Congo-Brazzaville: Il y a 12 ans, Bernard NKOUNKOU rendait un vibrant hommage devenu célèbre au premier Procureur de la République, Lin Lazare Matsocota, à l’occasion du 40e anniversaire de son assassinat

L’évocation d’un souvenir est la meilleure marque de reconnaissance – de témoignage – que l’on peut rendre à un être cher. Plaise à notre histoire contemporaine de perpétuer la mémoire de Lin Lazare Matsocota, en cette circonstance exceptionnelle du 40e anniversaire de sa mort.

14 février 1965 – 14 février 2005, voilà maintenant 40 ans que disparaissait, Lin Lazare Matsocota, l’un des magistrats le plus illustre de notre beau pays, l’un des plus jeunes Procureurs de la République par la date de sa nomination, imbu d’une prodigieuse jeunesse d’esprit et d’allure.

Lin Lazare Mastocota, un homme parti dans la jeunesse de l’âge dont la mort a, aujourd’hui, atteint le midi de l’âge.

Nous rendons hommage ici, à un digne fils du pays, à un intellectuel qui était féru de la pensée juridique moderne. Car de sa stature, il surplombait le prétoire, balayant l’aire des audiences par un regard malicieux et pénétrant qui dégageait des effluves dominantes d’excellent Procureur de la République.

Magistrat debout, haut magistrat de notre auguste cour, Lin Lazare Matsocota se distinguait aussi par ses réquisitoires empreints de verve tonique, à la voix captivante aux intonations saisissantes, rendus dans un style véhément et percutant jusqu’ici jamais égalé. Il avait un réservoir d’énergie dans les cordes vocales, dont la puissance de persuasion faisait trembler les murs du Palais de justice, où les ondulations de l’écho se répandaient dans tous les quartiers de Brazzaville.

Lin Lazare Matsocota, brillant orateur,- le Cicéron du prétoire congolais – qui avait porté l’éloquence à son apogée, constituait une légitime fierté dans toutes les familles de la cité.

Ce juriste exceptionnel et inclassable, couronné d’une lumineuse ombre aimée qui se profile encore, à travers les âges, continue à marquer toutes les générations du droit.

Comment ne pas ajouter à cela son immense culture, profonde et multiforme de latiniste – toujours aux aguets, embrassant tous les champs du savoir et de l’invention des hommes ?

Lin Lazare Matsocota – arraché cruellement à la vie, le lundi noir du 14 février 1965 avec Joseph Pouabou et Anselme Massouemé, par une horde de criminels cyniques et impénitents – n’avait pas réalisé la plénitude de son destin.

Que les vérités sur sa mort, qui sommeillent encore dans les archives de la Conférence nationale souveraine de 1991, apporteront un jour la lumière sur cette tragédie au peuple congolais et d’Afrique !

Que la demeure de son âme au village Kimpouomo-Madibou devienne un lieu respecté du patrimoine congolais !

Bernard NKOUNKOU

(Texte écrit à l’occasion du 40e anniversaire de sa mort à Abidjan, en Côte d’Ivoire, en 2005)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :