L’Europe promet d’agir vite pour sauver l’euro

Un sommet de la zone euro est envisagé. La BCE a racheté de la dette italienne et espagnole. Les marchés se sont calmés.

Les pays de l’euro ont tenté mardi de faire meilleure figure que la veille, quand la longue réunion de leurs ministres des Finances n’avait débouché sur aucune décision sur le traitement de la crise grecque. Alors que les marchés financiers avaient débuté leur journée par une nouvelle débandade, en particulier en Italie et en Espagne, trois éléments ont permis de ramener un peu de calme.

La chute a d’abord été enrayée en milieu de journée par l’intervention soudaine de la Banque centrale européenne, qui a racheté de la dette italienne et espagnole sur les marchés pour contenir l’hémorragie. Les taux obligataires se sont détendus, et les valeurs bancaires se sont redressées.

Ensuite, à l’issue de la réunion des ministres, l’idée d’un sommet des chefs d’État d’urgence de la zone euro d’ici à la fin de la semaine a été évoquée, sans être confirmée à ce stade. Bruxelles n’en a pas connu depuis plus d’un an, au plus fort de la crise grecque. À l’époque, il fallait soustraire Athènes à la faillite et éviter la contagion aux autres pays périphériques. Cette fois-ci, l’enjeu serait d’un autre ordre : stopper la contagion à l’Italie, c’est-à-dire au cœur de la zone euro.

Conscients de la gravité et de l’urgence de la situation, les responsables de la zone euro ont réaffirmé, mardi, leur «volonté absolue de préserver la stabilité financière de la zone euro». Le vent de panique qui a soufflé exige une réponse rapide et précise sur le second plan de sauvetage de la Grèce, initialement remis à septembre. Depuis Washington, Christine Lagarde, directrice générale du FMI, a d’ailleurs encouragé l’Europe à une «mise en œuvre rapide» de ses promesses en faveur de la Grèce.

À Bruxelles, cependant, le débat sur les modalités du sauvetage d’Athènes est resté enlisé dans des discussions quasi théologiques sur l’implication ou non des trésors nationaux, celle – volontaire ou pas – des créanciers privés, et sur la possibilité que la Grèce soit formellement en défaut de paiement.

Les dix-sept restent divisés. Mezzo voce, un nombre croissant de ministres souhaitent lever ce qu’ils considèrent être un tabou : celui qui empêche la Grèce et tout autre pays de l’euro aux abois de renégocier sa dette à des conditions plus favorables, comme le font les entreprises et les particuliers.

Rachat de dettes grecques

«Avec cet interdit, il ne pouvait y avoir d’implication à la fois substantielle et volontaire du secteur privé», affirme un diplomate du nord de l’Europe. Sans lui, les créanciers peuvent se lancer dans l’exercice douloureux mais peut-être salvateur de l’étalement de la dette d’Athènes, voire de la restructuration. Mardi, le patron de la BCE, Jean-Claude Trichet, faisait cependant encore de la résistance ouverte à toute idée de défaut de la part d’Athènes, de même que la Grèce elle-même. «Aucune option n’est plus écartée, seul compte ce qui marche », reconnaît le ministre français, François Baroin.

L’Eurogroupe explore les pistes qui permettraient d’alléger le fardeau de la dette pour la Grèce. Le FESF, Fonds européen de stabilisation financière, pourrait racheter une partie de l’endettement grec (ou en financer le rachat par Athènes) fortement décoté sur le marché puisqu’il est considéré à haut risque. Cette piste reviendrait peu ou prou à substituer aux obligations grecques des euro-obligations sous signature collective. Le projet s’est jusqu’ici heurté à l’hostilité d’Angela Merkel, soucieuse de ne pas «fédéraliser» les transferts budgétaires dans la zone euro. Mais l’embrasement qui menace pousse peut-être la chancelière à changer encore une fois d’avis.

Lefigaro.fr par Jean-Jacques Mevel

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