Congo Brazzaville : Interview d’un Député qui a Honte de son Statut

Le ras-le-bol du député Anicet PANDOU alias Willy MATSANGA

Le député de la quatrième circonscription électorale de Makélékélé est déçu par la politique. Il n’a plus l’intention de se présenter aux législatives de 2012 et rêve désormais d’un recyclage dans les affaires.

De son quotidien de parlementaire comme observateur et contrôleur de l’action de l’exécutif, Anicet PANDOU, alias Willy MATSANGA n’a retenu que des actes ou des attitudes dignes d’une course à l’enrichissement personnel des acteurs, au mépris des populations.

Il ne trouve aucune autre alternative à la situation que le changement de gouvernement et le choix de nouveaux cadres de bonne moralité par le président de la République. Le message de l’homme est un plaidoyer pour sa situation personnelle et celle de l’ensemble des couches sociales du Congo et un réquisitoire contre certaines institutions de la République dont le Parlement où il siège, le gouvernement et même la commission nationale de lutte contre la corruption.

Le Patriote : Qu’est-ce qui vous a poussé à solliciter les colonnes du Patriote pour vous exprimer ?

Anicet PANDOU : Beaucoup de sujets. D’abord la situation de ma maison dynamitée dit-on par erreur en 2002, alors que je me réfugiais à Kinshasa. Le président de la République m’avait exhorté à demander la réparation du préjudice à l’Etat. Ce que j’ai fait en l’écrivant. Ma demande a été déposée chez le ministre NDALLA depuis longtemps. Jusqu’à présent j’attends.

Le Patriote : Le député de Makélékélé 4 ne se préoccupe que de sa maison et non des autres faits ?

Anicet PANDOU : Si, J’en ai marre de la politique. Je constate que les Congolais souffrent. Parce qu’il n’y a pas un changement. On se demande où va l’argent du pays. Je suis envahi chaque matin par près de 30 personnes. Ce qui me contraint à dépenser en moyenne 200.000 F.CFA rien que pour eux. Parlementaire que je suis, je me demande ce qu’ils font avec l’argent.

Nous avons voté 3 mille milliards pour le budget. J’ai dépensé plus de 40 millions pour acheter un véhicule et un câble électrique grâce auquel la SNE a électrifié mon quartier. Je ne pouvais résister à la pression et à la souffrance des électeurs. C’est pourtant le travail du gouvernement et non du député.

Le Patriote : Qui indexez-vous en parlant de ceux qui ne font rien avec l’argent de l’Etat ?

Anicet PANDOU : Il s’agit des ministres. Ces mêmes vieux que j’ai reçu, quand j’étais encore pionnier d’honneur à l’école primaire au CE1, pour certains.

Tout cela parce que le président n’arrive pas à changer le gouvernement pour travailler avec des gens crédibles. Depuis des années, il ne travaille toujours qu’avec la même vieille classe politique, les mêmes ministres.

Le Patriote : Que reprochez-vous concrètement aux ministres ?

Anicet PANDOU : Ils prennent l’argent de l’Etat, mais ne font rien sur le terrain. La commission anti-corruption mise en place donne l’impression qu’on a déshabillé Saint Pierre pour habiller Saint Paul. Combien des corrupteurs et de corrompus ont été décelés ?

On est dans un pays où l’étranger nargue le Congolais à cause des connivences qu’il a avec ceux qui dirigent. Comme il donne beaucoup d’argent aux douaniers et aux policiers voire même à la justice, les Congolais sont sacrifiés comme s’ils étaient à l’étranger.

Tout cela parce que les fonctionnaires ne sont pas bien payés. Tout l’argent va chez les ministres qui ont rendu imposables les avantages accordés aux fonctionnaires. La gratuité des soins du paludisme a du mal à être concrétisée.

Le Patriote : Quelle réponse préconisez-vous à cette façon de faire des ministres ?

Anicet PANDOU : La solution demeure dans le changement du gouvernement. Que le président cherche des gens de bonne moralité. Le problème du Congo ce n’est pas le président de la République. Si la vie des Congolais se ramenait seulement à la paix, le président SASSOU serait un homme irréprochable.

Mais comme la République c’est un tout, il ne peut laisser de côté la gestion. Il devrait s’entourer des gens de bonne moralité. Il faut une autre équipe gouvernementale. L’actuelle est usée. Le Congo est malade à cause de ces vieux ministres. En plus, le président parait comme l’otage d’un groupuscule.

Le Patriote : Comment vivez-vous votre statut de député ?

Anicet PANDOU : Actuellement, j’ai honte de mon statut de député et de voter les lois. Car, toutes les lois sont toujours votées, alors que parfois certaines sont mauvaises. Presque tous les députés votent oui.

Le Patriote : A quoi vous vous attendiez par rapport à votre statut de guerrier ?

Anicet PANDOU : Ancien enfant de troupe, je suis passé par l’école militaire de Belard en Afrique du sud où je suis sorti avec un diplôme de spécialiste en combat de ville.

Militaire bien formé, je devrais être promu à un galon à la dimension de mes engagements. Mais le ministre de la défense de l’époque avait désobéi aux instructions de la hiérarchie. J’avais claqué la porte de l’armée.

Le Patriote : Regrettez-vous la fin de la guerre ?

Anicet PANDOU : La guerre est passée, mais que sont devenus les vrais guerriers ? Aucun d’entre eux n’est heureux. Alors que ceux qui n’ont rien fait sont devenus des colonels et des généraux.

Le Patriote : Etes-vous député indépendant, de l’opposition ou de la majorité ?

Anicet PANDOU : Moi, je suis de la majorité. Je n’ai jamais touché un seul franc de cette majorité. Je suis du pouvoir, mais je ne suis pas au pouvoir. Il y a des députés qui ne rendent jamais compte aux populations parce qu’ils ne peuvent pas expliquer les lacunes de l’Assemblée nationale aux mandants.

Le Patriote : Aviez-vous sollicité un mandat à l’assemblée nationale en ignorant tout de cette institution ?

Anicet PANDOU : Je m’étais fait trop d’illusions sur l’assemblée nationale. Ce qui se passe là-bas ce n’est pas ce à quoi je m’attendais. Comment expliquez-vous qu’on vote un budget de cette assemblée sans que le bureau fasse le point du budget précédent ? Il y a du flou dans la gestion.

Le Patriote : Ne craignez-vous pas les représailles de la hiérarchie en voulant vous immiscer de tout cela ?

Anicet PANDOU : Quelles représailles pour quelle immiscions ? Le président KOUMBA n’a aucun droit sur moi. Ce n’est pas lui mon électeur. C’est un collègue député. Demander la transparence dans une institution qui contrôle l’action des autres ce n’est pas une attaque personnelle. Je vous dis j’en ai marre.

Le Patriote : Etes-vous candidat aux prochaines législatives ?

Anicet PANDOU : Je veux quitter l’Assemblée nationale pour mes affaires. J’ai honte de mon statut de député. En fait je ne veux plus du tout d’un mandat. Mais si je me présente, je serai toujours élu.

Les députés qui ne posent pas de questions ce sont ceux qui ont peur de ne pas être élus le mandat prochain. Moi, je n’ai pas peur. Si je me positionne, je vais encore être élu.

Le Patriote : Comment entrevoyez-vous votre futur ?

Anicet PANDOU : Moi, je préfère mourir jeune que vieillir pauvre. Je n’ai pas peur de mourir jeune et riche, mais je crains de devenir pauvre dans ma vie.

Le Patriote : Ne craignez-vous pas d’être taxé de manipulé ?

Anicet PANDOU : Je ne suis manipulé par personne. Ce que je dis n’engage que moi. En réalité, le président devra aussi essayer d’autres cadres, ceux qui sont de bonne moralité. Les vieux ministres le prennent plus pour un ami. Je ne suis pas de connivence avec quelqu’un. Je constate et je réagis.

Le Patriote : Comment entendez-vous appuyer l’action du président de la République ?

Anicet PANDOU : Je chercherai une rencontre personnelle avec le président de la République pour dire que le pays est malade à cause de la vieille classe qu’il maintient toujours au gouvernement.

Flash-Back : Juillet 2002 Au cœur de la reprise des conflits

Trois semaines seulement après la victoire électorale de leur président, et alors même que les scrutins se poursuivaient (législatives, puis municipales et régionales), les Congolais ont vécu une nouvelle série de conflits armés, en trois épisodes majeurs.

Épisode 1

La première séquence débute dans la région du Pool pendant l’absence du président SASSOU NGUESSO. Ce dernier avait quitté Brazzaville, le 25 mars, pour prendre part au sommet économique sur le "Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique" (Nepad), à Abuja (Nigeria). Il ne devait revenir que le 7 avril.

Durant son absence, le 2 avril, un train de voyageurs, venant de Pointe-Noire et se dirigeant vers la capitale, a été attaqué dans le district de Mindouli (dans la région du Pool). Le bilan officiel fait état de deux morts et de douze blessés, dont cinq dans un état grave. Des conflits armés redémarrent dans cette région.

Les rebelles prennent en otage quelques personnalités, dont un général des Forces Armées Congolaises (FAC) Casimir BOUISSA-MATOKO, alias Casis, et un spiritain, le père Jean GUTH. Casis est un proche du président. À partir du 5 avril, des habitants du Pool commencent un exode vers Brazzaville.

Les gouvernants et les rebelles s’attribuent respectivement la responsabilité de ces attaques. Dès le 3 avril, le Haut commandement des FAC publie une déclaration, dans laquelle il dévoile que, depuis le 29 mars, des miliciens "Ninja" proches de Frédéric BINSANGOU, alias le révérend Pasteur Ntoumi, attaquent les positions militaires dans la région du Pool.

Il tente de rassurer la population en affirmant que l’armée reprend le contrôle de ce territoire en bombardant les positions ennemies à partir des hélicoptères. L’utilisation du terme Ninja, pour désigner ces rebelles, tient à la fois de l’amalgame et de la propagande, car les miliciens mobilisés autour de Ntoumi, se reconnaissent, eux-mêmes, comme les Nsiloulou.

Comme toutes les milices congolaises, celles de l’opposition à SASSOU NGUESSO sont organisées en plusieurs "écuries" dont chacune représente une unité de combat autonome regroupée autour d’un chef.

Le mouvement Nsiloulou était devenu célèbre pendant la résistance aux opérations de nettoyage et de blocages de la région du Pool en 1998-1999. Certains miliciens originaires du Pool rejoignirent alors le pasteur Ntoumi, qui dirigeait une secte néo-pentecôtiste. Celui-ci négocia la fin des affrontements en tant que président du Conseil National de la Résistance (CNR). Des rumeurs le présentaient alors comme une "taupe" de certaines factions au pouvoir.

L’opposition, quant à elle, dénonce une bavure des FAC. Selon cette version, des militaires des FAC se lançaient dans des manœuvres de provocation depuis un certain temps déjà temps. À la fin du mois de mars, l’armée avait renforcé sa présence à Kindamba, ce qui avait attiré l’attention des Nsiloulou.

Le 1er avril, voulant s’enquérir de la situation, Ntoumi avait envoyé des émissaires à Kindamba. Les militaires les auraient accueillis par des coups de feu, tuant trois d’entre eux. Pour riposter, le 2 avril, les Nsiloulou attaquent des militaires dans certaines localités et les mettent en fuite. Certains, parmi eux, dans leur repli, cherchent, en tirant en l’air, à arrêter un train pour rentrer à Brazzaville. Or depuis 1999, un contingent militaire convoie le train pour assurer sa sécurité. Ces derniers, croyant à une attaque Ninja, ripostent.

Épisode 2

La seconde séquence commence le 9 avril à Brazzaville et entre en résonance avec la première. Ces événements débutent, quelques jours après le retour du président, à la suite du débordement d’une opération de police destinée à retrouver des miliciens Ninja appartenant à différentes écuries (dissidentes vis-à-vis de Ntoumi), et dispersés dans les quartiers sud de Brazzaville.

Leur présence dans la ville entrait dans le cadre des négociations de paix supervisées par deux institutions officielles : le Comité de suivi de la Convention pour la paix et la reconstruction du Congo dirigé par Marius MOUAMBENGA et le Haut-commissariat pour la réinsertion des ex-combattants dirigé par le colonel Michel NGAKALA.

Or, avec le retour de la crise armée dans le Pool, les membres de l’élite politique de tous bords, craignant un débordement, voulaient caserner ces miliciens dans différents camps. En même temps, des rumeurs circulaient selon lesquelles les autorités arrêtaient des Ninjas dans les quartiers Sud de la capitale, provoquant ainsi la méfiance et la peur dans ces milieux.

À ce moment-là, Willy MATSANGA parvint à rassembler, chez lui à Makélékélé, un des quartiers sud, près de sept cents miliciens, en prétendant que "l’encasernement" était un piège pour les éliminer.

Willy MATSANGA fait partie des miliciens les plus célèbres qui combattent pour le plus offrant. Originaire du Pool, il dirigea d’abord une écurie de Ninja. Dans ce cadre, il était apparu, de 1993 à 1996, comme l’un des hommes de confiance de Bernard Kolélas (alors maire de Brazzaville). Mais il se désolidarisa de ce dernier, lorsque celui-ci fut nommé, en 1997, au poste de premier ministre du président Pascal LISSOUBA.

Dès lors, Willy MATSANGA et son écurie de Ninja rejoignirent les milices "Cobra" et combattirent aux côtés de SASSOU NGUESSO. La rumeur prétend que le président actuel lui doit sa victoire. À la fin des affrontements, Willy MATSANGA se retrouva conseiller du ministre de l’Intérieur.

Mais, à la surprise générale, durant la campagne présidentielle de 2002, il rallia le candidat de l’opposition, André MILONGO, pour assurer sa sécurité. Les Congolais interprétèrent cette volte-face comme un coup politique de SASSOU NGUESSO. Cependant, Willy MATSANGA tenait des déclarations anti-gouvernementales laissant sous-entendre qu’il pourrait tenter un coup de force contre le pouvoir.

Pour désamorcer toutes les tensions contenues dans la reconstitution de l’alliance entre Willy MATSANGA et certains Ninjas, une délégation du Comité de suivi et du Haut-commissariat de la réinsertion des ex-miliciens se rendit, le 9 avril, à son domicile. Les Ninjas imposèrent le Centre sportif de Makélékélé comme étant le lieu où ils souhaitaient être encasernés et promirent de s’y rendre, en fin d’après-midi. Cependant, ils ne respectèrent pas leur parole.

Certains s’évanouirent dans la nature et d’autres se dirigèrent, semble-t-il, dans le Pool. Les gouvernants affirment qu’ils y rejoignirent le pasteur Ntoumi. Pour éviter d’être débordés par des ennemis difficilement identifiables, les militaires décident donc de boucler les quartiers Sud de Brazzaville, le 9 juin au soir, et utilisent des armes lourdes et légères.

Ces actions provoquent la panique au sein de la population dont une grande partie se déplace vers les quartiers Nord. Certains membres des forces de l’ordre profitent de la situation pour piller. Dans la nuit, les autorités lancent des appels aux habitants pour qu’ils regagnent leurs quartiers.

Épisode 3

La troisième séquence se déroule deux mois plus tard. Tout comme au début du mois d’avril, le président de la République SASSOU NGUESSO se trouve alors hors du pays (il participe au sommet de la FAO à Rome). Le jour de son retour, le 14 juin, coïncide avec une attaque "meurtrière" du camp militaire de la Base aérienne de Brazzaville.

Selon la version officielle, les assaillants appartiendraient à une écurie Ninja, "Moufoutra", dirigée par Laskipick (considéré comme l’un des lieutenants les plus efficaces de Ntoumi pendant les conflits de 1998-1999, Laskipick s’était ensuite séparé de lui pour former sa propre écurie).

Leur attaque visait la destruction des deux hélicoptères militaires que les FAC utilisaient pour pilonner les positions des Nsiloulou dans le Pool. Cette interprétation officielle semble montrer qu’un lien s’est réinstauré entre Laskipick et ses anciens alliés.

Des explications de divers ordres (social, religieux, économique) peuvent être avancées pour comprendre ces conflits mais, pour commencer, une analyse politique s’impose. Dans ce sens, il convient de revenir sur trois faits : le contexte de leur déroulement, la multiplication des écuries et l’échec des politiques de démobilisation des miliciens.

Le contexte est celui de la préparation des législatives.

Dans cette perspective, les enjeux électoraux se transforment. En effet, avec les consultations de janvier et mars, les électeurs avaient plutôt exprimé, par leur choix, à la fois le refus de la guerre et leur sentiment d’impuissance.

À la veille de ces consultations une grande partie de Congolais affirmait : "Sassou, qui a gagné la guerre de 1997, est le seul à avoir un crédit à l’extérieur, des armes et, même en cas de défaite, il ne voudra pas quitter la présidence".

Pour une très grande partie de l’électorat, il valait donc mieux lui laisser la gestion du pouvoir politique pendant les cinq années à venir et s’organiser pour la suite. Seule l’usure, les dissensions internes à la classe politique ou la maladie pourrait l’emporter.

Ainsi les deux premières consultations électorales, le référendum et les présidentielles, cristallisèrent cet état d’esprit en prenant la forme de plébiscite.

Ayant gagné par les armes, les nouvelles autorités privilégiaient plutôt une solution militaire. Ce qui correspondait à la réalité du pouvoir lui-même, où ceux qui avaient mobilisé le plus de combattants "Cobra", en 1997, contrôlaient à la fois le parti, le PCT, et l’armée, tout en entretenant, parfois, des liens avec les écuries de l’opposition.

L’alliance la plus puissante porte le nom des Katangais et revendique une représentation territoriale : la région de la Likouala. Le secrétaire du PCT, Ambroise NOUMAZALAYE, est leur leader. La situation, qui associe les "guerriers" et les "politiques" généra des tensions entre le président et ses alliés.

SASSOU NGUESSO apparaissait, aux yeux de ces derniers, comme un usurpateur de leur victoire. Lui voulait, par contre, trouver un moyen pour réduire leur influence et ce, surtout, avec les élections législatives. Celles-ci, en changeant les modalités de gouvernement, menaçaient, précisément, la position des leaders des écuries "Cobra".

Ces leaders s’organisèrent pour défendre leurs acquis. Ils s’appuyèrent, pour cela, sur leurs alliés, mêmes ceux de l’opposition. Ainsi certains doutent que Laskipick ait pu préparer une attaque contre la base aérienne avec sa seule écurie et évoquent des complicités dans les milieux militaires des FAC.

Le rappel de ces tensions politico-militaires peut permettre de comprendre un trait structurel des conflits congolais. Ils se produisent pendant l’absence du président et ne se résolvent pas sous la forme d’un coup d’Etat. Ils ont plutôt la fonction de résoudre, dans la violence, des luttes d’influence internes. Ces affrontements montrent aussi qu’il n’y a pas un mouvement homogène "Ninja".
En effet, nous avons vu que le pasteur Ntoumi ne contrôle pas toutes les écuries. Des miliciens reconnaissent Laskipick, Willy ou d’autres, comme leaders. En outre, Ntoumi n’apparaît pas comme le plus virulent car il est le plus institutionnalisé dans sa position d’opposant.

Certains témoignages révèlent que, peu avant les affrontements du 14 juin, Ntoumi manifestait l’intention de sortir de sa cachette avec les otages. Cette initiative était sur le point d’aboutir. L’échec de ces négociations peut être lié à la stratégie des écuries du pouvoir, qui préfèrent une situation d’affrontement militaire pour pouvoir continuer à renforcer leur position.

Il faut, enfin, noter l’échec de la politique de démobilisation des miliciens. Une écurie peut se reproduire après quelques années d’inactivité ; tel fut le cas de "Moufoutra".

En outre, d’un point de vue plus global, des alliances entre différentes écuries opposées peuvent se renouer. Ces conflits illustrent bien comment Willy MATSANGA redevient un réunificateur des Ninjas.

Cet échec de la démobilisation risque d’hypothéquer l’avenir du pays : le danger d’une reprise des conflits, à tout moment, reste en effet très probable. Le fait d’avoir privilégié une solution purement militaire, plutôt qu’une solution politique d’ensemble, risque désormais de fragiliser SASSOU NGUESSO, y compris à l’intérieur de son propre clan.

Propos recueillis par Ernest OTSOUANG (Le Patriote)

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