Conte: Le Cafard et le Lézard

Un jour, un joli cafard brun et bien parfumé traversait la cour d’habitation au moment où il venait de sortir d’un carton usagé.

Un lézard endimanché qui avait fait sa mue, se bronzait, au soleil, sur la surface latérale du mur, essayait sa nouvelle vêture selon les convenances de la métamorphose. Le ventre affamé pour n’avoir pu croquer ni de petites mouches, ni de simples fourmis, le lézard rasa le mur comme un éclair et se mit à poursuivre le cafard.

Pris de panique par l’animal, à la vitesse effrénée, le cafard sentant le danger derrière lui, appuya sur ses pattes arrière et déploya ses ailes, décolla comme un avion pour atterrir sur le mur ocre qui avait connu toutes les intempéries de la pluie.

Stupéfait, le lézard devant la gent ailée, proféra toutes les injures de la terre contre le cafard : crétin, salopard…

–         Gare à toi, si je t’avais attrapé, je t’aurai bien croqué.

–         Le cafard s’esclaffa et continuait posément son alpinisme sur le mur avec un rire moqueur.

Le mur qui avait accueilli le cafard était facile à parcourir, par endroits, mais très lisse en d’autres parties réduisant l’assurance qui éloignait la confiance dans son esprit.

Subitement, le cafard tomba comme une feuille morte qui se mit à planer avant de gagner le sol ; le lézard qui était toujours aux aguets avec ses yeux à fleur de peau, le vit atterrir et le rattrapa sur le plan incliné de sa chute.

A cet instant, le lézard couru très vite et sans réfléchir, saisit de sa gueule le cafard par les pattes arrière. Voulant assouvir son avidité légendaire, il chercha à l’avaler comme d’habitude mais il fut piqué par ses pattes qui freinèrent son élan et le lâcha.

Le cafard compris que son ennemi avait eu mal à la bouche, continua sa route, avec sa patte endolorie par le choc de la denture pour se réfugier entre les pierres entreposées où le lézard ne pouvait le déloger.

Le lézard impuissant devant son échec, vit partir le cafard tandis que les autres lézards postés sur les murs craquelés, assistant au spectacle, esquissaient des rires bouffons de sa mésaventure où leur ami rentra bredouille de sa mauvaise partie de chasse. Il avait oublié sa leçon élémentaire de la chasse:  pour facilement manger sa proie qu’il faut toujours l’avaler par la tête et non par les pattes.

Pour attraper un gibier, il faut s’entourer de toutes les précautions de la prise sinon on risque malencontreusement de se faire écorcher la peau.

© Bernard NKOUNKOU

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