Procès Habré: l’ex-président tchadien condamné à la prison à vie

mai 30, 2016

Dakar – L’ex-président tchadien Hissène Habré, jugé à Dakar par un tribunal spécial africain, a été reconnu coupable lundi de crimes contre l’humanité, viols, exécutions, esclavage et enlèvement, et condamné à la prison à perpétuité.

L’ex-président dispose de quinze jours pour interjeter appel.

Hissène Habré, la Chambre (le tribunal spécial, NDLR) vous déclare coupable (…) des crimes contre l’humanité de viol, d’esclavage forcé, d’homicide volontaire, de pratique massive et systématique d’exécutions sommaires, d’enlèvement de personnes suivi de leur disparition, de tortures et d’actes inhumains, a déclaré le président du tribunal, le Burkinabè Gberdao Gustave Kam.

Il a ajouté que M. Habré a aussi été reconnu coupable de crimes autonomes de tortures et des crimes de guerre d’homicide volontaire, de torture, de traitement inhumain et détention illégale ainsi que des crimes de guerre de meurtre, de torture et de traitement cruel conformément à certains articles du Statut portant création du tribunal.

Il a en revanche été acquitté des crimes de guerre, détention illégale visés dans d’autres articles du même document.

En conséquence et compte tenu de l’extrême gravité des faits, a poursuivi le magistrat Kam, Hissène Habré, la Chambre vous condamne à la peine d’emprisonnement à perpétuité.

Après l’énoncé du verdict, l’accusé, en turban et boubou blancs, lunettes noires, demeuré imperturbable depuis l’ouverture de l’audience, a levé les bras en saluant ses partisans et crié: A bas la Françafrique!.

Auparavant, le juge avait en outre expliqué que le tribunal a été convaincu par le témoignage de Khadija Hassan Zidane, qui a affirmé pendant le procès avoir été violée par Hissène Habré. Le juge a fait état de rapports sexuels non consentis à trois reprises et d’un rapport buccal non consenti imposée à Mme Zidane par M. Habré.

Hissène Habré a dirigé le Tchad pendant huit ans (1982-1990) avant d’être renversé par un de ses anciens collaborateurs, l’actuel président Idriss Deby Itno, et de se réfugier au Sénégal en décembre 1990.

Arrêté le 30 juin 2013, il était jugé depuis le 20 juillet 2015 par les Chambres africaines extraordinaires (CAE), créées en vertu d’un accord entre le Sénégal et l’Union africaine (UA), qu’il récuse et devant lesquelles il refuse de s’exprimer ou de se défendre.

Une commission d’enquête tchadienne estime le bilan de la répression sous Hissène Habré à quelque 40.000 morts, dont 4.000 identifiés nommément.

Sans surprise, le verdict a été salué par les parties civiles et des organisations de défense des droits de l’Homme qui les soutiennent, et décrié par des partisans de M. Habré, dont des proches, ayant assisté à l’audience au Palais de Justice de Dakar.

La condamnation de Hissène Habré pour ces crimes atroces 25 ans plus tard représente une immense victoire pour les victimes tchadiennes, a affirmé dans un bref message à la presse Reed Brody, cheville ouvrière de cette procédure au sein de Human Rights Watch (HRW).

A l’opposé, pour Mahamat Togoi, du collectif de soutien à Hissène Habré: ce qu’on a vu aujourd’hui ce n’est pas de la Justice, c’est un crime contre l’Afrique, a-t-il lancé.

Romandie.com avec(©AFP / 30 mai 2016 14h33)

Un garçon abandonné en forêt reste introuvable 3 jours après

mai 30, 2016

Les secouristes ont intensifié lundi leurs recherches sur l’île d’Hokkaido, dans le nord du Japon. Ils cherchent un garçon de sept ans laissé seul en forêt par ses parents il y a trois jours, pour le punir.

Ce sont eux qui ont signalé sa disparition à la police samedi. Ils ont, dans un premier temps, affirmé qu’il s’était perdu lors d’une randonnée à la montagne. Les parents sont ensuite revenus sur leurs propos et ont avoué avoir voulu réprimander leur fils en l’abandonnant.

Samedi, l’enfant, sa sœur aînée et leurs parents se promenaient lorsque le couple a perdu patience face au comportement du garçon. Ce dernier jetait des pierres à des voitures et des passants, ont rapporté la police japonaise et des médias locaux.

Sur le trajet du retour, les parents ont fait sortir Yamato de leur voiture et l’ont laissé en bord de route en pleine forêt. Ils ont poursuivi leur chemin sur une distance de quelque 500 mètres.

« Ils ont dit qu’ils étaient revenus sur le site immédiatement. Mais que le garçon n’était plus à l’endroit où ils l’avaient laissé », a rapporté un porte-parole de la police locale.

Présence d’ours
Mitsuru Wakayama, un représentant de la localité de Nanae, a exprimé son inquiétude quant au sort du garçon dans une zone montagneuse « où peu de personnes et de voitures passent ». Et de rajouter qu’il n’est pas « surprenant » d’y croiser des ours.

L’étendue des recherches a été élargie lundi avec la mobilisation de 180 secouristes et officiers de police. Ils sont accompagnés de brigades canines et équestres.

Le père de Yamato a confié son désarroi à la télévision. L’homme s’est excusé dans le même temps de causer des ennuis à tant de personnes.

Romandie.com

Présidentielle américaine: le parti libertarien lance son candidat

mai 29, 2016

Le parti libertarien américain a officiellement désigné dimanche Gary Johnson comme candidat à la présidentielle de novembre. L’ex-gouverneur du Nouveau-Mexique table sur sa franchise et le désamour des électeurs pour les politiciens classiques pour attirer des voix.

« Je dis la vérité, je ne suis pas un menteur », a lancé M. Johnson, juste après son élection lors de la convention de cette petite formation politique à Orlando en Floride.

L’ancien gouverneur du Nouveau-Mexique s’était déjà présenté sous la bannière libertarienne en 2012. Il avait récolté à peine 1% des voix. Des sondages récents l’ont toutefois crédité de 10% des intentions de vote, dans un match contre Donald Trump et Hillary Clinton.

Cette année, M. Johnson compte sur le possible chaos causé par la victoire du magnat de l’immobilier aux primaires républicaines et les problèmes d’image de l’ancienne Première Dame pour dépasser son score d’il y a quatre ans.

« Je suis le candidat tout-en-un », avait expliqué début mai celui qui se situe à gauche de Mme Clinton sur les questions de société et à droite de bon nombre de républicains sur les questions économiques. Le courant libertarien est favorable aux libertés individuelles et à une réduction du rôle de l’État dans l’économie.

Romandie.com

Pour le pape, les ecclésiastiques doivent être disponibles 24h/24

mai 29, 2016

Les ecclésiastiques devraient être disponibles pour leurs ouailles jour et nuit. Le pape François a estimé dimanche qu’ils ne devraient pas se limiter à des « heures de visites » et s’octroyer du temps de détente une fois les portes de l’Eglise closes.

« Celui qui exerce un sacerdoce ne peut pas se réserver des heures de temps libre, il doit abandonner l’idée qu’il est maître de son temps », a déclaré le souverain pontife dans une homélie. Il s’exprimait dans la Basilique Saint Pierre pour le Jubilé des diacres.

« Cela me gêne profondément, quand je vois un planning dans une paroisse: « De telle heure à telle heure ». Et après’ Il n’y a pas de porte ouverte, pas de prêtre, pas de diacre, ni de profane pour recevoir les gens. Cela n’est pas bien », a-t-il expliqué.

Le chef de l’Eglise catholique romaine, âgé de 79 ans, a ajouté que les ecclésiastiques devraient accueillir « ceux qui frappent à leur porte à des heures indues, même si cela implique qu’ils doivent laisser de côté une activité plaisante ou renoncer à un repos bien mérité ».

Douceur
Il a également souligné l’importance de la douceur pour les prêtres et les diacres, et a donné ce conseil: « ne criez jamais, jamais ». Les diacres du monde entier, et leurs familles, sont venus à Rome ce week-end pour participer à ce Jubilé des diacres. L’événement se déroule dans le cadre de l’Année sainte convoquée par François et spécialement consacrée à la Miséricorde.

Plus tôt dans le mois, la proposition du pape argentin d’ouvrir une commission pour étudier l’accès des femmes au diaconat avait eu un fort retentissement.

Romandie.com

Une famille pakistanaise porte plainte contre les Etats-Unis

mai 29, 2016

La famille du chauffeur tué avec le chef des talibans afghans par un tir de drone dans le sud-ouest du Pakistan a déposé une plainte contre les Etats-Unis, a indiqué dimanche la police locale. Elle accuse des responsables américains de meurtre et terrorisme.

Le mollah Akhtar Mansour, chef des talibans afghans, a été tué le 21 mai dernier par une frappe de drone dans la province pakistanaise du Baloutchistan. L’opération avait été décrite comme un coup dur pour les rebelles islamistes qui mènent depuis 2001 une insurrection contre les forces étrangères et nationales en Afghanistan.

Des responsables américains ont qualifié « d’autre combattant masculin » le chauffeur du véhicule dans lequel circulait le mollah Mansour lorsqu’il a été pris pour cible. Mais selon des sources sécuritaires pakistanaises, il s’agit de Mohammad Azam, qui travaillait pour la compagnie de location Al Habib, établie près de Quetta, la capitale du Baloutchistan.

« Des responsables américains dont je ne connais pas le nom ont endossé la responsabilité de cette frappe dans les médias. Je demande donc que justice soit faite et que des mesures judiciaires soient prises contre ceux qui sont responsables de sa mort », a écrit le frère du chauffeur, Mohammad Qasim, dans une plainte déposée à la police en date du 25 mai et que l’AFP a pu consulter dimanche.

Seul soutien
« Mon frère était innocent. Il était très pauvre. C’était le seul soutien d’une famille avec quatre jeunes enfants », poursuit le document. « Mon but est de prouver l’innocence de mon frère, présenté comme un insurgé alors qu’il n’était qu’un simple chauffeur », a déclaré M. Azam.

La police pakistanaise et des responsables locaux ont confirmé dimanche que la plainte avait bien été déposée mais ont refusé de commenter les suites éventuelles données à cette affaire.

Depuis 2004, les Etats-Unis ont mené des centaines de frappes de drones dans les régions pakistanaises bordant l’Afghanistan. Des opérations condamnées par le Pakistan comme des entorses à sa « souveraineté », même si des documents rendus publics au cours des dernières années ont fait état d’une collaboration pakistano-américaine pour certaines d’entre elles.

Chef depuis deux ans
Les Etats-Unis, l’Afghanistan et des cadres talibans avaient confirmé le décès du mollah Mansour, mais pas les autorités pakistanaises. Dimanche soir, un porte-parole du ministère pakistanais de l’Intérieur a reconnu que le mollah Mansour avait bien été tué dans cette frappe de drone. « L’identification a été confirmée après un test comparant l’ADN du mollah Mansour à celui d’un proche venu d’Afghanistan pour récupérer sa dépouille », a-t-il précisé dans un communiqué.

Le mollah Mansour avait été promu chef des talibans afghans en juillet 2015 après l’annonce surprise du décès, deux ans plus tôt et gardé jusque-là tenu secret, du chef historique du mouvement, le mystérieux mollah Omar.

Les talibans afghans ont nommé mercredi le mollah Haibatullah Akhundzada, un religieux discret mais respecté, pour succéder au mollah Mansour, dont il était l’adjoint. Le nouveau chef devra tenter de prévenir le morcellement du mouvement taliban, convié sans résultat probant jusqu’à présent à des pourparlers de paix avec le gouvernement de Kaboul.

Romandie.com

France: Mort d’André Rousselet, fondateur de Canal+

mai 29, 2016

André Rousselet est mort le 29 mai à l’âge de 93 ans.

André Rousselet est mort le 29 mai à l’âge de 93 ans. PIERRE GUILLAUD / AFP
Homme d’influence aux vies multiples, grand argentier du Parti socialiste, directeur de cabinet puis exécuteur testamentaire de François Mitterrand, André Rousselet est mort dimanche 29 mai à l’âge de 93 ans.

D’une fidélité absolue à l’ancien président de la République, cette amitié lui a aussi permis de devenir un homme d’affaires avisé et de consolider ses entreprises. Il a ainsi métamorphosé la compagnie de taxis G7 en un empire extrêmement rentable. Ou encore fondé en 1984, à 62 ans, Canal+, la première chaîne de télévision payante de l’Hexagone. Toujours en bâtissant et protégeant, grâce à ses appuis politiques et son sens des affaires, des monopoles solides comme des forteresses. Sa seule tentative infructueuse fut celle de devenir un patron de presse. Il s’intéressa aussi à l’art contemporain en finançant, de façon assez discrète, la Galerie de France.

Adolescence pétainiste

Hâlé toute l’année, le front haut, le visage ovale, le regard perçant, André Rousselet ressemblait à une sculpture d’Alberto Giacometti. Il dégageait une prestance de condottiere. Parfois délicieusement drôle, charmeur, l’œil malicieux, l’humour caustique, il savait changer du tout au tout pour devenir glacial et d’une cruauté sans appel. Capable de lancer un trait si blessant à un adversaire qu’il le laissait sans voix. Deux versants d’un personnage complexe, autoritaire, arrogant, que tous ses collaborateurs ont toujours appelé « Président ». Avec une crainte mêlée de fascination.

Il est né à Nancy le 22 octobre 1922 et sa famille s’installera à Paris dix ans plus tard. Bourreau de travail, son père, Marcel Rousselet, haut magistrat, écrit d’une plume alerte de nombreux précis de droit qui sont restés de grands classiques pour les étudiants. Le frère d’André Rousselet, Jean, très brillant, devint un pédiatre rénommé, auteur d’un ouvrage au titre délicieusement provocateur : L’Allergie au travail. André Rousselet n’est pas, lui, loin s’en faut, un élève doué mais décroche tout de même son baccalauréat, en option philosophie en 1940, à Limoges, puisque sa famille a dû quitter leur appartement qui avait été bombardé.

Lire aussi :   André Rousselet, un fidèle de la première heure de François Mitterrand

André Rousselet ne cache pas à ses proches qu’il était pétainiste vers 16 ans, c’est ce qui l’a rapproché plus tard de Robert Hersant ou lui a également permis de mieux comprendre François Mitterrand. Inscrit en droit, André Rousselet est tenté par l’expérience d’Uriage, fin 1942, où il fait un passage éclair avant de préfèrer rentrer à Paris passer sa licence de droit. Pour éviter le Service du travail obligatoire (STO), son père lui trouve un emploi en Alsace qui ne durera pas. Ramassé par les Allemands, André Rousselet est pourtant expédié dans une petite ville allemande où il restera captif pendant dix-huit mois, à travailler dans une usine et dormir dans des baraquements. De retour à Paris en 1944, après la Libération, il termine sa licence de droit . Mais au lieu de passer le barreau, André Rousselet réussit le concours d’intégration à l’administration préfectorale, avant même que le concours de l’ENA ne soit créé.

Incorruptible

Il obtient sa première affectation en Ariège, puis dans l’Aube avant d’être nommé sous-préfet dans le Gers. C’est à Pointe-à-Pître en Guadeloupe – où il tombe amoureux et où naît sa fille Evelyne – en 1952 qu’il se forge la réputation de sous-préfet incorruptible. Ce fonctionnaire met fin à un système de fraude électorale pratiqué par une gloire locale, Maurice Satineau. Ce haut fait n’améliore pas sa carrière puisqu’il est placardisé dans l’Indre, à Issoudun. Lorsque François Mitterrand, tout juste installé place Beauvau en juin 1954 cherche un jeune sous-préfet pour l’épauler dans son cabinet, la candidature d’André Rousselet est retenue comme par défaut. Maurice Satineau était en effet un ennemi juré de François Mitterrand. Ce sera le début d’une amitié sans faille avec le président de l’USDR et également avec son chef de cabinet, Georges Dayan. Fait notable, André Rousselet est recruté fin juin 1954 par le sulfureux Jean-Paul Martin, grand ami de René Bousquet.

La carrière d’André Rousselet le rapproche de François Mitterrand. Ses amours aussi. Le 11 décembre 1964, le sous-préfet se marie à Angoulême avec Catherine Rogé, dont le père était un ami de François Mitterrand. Ils auront trois fils, Nicolas, Philippe et Olivier, mort quelques jours après sa naissance.

André Rousselet se découvre des talents d’homme d’affaires, sur le tard, et presque par défaut. A 36 ans, il est obligé de mettre fin provisoirement à ses ambitions politiques. Il entre par la petite porte chez Simca, alors le premier constructeur automobile français, détenu d’une main de fer par Henri-Théodore Pigozzi. A l’étroit dans un emploi subalterne, André Rousselet propose de racheter la G7, qui perdait 150 millions de francs, au patron de Simca. D’abord à la tête de 150 taxis, il va, pour un investissement très modeste, en détenir 2 000, après avoir scindé la G7 en sept entités et revendu les parts au prix fort à six associés.

L’aventure Canal Plouf

A l’époque, tout comme l’eau, l’électricité, la télévision – qui nécessitent l’attribution de concessions, de licences ou de fréquences – les taxis ne peuvent prospérer qu’à l’ombre de la puissance publique. André Rousselet partage les mêmes intérêts corporatistes que son concurent dans les taxis, Pierre Juillet, éminence grise de Georges Pompidou. Des coups de pouce législatifs des gouvernements de droite comme de gauche favorisent leurs entreprises. Ainsi, en 1982, quand André Rousselet occupe la fonction de directeur de cabinet de François Mitterrand, le carburant sera détaxé pour les taxis. En quinze ans, de 1985 à 2000, le prix des plaques de ces véhicules s’est envolé.

La G7 se diversifie, avec la reprise de ses concurrents les Taxis Bleus, puis grandit encore dans les transports routiers, le stockage ou les remorqueurs portuaires Les Abeilles. Voire même la Galerie de France – qu’André Rousselet a confiée à Catherine Thieck, qui lui insuffle un goût pour l’art contemporain. Pour étoffer encore son empire personnel, il acquiert la société de location de véhicules Ada en 1994, qui connaîtra des hauts et des bas. Cette frénésie d’expansion est stoppée par l’échec de la reprise de la compagnie maritime CGM.

Lancer une télévision payante dans les années 1980 semble une idée bien farfelue, d’autant plus que le petit écran est définitivement à la botte du pouvoir politique. L’aventure de Canal+ naîtra dans le plus grand scepticisme chez Havas. François Mitterrand a placé son ami à la tête de cette entreprise publque, assez opaque dans son fonctionnement. André Rousselet n’accorde aucune confiance à la toute petite équipe chargée du développement (Leo Scheer, Antoine Lefebure, Marc Tessier, Jacques Driencourt…). Elle a travaillé sur un projet de quatrième chaîne, cryptée, hertzienne, à péage, axée sur le cinéma et les divertissements. André Rousselet la fera sienne. Il débauche Pierre Lescure d’Antenne 2 mais a toutes les peines du monde à réunir un tour de table. Malgré tout, la chaîne est lancée le 4 novembre 1984.

Les débuts sont éprouvants et Canal+ – surnommé Canal Plouf – a failli disparaître avec l’arrivée de deux nouvelles chaînes privées et d’une armada de chaînes locales. Le gouffre financier s’accentue, la menace de banqueroute est réelle. François Mitterrand va lui sauver la mise, contre l’avis de son premier ministre, Laurent Fabius, et de celui du patron de Schlumberger, Jean Riboud, qui rêvait de récupérer la fréquence pour en faire un CBS à la française.

« Edouard m’a tuer »

La grande force de Canal+ est de créer et de défendre une position dominante dans la télévision payante, en vendant les abonnements très chers (six fois plus que ses homologues américains), en finançant directement le cinéma et en achetant les droits des retransmissions sportives et des films à caractère pronographiques. La chaîne s’est également renforcée en contrôlant la norme fermée de ses décodeurs. André Rousselet crée en moins de dix ans un groupe audiovisuel international envié, très rentable, diversifié dans les chaînes thématiques, la production audiovisuelle et cinématographique. Certaines aventures, comme l’investissement dans la société américaine de production de films Carolco ou Tele Più, sa chaîne italienne, s’avèrent toutefois désastreux.

En 1994, alors que la loi Carignon permet à un même actionnaire de porter le plafond de sa participation de 25 à 49 % dans les chaînes privées, André Rousselet ne voit pas venir son éviction. Havas, la Générale des Eaux et la Société générale verrouillent un pacte qui le marginalisent. Le PDG de Canal+ démissionne avec fracas du conseil d’administration d’Havas. Il publie dans Le Monde une tribune titrée « Edouard m’a tuer », en forme de réquisitoire contre le premier ministre en place, Edouard Balladur, juste après avoir démissionné de la présidence de Canal+. Pierre Lescure, lui, fait le choix de rester.

Après avoir tenté en vain en 1976 de lancer un magazine sportif et de racheter France Soir, André Rousselet revient à la presse après son départ fracassant de Canal+. Il investit dans le quotidien Infomatin en 1994, avec le dessein de s’opposer à Edouard Balladur, en course pour la présidentielle de 1995. Une incompréhension totale l’oppose à la rédaction, et l’expérience se finit par un fiasco financier. Le quotidien dépose le bilan le 8 janvier 1996. Le jour de la mort de François Mitterrand.

Lemonde.fr par  Nicole Vulser Journaliste au Monde

Sauvetage de 19 migrants dans une embarcation en train de sombrer au large de Douvres

mai 29, 2016

Londres – Dix-neuf migrants ont été secourus la nuit dernière dans la Manche, au large des côtes britanniques, après que le bateau pneumatique dans lequel ils se trouvaient a commencé à prendre l’eau, a-t-on appris de sources concordantes dimanche.

Cette nuit, une opération de sauvetage en mer d’envergure a été conduite au large de Dungeness (Royaume-Uni), dans les eaux britanniques, pour porter secours à une vingtaine de migrants dont l’embarcation semi-rigide était en train de sombrer, a annoncé en France la préfecture maritime de la Manche et la Mer du Nord dans un communiqué diffusé dimanche après-midi.

Partis des côtes de la mer du Nord pour tenter de gagner le Royaume-Uni, les naufragés ont pu tous être récupérés et pris en charge par les autorités britanniques, a ajouté la préfecture.

Les garde-côtes britanniques ont pour leur part déclaré avoir reçu à 23H40 (22H40 GMT) samedi un appel d’urgence au large de Dymchurch, ville située en face de Calais, et avoir localisé à 02H00 (01H00 GMT) dimanche l’embarcation avec 19 personnes à son bord.

Côté britannique, un hélicoptère parti de la localité de Lydd ainsi que des bateaux de sauvetage dépêchés des villes côtières de Dungeness et de Folkestone sont arrivés sur place. Côté français, un hélicoptère de la Marine nationale, basé au Touquet, et un bateau de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de Calais, ont participé aux opérations.

Les naufragés, qui s’avèrent être des migrants, ont appelé leurs familles qui ont ensuite alerté les autorités, et les secours ont été déclenchés des deux côtés de la Manche, a dit à l’AFP le président de la SNSM de Calais Bernard Barron, précisant que la mer était fortement agitée.

Ceci confirme nos craintes : les passeurs sont prêts à employer les grands moyens. Mais le détroit est une véritable autoroute, présentant un grand danger pour ce type de traversée, a-t-il poursuivi.

Les traversées de la Manche sur des canots sont rares. Quelque 4.000 migrants, selon la préfecture, 5.000 selon les associations, vivent actuellement dans la Jungle de Calais et ses alentours dans l’espoir de se rendre en Grande-Bretagne.

Fin avril, un responsable du Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) de Gris-Nez (département du Pas-de-Calais) avait fait part à l’AFP de la crainte d’un développement des tentatives de passage en Angleterre de migrants et de nombreux sauvetages à traiter.

La préfecture maritime rappelle quant à elle que depuis plusieurs mois, des tentatives ou des projets de traversée de la Manche et de la mer du Nord par des groupes de migrants sont observées, notamment dans le détroit du Pas-de-Calais et à l’ouest du Cotentin, la plupart de ces tentatives ayant lieu de nuit, à bord d’embarcations inadaptées, en surnombre, sans la moindre notion de navigation.

Début février, quatre migrants iraniens en perdition sur une embarcation dans la Manche avaient déjà été miraculeusement sauvés de la noyade grâce à un autre clandestin qui avait pu regagner la plage de Sangatte (Pas-de-Calais) et alerter les secours. Fin mars, c’était la Marine nationale qui avait porté secours à trois migrants iraniens qui étaient en difficulté dans un bateau pneumatique au large de Dunkerque.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mai 2016 15h39)

De 700 à 900 migrants auraient péri en mer cette semaine

mai 29, 2016

La traversée de la Méditerranée aurait coûté la vie à au moins 700 migrants cette semaine. C’est ce qu’ont estimé dimanche Médecins sans frontières et le HCR.

Environ 14’000 migrants ont été secourus depuis lundi, le nombre de tentatives de traversées depuis la Libye s’étant multiplié en raison des conditions météorologiques favorables.

Le nombre de morts a été évalué grâce aux témoignages de survivants que les autorités et les ONG continuent de collecter.

« Nous ne connaîtrons jamais le nombre exact », a déclaré Médecins sans frontières dans un tweet après avoir estimé à 900 le nombre de morts. Le HCR a de son côté évoqué le chiffre de 700 noyés.

Romandie.com

Cinq Casques bleus tués dans une attaque dans le centre du Mali

mai 29, 2016

Bamako – Cinq Casques bleus ont été tués dimanche dans une embuscade dans le centre du Mali, a déclaré la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) qui a dénoncé une nouvelle attaque terroriste.

L’attaque survenue aux environs de 11H00 (locale et GMT) a ciblé un convoi de la force de la Minusma, pris dans une embuscade à 30 km ouest de (la ville) de Sévaré, dans la région de Mopti, a affirmé la Minusma dans un communiqué.

Selon les informations préliminaires, cinq Casques bleus ont été tués. Un autre a été grièvement blessé et son évacuation médicale est en cours, a ajouté la mission de l’ONU.

Je condamne avec la plus grande vigueur ce crime abject qui s’ajoute aux autres actes terroristes qui ont ciblé nos soldats de la paix et qui constituent des crimes contre l’humanité au regard du droit international, a déclaré M. Mahamat Saleh Annadif, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et chef de la MINUSMA.

Cet acte odieux de terrorisme est d’autant plus révoltant qu’il a été perpétré durant là journée internationale des Casques bleus, a souligné M. Annadif.

L’ONU n’a pas précisé la nationalité des victimes mais une source policière malienne avait auparavant déclaré que quatre Casques bleus togolais au moins avaient été tués.

Les Casques bleus togolais étaient en mission de paix dans le secteur où les agriculteurs et les éleveurs se sont récemment affrontés. Ils sont tombés à une cinquantaine de kilomètres de Mopti sur une mine et une attaque terroriste, a déclaré la source contactée par téléphone à Mopti depuis Bamako.

C’est la première fois que des Casques bleus de la Minusma sont tués dans le Centre du Mali.

Cette nouvelle attaque survient après que cinq soldats maliens eurent été tués vendredi dans le nord du Mali par l’explosion d’une mine au passage de leurs véhicules.

Et la semaine dernière, cinq Casques bleus tchadiens avaient été tués et trois autres grièvement blessés lors d’une embuscade tendue par les jihadistes d’Ansar Dine dans le nord-est du Mali, où le déploiement des Nations unies est le plus coûteux en vies humaines depuis 20 ans.

Le nord du pays était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda, après la déroute de l’armée face à la rébellion à dominante touareg, d’abord alliée à ces groupes qui l’ont ensuite évincée.

Les jihadistes ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix entre le camp gouvernemental et l’ex-rébellion, censé isoler définitivement les jihadistes.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mai 2016 17h10)

Ukraine: 17 morts dans l’incendie d’un foyer pour personnes âgées

mai 29, 2016

Litochki (Ukraine) – Dix-sept personnes sont mortes dimanche à l’aube dans l’incendie d’un foyer pour personnes âgées dans la région de Kiev, a annoncé le service ukrainien des situations d’urgence.

Le feu s’est déclaré dans un bâtiment de deux étages, servant de foyer à des personnes âgées, dans le village de Litochki, situé à une cinquantaine de km au nord de la capitale ukrainienne.

Les corps de 17 personnes ont été trouvés sur le site de l’incendie, a déclaré le chef du service des situations d’urgence, Mykola Tchetchetkine, dans un communiqué.

Le feu s’est déclaré dans un bâtiment privé, a-t-il déclaré à des journalistes, précisant que le foyer pour personnes âgées avait été installé en violation de la législation existante.

Plus d’une dizaine de sacs mortuaires ont été déposés près de la clôture entourant le bâtiment en briques blanches, avant d’être chargés dans un camion, a constaté un photographe de l’AFP sur place.

Dans une déclaration télévisée, le chef adjoint de la police nationale, Vadim Troyan, a annoncé l’arrestation d’un homme, accusé d’avoir ouvert ce foyer.

Selon les premières informations, 35 personnes se trouvaient dans le bâtiment quand le feu s’est déclaré au petit jour. Dix-huit personnes ont été secourues, parmi lesquelles cinq ont été hospitalisées, a précisé le service des Situations d’urgence.

Le feu a été éteint dans la matinée grâce à la mobilisation de plus de 150 personnes. La cause du sinistre n’était pas éclaircie à la mi-journée, mais selon une source, il aurait été provoqué par l’explosion d’un téléviseur.

Selon les chaînes de télévision nationales présentes sur place, l’accès à la rue où se trouve le foyer a été bouclé par la police. Des photographies diffusées par le service des Situations d’urgence montrent un bâtiment de briques blanches incendié et des équipes de secours fouillant les décombres.

Tout était en ordre ici: c’était propre, rangé, il n’y avait pas de plaintes, a témoigné à la télévision Tamara, dont un proche habitait le foyer.

Le président ukrainien Petro Porochenko a été informé du sinistre et le Premier ministre Vladimir Groysman a chargé une commission spéciale d’enquêter sur ce qu’il a qualifié de terrible tragédie, a indiqué le gouvernement dans un communiqué.

Dans les anciennes républiques soviétiques telles que l’Ukraine ou la Russie, des infrastructures anciennes sont encore largement utilisées et n’ont souvent aucun système de prévention contre les incendies, qui y sont fréquents et affectent régulièrement les personnes les plus vulnérables comme les personnes âgées ou les malades mentaux.

En 2011, 16 personnes sont mortes dans l’incendie d’un foyer pour personnes âgées géré par l’Etat dans l’ouest de l’Ukraine.

Romandie.com avec(©AFP / 29 mai 2016 16h34)


Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 395 autres abonnés