Brazzaville : des voleurs emportent 350.000 euros du temple de la Grande Loge du Congo

août 17, 2022
 Brazzaville : des voleurs emportent 350.000 euros du temple de la Grande Loge du Congo

Un coup de chapeau pour ses voleurs qui ont brisé le mythe de la franc-maçonnerie en infligeant un coup au cœur de cette secte. Ils ont emporté la somme de 350.000 euros cachés dans un coffre dans un bureau du temple de la Grande Loge du Congo. Près de 230 millions Cfa qu’ils vont se partager. Tellement méchants ces voleurs ont laissé leur caca dans le temple avant de s’en aller.

On a appris les cas de vol dans les églises et mosquées, mais à ce jour jamais dans un temple maçonnique réputé lieu des retrouvailles des malfaiteurs de la république. Le mythe a été brisé par des courageux voleurs de Brazzaville qui ont opéré au cœur du temple de la Grande Loge du Congo que dirigent Jean Dominique Okemba et Denis Sassou Nguesso.

La Grande Loge du Congo vient d’être blessé dans son amour par des voleurs courageux qui ont emporté de son temple 230 millions Cfa en Euros qui étaient jalousement gardés dans un coffre. Inspirés par les grands voleurs d’Europe, ces congolais se sont déguisés en francs-maçons pour avoir un accès facile au temple sans que les sorciers qui le gardent ne s’en rendent compte.

On parle d’une trahison interne qui aurait fourni les indications exactes de la cachette de cet argent aux voleurs qui ont opéré en plein jour sans attirer la moindre attention sur eux. La Grande Loge du Congo est l’aille maçonnique congolaise qui a introduit la sorcellerie africaine et qui détient le pouvoir politique.

Ces 350.000 euros bien gardés dans un coffre provenaient de la quête des membres réalisée deux jours avant et dont les voleurs ont eu écho avant de planifier leur opération. Les Francs-maçons de la GLC ne comprennent pas pourquoi les mêmes voleurs ont chié dans le temple avant de s’en aller. Un message sans doute qu’ils ont voulu passer !

Avec Lecongolais.fr

Le français poursuit son déclin au Canada et au Québec, selon Statistique Canada

août 17, 2022
Des passants sur Grande-Allée à Québec

De 2016 à 2021, la proportion de Canadiens au pays dont le français est la première langue officielle parlée a diminué de 0,8 point de pourcentage. Photo: Radio-Canada/Marc Andre Turgeon

Le français est la première langue officielle parlée d’un nombre croissant de Canadiens, mais la proportion qu’ils représentent à travers le pays a diminué depuis 2016, selon des données du recensement 2021 publiées mercredi par Statistique Canada. Le Québec n’échappe pas non plus à cette tendance.

De 2016 à 2021, le nombre de Canadiens dont le français est la première langue officielle parlée est passé de 7,7 millions à 7,8 millions, une croissance de 1,6 % sur cinq ans.

Or, cette croissance est inférieure à celle de la population canadienne, qui s’élève à 5,2 %. Le poids du français s’est donc amoindri au Canada. La proportion des Canadiens pour qui il s’agit de la première langue officielle parlée a en fait diminué, passant de 22,2 % en 2016 à 21,4 % en 2021.

Cette tendance à la baisse n’est pas nouvelle. Depuis 1971, soit la première année de recensement pour laquelle des renseignements sont recueillis sur la première langue officielle parlée, le poids démographique du français au sein du Canada est en baisse. Cette année-là, le français était la première langue officielle parlée de 27,2 % des Canadiens.

« La plupart des indicateurs de l’évolution du français au Canada suivent cette même tendance : hausse en nombres absolus et baisse en pourcentage de la population, le nombre de locuteurs d’autres langues augmentant proportionnellement plus rapidement. »— Une citation de  Extrait du rapport de Statistique Canada sur le recensement 2021

Et le Québec n’y échappe pas. Si le nombre de personnes utilisant le français y a augmenté, passant de 6,4 millions à 6,5 millions, leur poids démographique a là aussi diminué, passant de 79 % à 77,5 %.

Cette tendance à la baisse est observée depuis 2001 au Québec, selon Statistique Canada.

Les données démontrent aussi que la proportion de personnes dont la première langue officielle parlée est le français a chuté dans toutes les régions du Québec, sauf celle de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. La baisse est plus marquée au Nord-du-Québec (-3,6 points de pourcentage), à Laval (-3 points de pourcentage), à Montréal (-2,4 points de pourcentage) et en Outaouais (-2,4 points de pourcentage).

Le nombre de personnes dont l’anglais est la première langue officielle parlée a aussi franchi le cap du million de locuteurs au Québec pour la première fois au recensement. La proportion de la population que ces locuteurs représentent est passée de 12 % en 2016 à 13 % en 2021.

Parmi ces locuteurs, plus de 7 sur 10 se trouvaient à Montréal ou en Montérégie.

De façon générale, Statistique Canada explique cette croissance par le fait que les locuteurs de l’anglais sont en moyenne plus jeunes et ont donc un taux de décès plus faible. Les migrations, notamment en provenance d’autres provinces, ont aussi une incidence, est-il relevé dans le rapport.

La publication du recensement intervient alors que le Québec intensifie ses efforts pour protéger le français dans la province, sa dernière loi linguistique adoptée cette année restreignant l’emploi de l’anglais dans les services gouvernementaux.

En 2021, Statistique Canada a recensé 189 000 personnes ayant au moins une langue maternelle autochtone et 183 000 qui en parlent une à la maison au moins régulièrement. Les langues cries et l’inuktitut sont les principales langues autochtones parlées au Canada.

L’anglais, langue de choix des immigrants

Inversement, le poids de l’anglais comme première langue officielle parlée augmente dans l’ensemble du Canada depuis 1971. De 2016 à 2021, il est passé de 74,8 % à 75,5 %.

« Comme par le passé, l’immigration a contribué à cette tendance puisque c’est vers l’anglais que se tourne une majorité d’immigrants après leur arrivée au pays. »— Une citation de  Extrait du rapport de Statistique Canada sur le recensement 2021

Par exemple, en 2021, 80,6 % des Canadiens dont la langue maternelle est autre que le français ou l’anglais […] avaient l’anglais comme première langue officielle parlée, comparativement à 6,1 % qui avaient le français, détaille l’agence fédérale.

Par ailleurs, le nombre de Canadiens qui parlent une autre langue que l’anglais ou le français de manière prédominante à la maison est lui aussi en hausse, passant de 4 millions en 2016 à 4,6 millions en 2021.

Ces personnes représentent 12,7 % de la population canadienne, une proportion en hausse depuis 30 ans; elle était de 7,7 % en 1991, au moment où les niveaux d’immigration augmentaient.

En dehors du français et de l’anglais, le mandarin et le pendjabi étaient les langues les plus parlées au pays en 2021. Les langues qui ont connu la plus forte poussée de croissance entre 2016 et 2021 sont celles originaires d’Asie du Sud, dont le pendjabi.

Avec Radio-Canada

ONU : la Libye s’oppose à la nomination d’Abdoulaye Bathily

août 17, 2022

Le gouvernement libyen s’est opposé à la nomination de l’ancien ministre sénégalais Abdoulaye Bathily au poste d’envoyé spécial de l’ONU.

Abdoulaye Bathily, le 16 décembre 2014 à Paris. © Bruno Levy/JA

Abdoulaye Bathily ne devrait donc pas devenir le premier Africain à occuper le poste très sensible de représentant spécial de l’ONU en Libye. Candidat d’António Guterres, comme Jeune Afrique l’annonçait ce dimanche 14 août, l’ex-ministre sénégalais n’a finalement pas été nommé. La session du Conseil de sécurité des Nations unies qui s’est tenue sur cette question, lundi 15 août à New York, a donné lieu à un véritable tir de barrage de la part du gouvernement d’unité nationale basé à Tripoli.

Les autorités libyennes ont fait part de leurs « réserves » et de leurs « objections ». Tout en affirmant souhaiter qu’un Africain soit désigné, elles ont affirmé, en substance, que le diplomate sénégalais manquait d’expérience. « Nous pensons que nous méritons un représentant qui soit mieux sélectionné », a notamment déclaré Taher El Sonni, le représentant libyen.

Mission impossible ?

Le revers est sérieux pour le secrétaire général de l’ONU. « Il existe un processus par lequel les personnes sont nommées à la tête des missions de maintien de la paix ou des missions politiques qui sont mandatées par le Conseil de sécurité », a précisé son porte-parole, Stéphane Dujarric. « Nous trouverons un candidat qui soit acceptable pour toutes les parties », a-t-il encore ajouté.

L’exercice semble pour le moins compliqué. Depuis la crise qui a suivi la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, pas moins de sept représentants spéciaux se sont succédé. Le dernier à occuper ce poste a été le Slovaque Jan Kubis, qui a démissionné en novembre dernier. L’Américaine Stephanie Williams assure depuis l’interim, en tant que « conseillère spéciale » du secrétaire général des Nations unies.

Le choix d’un candidat qui recueille l’adhésion de l’ensemble des parties semble relever de la mission impossible. Il faut en effet qu’il convienne aux différents acteurs libyens, mais aussi à l’Union européenne, aux États-Unis, à l’Algérie, à l’Égypte et aux monarchies du Golfe…

Par Jeune Afrique

Législatives au Sénégal : la défaite de Macky Sall est aussi stratégique

août 17, 2022

Si nombre d’analystes ont pointé le revers inédit subi par la majorité présidentielle, peu ont constaté l’échec de la tactique du camp du chef de l’État, basée presque exclusivement sur un éventuel boycott du scrutin par l’opposition.

L’assemblée nationale, Dakar, Sénégal. © Aliou Mbaye/PANAPRESS/MAXPPP

On le sait désormais, les résultats définitifs des élections législatives du 31 juillet au Sénégal, publiés ce 11 août par le Conseil constitutionnel, permettent à la coalition présidentielle Benno Bokk Yakaar d’obtenir 82 députés sur les 165 qui composent l’Assemblée nationale – auxquels s’est rallié l’ancien maire de Dakar Pape Diop. Un ralliement qui porte le nombre des parlementaires du camp présidentiel à 83, contre 80 pour l’inter-coalition Yewwi Askan Wi (YAW) – Wallu Senegal, ce qui est synonyme de la majorité absolue.

Inutile de rappeler que les observateurs de la vie politique sénégalaise ont été unanimes pour dire que c’est une situation inédite, que la mouvance présidentielle a accusé un net recul et que le scrutin marquera, quoi qu’il arrive, l’histoire politique du pays.

En analysant ces résultats, un leader politique sénégalais a déclaré que « les populations ont privilégié la sanction contre le régime actuel en participant à un référendum de fait sur la question du troisième mandat ». Bien entendu, ses propos ont été balayés d’un revers de la main par les membres de la mouvance présidentielle, qui estiment être restés « la plus grande coalition du pays », même si leur camp a perdu au passage une cinquantaine de députés. Autant dire que ces législatives n’ont pas encore livré tous leurs secrets. D’autant que chaque camp crie à la victoire et se tresse des lauriers.

Un stratagème simpliste

En revanche, ce que l’on n’a pas du tout ou très peu entendu dans les analyses, c’est l’échec de la stratégie du camp présidentiel, basée presque exclusivement sur un éventuel boycott du scrutin par l’opposition. Car tout semble démontrer que le pari du chef de l’État Macky Sall était simple, sinon simpliste : pousser l’opposition dans ses derniers retranchements et la contraindre à renoncer de prendre part à ces législatives. Autrement dit, en misant sur les réactions parfois épidermiques de certains leaders de l’opposition, le pouvoir savait que l’invalidation des titulaires de la liste nationale de la coalition dirigée par Ousmane Sonko constituerait un casus belli, en tout cas le piège qui devrait faire trébucher ses adversaires. De fait, la précampagne a été marquée par de violentes manifestations qui ont fait au moins trois morts, justement à cause du refus de l’opposition d’accepter la décision du Conseil constitutionnel.

Si la coalition de l’opposition avait maintenu son intention de boycotter ces élections législatives afin de dénoncer la décision du Conseil constitutionnel comme cela a été envisagé un temps, elle aurait pris le risque de laisser le champ libre aux seuls candidats de la majorité présidentielle de rafler tous les sièges ou presque de députés. Heureusement, ses leaders ont fini par comprendre (aiguillonnés par les chefs de confréries ?) que dans certaines circonstances, la politique de la chaise vide est loin d’être la moins mauvaise.

Le flou du troisième mandat

C’est dire qu’en décidant de participer au scrutin avec la liste nationale des candidats suppléants – ceux que les mauvaises langues ont parfois présentés comme des seconds couteaux –, l’opposition a non seulement confirmé la dynamique impulsée par les élections locales de janvier, mais elle a aussi déjoué les plans du pouvoir. Plutôt que d’être monocolore, ce qui aurait été un recul démocratique majeur, la présente législature sénégalaise annonce des joutes politiques truculentes.

Cela dit, sans reprendre à notre compte les accusations de fraudes et de bourrage d’urnes utilisées par l’opposition, on peut supposer que si les titulaires de la liste nationale des adversaires de Macky Sall n’avaient pas été invalidés, la majorité parlementaire aurait sûrement basculé en faveur de l’opposition, dont les leaders pariaient sur une possible cohabitation. Dans une telle hypothèse, l’actuel président sénégalais, élu en 2012 pour un mandat de sept ans et réélu en 2019 pour cinq ans, aurait été amené à dissiper plus tôt que prévu le flou qu’il maintient sur ses véritables intentions et aurait renoncé à la tentation du troisième mandat

Avec Jeune Afrique

Adrien Poussou
Par Adrien Poussou

Ancien ministre centrafricain de la Communication.

Égypte : un Français retrouvé un an après sa disparition

août 16, 2022

Yann, un étudiant parisien de 27 ans, n’avait plus donné de nouvelles depuis le 4 août 2021. Il est finalement rentré à Paris, rapporte BFMTV.

Yann Bourdon n'avait plus donne de signe de vie depuis plus d'un an.
Yann Bourdon n’avait plus donné de signe de vie depuis plus d’un an. © Capture d’écran Facebook

Uniquement équipé de son sac à dos, Yann Bourdon s’était lancé dans un périple à pied à travers l’Europe en 2020, avant de finir en Égypte. L’étudiant en histoire à la Sorbonne n’avait toutefois plus donné de nouvelles à sa famille depuis le 4 août 2021. Plus d’un an plus tard, le jeune homme a finalement été retrouvé. Sain et sauf, il est rentré en France, rapporte BFMTV, mais ne souhaite pas communiquer sur ce qu’il lui est arrivé cette dernière année.

« Le 9 août dernier, on a eu l’information que Yann s’était présenté au consulat français du Caire. Il a communiqué, par un appel téléphonique, avec sa sœur, en premier lieu, pour la prévenir qu’il était présent au consulat français, qu’il allait bien. Par la suite, il a appelé sa mère pour lui donner aussi de ses nouvelles », détaille Sarah Sakouti, avocate de Yann Bourdon, à BFM Paris Île-de-France.

« Nous devions attendre des informations des autorités égyptiennes pour savoir quelle était la prochaine étape, et finalement, c’est l’agence de sécurité nationale égyptienne elle-même qui a pris le billet d’avion de Yann pendant la nuit du 9 au 10, et il est arrivé en France le 10 août », ajoute-t-elle.

It is with pleasure and relief that we inform you that on August 9, 2022 Yann presented himself at the French Consulate in Cairo, Egypt and returned to France the next day.
Thank you all for your help and support in the search for our loved one. pic.twitter.com/TpCQhfXBGl— Disparition.Yann.Bourdon.au.Caire (@yann_missing) August 15, 2022

La disparition du jeune backpacker reste un mystère à l’heure actuelle. « Nous tenons à respecter son silence quant aux raisons de sa disparition depuis le 4 août 2021 et le laisser retrouver les siens », a déclaré le Comité de justice dans un communiqué. La veille du 4 août, Yann Bourdon séjournait dans une auberge de jeunesse. Sa famille a commencé à s’inquiéter de ne plus recevoir de nouvelles, avant de signaler sa disparition en novembre. Un mois plus tard, ils ont découvert que son compte bancaire avait entièrement été vidé le 7 août.

Avec Le Point

Congo-Mikalou : malgré son ex dit partout qu’elle a le sida, les gars ne font que la draguer

août 16, 2022
 Mikalou : malgré son ex dit partout qu’elle a le sida, les gars ne font que la draguer

La vie de Sonia a totalement pris une autre ampleur depuis que son ex passe son temps à raconter partout qu’elle serait séropositive. Une campagne qui a eu un effet boomerang poussant la victime dans les mains des hommes. «  C’est une sorte d’excitation » reconnaît un pointeur qui a déjà dépensé quelques 50000 frs sur elle. Au lieu de s’éloigner d’elle, les hommes la suivent comme des mouches et son ex est dépassé par les événements estimant que certains hommes ont le goût du risque.

A Texaco Mikalou, la plupart des hommes qui suivent Sonia sont convaincus qu’elle n’est pas malade et que c’est juste la jalousie et la haine qui animent son ex pour la salir autant suite à leur séparation. Se sentant humiliée, Sonia avait honte de traîner dans les rues avant l’afflux des hommes devant sa parcelle.

Une mauvaise campagne peut se transformer en une bonne opportunité pour la victime qui en tirera les dividendes. C’est le cas de Sonia, une très belle fille vivant à Texaco qui avait décidé de mettre fin à sa relation avec Cedric, reconnu comme un grand coureur de jupons. Une séparation que le garçon n’a pas digéré, lui qui a toujours l’habitude de plaquer ses conquêtes.

Le garçon s’est lancé dans une campagne de dénigrement contre son ex, faisant circuler qu’elle serait porteuse du virus du Sida, ignorant que lui-même s’auto-accusait. Il le faisait dans l’espoir d’isoler son ex et tenter une réconciliation. Mais son plan a totalement échoué au vu des propositions que reçoivent désormais Sonia parfois de ses propres amis.

Ayant récupéré son auto-estime, Sonia a repris du service et se fait désirer dans son quartier en défilant dans les ruelles. Son premier nouveau copain n’est entre autre qu’un grand de son ex Cédric

Avec Lecongolais.fr

Le cardinal Marc Ouellet visé par des allégations d’agression sexuelle

août 16, 2022
Marc Ouellet en tenue de célébrant.

Le cardinal Ouellet célèbre une messe dans sa paroisse de Santa Maria in Traspontina à Rome. Photo : Getty Images/Christopher Furlong

Le nom de l’homme fort du Vatican, pressenti pour succéder un jour au pape François, apparaît dans une liste rendue publique dans le cadre d’une action collective visant l’ensemble des agressions sexuelles qui auraient été commises par des personnes sous l’autorité du diocèse de Québec depuis 1940.

C’est la première fois que le nom de Marc Ouellet apparaît dans ces procédures.

Près de 80 membres du clergé sont ciblés par la requête, des prêtres pour la plupart, pour des gestes qui remonteraient généralement aux années 1950 et 1960 et qui toucheraient plus d’une centaine de victimes, dont la plupart étaient des personnes mineures au moment des faits.

Le cardinal Ouellet est de loin la personne la plus connue et dont les fonctions sont les plus élevées sur cette liste. Il ne fait face à aucune accusation criminelle.

Dans son cas, la requérante, dont l’identité se résume à la lettre F dans les documents, faisait un stage comme agente de pastorale, entre 2008 et 2010, au moment où les faits se seraient produits, lors d’événements publics.

Elle avait confié sa version des faits à une équipe d’Enquête au printemps dernier, bien avant de s’inscrire au recours. C’est la même version qu’on retrouve dans la procédure.

Il m’a agrippée, et là… les mains dans le dos, elles sont descendues quand même assez bas […] assez envahissant pour, disons, pour quelqu’un qui est mon supérieur, qui est l’archevêque de Québec, relate la plaignante.

Comme c’est la deuxième fois qu’ils se voient cette semaine-là, le cardinal lui dit qu’il peut bien l’embrasser à nouveau, car il n’y a pas de mal à se gâter un peu. Ça m’a mise quand même très mal à l’aise, puis encore plus le mot « gâter ». Comme si j’étais sa gâterie.

Portrait de Marc Ouellet.

Le cardinal Marc Ouellet alors qu’il était archevêque de Québec, en 2010. Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

À différentes occasions, le cardinal Ouellet l’aurait serrée contre lui, aurait massé ses épaules ou lui aurait caressé vigoureusement le dos jusqu’à l’endroit où se mélangent les fesses, provoquant chaque fois un profond malaise chez la jeune stagiaire.

Je me sentais pourchassée. C’était de plus en plus envahissant, de plus en plus intense, au point où je me suis mise à arrêter à aller aux événements, à essayer d’éviter le plus possible d’être en sa présence.

L’avocat Alain Arsenault, qui représente les demandeurs, rappelle que le cardinal Ouellet était l’archevêque et grand patron du diocèse, et qu’il avait ultimement le dernier mot sur l’embauche des agents de pastorale.

« Vous avez à ce moment-là une jeune femme dans la mi-vingtaine versus un homme puissant en autorité, connu mondialement à l’époque, qui avait peut-être 60 ans. […] Comme la majorité des victimes, elle a figé. »— Une citation de  Me Alain Arsenault, représentant des demandeurs

Lorsque F ose parler de son malaise dans son entourage, elle se fait répondre que le cardinal est chaleureux et qu’elle n’est pas la seule femme à avoir ce genre de problème avec lui, peut-on lire dans la requête.

Disons que ça circulait, confirme un prêtre actif au diocèse à l’époque, qui a requis l’anonymat. On l’a crue, dit-il, lorsque la jeune stagiaire lui avait relaté la conduite du cardinal à son endroit.

On n’en revenait pas, il arrivait comme un shérif qui venait mettre de l’ordre dans le diocèse de Québec, c’était un envoyé de Rome. Qu’il ait des comportements inappropriés avec les femmes, on trouvait ça très étrange de sa part, raconte-t-il.

Bien que les gestes qui lui sont reprochés semblent moins graves physiquement que dans d’autres cas cités par la requête, leur impact et les séquelles qu’ils entraînent sont tout aussi importants, selon Me Arsenault. il est difficile d’imaginer qu’une personne de son intelligence, dans un positionnement dans lequel il est, pouvait ignorer ce qu’il faisait et les conséquences que ça pouvait avoir.

Marc Ouellet a été rappelé à Rome et promu préfet de la Congrégation pour les évêques, un des dicastères de la Curie romaine, en 2010.

F soutient que les choses ont changé à l’arrivée de Mgr Cyprien Lacroix, son successeur. Il était beaucoup plus ajusté. S’il y avait un contact physique, c’était une poignée de main très simple.

Au moment de publier, l’avocate qui représente le diocèse et les personnes visées par l’action collective n’avait pas encore émis de commentaires.

Le pape François marche avec le cardinal Ouellet.

Le pape François en compagnie du cardinal Ouellet, lors de la tenue du symposium sur le sacerdoce, à Rome en 2022. Photo : Getty Images/Tiziana Fabi

Une plainte au Vatican

Toujours selon la requête, c’est dix ans plus tard, après une expérience éprouvante auprès d’un autre prêtre du diocèse, que F a décidé de relater les faits au comité-conseil sur les abus sexuels du diocèse de Québec, sans toutefois identifier les prêtres.

J’ai abordé le comité un peu en leur disant : « Mais je ne sais pas si j’ai été victime, mais voici mon histoire », relate la plaignante. J’avais senti le besoin de relater tout ce que j’avais vécu d’inapproprié depuis mes débuts comme agente de pastorale. Donc, en partant de Marc Ouellet.

Les membres du comité lui auraient indiqué que, dans les deux cas, il s’agissait d’inconduite sexuelle, en l’invitant à porter plainte. C’est seulement à ce moment que le comité a appris qu’il s’agissait entre autres du cardinal Ouellet.

La plainte le concernant a été transmise directement au Vatican en janvier 2021, où elle a été confiée au père Jacques Servais, un théologien mandaté pour tirer l’affaire au clair.

Une rencontre par visioconférence a eu lieu avec l’émissaire du Vatican. Un an et demi plus tard, elle n’a pas encore été informée de ses conclusions.

Ça contribue à victimiser encore plus la personne, se désole l’avocat Alain Arsenault. C’est ce qui a finalement motivé la jeune femme à s’inscrire à son tour à l’action collective.

Quelques faits sur l’action collective visant le diocèse de Québec :

  • 101 personnes inscrites au recours à titre de victimes;
  • La majorité des faits remonteraient aux années 1950 et 1960;
  • Des personnes auraient commis plus d’une agression;
  • Plusieurs présumés agresseurs sont aujourd’hui décédés;
  • En 1960, le diocèse comptait jusqu’à 230 paroisses.
Marc Ouellet dans les rues de Rome.

Marc Ouellet a été nommé archevêque de Québec en 2002 et élevé au cardinalat par le pape Jean-Paul II en 2003.

Photo : Getty Images/Joe Raedle

Avec Radio-Canada par Sylvie Fournier

Afrique du Sud : le massacre de Marikana, une tache indélébile pour Cyril Ramaphosa

août 16, 2022

Le meurtre de 34 grévistes par la police nationale, le 16 août 2012, continue de poursuivre le président sud-africain, qui siégeait à l’époque au conseil d’administration de Lonmin, l’entreprise propriétaire de la mine.

Des policiers sud-africains autour des corps de mineurs tués lors de la grève, le 16 août 2012 à Marikana. © AP/SIPA

« Cyril Ramaphosa le sanguinaire. » Le parti des Combattants pour la liberté économique (EFF) ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit d’impliquer le chef de l’État dans le massacre de Marikana. Le deuxième parti d’opposition sud-africain l’accuse d’être responsable de la mort des 34 mineurs qui faisaient grève pour demander une augmentation de salaire le 16 août 2012. Celui qui n’était alors qu’un homme d’affaires occupait le poste de directeur non-exécutif de l’entreprise Lonmin (devenue Sibanye-Stillwater), l’une des plus grosses mines de platine au monde, dans la province du North West. Au total, 44 personnes ont perdu la vie lors de ce mouvement social.

Odieux criminels

La commission d’enquête Farlam n’a pas inquiété Cyril Ramaphosa. En revanche, elle a révélé comment il aurait usé de sa position au sein du Comité national exécutif (NEC) du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC), pour influer sur le cours de la grève. Dans un e-mail envoyé au responsable commercial de la mine, la veille de la tuerie, Cyril Ramaphosa qualifiait les grévistes « d’odieux criminels » devant être traités comme tels. Il demandait que des actions soient menées et expliquait en avoir parlé aux ministres de la Police et des Ressources minérales.

Depuis ces révélations, et malgré les excuses de Ramaphosa concédant avoir utilisé un langage inapproprié, les EFF ne lâchent plus le président. La formation politique, qui vient de fêter ses 9 ans, avait été lancée par Julius Malema en 2013 à Marikana. Deux ans plus tard, Malema déposait plainte dans un commissariat de Marikana contre Cyril Ramaphosa, contre l’ancien ministre de la Police, Nathi Mthethwa, et contre les chefs de la police sud-africaine pour leur rôle supposé dans le massacre. Les EFF alimentent également un fonds de soutien aux veuves des mineurs.À LIREAfrique du Sud : Julius Malema, en guerre et contre tous

Ces femmes, Cyril Ramaphosa ne les a jamais rencontrées malgré sa promesse. « Les précédentes tentatives ont échoué à cause de problèmes logistiques – certaines familles de victimes ayant déménagé – et à cause du manque de soutien de certains acteurs clés », fait savoir Vincent Magwenya, le porte-parole de la présidence. Ce dixième anniversaire ne sera donc pas l’occasion d’un retour à Marikana. Cyril Ramaphosa se déplace au sommet de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) en RDC. Son absence ne surprend pas Joseph Mathunjwa, à la tête du syndicat des mineurs et des ouvriers de la construction (AMCU), majoritaire dans les mines de platine. « Sa conscience lui pèse », pense-t-il.

Loin des yeux mais près du cœur, rebondit la présidence. « Le président se souviendra toujours de ces événements tragiques […] comme l’un des moments les plus tristes de l’ère post-démocratique et comme une malédiction pour l’histoire contemporaine de l’Afrique du Sud », relaie Vincent Magwenya. Le massacre de Marikana est souvent comparé à celui de Sharpeville, le 21 mars 1960, quand la police du régime raciste de l’apartheid tirait sur la foule et tuait 69 personnes. Une mise en parallèle destinée à souligner les échecs de l’avènement de la démocratie en 1994.

« C’est malheureux qu’un tel événement ait pu se produire sous le gouvernement démocratique d’un ancien mouvement de libération », abonde Nono Maloyi, fraîchement élu président de l’ANC dans la province du North West. Pour autant, il ne prendra part à aucune commémoration aujourd’hui. Nono Maloyi explique que le week-end électoral a été éreintant et que le nouveau bureau n’est pas encore entré en fonction. « À l’époque, l’actuel secrétaire provincial de l’ANC était très impliqué […]. Il a rencontré les familles, les veuves, ce que nous continuerons à faire », insiste Nono Maloyi pour dissiper tout soupçon d’indifférence.

Impunité

Malgré la réticence de Cyril Ramaphosa à rencontrer les veuves, malgré la révélation d’e-mails le dépeignant en homme d’affaires antisocial ou son rôle présumé dans la réponse policière conduisant au massacre des mineurs, la tragédie de Marikana n’a pas eu de conséquences sur sa carrière politique. Au contraire, puisque quatre mois après la tragédie, Cyril Ramaphosa était élu vice-président de l’ANC en décembre 2012, puis vice-président de la République en 2014 avant de prendre la tête du pays en 2018.

Le sentiment d’impunité qui entoure les cadres de l’ANC ne sera pas démenti par Marikana. L’impopulaire Nathi Mthethwa est désormais ministre de la Culture et des Sports. Il avait pourtant accepté d’être tenu pour responsable devant la commission d’enquête. Susan Shabangu, ancienne ministre des Ressources minérales, deviendra ministre du Développement social sous Ramaphosa.

L’ANC A PROFITÉ DU SANG DES MINEURS

« Ceux qui sont au pouvoir, au gouvernement et à l’ANC ont profité du sang des mineurs », condamne le sociologue Luke Sinwell. Il pointe ainsi le poids du secteur minier dans l’enrichissement personnel de Cyril Ramaphosa et le soutien de certains syndicats pour faire élire les représentants de l’ANC. « L’ANC a joué un rôle dans le meurtre de mineurs, qui les ont pourtant aidés à prendre le pouvoir. Le tout, sans en subir les conséquences », dénonce le coauteur de Marikana : A View from the Mountain and a Case to Answer, publié en 2012.

Double jeu

Dans ce livre collectif, les chercheurs mettent en évidence le double jeu du Syndicat national des mineurs (NUM). Avant de passer de l’autre côté de la barrière et de faire fortune grâce à ses investissements dans les mines, Cyril Ramaphosa fut le premier secrétaire national du NUM en 1982. Allié de l’ANC, négociateur privilégié par les dirigeants de Lonmin, le NUM suscitait la colère des mineurs de Marikana. Lors d’une marche de milliers de grévistes vers les bureaux du NUM, cinq jours avant le massacre, des syndicalistes ont tiré sur les manifestants. Cet accès de violence aurait poussé les mineurs à se défendre et à défiler armés, notamment de machettes, engendrant une réponse policière plus violente. Les forces de l’ordre étaient équipées d’armes automatiques pour contenir un mouvement social.

À la suite du drame de Marikana, l’influence du NUM a fondu au profit du syndicat adverse et non affilié au gouvernement, l’AMCU. C’est peut-être la seule conséquence politique notable du massacre. « Ce qui s’est passé en août 2012 a été instrumentalisé par des politiciens mécontents pour exister politiquement au détriment des 44 mineurs tués et de leurs familles, nous écrit Luphert Chilwane, porte-parole du NUM. En tant que syndicat responsable, nous décourageons quiconque veut politiser cet événement malheureux. »

« Rôle toxique »

Ses camarades ne l’entendent pas de la même oreille. En 2015, 349 mineurs ont porté plainte contre Cyril Ramaphosa, Sibanye-Stillwater (ex-Lonmin) et le gouvernement pour essayer d’obtenir 600 millions d’euros de dédommagement. Ils sont représentés par Dali Mpofu, avocat et membre des EFF. Dans un jugement rendu au début du mois de juillet, la Haute Cour de Johannesburg a rejeté les soupçons de collusion entre Ramaphosa, le gouvernement et la police. En revanche, la Cour n’a pas écarté les soupçons d’influence exercée par Ramaphosa sur l’autorité policière. Les plaignants pourraient vouloir s’engouffrer dans la brèche. Les EFF se sont félicités d’un « petit mais significatif pas dans la bonne direction » pour dévoiler  « le rôle toxique » joué par le président dans la mort des mineurs.

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson – à Johannesburg

Présidentielle au Kenya : interrogations et contestations après la victoire de William Ruto

août 16, 2022

Raila Odinga a rejeté mardi 16 août les résultats de la présidentielle annoncés la veille donnant la victoire sur le fil à son rival, William Ruto.

Des partisans du candidat Raila Odinga manifestent contre le résultat de la présidentielle, le 15 août 2022 à Kibera, au Kenya. © Gordwin Odhiambo/AFP

Après six jours d’attente et de calme, malgré l’impatience palpable, le vice-président sortant William Ruto a été déclaré vainqueur lundi 15 août de l’élection du 9 août avec 50,49% des voix contre 48,85% – soit un écart d’environ 230 000 bulletins de vote – pour son principal rival, Raila Odinga.

Ruto avait fait du pouvoir d’achat son cheval de bataille, promettant des emplois quand trois personnes sur dix vivent dans l’extrême pauvreté dans un pays éprouvé par les effets de la pandémie et de la guerre en Ukraine, et où l’inflation a explosé.

Raila Odinga a rejeté ces résultats. « Ce à quoi nous avons assisté hier est une parodie et un mépris évident de la Constitution », a affirmé ce vétéran de la politique, qui, à 77 ans, se présentait pour la cinquième fois. En 2013 et 2017, il avait déjà contesté les résultats devant la Cour Suprême, qui avait cette dernière année invalidé le scrutin. « Nous poursuivrons toutes les options légales et constitutionnelles à notre disposition. Nous le ferons au regard des nombreuses failles dans les élections », a-t-il déclaré lors de sa première allocution depuis l’annonce de sa défaite, dénonçant le rôle joué selon lui par la Commission électorale indépendante (IEBC), marquée par des divisions internes.

Manifestations

Sitôt les résultats donnés par une Commission électorale sous haute pression, des partisans de Raila Odinga avaient laissé éclater leur déception. Des manifestations ont secoué plusieurs quartiers populaires de la capitale Nairobi, comme Mathare, Kayole et Kibera. Des pneus ont été enflammés pour bloquer des rues dans ce bidonville fidèle à Odinga, figure de l’opposition à qui le président sortant Uhuru Kenyatta avait apporté son soutien pour cette présidentielle.

À Kisumu (Ouest), autre bastion d’Odinga, la colère a pris la forme de barricades et de jets de pierre, des magasins ont été pillés et la police a usé de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Le président élu Ruto avait de son côté promis lundi soir qu’il travaillerait avec « tous les leaders » politiques.

« S’abstenir de toute violence »

Plusieurs pays africains, dont l’Éthiopie et la Somalie voisines, le Rwanda ou encore la Guinée-Bissau, ont d’ores et déjà félicité Ruto. De son côté, l’ambassade des États-Unis au Kenya a félicité « le peuple kényan d’avoir exercé son droit de vote lors des élections du 9 août » lors desquelles les 22,1 millions d’électeurs inscrits devaient également choisir leurs parlementaires et leurs élus locaux.À LIREKenya : le bilan économique d’Uhuru Kenyatta

Des partisans du président élu William Ruto, fêtent sa victoire, le 15 août 2022 à Eldoret, au Kenya. © SIMON MAINA/AFP

Des partisans du président élu William Ruto, fêtent sa victoire, le 15 août 2022 à Eldoret, au Kenya. © SIMON MAINA/AFP

Coup de théâtre

La Commission indépendante, bien que saluée par les observateurs internationaux et locaux pour sa gestion le jour du scrutin, se trouve cette année encore sous le feu des critiques. Un coup de théâtre est venu semer le trouble lundi.

Quelques minutes avant que son président n’annonce les résultats de la présidentielle, quatre de ses sept membres se sont désolidarisés de l’organisme indépendant, expliquant brièvement leur position lors d’une conférence de presse surprise par le « caractère opaque du processus ».

Tout recours en justice doit désormais être déposé auprès de la Cour suprême dans les sept jours après l’annonce des résultats. La plus haute instance judiciaire du pays dispose ensuite de 14 jours pour rendre sa décision, et, en cas d’annulation du scrutin, une nouvelle élection doit se tenir dans les 60 jours. Si personne ne saisit la justice, William Ruto prendra ses fonctions dans les deux semaines à venir.

Par Jeune Afrique avec AFP

RDC : François Beya remis en liberté provisoire

août 16, 2022

La Haute Cour militaire a annoncé, ce mardi 16 août, la remise en liberté provisoire de l’ex-conseiller sécurité de Félix Tshisekedi, actuellement jugé pour complot contre le chef de l’État.

François Beya. © Présidence RDC

Pour François Beya, tout s’est accéléré le 5 juillet dernier, avec la désignation de nouveaux juges chargés de statuer sur son dossier. La première composition de la cour avait été récusée par les avocats de l’ancien conseiller sécurité du président congolais, lesquels s’étaient même retirés, estimant que les droits de la défense n’étaient plus garantis.

Évacuation sanitaire

Deux mois après le début de son procès devant la Haute Cour militaire, qui siège exceptionnellement à la prison centrale de Makala, François Beya a donc obtenu une mise en liberté provisoire alors que ses précédentes demandes n’avaient pas abouti. La justice militaire, qui a par ailleurs rejeté celles des coaccusés de Beya, a fondé sa décision sur le rapport de la commission des médecins mandatés pour statuer sur l’état de santé de l’ancien puissant sécurocrate. Dans leurs conclusions, ces derniers avaient recommandé une évacuation sanitaire « urgente ».

Selon nos informations, François Beya avait été « secrètement » emmené à la clinique Ngaliema, où son état de santé avait été examiné. « L’équipe requise par la Haute Cour pour vérifier le dossier médical a déclaré la requête recevable et fondée. Elle juge son état de santé préoccupant et recommande une prise en charge urgente », explique à Jeune Afrique une source proche du dossier.

François Beya était incarcéré à Makala depuis le 4 avril  dernier. Il avait auparavant passé deux mois dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR), où il avait été conduit après son arrestation surprise, le 5 février. Son directeur du protocole, David Cikapa, son garde du corps, Jean-Pierre Kalenga, et son secrétaire particulier, Guy Vanda, avaient été amenés le même jour à la prison militaire de Ndolo. Le brigadier Tonton Twadi Sekele et le commissaire supérieur principal Lily Tambwe sont aussi sur le banc des accusés.

Tous sont accusés de « complot et offense contre la personne du chef de l’État », de « violation de consignes » et d’« incitation des militaires à commettre des actes contraires au devoir et à la discipline ».

Avec Jeune Afrique par Stanis Bujakera Tshiamala