FMI : Christine Lagarde dans les pas de Strauss-Kahn

Lors de sa première intervention en tant que nouvelle directrice du Fonds monétaire international, elle se veut «chef d’orchestre». Dette souveraine, inflation et chômage sont au centre de ses préoccupations.

Pas de révolution au Fonds monétaire international (FMI). Tel est le message qui ressort de la première conférence de presse de Christine Lagarde en tant que directrice générale de l’institution, après le départ précipité de Dominique Strauss-Kahn. La Française a conservé les trois priorités du Fonds fixées avant son arrivée: affronter le problème des dettes d’États dans les pays développés, prévenir les risques de surchauffe et d’inflation dans les pays émergents et épauler les États dans leur lutte contre le chômage.

«Le problème de la dette souveraines concerne tous les pays avancés, même si l’accent est mis sur la zone euro et la Grèce en particulier», a-t-elle déclaré à Washington lors de sa première conférence de presse au siège de l’institution. Une réunion du conseil d’administration du FMI se tiendra vendredi pour décider du versement de la nouvelle tranche du plan d’aide à la Grèce. Elle appelle à ce propos les partis politiques grecs à s’entendre sur les réformes à mener. «J’espère qu’ils pourront s’inspirer par les exemples donnés par les partis politiques en Irlande, par les partis politiques au Portugal», a-t-elle déclaré.

«18 heures de réunions»

Christine Lagarde a adopté d’une façon générale une attitude modeste et s’est contentée de brosser à grands traits sa stratégie au Fonds monétaire international: «Je ne suis au Fonds que depuis 24 heures, dont 18 heures passées en réunion», a-t-elle plaidé. Elle a présenté son plan d’action en «trois C». D’abord «connectivité»: «tous les problèmes économiques sont liés les uns aux autres». Ensuite, elle a insisté sur la «crédibilité» du Fonds : «nos travaux doivent être franc, équilibrés et équitables». Enfin, elle a défendu une approche «complète»: la question des déficits est essentielle, mais celle du chômage et des affaires sociales ne doit pas être occultée. Un point de vue développé déjà par Dominique Strauss-Kahn. Un quatrième «C» comme «continuité» peut donc être ajouté à cette liste.

Elle a déclaré par ailleurs à la chaîne France 24 avoir «parlé au téléphone» avec l’ancien directeur pour évoquer «un certain nombre de dossiers en cours». «C’était un contact strictement professionnel et voué exclusivement à la succession que je prends», a-t-elle ajouté.

Christine Lagarde a également répété à plusieurs reprises que le Fonds était «au service» de ses 197 membres, qu’il était là pour leur «fournir des services» afin de les aider à restaurer «les instabilités» du monde. Elle entend aussi «améliorer la légitimité du FMI» en assurant «une meilleure représentativité de ses membres» via les droits de vote mais aussi les recrutements. Autant d’engagements pris lors de sa campagne auprès des pays émergents, qui veulent avoir plus de poids au sein de l’institution. Voire, dans le futur, en obtenir la direction.

Lefigaro.fr par Guillaume Guichard

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