Dans les coulisses de la libération des otages

Versement d’une rançon, libération de deux talibans … Paris Match relate, du côté des ravisseurs, les derniers jours de négociations qui ont permis le retour en France d’Hervé Ghesquière et de Stéphane Taponier.

Mardi 21 juin, sept jours avant la libération d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, Michel Peyrard, journaliste à Paris Match, rencontre à Kaboul un émissaire de Qari Baryal, le commandant en charge de la captivité des journalistes français. Dans le récit qu’il livre sur le site internet de l’hebdomadaire, le journaliste, qui a lui-même été détenu pendant 25 jours par les talibans en 2001, raconte les coulisses de la négociation, côté taliban. Il évoque notamment le versement d’une rançon – une information avancée par BFM-TV – et la libération de deux combattants talibans.

Dans son récit, Michel Peyrard évoque trois prises de contact, à Kaboul les 21, 24 et 25 juin, avec un émissaire, nommé le «commandant Z». Un homme recherché par la coalition internationale. Qari Baryal est aussi traqué par les forces de l’Isaf (Force internationale d’assistance et de sécurité), qui dirige les opérations sur place. Il est soupçonné d’avoir dirigé l’embuscade d’août 2008 qui emporta la vie de dix soldats français.

«Trop dangereux» de garder les prisonniers

Lors de la première prise de contact, «Z» transmet un message de Baryal qui se veut rassurant quant à la santé des otages : «Ils vont bien. L’un des deux Français est occupé à la rédaction d’un livre. L’autre passe beaucoup de temps à dormir. Quant à leur guide afghan, il a entrepris d’apprendre le Coran par cœur», raconte le journaliste.

D’après le récit du journaliste, les talibans souhaitaient «solder au plus vite l’affaire des otages». Baryal aurait donc demandé au haut-conseil de Quetta, capitale de la province du Balouchistan au Pakistan, où siège l’organe qui réunit les plus importants dignitaires talibans, d’«accélérer les négociations». Il aurait menacé, en cas de refus, de les «reprendre à son compte».

Selon le journal Le Monde, qui cite une source diplomatique, le feu vert aurait été donné par Abdul Qayyum Zakeer, un des deux «numéros deux» aux côtés du mollah Omar, le dirigeant des talibans afghans. Il aurait «joué un rôle apprécié des Français dans le dénouement de cette prise d’otages».

Rançon revue à la baisse «pratiquement de moitié»

Trois jours après la première prise de contact, le vendredi 24 juin, le commandant Z se tourne à nouveau vers les négociateurs français. C’est à ce moment que la rançon et son montant sont évoqués. «L’ambassade de France à Kaboul a demandé aux talibans un délai de vingt-quatre heures. On achoppe encore sur le lieu où sera remise la rançon», raconte Paris Match.

L’envoyé spécial de l’hebdomadaire précise encore, en rapportant indirectement des propos du commandant Z, que les talibans auraient revu à la baisse leurs exigences financières. «Pratiquement de moitié», précise-t-il. Selon la source diplomatique citée par le journal Le Monde, «le coût de ce type d’opération porterait sur quelques centaines de milliers d’euros».

Les talibans réclament en outre la libération de deux prisonniers afghans au lieu de quatre initialement. La France demande un délai, et précise, alors que les talibans proposent trois villes pakistanaises – Quetta, Islamabad ou Karachi -, qu’elle préfère que la négociation soit finalisée en Afghanistan, rapporte le journaliste. Jeudi, les talibans ont confirmé avoir obtenu la libération de deux d’entre eux.

Dimanche 26 juin, dernier message de Z : «La libération n’est plus qu’une question de jours, peut-être même d’heures». Paris Match précise alors avoir «verrouillé l’information». Trois jours plus tard, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sont libérés.

Lefigaro.fr par Aude Lorriaux

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