semaine passée. « La majorité des victimes ont été exposées directement au soleil, avaient 50 ans ou plus et étaient issues de la classe ouvrière », a dit P. Tulsi Rani, un haut responsable de la gestion des catastrophes naturelles de l’Etat de l’Andhra Pradesh.

« Plus forte que d’habitude »
Dans le Telangana, 188 personnes sont mortes, la plupart en milieu de semaine passée. Mais le bilan, qui doit encore être confirmé, continue d’augmenter, a déclaré D.Vani, un responsable de l’unité de gestion des catastrophes de cet Etat.

A Calcutta (est), les syndicats de taxis ont recommandé aux chauffeurs de ne pas conduire entre 13h00 et 18h00 en raison de la chaleur. Dans le Rajasthan (nord-ouest), plusieurs personnes sont mortes en raison de la chaleur, dont une femme qui s’est évanouie et a succombé au bord de la route à Bundi, selon l’agence Press Trust of India.

Chaque année, la chaleur tue des centaines de personnes en Inde, principalement parmi les plus pauvres, et des dizaines de milliers d’autres souffrent de coupures de courant. « La vague de chaleur actuelle est légèrement plus forte que d’habitude. Les températures ont pratiquement atteint 48/49 degrés », a dit B. R. Meena, haut responsable de l’Etat du Telangana.

Romandie.com

Tunisie : fusillade dans la caserne de Bouchoucha à Tunis, sept militaires tués

mai 25, 2015

Des soldats tunisiens devant la caserne de Bouchoucha.
Des soldats tunisiens devant la caserne de Bouchoucha. © Fethi Belaid/AFP

Un soldat tunisien a ouvert le feu lundi matin sur d’autres soldats, dans la caserne de Bouchoucha, à Tunis. Au moins sept militaires ont été tués et d’autres blessés, selon le ministère de la Défense. Les autorités ont exclu la piste terroriste.

À l’entrée du Bardo, la caserne de Bouchoucha est le centre névralgique des forces sécuritaires à Tunis où sont regroupées, entre autres, la brigade anti-terroriste, ainsi que les forces spéciales de l’armée. Il s’agit aussi du centre de détention préventive le plus important de la capitale.

Lundi matin vers 8 heures des coups de feu ont été entendus, laissant craindre l’éventualité d’un acte terroriste. Mais selon le porte-parole du ministère de la défense nationale, Belhassen Oueslati, il s’agirait d’un caporal n’ayant pas le droit port d’armes qui en aurait dérobée une à un soldat, tuant sept de ses camarades et en blessant dix autres, l’un étant dans un état grave. Il a été abattu dans la riposte qui a suivi.

École évacuée

Après l’attentat du musée du Bardo le 18 mars qui a fait 22 morts, dont les deux terroristes, et 48 blessés, cet incident met Tunis sur le qui-vive et les rumeurs foisonnent. Certains évoquent des tirs également à la mosquée du 20-Mars, voisine de la caserne, tandis que des témoins « oculaires » affirment qu’il s’agit d’une attaque terroriste à laquelle seraient mêlées des femmes.

Ces allégations sont à prendre avec prudence, le quartier a toujours été sous haute sécurité, et la caserne possède une puissance de feu pouvant dissuader les projets terroristes les plus fous. L’école primaire du quartier a cependant été évacuée, « par mesure de précaution », précise son directeur.

Jeuneafrique.com par Frida Dahmani, à Tunis   

Nigeria: le président sortant laisse un pays sinistré, dénonce l’opposition

mai 24, 2015

Abuja – Le président sortant du Nigeria, Goodluck Jonathan, va passer la main à son successeur vendredi en laissant un pays plus sinistré que jamais, plombé par des pénuries de carburant et le marasme économique, a déclaré dimanche le principal parti d’opposition.

Jamais dans l’histoire de notre pays un gouvernement quelconque n’a transmis à un autre gouvernement un pays aussi sinistré, a estimé dimanche Lai Mohammed, le porte-parole du Congrès progressiste (APC), dans un communiqué.

Pas d’électricité, pas de carburant, des travailleurs en grève, des milliards dûs aux fonctionnaires régionaux et fédéraux, 60 milliards de dollars de dette nationale, et l’économie est virtuellement à terre, a-t-il énuméré.

Muhammadu Buhari, de l’APC, sera investi vendredi président du pays le plus peuplé d’Afrique (près de 180 millions d’habitants), également plus grosse économie et premier producteur de pétrole du continent, après avoir battu Goodluck Jonathan à la présidentielle du 28 mars.

Mais à quelques jours de son entrée en fonction, le pays est virtuellement à l’arrêt après des semaines de crise des carburants.

Les stations-service sont à sec, des avions sont cloués au sol dans les aéroports, et le premier opérateur mobile vient de prévenir qu’il va avoir du mal à maintenir son réseau sans approvisionnement rapide en carburant.

L’APC, qui a fait campagne sur le combat contre la corruption endémique et l’insécurité (en référence aux islamistes de Boko Haram, dont les attaques ensanglantent le Nord depuis des années), a durement critiqué M. Jonathan et son parti, le PDP, pour leur silence sur cette crise.

Lai Mohammed a accusé le PDP de n’être pas intéressé par la résolution de la crise, qui laisse des millions de Nigérians sans électricité depuis des semaines à cause du manque de carburant pour leurs générateurs – le réseau électrique public ne fonctionne que quelques heures par jour.

Le gouvernement a annoncé vendredi que le pays ne produisait que 1.327 mégawatts d’électricité – un plus-bas quasi historique.

La première économie d’Afrique extrait deux millions de barils de pétrole brut par jour mais doit importer l’essentiel de ses carburants à cause de ses faibles capacités de raffinage – une situation que les observateurs imputent à la corruption et la mauvaise gestion.

Selon les syndicats du secteur pétrolier, la crise a éclaté parce que le gouvernement, qui subventionne les carburants pour les maintenir sous les prix du marché mais est à court de liquidités depuis l’effondrement des cours du pétrole, doit 200 milliards de nairas (environ 904 millions d’euros) d’impayés aux importateurs de carburant, qui ont du coup cessé leur activité.

Pour l’APC, le Nigeria est sur pilotage automatique depuis plusieurs semaines, car l’administration sortante n’a montré ni la capacité, ni la volonté de résoudre les crises qu’elle a créées et imposées à la nation.

Le Parti démocratique populaire (PDP) de M. Jonathan a accusé l’opposition de tenter de ternir l’image du gouvernement sortant.

Nous jugeons curieux et (voyons) plus qu’une coïncidence dans le fait que le pays subit de graves pénuries de carburant et d’électricité précisément à ce moment-là, alors que ce n’était pas le cas sous le gouvernement dirigé par le PDP, a déclaré le porte-parole du parti Olisa Metuh.

Nous nous demandons s’il n’y a pas des forces qui sabotent le système pour donner l’impression que l’APC hérite d’infrastructures défaillantes et d’un effondrement complet du système, a-t-il ajouté.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mai 2015 23h46)

L’EI a exécuté 217 personnes à Palmyre et aux environs en 9 jours

mai 24, 2015

Beyrouth – Le groupe Etat islamique (EI) a exécuté au moins 217 personnes, dont des civils, depuis qu’il s’est emparé il y a neuf jours d’une partie de la province syrienne de Homs qui inclut Palmyre, a affirmé une ONG dimanche.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) a déclaré qu’il avait des preuves de l’exécution de 67 civils, dont des enfants, et de 150 membres des forces syriennes par des jihadistes de l’EI dans plusieurs endroits de la province de Homs depuis le 16 mai.

L’Observatoire a confirmé que l’Etat islamique avait exécuté 67 civils, dont 14 enfants et 12 femmes à Soukhna, Amiriya, aux environs de casernes d’officiers et à Palmyre, a indiqué l’ONG basée en Grande-Bretagne, en évoquant plusieurs zones situées dans l’est de la province de Homs.

L’EI a également exécuté plus de 150 membres des forces armées et des milices du régime de Damas et d’autres accusés d’être des informateurs loyaux au régime, selon l’ONG.

Selon le directeur de l’Observatoire Rami Abdel Rahman, des familles entières ont été exécutées, dont des enfants avec leurs parents.

La plupart des exécutions ont eu lieu à Palmyre. Certaines victimes ont été tuées par balles, d’autres ont été décapitées ou tuées avec des couteaux, a-t-il déclaré à l’AFP.

L’Observatoire a fourni ce bilan quelques heures après que les médias officiels syriens eurent affirmé que l’EI avait commis un massacre à Palmyre, tuant quelque 400 civils, la plupart des femmes et des enfants.

Selon l’ONG, 600 personnes, dont des membres des forces armées, des militants pro-gouvernementaux et des civils accusés de liens avec le régime, ont été en outre capturées par l’EI au cours de son avancée.

Inscrite par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité, Palmyre est tombée aux mains de l’EI le 21 mai, à l’issue d’âpres combats avec les forces du régime.

La prise de cette cité antique, située à 210 km au nord-est de Damas, pourrait permettre aux jihadistes de lancer des attaques contre Damas et Homs, troisième ville du pays, estiment des experts.

Outre cette région, l’EI contrôle la majeure partie des provinces de Deir Ezzor et Raqa (nord), et a une forte présence dans les provinces de Hassaké (nord-est), d’Alep (nord), de Homs et de Hama (centre).

Il est aussi maître de la quasi-totalité des champs pétroliers et gaziers de Syrie, qui lui assurent une importante source de revenus.

Romandie.com avec(©AFP / 25 mai 2015 01h03)

JO-2016 : Claude Le Roy accuse le Ghana de tricher sur l’âge des joueurs

mai 24, 2015

Le Français Claude Le Roy avec la sélection senior du Congo Brazzaville.
Le Français Claude Le Roy avec la sélection senior du Congo Brazzaville. © AFP

Le sélectionneur du Congo Brazzaville Claude Le Roy, a accusé dimanche le Ghana d’avoir aligné des joueurs trop âgés samedi lors de la défaite (1-0) de son équipe en qualifications pour le tournoi de football des JO-2016.

Les joueurs alignés dans ces rencontres doivent être nés après le 1er janvier 1993, ce qui n’était pas le cas pour certains Ghanéens selon Le Roy.

« Ce n’est pas juste. Le Congo respecte les règles et pas le Ghana. J’ai entraîné quelques-uns des Ghanéens il y a sept ans pour les qualifications pour le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) contre le Niger. Ils n’ont pas moins de 23 ans », a dénoncé le Français lors d’une conférence de presse à Accra.

Ni le sélectionneur ghanéen Malik Jabir, ni les responsables n’ont réagi jusqu’à présent à ces accusations.

Le Congo reçoit le Ghana la semaine prochaine pour le match retour, le vainqueur se qualifiant pour le troisième tour de qualifications pour les JO-2016.

Le Roy vise une première participation aux jeux Olympiques comme entraîneur. Il est sélectionneur du Congo Brazzaville depuis 2013.

Jeuneafrique.com

Cannes 2015 : Laeti­tia Casta et Sophie Marceau sexy, Michelle Rodri­guez dévoile sa poitrine

mai 24, 2015
Cannes 2015

Cannes 2015

Les stars ont sorti leurs plus belles tenues !

Elles étaient belles, les stars pour la dernière montée des marches du Festi­val de Cannes 2015 ! Belles, classes et satis­faites de cette 68e édition de ce pres­ti­gieux festi­val de cinéma, qui s’est terminé avec le docu­men­taire La glace et le ciel.
 
Laeti­tia Casta est appa­rue très sexy dans une robe noire fendue derrière et en dentelle trans­pa­rente au niveau de ses fesses. La tenue, qui lais­sait appa­raître une partie du haut de ses cuisses, promet­tait une surprise à chaque étage !

Sophie Marceau a foulé la red carpet vêtue d’une robe trans­pa­rente par endroits, et avec la classe qu’on lui connaît, elle a posé aux côtés des autres membres du jury, dont Sienna Miller qui a choisi une robe mauve très fluide, qui mettait en valeur sa classe natu­relle. Rossy De Palma portait quant à elle un décol­leté rava­geur et un rouge à lèvre carmin qui lui allait à merveille. Valé­rie Bruni-Tedes­chi a misé sur la tenue toute blanche. Maïwenn et Emma­nuelle Bercot sont arri­vées en retard. Prépa­rées en dix minutes, elles n’en étaient pas moins classes que d’habi­tude.

A noter la superbe robe d’ Izabel Goulart, mannequin de Victo­ria’s Secret, qui était fendue jusqu’en haut. D’un jaune puis­sant, elle rendait très sexy la jeune femme. Le contraire de Michelle Rodri­guez. L’actrice a opté pour une robe en dentelle à col roulé, qui ne lais­sait pas dépas­ser grand chose.

Côté hommes, on a noté la présence de Jake Gyllen­haal, Vincent Lindon, Laurent Gerra et Xavier Dolan

Voici.fr par C D

Mort du géant des mathématiques John Nash dans un accident de voiture

mai 24, 2015

New York – Le géant américain des mathématiques John Nash, célèbre pour son travail sur la théorie des jeux qui lui a valu le prix Nobel d’économie en 1994, est décédé samedi avec femme dans un accident de la route sur la côte est des Etats-Unis, a-t-on appris dimanche auprès de la police.

Le scientifique âgé de 86 ans et sa femme, Alicia Nash, 82 ans, incarnés dans le film Un homme d’exception, réalisé en 2001, ont été éjectés d’un taxi dont le chauffeur avait perdu le contrôle sur une autoroute du New Jersey (est), a précisé la police.

Les passagers du taxi ont été éjectés et sont morts samedi, a indiqué à l’AFP le sergent Gregory Williams, en expliquant que le chauffeur avait perdu le contrôle du véhicule et heurté une barrière de sécurité sur le bord de l’autoroute.

John Nash et un autre mathématicien Louis Nirenberg, décrits comme deux géants du XXe siècle de la discipline, s’étaient vu attribuer le 25 mars le prix Abel de mathématiques.

Ils avaient été récompensés pour leurs contributions fondamentales et absolument remarquables à la théorie des équations aux dérivées partielles non linéaires, et à ses applications à l’analyse géométrique, selon l’Académie norvégienne des sciences et lettres.

John Nash a fait carrière à l’Université de Princeton et à l’Institut de technologie du Massachusetts (MIT).

Dans Un homme d’exception, réalisé par Ron Howard, son personnage est interprété par Russell Crowe. Le film décrit à la fois son génie mathématique et sa schizophrénie qui lui faisait imaginer un agent fédéral américain qui lui a proposé d’aider secrètement le gouvernement pour décrypter des messages d’espions russes dans la presse. Après une hospitalisation et l’aide de sa femme il parvient à contrôler ses hallucinations.

Russell Crowe s’est dit, sur Twitter, sous le choc. Mes pensées vont à John et Alicia et à leur famille. Ce fut une collaboration extraordinaire. Des esprits d’exception, de très grands coeurs, écrit-il.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mai 2015 17h08

Angleterre: Drogba quitte Chelsea mais ne prend pas sa retraite

mai 24, 2015

Angleterre: Drogba quitte Chelsea mais ne prend pas sa retraite
Angleterre: Drogba quitte Chelsea mais ne prend pas sa retraite © AFP

Le buteur ivoirien Didier Drogba, 37 ans, a annoncé dimanche qu’il quitterait Chelsea à la fin de la saison et qu’il entendait jouer encore un an au moins dans un autre club avant de prendre sa retraite.

« Je veux jouer encore un an et pour avoir plus de temps de jeu je pense qu’il faut que j’aille dans un autre club », a-t-il expliqué avant le match de Premier League contre Sunderland, qui sera son dernier à Stamford Bridge, avec le brassard de capitaine de surcroit.

Drogba a porté le maillot des Blues de 2004 à 2012 puis cette saison après un passage en Chine et en Turquie. Il a tout gagné avec le club, notamment le Championnat et la Coupe d’Angleterre, ainsi que la Ligue des champions.

« Tous les supporteurs connaissent mon amour pour Chelsea et j’espère revenir avec un autre rôle dans le futur », a ajouté l’attaquant, auteur entre autre de l’égalisation à la 88e minute en finale de la C1 en 2012 avant d’inscrire un penalty lors de la séance de tirs au but.

Éclipsé cette saison par l’Hispano-brésilien Costa, il a inscrit 7 buts en 39 matches toutes compétitions confondues, mais compte seulement 13 titularisations.

Auteur du doublé championnat-Coupe de la Ligue cette saison, l’ex-Marseillais passé par Le Mans et Guingamp aura donc remporté 14 trophées majeurs avec le club londonien.

En août, il a mis fin à sa carrière internationale avec les Éléphants de Côte d’Ivoire après avoir inscrit 65 buts en 104 matches.

« Tout le monde à Chelsea souhaite remercier Didier pour ce qu’il a accompli ici et il sera toujours le bienvenue à Stamford Bridge, ont commenté les Blues dans un communiqué. Nous sommes convaincus que tous nos supporteurs se joindront à nous pour lui souhaiter de bonnes choses à l’avenir et le remercier pour tous ces formidables souvenirs ».

Jeuneafrique.com

Canada/François Bugingo: des reportages inventés de toutes pièces

mai 24, 2015
François Bugingo

François Bugingo

Dans ses reportages diffusés dans plusieurs médias québécois au fil des années, le journaliste François Bugingo a romancé la réalité ou carrément raconté des faussetés.

Le journaliste François Bugingo a inventé de toutes pièces plusieurs reportages internationaux. Lesquels sont vrais, lesquels sont faux? Notre enquête.

François Bugingo a affirmé à l'émission Deux filles... (PHOTO ARCHIVES REUTERS) - image 1.0

François Bugingo a affirmé à l’émission Deux filles le matin à TVA avoir discuté avec un tireur embusqué lors de la guerre de Bosnie en 1993. Il affirme aujourd’hui s’être rendu à Sarajevo deux ans plus tard.

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François Bugingo a décrit une exécution dont il... (PHOTO ARCHIVES REUTERS) - image 1.1

François Bugingo a décrit une exécution dont il aurait été témoin après la prise de Misrata par les rebelles libyens. Mais en vérité, il n’a jamais mis les pieds dans cette ville.

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C’est «l’un des moments les plus douloureux» que François Bugingo ait «jamais vécu dans [sa] carrière de journaliste et de témoin de toutes les guerres qui ont endeuillé le monde dans les 20 dernières années».

À Misrata, en Libye, «l’un des tortionnaires les plus zélés du régime du dictateur Kadhafi » est sur le point d’être exécuté par des miliciens triomphants. L’homme, menotté, dégage une odeur fétide : sans doute s’est-il fait dessus. Son visage est boursouflé des coups qu’il a reçus. Alors que des combattants surexcités l’entraînent vers son lieu d’exécution, il se tourne vers François Bugingo et lui crie : «I hate the bad man the Guide made of me».

Cette histoire a été relatée par François Bugingo lui-même dans son blogue, hébergé sur le site internet du Journal de Montréal, le 11 février 2014. Une scène d’une grande violence, sûrement douloureuse pour tout journaliste qui aurait eu le malheur d’y être confronté.

Le problème, c’est que François Bugingo n’a jamais mis les pieds à Misrata. Il n’a jamais vu un tortionnaire du régime Kadhafi sur le point de se faire exécuter par des milices rebelles en Libye.

Il n’a pas davantage trinqué avec les tireurs d’élite serbes de Sarajevo en 1993;

Il n’a pas négocié la libération d’un journaliste otage avec des terroristes d’Al-Qaïda en Mauritanie en septembre 2011;

Il n’était pas représentant de la Commission européenne auprès du ministre égyptien de l’Intérieur au Caire, en février 2011;

Il n’était pas à Mogadiscio, en Somalie, le 4 août 2011.

François Bugingo a pourtant publiquement prétendu tout cela, au cours des dernières années, aux micros de différents médias – y compris ceux de La Presse, de Radio-Canada, de TVA, de Télé-Québec, du Devoir, du 98,5fm et du Journal de Montréal. Le reporter dispose d’une large tribune au Québec. Notre enquête démontre toutefois que ses faits d’armes journalistiques sont parfois très romancés, quand ils ne sont pas carrément faux.

Dans le cas de Misrata, François Bugingo a lui-même nié s’y être rendu, au cours d’une longue entrevue avec La Presse, le 15 mai dernier : «Non, je ne suis pas allé à Misrata », a-t-il dit. Lorsque nous avons évoqué la «douloureuse» scène du tortionnaire bientôt mis à mort par les milices de la ville, le journaliste a continué à nier: «Non, non, non. J’ai dû le lire quelque part.»

La fable de Sarajevo

De passage à l’émission Deux filles le matin à TVA, le 14 octobre dernier, François Bugingo a évoqué le siège de Sarajevo lorsque l’animatrice lui a demandé de parler d’un «moment marquant, une rencontre qui a changé [sa] vision de la vie».

«Je dirais, en 93, dans la guerre de Bosnie, a-t-il répondu. Je me rappellerai toujours, à Sarajevo, cet homme-là qui, tout l’après-midi, avait passé le temps à tirer, à tirer, à tirer. Et puis le soir, il a sorti une bouteille de slivovitz (alcool slave) et il s’est mis à jouer de la guitare, et je me suis rendu compte que c’était un artiste exceptionnel.»

Interrogé à ce sujet, François Bugingo a précisé qu’il s’était plutôt rendu à Sarajevo en 1995 avec les journalistes français Thierry Cruvellier et Patrick Muller, afin d’y mettre en place une publication, l’International Justice Tribune (IJT). «Je suis allé là pour eux, avec eux.»

Contactés par La Presse, Patrick Muller et Thierry Cruvellier ont tous deux déclaré qu’ils ne s’étaient jamais rendus à Sarajevo avec François Bugingo. En fait, M. Cruvellier a fondé l’IJT en 2004 et s’est rendu pour la première fois en Bosnie en 2005. M. Muller est bien allé à Sarajevo dans le cadre d’un projet média en 1995, mais pas avec François Bugingo.

Des reportages inexistants

François Bugingo, 41 ans, prétend avoir visité 152 pays et couvert la majorité des grands conflits qui ont ravagé la planète au cours des deux dernières décennies, notamment en Irak, en Afghanistan, au Liberia, au Rwanda, en Algérie, au Sierra Leone, en Colombie, au Liban, en Bosnie, au Sri Lanka. Mais les reportages émanant de cette impressionnante couverture sont rares, et souvent même inexistants.

C’est le cas de la guerre en Irak, en 2003. En entrevue, François Bugingo a juré qu’il y était bel et bien, mais que le magazine L’actualité n’était pas intéressé par l’achat de son reportage. À L’Actualité, on n’a pas pu confirmer, puisqu’on n’a pas souvenir de cette proposition de pige.

Dans le numéro juillet-août 2008 du magazine Réussir ici, François Bugingo raconte qu’avant son arrivée au Québec, en 1997, il était pigiste à RFI, à l’Agence France-Presse (AFP) et à l’Agence panafricaine de presse (PANAPRESS). Aujourd’hui, il nie avoir été pigiste pour ces trois agences.

François Bugingo a souvent répété être « devenu un homme » lorsqu’il s’est rendu au Rwanda, à 20 ans, pour couvrir le génocide du printemps 1994. Ses reportages sont introuvables. Il dit en avoir écrits – sans les signer – pour un défunt hebdomadaire burundais, en plus d’alimenter le journaliste français Jean Hélène, de Radio France Internationale (RFI).

Jean Hélène est mort en 2003.

François Bugingo soutient avoir écrit des « résumés » que Jean Hélène intégrait à ses reportages sur le génocide. « Je fournissais pas mal Jean Hélène, pour ce qu’il faisait lui, au groupe RFI dans son ensemble. »

«Jean ne nous a jamais demandé de rémunérer l’un de ses informateurs», s’étonne Christophe Boisbouvier, reporter vétéran de l’Afrique à RFI. «Le nom de M. Bugingo ne dit rien aux anciens comme moi, qui travaillais déjà à RFI en 1994. Ce nom n’apparaît à aucun endroit dans nos archives écrites et sonores. Nous avons même fait la recherche dans les deux volumes de retranscription des archives rwandaises de RFI. Il n’y a aucune trace de M. Bugingo.»

En tant que vice-président international de Reporters sans frontières (RSF), François Bugingo a souvent affirmé avoir mené des missions secrètes ou des opérations sensibles pour négocier la libération de journalistes otages à travers le monde – ce que nient catégoriquement quatre dirigeants de RSF, anciens et actuels, que nous avons contactés en France.

«Il n’a jamais eu de mandat pour négocier avec des preneurs d’otages, des terroristes, tranche Hervé Deguine, ancien secrétaire général adjoint de RSF. Tout cela, c’est du matériau pour un bon roman de kiosque de gare.»

Une large tribune

François Bugingo est une figure médiatique très présente au Québec. Il collabore au bulletin télévisé du TVA 22h, tient une chronique quotidienne sur les affaires internationales à la radio 98,5fm, en plus d’alimenter un blogue et une chronique auJournal de Montréal.

Dans le passé, il a travaillé pour de nombreux autres médias. Il a notamment été animateur de Points chauds, à Télé-Québec, et de la Course évasion autour du monde, au Canal Évasion. En 2010, il a réalisé un documentaire sur le Rwanda, diffusé à Radio-Canada. Par ailleurs, il a animé plusieurs conférences, entre autres au Musée de la civilisation de Québec.

Ses employeurs actuels, au 98,5fm, à TVA et au Journal de Montréal, ont refusé de commenter notre enquête, hier. «Permettez-moi, par contre, de préciser que François Bugingo est un de nos collaborateurs depuis 2013. Il n’est donc pas un employé du Groupe Média», a souligné Véronique Mercier, vice-présidente Communications, Groupe Média et Groupe TVA.

François Bugingo est membre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, dont le Guide de déontologie stipule que «les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations».

Dans son blogue au Journal de Montréal, le 19 janvier, François Bugingo condamne un «grave délit de mensonge ou de fabulation» commis par la chaîne américaine Fox News, estimant qu’il était du «devoir professionnel et éthique» des médias de dénoncer ces dérives. «Il en va de notre crédibilité auprès de nos publics», écrit-il, avant de conclure :

«Dans les guerres et autres tragédies du monde, la vérité est la première victime, a-t-on souvent dit. Il serait dramatique que ceux qui se disent défenseurs de cette vérité (et Dieu sait si nombre de nos collègues sont morts en recherchant la vérité) contribuent à son enterrement.»

Nombre de pays que François Bugingo prétend avoir visités.

Deux Espagnols et une Italienne sont enlevés par... (PHOTO ARCHIVES AFP) - image 3.0

Deux Espagnols et une Italienne sont enlevés par Al-Qaïda en octobre 2011 en Algérie, puis libéré plus tard au Mali. Contrairement à ce qu’il a soutenu en 2010, François Bugingo n’a jamais négocié avec des terroristes la libération d’un otage en Mauritanie.

PHOTO ARCHIVES AFP

L’OTAGE QUI N’EXISTE PAS

27 septembre 2010. François Bugingo est en Mauritanie pour négocier la libération d’un journaliste, pris en otage par le groupe Al-Qaïda. La rencontre est tendue. À un certain moment, des avions survolent le lieu de rendez-vous. «Si les avions tirent, nous vous tuons tous», lance alors le terroriste.

Ce jour-là, François Bugingo dit avoir eu la peur de sa vie. «J’ai un gamin de 6 ans, je me suis dit qu’il était temps que j’arrête», a-t-il raconté à La Presse, le 10 mars 2011. C’est ainsi qu’il a expliqué sa décision de quitter la vice-présidence de Reporters sans frontières (RSF), ainsi que la présidence de la section canadienne de l’organisme, qu’il avait lui-même fondée.

Vérifications faites, RSF n’a jamais donné à François Bugingo le mandat de négocier la libération d’un otage en Mauritanie ; en fait, RSF n’a jamais négocié avec des ravisseurs, et surtout pas avec des terroristes ; de toute façon, il n’y avait aucun journaliste détenu par Al-Qaïda en Mauritanie en septembre 2010.

François Bugingo a plutôt démissionné de RSF le 24 septembre 2010. À l’époque, la section canadienne était en sérieuses difficultés financières. Selon une source, Paris avait refusé d’avancer les 30 000 $ demandés par François Bugingo pour relancer cette section, au bord du gouffre. Depuis, cette entité – qui était entièrement indépendante de Paris – a disparu.

François Bugingo affirme aujourd’hui qu’il n’a pas négocié la libération d’un journaliste otage en Mauritanie. Mais il soutient toujours s’être rendu dans ce pays pour y rencontrer «des gens d’Al-Qaïda».

Dans quel but? Le journaliste refuse d’en dire plus, sous prétexte qu’il est en train d’écrire un livre sur sa vie. «Ça, tu le comprendras dans le bouquin. Ce que je faisais en Mauritanie, et comment je me suis retrouvé autour de cette table.»

Il maintient ne pas avoir été mandaté par RSF. «Je suis allé en Mauritanie pour une autre boîte. J’étais invité par une chancellerie occidentale.» Il dit avoir quitté RSF simplement parce qu’il avait «fait le tour du jardin».

Le 27 septembre 2010, François Bugingo a pourtant écrit sur sa page Facebook : «J’avoue avoir eu peur du syndrome de la dernière mission qui finit mal. De retour à mon hôtel. Hâte que tout cela finisse. Que cesse la peur.»

Un an plus tôt, le 11 mai 2009, le journaliste a écrit sur Facebook qu’il était «catastrophé par le cambriolage de Reporters sans frontières Canada. Certaines de nos missions secrètes seront-elles mises en danger? Du boulot en perspective…».

Des missions secrètes? François Bugingo dit maintenant ne pas en avoir mené. «Je n’ai jamais été dans le secret. » Il admet par ailleurs n’avoir jamais négocié la libération d’un otage avec un ravisseur pour le compte de RSF. « Ce n’est pas notre mandat.»

Le 30 octobre 2013, dans son blogue du Journal de Montréal, il écrivait pourtant avoir été «nombre de fois au coeur de différentes négociations pour la libération de captifs».

Hervé Deguine, ancien secrétaire général adjoint de RSF, affirme que la contribution de François Bugingo au sein de l’organisme a été plutôt modeste. «C’est quelqu’un de très sympathique, qui communique bien et qui se présente bien. Pour être président d’une association et faire des cocktails, c’est très bien. Mais s’il faut faire des missions qui demandent de la rigueur, du sérieux, un travail approfondi et de la discrétion, ce n’est pas le bon personnage.»

La vice-présidence de RSF International, qu’a occupée François Bugingo pendant des années, est essentiellement honorifique, précise Hervé Deguine. « C’est deux réunions par an autour d’une table d’un salon bien chauffé à Paris où on discute de grandes idées, mais ce n’est pas du tout un organe qui mène des opérations », contrairement au secrétariat général de l’organisme.

Le fondateur de RSF, Robert Ménard, est plus indulgent envers François Bugingo. «Quand je lui ai demandé de faire des choses pour RSF, il les a toujours bien faites», dit M. Ménard, tout en admettant que son ami présentait «une vision romanesque des choses».

Dans une série d'entrevues, François Bugingo raconte que... (Photo archives New York Times) - image 4.0

Dans une série d’entrevues, François Bugingo raconte que les miliciens shebab auraient attaqué le convoi dans lequel il se trouvait « une quinzaine de fois » entre l’aéroport et le palais présidentiel à Mogadiscio, en Somalie. Une telle attaque n’a jamais existé, assure un journaliste somalien.

Photo archives New York Times

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SOMALIE

L’AFFIRMATION

Début août 2011, François Bugingo dit avoir accompagné un convoi des forces africaines en Somalie (AMISOM) à Mogadiscio. Une partie de la capitale était alors occupée par les milices islamistes Shebab.

François Bugingo a écrit un texte d’opinion, publié dans Le Devoir, le 3 août 2011, et intitulé «La nuit est triste à Mogadiscio».

Après la parution de ce texte, le journaliste a accordé plusieurs interviews – trois à la radio de Radio-Canada, deux à RDI et une à la radio 98,5fm – dans lesquelles il a témoigné de sa dure expérience. Entre l’aéroport et le palais présidentiel, le convoi dans lequel il prenait place a été attaqué « une quinzaine de fois» par les Shebab ; le président était «terré, assiégé» dans son palais; l’AMISOM ne sécurisait plus qu’une «infime partie» de la capitale.

VÉRIFICATION FAITE

Débarqué le 1er août 2011 à Mogadiscio, François Bugingo y serait resté deux jours : dans des entrevues accordées à Radio-Canada, le 3 août 2011, il affirme avoir déjà quitté la Somalie et être à Bujumbura, au Burundi.

Or, dans une interview accordée le 4 août au 98,5fm, François Bugingo prétend être toujours à Mogadiscio. Au cours de l’entrevue, il affirme clairement être sur place. Quand l’animateur Benoît Dutrizac lui demande comment il assure sa sécurité, il répond : « Je suis avec ces militaires des forces africaines. […] Le tout est d’être extrêmement prudent et de réduire le plus possible nos mouvements. »

Cette interview n’a pas été préenregistrée, puisque Benoît Dutrizac évoque le texte duDevoir. « Ça se peut que j’aie fait de l’esbroufe avec Benoît. Que je dise que je suis encore là, mais non », admet François Bugingo.

Pourquoi cette visite éclair en Somalie ? Les motifs du reporter varient d’une interview à l’autre.

À Radio-Canada, le 3 août, François Bugingo dit être allé à Mogadiscio « comme journaliste », pour témoigner de la tragédie somalienne au moment où les Shebab bloquaient le pays aux reporters occidentaux. « Il est extrêmement difficile de s’y rendre mais c’est essentiel, c’est crucial. » Une semaine plus tard, toujours à Radio-Canada, il affirme au contraire qu’il était en « mission d’observation », qui ne l’« autorisait pas à parler publiquement aux médias ».

Aujourd’hui, François Bugingo parle d’une « opportunité exceptionnelle » offerte par un militaire qui l’aurait invité à voyager, tous frais payés, avec l’AMISOM. Il refuse de révéler l’identité de ce militaire.

Par ailleurs, les multiples attaques décrites par François Bugingo ne semblent pas refléter la réalité, à l’époque, sur le terrain.

Correspondant de l’AFP, le journaliste somalien Mustafa Haji Abdjinur est catégorique : «Il n’est jamais arrivé qu’un convoi soit attaqué à 15 reprises à Mogadiscio. Ni sur la route Al-Mukarama, qui relie l’aéroport au palais présidentiel, ni sur n’importe quelle autre route», tranche-t-il. À l’été 2011, la route Maka Al-Mukarama était sécurisée par l’AMISOM et les soldats somaliens. En outre, elle ne se trouvait pas en zone contrôlée par les Shebab.

DANEMARK

L’AFFIRMATION

Dans son blogue au Journal de Montréal, le 19 février 2015, François Bugingo affirme avoir fait une interview téléphonique avec Toke Agerschou, responsable d’un «programme très spécial anti-radicalisation» de la ville d’Aarhus, au Danemark. Ce programme vise à réintégrer à la société de jeunes djihadistes danois de retour de Syrie.

François Bugingo raconte que son interlocuteur a semblé agacé lorsqu’il a laissé entendre que le programme faisait la part belle aux djihadistes. Toke Argeschou a répondu sèchement, avant de mettre un terme à la conversation.

VÉRIFICATION FAITE

Toke Agerschou ne se souvient ni de cette interview ni de François Bugingo. En outre, il ne parle pas français, et n’accorde que très peu d’entrevues en anglais, une langue qu’il maîtrise mal. En règle générale, il demande aux reporters étrangers qui le sollicitent d’embaucher un interprète, comme il l’a fait avec une journaliste de La Presse en novembre 2014.

«J’ai coordonné toutes les requêtes médiatiques, avec un collègue, et aucun de nous ne peut se rappeler avoir eu le moindre contact avec François Bugingo», souligne Henning Mols, attaché de presse de Toke Agerschou.

ÉGYPTE

L’AFFIRMATION

Printemps arabe, 10 février 2011. François Bugingo fait une intervention au micro de Benoît Dutrizac, au 98,5fm, au cours de laquelle il affirme revenir d’une «mission» en Égypte. «J’ai rencontré le ministre de l’Intérieur, j’ai rencontré différents responsables de la police», raconte-t-il. «J’étais plutôt du côté du pouvoir, pour différentes négociations […].»

En ondes, le journaliste prétend que c’est la Commission européenne qui l’a délégué au Caire ; son mandat consistait à faire le bilan des agressions perpétrées contre les journalistes affectés à la couverture des manifestations de la place Tahrir. François Bugingo devait tenter d’obtenir «un engagement, de la part des autorités égyptiennes», que ces agressions ne se reproduisent pas.

Un mois plus tard, François Bugingo dit à La Presse s’être rendu en Égypte à titre de représentant de la Commission européenne auprès du ministre de l’Intérieur. «J’étais là pour m’assurer de la libre circulation de l’information», soutient-il dans un article, publié le 10 mars.

VÉRIFICATION FAITE

Aujourd’hui, François Bugingo revient sur ce qu’il a raconté au 98,5fm et à La Presse : il n’a pas été mandaté par la Commission européenne pour accomplir une mission au Caire. Pas plus qu’il n’a rencontré le ministre égyptien de l’Intérieur. «Non, jamais. Jamais.»

François Bugingo affirme plutôt s’être rendu en Égypte pour lui-même, à ses propres frais. Ce n’est qu’une fois sur place qu’il aurait réalisé ne pas avoir les moyens de rester; il serait donc reparti à Montréal après deux jours. «Il aurait fallu que des boîtes me prennent. Or, la plupart des boîtes québécoises avaient déjà envoyé leurs propres correspondants là-bas.»

Avant de quitter l’Égypte, François Bugingo dit toutefois avoir eu le temps de se greffer à une délégation de la Commission européenne, pour laquelle le gouvernement avait préparé une courte visite à l’extérieur du Caire. Le but de cette visite organisée, dit-il, était de prouver que les manifestants de la place Tahrir n’étaient pas représentatifs du reste du pays.

Au micro du 98,5fm, le 10 février 2011, François Bugingo a prévenu que les manifestants «se trompent très fortement s’ils s’imaginent que tout cela peut partir en un claquement de doigts. Ça ne change pas aussi facilement».

Le lendemain, Hosni Moubarak était chassé du pouvoir.

LA CÔTE D’IVOIRE

L’AFFIRMATION

Dans La Presse, François Bugingo prétend s’envoler pour Abidjan, le 8 mars 2011, pour aller former des journalistes ivoiriens dans le cadre des activités de l’Institut Panos. Dans une récente entrevue, le journaliste a réitéré cette affirmation.

VÉRIFICATION FAITE

«Non, il n’a pas travaillé pour nous, écrit Pauline Bend, directrice des programmes de l’Institut Panos – Afrique de l’Ouest. Nous avons effectivement mené différents projets en Côte d’Ivoire. Toutefois, sur la période de temps donnée, c’est-à-dire mars 2011, nous n’avions aucun projet/activité en cours dans le pays. Il est donc difficile que cette personne ait effectué une formation pour nous, à la date spécifiée. Sur les autres périodes passées (avant 2011) ou récentes (2013-2015), je ne trouve rien non plus.»

La presse.ca par

Isabelle Hacher

Isabelle Hacher

Canada: «Il était de notre devoir de faire cette enquête», explique la journaliste derrière les révélations sur François Bugingo

mai 24, 2015
François Bugingo

François Bugingo

La journaliste Isabelle Hachey du quotidien La Presse s’est expliquée sur son compte Facebook quant aux motivations qui l’ont conduite à enquêter sur le journaliste François Bugingo.

Si de nombreux internautes ont souligné le travail d’enquête rigoureux de la journaliste, d’autres ont accusé La Presse de vouloir faire la guerre aux médias de son principal concurrent.

Un dossier-choc paru samedi dans La Presse faisait état de «reportages inventés de toutes pièces» par le journaliste François Bugingo. La nouvelle a aussitôt créé une onde de choc dans le milieu journalistique au Québec.

Isabelle Hachey explique que «c’est à force de l’entendre (François Bugingo) et de le lire qu’[elle] a eu des doutes sur la véracité de ses propos.»

Elle prétend qu’elle songeait à vérifier ses prétentions il y a plusieurs mois déjà.

«C’est un jour triste pour le journalisme québécois, mais je crois qu’il était de notre devoir de faire cette enquête, comme nous enquêtons parfois sur des politiciens, des entrepreneurs, des médecins ou des avocats», écrit-elle.

La journaliste, qui est en nomination pour une deuxième année consécutive au prestigieux prix de journalisme Albert-Londres, estime que «c’est la crédibilité du journalisme qui est en jeu».

Richard Martineau réagit

Le polémiste Richard Martineau ne s’est pas retenu pour réagir suite aux révélations concernant son collègue François Bugingo. Sur son compte Twitter, il regrette que cette nouvelle nuise à l’image de la profession

Guy A Lepage
Honteux ! François Bugingo: des reportages inventés de toutes pièces via

Le Huffington Post Québec  par

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