France: la deuxième étoile sous une pluie de buts !

juillet 15, 2018

L’équipe de France sacrée championne du monde après sa victoire sur la Croatie en finale, le 15 juillet 2018 à Moscou / © AFP / GABRIEL BOUYS

Champagne ! Le jour de gloire est arrivé pour les Bleus qui ont gagné la deuxième Coupe du monde de leur histoire, 20 ans après celle de 1998, en dominant la Croatie 4-2 au bout d’une incroyable finale du Mondial-2018, dimanche à Moscou.

Et c’est sous une pluie battante, à 19h32 exactement, que le capitaine Hugo Lloris a soulevé le trophée tant convoité, remis par le président de la Fifa Gianni Infantino sur le podium où se trouvaient trois chefs d’Etat, le Français Emmanuel Macron, le Russe Vladimir Poutine et la Croate Kolinda Grabar-Kitarovic.

A Paris, les Champs-Elysées ont été envahis avant même le coup de sifflet final par une foule en liesse, comme partout en France. Et la fête s’annonce immense lundi sur « la plus belle avenue du monde » que les joueurs descendront en bus vers 17h00, avant d’être reçus à l’Elysée.

Ils auront encore en tête cette folle finale… Enterrés, les scores étriqués, comme dans la dernière édition (Allemagne-Argentine, 1-0 a.p.): il n’y avait jamais eu autant de buts dans une finale de Mondial depuis… 1966 (Angleterre-RFA, 4-2 a.p.)!

Des supporters à l’Arc de triomphe après la victoire des Bleus, le 15 juillet 2018 à Paris / © AFP / LUDOVIC MARIN

Eh oui, dans la capitale russe, l’étoile était bleue, décrochée par Antoine Griezmann, impliqué sur trois buts français. « Je vais être dans l’histoire du foot français, même si on ne réalise pas maintenant, nos enfants vont être très fiers de porter notre nom », a-t-il dit tout en mettant en exergue le collectif.

Etoile saisie par « Grizou », mais aussi Paul Pogba et Kylian Mbappé, qui ont tué le match à l’heure de jeu.

Et voilà, quand la France tutoie les sommets, il se passe toujours quelque chose d’exceptionnel: c’étaient les deux coups de tête de Zinédine Zidane en 1998 face au Brésil de Ronaldo (3-0), puis son « coup de boule » en 2006 (défaite contre l’Italie aux tirs au but).

L’entraîneur des Bleus Didier Deschamps porté en triomphe par ses joueurs après leur titre de champion du monde devant la Croatie, le 15 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Alexander NEMENOV

Dimanche, il y eut pour la première fois dans une finale de Mondial un but contre son camp, lorsque Mario Mandzukic déviait dans ses cages le coup franc de Griezmann (18e), mais aussi un recours à l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) entraînant un penalty, transformé par le même « Grizou » (38e). Là encore une première.

– « DD » comme Zagallo et Beckenbauer –

Incroyable finale, décidément, quand N’Golo Kanté, jusqu’alors un des meilleurs joueurs du tournoi, passait totalement au travers de son match, au point d’être remplacé par Steven N’Zonzi dès la 55e minute; puis quand Hugo Lloris commettait une énorme boulette en ratant son crochet sur Mandzukic, qui n’en demandait pas tant (69e). Même si le gardien, finalement peu sollicité, a fait aussi une belle claquette, sur une frappe puissante de Ante Rebic (48e).

La France championne du monde / © AFP / Thomas SAINT-CRICQ

« Une compétition est réussie quand elle est gagnée », avait assené le président Macron en visite à Clairefontaine fin mai pendant la préparation, exhortant la sélection à décrocher la « deuxième étoile » devant un Deschamps un brin gêné, lui qui ne promet jamais la lune.

Il la décroche plutôt qu’il n’en parle, « Dédé la Gagne », en entraîneur matois obsédé par le résultat. Et le capitaine de l’âge d’or de l’équipe française (doublé Mondial-1998/Euro-2000) a rejoint le Brésilien Mario Zagallo et l’Allemand Franz Beckenbauer, vainqueurs de Coupe du monde comme joueurs puis sélectionneurs.

Au coup de sifflet final, il a salué les supporters, les deux bras levés, les poings fermés. Avant d’être porté en triomphe par ses joueurs.

La France championne du monde: les Champs-Elysées en liesse! (2) / © AFP / Myriam Adam

« Est-ce que la France est un beau champion? On est champion du monde, la France sera sur le toit du monde pendant quatre ans, c’est ça qu’on va retenir avant tout », a-t-il dit. « Ma plus grosse fierté, avec ce groupe, c’est qu’ils ont réussi à avoir l’état d’esprit pour une telle compétition ».

Ses joueurs ont retardé sa conférence de presse en l’aspergeant joyeusement ou en scandant son nom. « C’est une bande de fadas ceux-là », a ensuite réagi Deschamps tout sourire, trempé et le cheveu en bataille. « Je suis dans le brouillard, mais on nage dans le bonheur ».

Les Bleus avaient raté le toit de l’Europe en 2016 (défaite 1-0 a.p. contre le Portugal), et cette rancoeur s’est muée en rage. Ils avaient cédé à l’euphorie en battant l’Allemagne championne du monde en demi-finale de cet Euro à domicile ? Pas cette fois, ont assuré les cadres après la victoire contre la brillante Belgique en demie (1-0). Ils étaient favoris ? Ils l’ont assumé, au détriment des Croates de Luka Modric, élu Ballon d’Or du tournoi, qui connaissaient là leur première finale.

Kylian Mbappé plus jeune champion du monde français, ici après la victoire des Bleus sur la Croatie à Moscou, le 15 juillet 2018 / © AFP / Odd ANDERSEN

Mandzukic et Ivan Perisic, buteurs pour renverser l’Angleterre en demie (2-1 a.p.), ont été cette fois leurs héros paradoxaux, en marquant encore, mais le premier contre son camp puis grâce à Lloris, le second pour l’égalisation, avant d’offrir un penalty d’une main malheureuse.

– Mbappé après Pelé –

Les Croates avaient eu un jour de récupération en moins et disputé trois prolongations dans les tours précédents, c’est-à-dire l’équivalent d’un match en plus. Et cela s’est vu, dans la chaleur de cet après-midi moscovite, malgré un contrôle du jeu en première période. Mais l’équipe à la Deschamps aime subir, pour mieux piquer.

Mondial: les visages des Bleus projetés sur l’Arc-de-Triomphe / © AFP / Myriam Adam

Et cette bascule s’est opérée autour de l’heure de jeu, quand Pogba d’une frappe du gauche (59e) et Mbappé du droit (65e), tous deux depuis l’extérieur de la surface, faisaient chanter le Coq un peu plus fort encore.

Le Parisien de 19 ans, élu meilleur jeune du tournoi, devenait le deuxième plus jeune buteur en finale de la Coupe du monde, derrière… Pelé, bien sûr (17 ans en 1958). Et les comparaisons avec le légendaire Brésilien de refleurir, nées de sa performance en 8e de finale contre l’Argentine (4-3) qui avait secoué la planète foot. « Si Kylian continue d’égaler mes records comme ça, je vais devoir rechausser mes crampons… », a d’ailleurs plaisanté le légendaire Brésilien triple champion du monde sur Twitter.

Et Mbappé a prévenu: « Ce n’est que le début. Ce n’est pas la fin, j’ai l’intention d’aller plus loin, aller jusqu’où mon potentiel me le permet et où les limites le permettent ».

Deuxième étoile pour l’éternité dans le ciel des Bleus, et des images qui resteront au long de leur parcours, un premier tour laborieux, ce match d’anthologie contre les Argentins de Lionel Messi, puis maîtrise et solidarité contre l’Uruguay (2-0) et la Belgique (1-0).

Solidarité défensive, et fraternité, voilà le credo de cette équipe-là, dont le cri de ralliement fut « Vive la France et vive la République ! ». L’esquisse d’un nouvel optimisme national, comme en 1998? Les Bleus seront en tout cas reçus lundi en héros par le peuple de Paris, après une nuit mémorable. Pour ainsi dire à la belle étoile.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juillet 2018 00h49)

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Mondial-2018: à Paris, des casseurs pillent une galerie marchande des Champs-Élysées

juillet 15, 2018

Paris – Une trentaine de jeunes ont cassé et pillé dimanche soir le Drugstore Publicis, un complexe commercial en haut des Champs-Élysées, à Paris, où des centaines de milliers de personnes fêtaient la victoire française à la Coupe du monde de football, a constaté un journaliste de l’AFP.

Ces jeunes, pour quelques-uns encagoulés, ont fait irruption dans le magasin de la célèbre avenue parisienne par une entrée située non sur les Champs-Élysées, mais avenue Marceau.

Ils en ressortaient rieurs, des bouteilles de vin ou de champagne sous le bras et se filmant avec des téléphones portables, tandis que les forces de l’ordre ripostaient à des jets de projectiles avec des gaz lacrymogène, selon le journaliste de l’AFP.

Au bout de 15 à 20 minutes, ils ont été dispersés du côté de l’avenue Marceau par de fortes doses de gaz lacrymogène tirées par les forces de l’ordre, qui se sont ensuite employées à protéger l’entrée du magasin. Peu après, une vingtaine de jeunes sont rentrés dans le café du Drugstore côté Champs-Elysées cette fois, suscitant une nouvelle salve de gaz lacrymogène.

A proximité, un supporteur des Bleus vêtu du maillot tricolore répétait « C’est pas ça la fête, c’est pas ça la fête », en pleurs.

Quelque 4.000 policiers et gendarmes ont été mobilisés à Paris pour la finale et un large périmètre d’interdiction de la circulation des véhicules est en place jusqu’à 4H00 (02H00 GMT) lundi dans l’ouest et le centre de la capitale.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 21h24)                                                        

La France est championne du monde après sa victoire contre la Croatie (4-2)

juillet 15, 2018

Grâce à des buts de Griezmann, Pogba, Mbappé, et Mandzukic contre son camp, les Français deviennent champions du monde pour la deuxième fois de leur histoire.

 

L’équipe de France est devenue championne du monde après avoir battu la Croatie en finale (4-2), dimanche 15 juillet à Moscou. La deuxième étoile sur le maillot bleu a été gagnée à l’issue d’un match étrange, que les Bleus n’ont presque jamais maîtrisé dans le jeu mais qu’ils ont renversé grâce à des actions individuelles, des erreurs de l’adversaire et l’aide de la VAR.

L’avalanche de buts français est venue, comme un symbole, des trois plus importants joueurs offensifs de Bleus lors de ce Mondial : Antoine Griezmann (un penalty à la 38e, un coup-franc détourné par Mandzukic dans son propre but à la 18e), Paul Pogba (une frappe pure à la 59e) et Kylian Mbappé (une frappe encore plus pure de l’extérieur de la surface à la 67e).

Le trio offensif, comme l’ensemble du milieu français, est passé par des séquences de vide pendant la première mi-temps et le début de la seconde, incapables de prendre le jeu à son compte et laissant l’animation aux Croates. Mais à chaque fois que ces derniers pensaient être revenus (l’égalisation de Perisic à la 28e, l’incroyable erreur de Lloris à la 69e), les Français reprenaient le dessus.

Lemonde.fr par Luc Vinogradoff

Thaïlande: les petits rescapés de la grotte pleurent le plongeur mort

juillet 15, 2018

Capture d’écran d’une vidéo fournie par le ministère de la Santé montrant des jeunes footballeurs rescapés après avoir passé 18 jours dans une grotte en Thaïlande, à l’hôpital de Chiang Rai le 14 juillet 2018 / © Chiang Rai Prachanukroh Hospital/AFP / Handout

Les douze jeunes footballeurs rescapés d’une grotte en Thaïlande après 18 jours sous terre ont appris et pleuré ce week-end la mort le 6 juillet d’un plongeur thaïlandais qui se portait à leur secours, a annoncé dimanche le ministère de la Santé.

L’équipe des « Sangliers sauvages » était restée bloquée depuis le 23 juin jusqu’à son évacuation qui a pris trois jours et s’est achevée le 10 juillet dans la grotte de Tham Luang (nord), inondable en saison de mousson.

Les médecins estiment que les enfants sont en bonne santé après l’opération de sauvetage réalisée par des plongeurs de la marine thaïlandaise et des spécialistes étrangers de la plongée dans les grottes.

Mais un ancien plongeur de la marine thaïlandaise avait péri. Saman Kunan appartenait à une équipe qui tentait d’établir une ligne d’approvisionnement en oxygène de la chambre où les enfants attendaient d’être secourus. Cet ancien membre des commandos de marine thaïlandais avait perdu conscience sur le chemin du retour.

Les garçons, âgés de 11 à 16 ans n’ont été informés que samedi, l’équipe médicale les jugeant alors suffisamment forts mentalement pour recevoir une telle nouvelle.

Thaïlande: les enfants rescapés donnent des nouvelles / © See dopesheet/AFP / –

« Ils ont tous pleuré et exprimé leurs condoléances en écrivant des messages sur un dessin du capitaine de corvette Saman et ont observé pour lui une minute de silence », a déclaré dans un communiqué Jedsada Chokdamrongsuk, secrétaire permanent au ministère de la Santé. « Ils l’ont aussi remercié et lui ont promis d’être de bons garçons ».

Les messages ont afflué de Thaïlande et de l’étranger en hommage à Saman Kunan, triathlète et plongeur qui avait quitté l’armée en 2006 et travaillé pour l’aéroport Suvarnabhumi de Bangkok avant de se porter volontaire pour la mission de sauvetage des enfants de la grotte.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 12h20)

 

Nigeria: succès électoral du parti au pouvoir à l’approche de la présidentielle

juillet 15, 2018

Lagos – Le candidat du parti au pouvoir au Nigeria a remporté dimanche une élection très disputée au poste de gouverneur de l’Etat d’Ekiti, dans le sud-ouest du pays, un succès pour le camp du président Muhammadu Buhari à un peu plus de six mois du scrutin présidentiel.

Kayode Fayemi, du Congrès des progressistes (APC) et ancien ministre, a battu le gouverneur sortant Olusola Eleka, du Parti démocratique populaire (PDP) d’opposition, a déclaré la commission électorale dans un communiqué.

« Je veux féliciter le Dr John Kayode Fayemi pour avoir gagné l’élection au poste de gouverneur » de l’Ekiti, s’est réjoui le président Buhari dans un communiqué posté sur Twitter.

« Ces louanges s’adressent également à notre grand parti, l’APC, pour sa victoire remportée de haute lutte après un campagne digne », ajouté le chef de l’Etat.

L’élection s’est déroulée sans incident dans un pays où les violences électorales ne sont pas rares mais des voix ont été achetées, ont rapporté des observateurs.

« Il y a eu une pluie d’argent en Ekiti où le PDP et l’APC attirent les électeurs avec du liquide », selon le journal Vanguard. « Je pense malheureusement que cela fait partie du système », a commenté Sentell Barnes, du groupe américain pro-démocratie International Republican Institute.

« Avant les gens bourraient les urnes. Mais c’est devenu plus difficile et maintenant certains recourent à l’argent pour influencer les gens », a-t-il ajouté.

L’élection était considérée comme ayant valeur de test pour la popularité du président Buhari et la santé de la démocratie au Nigeria où la prochaine présidentielle doit avoir lieu en février 2019.

L’ancien général élu en 2015 est le premier opposant de l’histoire du Nigeria à l’emporter sur le président sortant dans un scrutin largement considéré comme libre et honnête.

Mais après une période d’optimisme initiale, il a déçu ne parvenant pas à mettre un point final à l’insurrection jihadiste de Boko Haram, ni à endiguer les vagues de violences qui surgissent aux quatre coins du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 12h21)                                                        

L’Afrique du Sud célèbre avec Obama la mémoire de Mandela

juillet 15, 2018

Un jeune Sud-Africain se fait couper les cheveux dans le cadre des célébrations du 100e anniversaire de la naissance de Nelson Mandela, le 30 juin 2018 à Johannesburg / © AFP/Archives / MARCO LONGARI

L’Afrique du Sud célèbre cette semaine, avec l’ancien président Barack Obama en vedette américaine, le centième anniversaire de la naissance de son héros et libérateur Nelson Mandela, incarnation d’un rêve « arc-en-ciel » toujours inachevé.

Cinq ans après sa mort, « Madiba » a gardé son statut d’icône mondiale pour son combat contre le régime raciste blanc de l’apartheid et son message de réconciliation, qui a permis au pays d’en tourner la page en évitant un bain de sang.

Après l’ancien président américain Bill Clinton, le milliardaire philanthrope Bill Gates ou l’ex-patron de l’ONU Kofi Annan, le premier chef d’Etat noir des Etats-Unis prononcera mardi l’hommage annuel à Nelson Mandela, point d’orgue de plusieurs jours de festivités.

Lors d’une visite en Afrique du Sud en 2013, Barack Obama avait longuement honoré son « héros ».

« Le combat ici contre l’apartheid et pour la liberté, le courage moral de +Madiba+, la transition historique de son pays vers une nation libre et démocratique ont été une source d’inspiration pour moi et le monde entier », avait-il déclaré.

Un an et demi après son départ de la Maison Blanche, l’éloge de Barack Obama est annoncé par son entourage comme son discours le plus important depuis sa retraite politique.

« Il lui donnera l’occasion de livrer un message de tolérance, d’inclusion et de démocratie à un moment où l’héritage de Mandela est remis en question dans le monde », a souligné son conseiller Benjamin Rhodes au New York Times.

Le président américain Barack Obama lors d’un hommage funèbre à Nelson Mandela, le 10 décembre 2013 à Johannesburg / © AFP/Archives / BRENDAN SMIALOWSKI

Une allusion à la politique de Donald Trump, qui a pris le contrepied systématique de son prédécesseur, notamment sur l’immigration et l’Afrique.

– « Un homme bon » –

En attendant ce grand oral, toute l’Afrique du Sud s’est déjà mise à l’heure Mandela, qui aurait eu 100 ans mercredi.

Spectacles, expositions et compétitions sportives le célèbrent. Son visage souriant illumine de nouveaux billets. « Agissez, inspirez le changement, faites de chaque jour un Jour Mandela », exhorte le slogan de la fondation qui porte son nom.

Ex-syndicaliste reconverti en homme d’affaires, le président sud-africain Cyril Ramaphosa y est allé de sa contribution en versant la moitié de son salaire à un fonds qui finance des micro-projets pour réduire la pauvreté.

« En mémoire de Madiba, en hommage à (….) son engagement sans relâche pour l’amélioration de la vie des plus démunis, beaucoup d’entre nous peuvent faire quelque chose », a lancé le chef de l’Etat en annonçant son geste.

Les nouveaux billets de banque sud-africains à l’effigie de Nelson Mandela, le 13 juillet 2018 à Pretoria / © AFP / Phill Magakoe

Ceux qui ont connu de près le détenu le plus célèbre de la planète – resté vingt-sept ans derrière les barreaux – rivalisent d’anecdotes et d’éloges.

A commencer par le dernier président blanc d’Afrique du Sud, Frederik de Klerk, l’adversaire devenu partenaire avec lequel il a partagé le prix Nobel de la Paix en 1993.

« Oui, nous avons eu des conflits. A certains moments, de vives tensions nous ont opposés. Mais il y a toujours eu du respect, qui est devenu de l’amitié personnelle », s’est-il rappelé pour l’AFP, « c’était un homme bon et unique ».

– Héritage –

L’ancien chauffeur et garde du corps de Madiba, Fuad Floris, s’est lui souvenu de la simplicité et des attentions de celui qu’il appelait « Tata ».

« Quand ma fille a eu son bac, il lui a écrit de sa main un petit mot de félicitation », a-t-il raconté à l’AFP, « il était très excité quand il voyait des enfants, ce qui lui faisait oublier toutes les consignes de sécurité, c’était notre pire cauchemar ».

Siyabulela Mandela, le petit-fils de Nelson Mandela, à la bibliothèque de l’université George Mason, lors d’une interview avec l’AFP à Arlington, le 13 juillet 2018 en Virginien / © AFP / Andrew CABALLERO-REYNOLDS

Si l’homme Mandela ne suscite que louanges, son héritage politique est aujourd’hui plus controversé.

Un quart de siècle après la chute de l’apartheid, l’Afrique du Sud est considérée par la Banque mondiale comme le pays le plus inégalitaire de la planète. Son économie patine, la pauvreté persiste et le racisme y attise toujours autant les tensions.

« Je suis convaincu que le président Mandela, s’il était encore vivant, serait très, très inquiet de la situation actuelle en Afrique du Sud », a estimé Frederik de Klerk.

Certains mettent en cause les successeurs de « Madiba » et la corruption qui a gagné le plus haut sommet de l’Etat, notamment sous la présidence de Jacob Zuma (2009-2018).

D’autres, plus rares, vont jusqu’à le traiter de « vendu » pour avoir prêché la modération envers les élites blanches, qui détiennent toujours l’essentiel des leviers économiques du pays.

« Mandela a combattu pour que nous soyons politiquement libres », a résumé à l’AFP Mtate Phaleka, un photographe noir de 19 ans, « nous ne le sommes toujours pas économiquement ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 10h19)

Mondial-2018: Vladimir Poutine a réussi son opération séduction

juillet 15, 2018

Des supporters français, le 14 juillet 2018 à Moscou avant la finale entre la France et la Croatie / © AFP / Alexander NEMENOV

Dimanche soir, la France ou la Croatie remportera la Coupe du monde et Vladimir Poutine son pari: montrer une belle image de la Russie, accueillante et souriante, à l’heure des conflits diplomatiques à répétition avec les Occidentaux. Mais rien ne dit que ça durera.

– Organisation à la hauteur –

C’est un fait incontestable: l’organisation de la Coupe du monde a été une réussite. Stades magnifiques et fonctionnels, ambiance chaleureuse, aucun incident majeur, les centaines de milliers de visiteurs (630.000 Fans ID, ces passeports du supporter qui accompagnent les billets pour les matchs et dispensent de visa, avaient été délivrées à des étrangers à l’issue du 1er tour) sont repartis avec de bons souvenirs.

Les médias du monde entier ont relayé l’atmosphère de fête qui s’est emparée de la Russie, ce que n’ont pas manqué de noter les relais du Kremlin. « Nous avons touché le cœur insensible de la presse ‘mainstream’ occidentale et ils ont vu qui nous sommes vraiment », a affirmé jeudi Margarita Simonian, la rédactrice en chef de la chaîne russe RT.

Des supportrices font un selfie devant la mascotte et l’affiche de la Coupe du monde de football, le 13 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Odd ANDERSEN

« Nous sommes tous tombés amoureux de la Russie (…) Nous avons découvert un pays que nous ne connaissions pas », avait déjà déclaré la semaine dernière le président de la Fifa, Gianni Infantino, lors d’une visite au Kremlin.

« Toutes les peurs que certains tentaient d’attiser avec cette Coupe du monde (…) ne se sont pas réalisées, cela a été l’exact opposé », avait alors poursuivi avec emphase le patron du foot mondial.

Cette « nouvelle image » de la Russie était évidemment un objectif majeur de Vladimir Poutine. Tout sourire avec M. Infantino, il a pu saluer le fait « qu’énormément de stéréotypes sur la Russie ont volé en éclats » grâce au Mondial-2018.

Des journalistes dans la tribune de presse, avant le match entre la Croatie et l’Angleterre, le 11 juillet 2018 à Moscou / © AFP/Archives / Mladen ANTONOV

– Pas de scandales –

Parmi les « peurs » évoquées par Gianni Infantino, le racisme et le hooliganisme étaient en première ligne. Tout le monde avait en mémoire les images des hooligans russes s’en prenant à des fans anglais pendant l’Euro-2016, mais ceux-ci ont brillé par leur absence et la Coupe du monde s’achève sans incident.

Pas vraiment une surprise, tant les autorités russes avaient pris le problème à bras le corps. Mais des droits de l’Homme à la situation des homosexuels, ces problématiques qui auraient pu ternir le Mondial russe ne l’ont touché qu’à la marge.

un supporter russe sur la place rouge, le 14 juillet 2018 à Moscou à la veille de la finale de la coupe du monde de football entre la France et la Croatie, / © AFP / Jewel SAMAD

La brève arrestation du militant gay britannique Peter Tatchell, qui avait prévu de manifester sur la place Rouge pour dénoncer « la torture d’homosexuels en Tchétchénie », a fait peu de vagues, d’autant que les policiers l’ayant interpellé ont fait preuve d’une délicatesse et d’un tact inhabituels.

Mais l’exemple le plus frappant est celui du réalisateur ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné pour « terrorisme » à l’issue d’un procès « stalinien » selon Amnesty International et en grève de la faim depuis deux mois pour réclamer la libération des « prisonniers politiques » ukrainiens détenus en Russie.

Malgré des appels à sa libération, son cas a finalement reçu peu d’échos et très peu nombreux étaient les supporters de football présents en Russie à savoir qui il était.

Des supporters et des touristes sur la place Rouge, le 14 juillet 2018 à Moscou / © AFP / Mladen ANTONOV

– L’après-Mondial –

« La liberté est finie. Bienvenue dans la vraie Russie »: ce tweet, accompagné de la photo d’une fan zone vide symbolisant la fin de la Coupe du monde, est devenu viral sur l’internet russe. Car les voix critiques du Kremlin sont nombreuses à se demander pourquoi la Russie ne montre pas toujours un aussi beau visage.

« Est-ce qu’on aura toujours des policiers souriants après la Coupe du monde ? », s’interroge ainsi le militant anti-raciste Robert Oustian. Et les bienfaits du Mondial-2018 risquent d’être vite oubliés.

Dès lundi, Vladimir Poutine, qui s’est peu montré pendant le Mondial et a délégué son premier ministre Dmitri Medvedev dans les tribunes lors des matchs de la Russie, sera à Helsinki pour une rencontre avec le président américain Donald Trump, avec qui les sujets de tension sont nombreux.

Le président russe devra aussi gérer une très impopulaire réforme des retraites, annoncée opportunément le premier jour de la Coupe du monde mais qui a fait chuter de près de 15 points sa cote de popularité (à 64%).

En février 2014, après les jeux Olympiques d’hiver de Sotchi dont l’organisation avait été unanimement saluée, Vladimir Poutine s’était félicité que le monde ait découvert une Russie « ouverte et modernisée ». Trois semaines plus tard, la Russie annexait la péninsule ukrainienne de Crimée, ouvrant la voie aux premières sanctions économiques et au début de la crise avec les pays occidentaux.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 11h24)

Après le Mondial-2018:, les stades russes à la recherche d’un avenir viable

juillet 15, 2018

Le stade Loujniki, lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde de football, le 14 juin 2018 à Moscou / © AFP/Archives / Mladen ANTONOV

Un stade de la Coupe du Monde reconverti en marché aux puces ? Vladimir Poutine l’a dit clairement: c’est un non « catégorique ». Et pour les gouverneurs des régions ayant accueilli le tournoi, les ennuis commencent.

Une semaine avant le début du Mondial-2018, le président russe a appelé les autorités locales à utiliser « avec intelligence » les stades flambant neufs construits à grands frais pour la Coupe du Monde.

« Je veux prévenir mes collègues tout de suite: il ne faut en aucun cas permettre que ces endroits deviennent des sortes de marchés à ciel ouvert, comme on l’avait vu dans les enceintes sportives de Moscou au milieu des années 1990 », a-t-il déclaré lors de sa session annuelle de questions-réponses télévisée.

De l’autre côté de l’écran, les gouverneurs des onze villes du Mondial-2018 se sont figés, notamment celui de Saransk, Vladimir Volkov, qui avait proposé de transformer le stade de sa ville en marché.

Pour les supporters ayant acheté à prix d’or leur place pour la finale France-Croatie au stade moscovite de Loujniki dimanche, difficile de s’imaginer que l’enceinte sportive aux 80.000 places pourrait devenir un marché aux puces.

Construit en 1956, ce stade, le plus célèbre du pays, a été rénové en 2017, pour un coût estimé à 24 milliards de roubles (332 millions d’euros au taux actuel). Il a accueilli sept matchs du Mondial-2018, dont celui d’ouverture et la finale.

Le stade Mordovia Arena avant le match de Coupe du monde entre l’Iran et le Portugal, le 25 juin 2018 à Saransk / © AFP/Archives / Mladen ANTONOV

Mais le Loujniki a connu des jours plus sombres, notamment dans les années 1990, lorsque le pays était plongé dans une profonde crise économique.

La seule solution pour renflouer les caisses de ce stade au bord de la faillite était souvent de louer des parcelles à des vendeurs à la sauvette, qui déployaient leurs stands sur le terrain.

Jusqu’en 2011, date à laquelle les autorités ont mis fin à ce marché, le stade Loujniki était pour de nombreux Russes l’amer symbole du marasme économique du pays après la chute de l’URSS.

– Pas de supporters –

Pour Vladimir Poutine, trouver un avenir aux stades représente un enjeu important: si les stades sont laissés à l’abandon, les Russes risquent de s’interroger sur le bien-fondé de la décision de consacrer 3,4 milliards d’euros pour construire ou rénover les stades du Mondial-2018.

Stade Loujniki / © AFP / Laurence SAUBADU

Mais s’ils deviennent un poumon économique pour chacune des villes, le président russe pourra bénéficier d’une popularité renforcée.

Si le Loujniki, à Moscou, peut espérer ne plus revivre cette époque, les onze autres stades sont situés loin des centres névralgiques du pays, comme la Mordovia Arena à Saransk, dont la région est surtout connue pour ses colonies pénitentiaires.

Seuls six des stades construits ont des équipes de football qui jouent dans la Première Ligue russe. Or cette catégorie attire seulement 13.000 spectateurs de moyenne par match; les stades les plus petits construits pour le Mondial ont une capacité de 44.000 sièges.

Les autres stades ont des équipes jouant dans des divisions inférieures, où le nombre moyen de spectateurs par match est de… 2.029.

Pour tenter de susciter plus d’intérêt de la part des supporters, le FC Mordovia Saransk est passé de la troisième à la deuxième division. Et le stade de Sotchi (sud) qui n’avait pas d’équipe assignée, s’en est vu assigner une en juin.

Stade de Saint-Pétersbourg / © AFP / Laurence SAUBADU

– Reconversion –

Les frais de fonctionnement des stades est estimé à 86 millions d’euros par an, ont affirmé les autorités régionales au quotidien russe Kommersant.

Le gouvernement russe contribuera à hauteur d’au moins 172 millions d’euros, mais cette somme devra être partagée (entre fonctionnement et formation des jeunes joueurs) et sera versée par tranches successives sur cinq ans.

« Quand on a conçu le stade, on prévoyait d’inclure plein d’options pour le rendre viable économiquement », explique le ministre des Sports pour la région de Samara, Dmitri Chliakhtine. « Mais maintenant, nous ne comprenons pas vraiment comment cela peut-être réalisé ».

L’entreprise américaine AECOM reste mitigée: si le stade Spartak, à Moscou, peut devenir rentable, l’avenir de celui de Saransk avec ses 45.000 places, est moins prévisible.

Stade de Nijni-Novgorod / © AFP / Laurence SAUBADU

« Il est très difficile de penser à la façon dont les capacités de ce stade peuvent être viables économiquement sans un changement fondamental de la démographie des supporters », explique AECOM dans une note.

Pour faire face à ces défis, les stades envisagent des solutions tous azimuts: celui de Nijni Novgorod pourrait ainsi devenir en partie une clinique médicale.

Le gouverneur de Kaliningrad souhaite créer une zone de libre-échange autour du stade, tandis qu’à Ekatérinbourg, les tribunes temporaires seront démontées, baissant la capacité d’accueil du stade à 12.000 places, afin de le rendre moins cher à entretenir.

La Russie espère par ces initiatives éviter de suivre l’exemple des stades laissés à l’abandon au Brésil après le Mondial-2014.

Car, au-delà du football, c’est l’économie du pays et les « circonstances géopolitiques » qui décideront de l’avenir des douze stades, affirme AECOM.

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 12h31)

Mondial: la Croatie attend ses champions

juillet 15, 2018

Une supportrice achète un maillot de football aux couleurs de la Croatie à la veille de la finale du Mondial-2018 contre la France, le 14 juillet 2018 à Zagreb / © AFP / ATTILA KISBENEDEK

La Croatie baigne dans une atmosphère d’allégresse rouge et blanche avant la finale historique du Mondial-2018 que doit disputer sa sélection contre la France dimanche à Moscou (17H00 heure française).

« Nous allons manger les Français: -3.0% », annonce une boulangerie sur cette affiche qui promet une réduction et montre un homme rompant une baguette et coiffé d’un chapeau à damier rouge et blanc. « Nous allons leur faire goûter le vin croate », assure une autre affiche publicitaire.

A l’aube, des dizaines de jeunes venus d’Osijek, dans l’est de la Croatie, tentent de trouver un peu de sommeil sur des bancs du centre de Zagreb, avant de s’abriter des trombes d’eau sous les parasols des cafés.

Ils veulent suivre le match sur la place centrale de la capitale, théâtre d’impressionnantes scènes de liesse après la victoire en demi-finale contre les Anglais.

La pluie tombe à verse depuis dimanche matin à Zagreb, où plusieurs dizaines de milliers de personnes devraient regarder le match dans la rue. Mais elle devrait se calmer un peu après le coup d’envoi, selon les prévisions.

« On n’a pas dormi mais ça vaut le coup: ce soir, ça va être la fête ici », dit une des jeunes filles aux cheveux teints en rose, qui ne veut pas s’identifier.

Educateur émigré en Suisse, Boze, est venu spécialement pour regarder le match sur la place Jelacic: « Ni une ni deux, avec une dizaine d’amis, on a décidé de partir, de prendre la voiture ».

« Pour vous dire la vérité, on a énormément de mal à réaliser ce qui arrive, ce moment est historique pour la Croatie », poursuit le trentenaire, vêtu de son maillot et d’une cravate à damier.

Dans une vidéo tournée dans l’avion l’emmenant à Moscou, la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarovic, qui a assisté à presque tous les matches de la sélection croate, remercie la Russie pour son organisation de la Coupe du monde.

« Au nom de tous les supporteurs croates, je remercie la Russie pour son accueil chaleureux. Vous avez été des hôtes fabuleux (…) Merci la Russie! Nous arrivons », lance en russe la présidente croate avant de scander « Croatie, Croatie » avec d’autres supporteurs.

– ‘Nous sommes champions

Boutique de souvenir aux couleurs de l’équipe nationale de football dans une rue de Zagreb, le 13 juillet 2018 / © AFP / –

Les rues des villes sont pleines d’écran et la presse pleine de points d’exclamation. « Montrez les dents aux Français! », demande le quotidien sportif Sportski Novosti.

« Fils de Croatie, nous vous attendons! Revenez à la maison que l’on fasse la fête ensemble! », réclame Jutarnji List, l’un des deux plus grands quotidiens du pays, sur une photo des deux buteurs des « Vatreni » (« Flamboyants ») en demi-finale, Mario Mandzukic et Ivan Perisic.

« Quoi qu’il advienne, nous sommes champions », titre en une le quotidien Slobodna Dalmacija qui consacre un numéro spécial aux « héros ». Vecernji List célèbre la « magie croate ».

Parés de rouge et blanc, comme les voitures et les terrasses de café, tous les magasins doivent fermer en début d’après-midi. Le Premier ministre Andrej Plenkovic a demandé aux employeurs de laisser leurs salariés rentrer plus tôt chez eux lundi pour accueillir les héros. En cas de sacre, le gouvernement envisage de déclarer lundi férié.

– Jésus devra attendre –

Dans ce pays où près de 90% de la population se dit catholique, même Jésus devra attendre: à Slavonski Brod, la ville du buteur Mario Mandzukic dans l’est du pays, un prêtre a décidé de repousser de deux heures la messe du soir pour laisser ses ouailles regarder sereinement la rencontre.

« On a une revanche à prendre sur les Français depuis 1998 », dit Filip Gudejlj, propriétaire d’une société de construction.

Nulle revanche pour l’ex-défenseur Igor Stimac, demi-finaliste en 1998: « Dans mon esprit, il n’y a que de la joie, de la fierté, du bonheur. C’est quelque chose de magnifique. Presqu’incroyable », a-t-il confié au site internet Tportal.hr. Comme les autres membres de la sélection de l’époque, il a été invité par la Fédération à Moscou.

« Le présent appartient à Luka Modric et l’avenir ira de toute façon à Kylian Mbappé », estime Jutarnji List qui espère « un de ces jours particuliers dont on se souvient toute sa vie ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 juillet 2018 13h22)

Le président érythréen célèbre les retrouvailles avec l’Éthiopie lors d’une visite historique

juillet 14, 2018

Des habitants de la capitale éthiopienne Addis Abeba sortent sur leurs balcons pour accueillir le convoi du président érythréen Issaias Afeworki le 14 juillet 2018 / © AFP / STRINGER

Le président érythréen Issaias Afeworki a promis samedi de consolider le rapprochement avec l’Ethiopie, au début d’une visite historique à Addis Abeba après vingt ans d’hostilité entre les deux voisins de la corne de l’Afrique.

« Nous ne sommes plus les peuples de deux pays. Nous sommes un », a-t-il lancé devant les élites politiques et culturelles réunies dans un palais de la capitale éthiopienne construit à une époque où les deux voisins formaient une même nation.

« Nous irons de l’avant ensemble », a poursuivi le chef de l’Etat érythréen au premier d’une visite de trois jours qui doit notamment voir l’ouverture d’une ambassade d’Erythrée à Addis Abeba.

Garde militaire, danses traditionnelles et tapis rouge : le président érythréen avait auparavant été accueilli avec les honneurs à son arrivée par le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed.

Vêtus de châles blancs et agitant des palmes, de nombreux Ethiopiens s’étaient massés le long de la route reliant l’aéroport au centre de la capitale. Les rues étaient ornées de drapeaux des deux pays, de bannières et photos des deux dirigeants signant la paix pas plus tard que lundi, lors d’une visite de M. Abiy en Erythrée.

Le président érythréen Issaias Afeworki (g) est accueilli par le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed à l’aéroport d’Addis Abeba, le 14 juillet 2018 en Ethiopie / © AFP / MAHEDER HAILESELASSIE TADESE

Les deux dirigeants ont partagé rires et embrassades lors d’un déjeuner officiel où M. Abiy a assuré que le chef de l’Etat érythréen était « bien aimé et respecté par le peuple éthiopien à qui il avait manqué ». « Bienvenue à la maison, président Issaias!! », a renchéri le chef de cabinet de M. Abiy, Fitsum Arega, sur Twitter.

Après ce déjeuner, les deux dirigeants ont pris un vol pour Hawassa (sud) afin d’y visiter un important parc industriel.

Un dîner officiel est prévu dimanche et la réouverture de l’ambassade érythréenne est également au programme de la visite selon la radio-télévision éthiopienne Fana. Les vols directs entre les deux pays doivent quant à eux reprendre la semaine prochaine.

– Paix subite –

Un groupe de femmes brandit des drapeaux ethiopiens et erythréens le 14 juillet 2018 à Addis Abeban / © AFP / STRINGER

Cette visite inédite en Ethiopie survient une semaine après le déplacement de M. Abiy à Asmara qui a permis de concrétiser une initiative de paix lancée par le chef du gouvernement réformateur d’Addis Abeba, arrivé au pouvoir en avril dernier.

De 1998 à 2000, l’Éthiopie et l’Érythrée se sont livré une guerre conventionnelle qui a fait quelque 80.000 morts, notamment en raison d’un désaccord sur leur frontière commune.

Le refus éthiopien d’appliquer une décision en 2002 d’une commission soutenue par l’ONU sur le tracé de la frontière a ensuite entretenu une longue animosité entre les deux pays.

Mais le mois dernier, M. Abiy a annoncé la volonté de l’Éthiopie d’appliquer un accord de paix signé en 2000 à Alger avec l’Érythrée et les conclusions, deux ans plus tard, de la commission internationale indépendante sur la démarcation de la frontière.

L’Ethiopie et l’Erythrée en 5 indicateurs clés / © AFP /

« Quelqu’un peut-il trouver les mots justes pour décrire l’intensité du sentiment populaire dans les deux pays, la profondeur et la signification des changements prometteurs à l’oeuvre dans la région! », a tweeté le ministre érythréen de l’Information Yemane Gebremeskel.

– Des changements en Erythrée ? –

Autrefois façade maritime de l’Éthiopie avec les ports de Massawa et d’Assab, l’Érythrée a déclaré son indépendance en 1993 après avoir chassé les troupes éthiopiennes de son territoire en 1991 au terme de trois décennies de guerre.

L’indépendance de l’Érythrée a privé l’Éthiopie de tout accès à la mer et l’a forcée à s’appuyer presque exclusivement sur Djibouti pour son commerce maritime.

Le propriétaire éthiopien d’un hôtel, Taeme Lemlem (G), apprend la prochaine visite en Ethiopie du président érythréen Issaias Afeworki en regardant la télévision, le 13 juillet 2018. Son hotel avait été détruit par la guerre avec l’Erythrée, à Zalambesa (nord de l’Ethiopie) / © AFP / Maheder HAILESELASSIE TADESE

L’accès de l’Éthiopie, deuxième pays le plus peuplé d’Afrique, aux ports érythréens devrait stimuler l’économie des deux Etats.

La liberté de mouvement de part et d’autre de la frontière doit permettre la réunion de deux peuples, liés par une histoire, une langue et une ethnicité communes, et de familles séparées depuis plus de 20 ans.

Samedi, Amnesty International a souhaité que la paix soit aussi un catalyseur de changements en Erythrée, où des milliers de gens « languissent en détention pour avoir simplement exprimé leur opinion ».

« La fin des hostilités avec l’Ethiopie est un moment de joie pour les Erythréens mais il doit être suivi par des réformes tangibles qui fassent une véritable différence dans la vie quotidienne des gens et mettent fin à des décennies de répression », a déclaré le directeur adjoint de l’ONG pour la région, Seif Magango.

Amnesty a aussi appelé à la fin du service militaire illimité, qui était justifié à Asmara par l’état de guerre avec l’Ethiopie. La mesure a provoqué l’émigration de centaines de milliers de jeunes Erythréens, notamment en Europe.

Romandie.com avec(©AFP / 14 juillet 2018 17h32)