Norvège: le père du tueur sous le choc

Le père d’Anders Behring Breivik, le tueur présumé de l’attaque sanglante qui a fait plus de 90 morts en Norvège vendredi, est sous le choc. « Je lisais des journaux en ligne et soudain, j’ai vu son nom et sa photo sur internet », déclare Jens Breivik, un retraité installé en France, au journal Verdens Gang. « Cela a été un choc de l’apprendre. Je ne m’en suis pas encore remis », ajoute-t-il. Il précise ne pas avoir eu de contact avec son fils depuis 1995.

Le père de l’auteur présumé des attaques en Norvège Anders Breivik restait aujourd’hui cloîtré dans sa villa de Cournanel, dans l’Aude, où il réside avec sa deuxième femme, sous la protection des gendarmes, a constaté un correspondant de l’AFP. Le procureur de Carcassonne, Antoine Leroy, a indiqué à l’AFP que les gendarmes se trouvaient là depuis dimanche, à titre préventif.

« Il n’y a aucun indice laissant penser qu’il y a la moindre menace contre ce monsieur, c’est de la prévention. Il y a eu des rumeurs de perquisition, mais ceci est parfaitement inexact. Il n’y a aucun évènement judiciaire à Cournanel », a déclaré le procureur de la République. Si des militaires de la Légion étrangère ont été vus dimanche devant la villa, c’est parce que l’un d’entre eux a officié comme traducteur, a indiqué le procureur. Les gendarmes de la compagnie de Limoux prévoient une présence à long terme pour surveiller les abords de la maison du couple, dans ce village tranquille de 600 habitants.

Depuis son entretien au journal norvégien Verdens Gang, Jens Breivik refuse de s’exprimer, malgré les sollicitations des journalistes qui attendent devant sa maison, en espérant recueillir une déclaration de sa part. Reuters a annoncé hier que Jens Breivik avait quitté son domicile et était parti en Espagne mais la nouvelle n’a pas été confirmée de source officielle. « Nous avons passé une nuit horrible. Je n’ai pas dormi. Mon mari est parti en Espagne », avait confié hier à Reuters l’épouse de Jens Breivik, Wanda, devant la maison du couple située près de Limoux, espérant ainsi éloigner les journalistes.

Le père d’Anders Breivik, divorcé de la mère du suspect peu après la naissance du garçon, explique dans un quotidien norvégien avoir perdu contact avec son fils depuis 1995, lorsque celui-ci avait 15 ou 16 ans. « Nous n’avons jamais habité ensemble, mais nous avions quelques contacts durant son enfance », explique le retraité norvégien. « Lorsqu’il était plus jeune, c’était un garçon ordinaire, mais renfermé. Il ne s’intéressait pas à la politique à cette époque. »

Le père n’a pas donné suite à des demandes de retrouvailles

Le suspect des deux attaques qui ont ensanglanté la Norvège vendredi, Anders Behring Breivik, proche de l’extrême-droite, a reconnu les faits selon la police et affirmé avoir agi seul dans un geste planifié de longue date. Son père est mentionné dans un long manifeste de 1500 pages que le suspect a diffusé juste avant les attaques.

Le meurtrier présumé y explique que son père, un diplomate qui a été en poste à Londres et à Paris, s’est remarié après sa naissance, tandis que sa mère a épousé un militaire, qui est devenu le beau-père de l’enfant. Le père biologique et sa nouvelle femme, qui habitaient à Paris, ont alors demandé la garde du garçon, mais ils ont été déboutés par la justice norvégienne. « J’ai eu une bonne relation avec lui et sa nouvelle femme jusqu’à mes 15 ans », écrit le meurtrier présumé, qui dit leur avoir rendu de fréquentes visites en France.

Mais les contacts ont cessé à ses 15 ans (« il n’aimait pas trop ma période graffiti entre 13 et 16 ans », écrit le suspect norvégien) et le père n’a pas donné suite à une demande de retrouvailles il y a quelques années. Dans le manifeste, il relève que ses parents biologiques étaient tous les deux des sympathisants du parti travailliste, pris pour cible dans les attaques d’Oslo.

Dans le voisinage à Cournanel, personne ne connaissait Jens Breivik, ni son fils de 32 ans, l’auteur présumé des attaques d’Oslo et sur l’île d’Utoeya. Les habitants de ce village tranquille de 663 habitants sont à la fois stupéfaits d’apprendre que le meurtrier d’Oslo avait un parent résidant près de chez eux et peinés pour ce retraité discret. Le maire de la commune, Alain Costes, ne connaissait pas ses nouveaux administrés : « Ils étaient plus que discrets, ils étaient invisibles ».

Lefigaro.fr avec agences

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