HSBC supprimera 30.000 postes d’ici à 2013

Confrontées à des environnements économiques et réglementaires difficiles, les banques réduisent la voilure.

Nouvelle douche froide pour les salariés des grandes banques internationales. Après Goldman Sachs, Lloyds Banking ou Intesa Sanpaolo, HSBC s’apprête à son tour à donner un sérieux tour de vis dans ses effectifs : le géant britannique envisage de supprimer 25.000 emplois dans le monde d’ici à deux ans, en plus des 5000 déjà annoncées en Amérique latine, États-Unis, Grande-Bretagne et France.

Les établissements tentent de s’ajuster à leurs nouvelles contraintes réglementaires et à l’environnement économique houleux, qui minent les profits de leurs activités de financement et d’investissement.

HSBC n’a pas identifié les pays concernés par la vague d’économies. Mais le nouvel homme fort du groupe depuis janvier, Stuart Gulliver, avait précisé ses intentions lors de la publication de son plan stratégique en mai dernier : il souhaite revenir sur la stratégie d’expansion géographique à tout-va de ses prédécesseurs pour concentrer ses efforts sur l’Asie.

Dans 39 pays, la banque a donc prévu de réduire la voilure, voire de fermer certains métiers, comme elle l’a fait pour ses activités de banque de détail en Russie ou en Pologne. Aux États-Unis, elle va céder 195 succursales à First Niagara pour un milliard de dollars. Au total, environ 10 % des effectifs d’HSBC seront concernés par la vague d’économies. «Une restructuration brutale qui plonge des milliers d’employés dans l’incertitude», selon le syndicat Unite. L’objectif de l’établissement est de réduire d’ici à deux ans ses coûts fixes d’au moins 2,5 milliards de dollars.

Nouvelle réglementation
Les marchés ont exprimé leur satisfecit : dans un environnement boursier très déprimé, le titre de la banque a bondi lundi de 2,19 %. Les investisseurs saluaient au passage la publication de résultats semestriels de bonne facture, marqués par un bénéfice imposable de 11,5 milliards de dollars (8 milliards d’euros), en hausse de 3 % sur un an.

Le plan d’économies d’HSBC doit aussi préparer l’établissement aux réglementations bancaires à venir. Plus exigeantes en termes de mobilisation de fonds propres et de liquidités, les nouvelles règles ont incité les banques à revoir à la baisse leurs niveaux d’activité. Les perspectives économiques mondiales moroses, alimentées par la crise de la dette, poussent également les dirigeants à la prudence. D’autant que pour profiter de la reprise, les établissements avaient massivement embauché il y a deux ans, dans les activités de trading, notamment.

Depuis le printemps, l’industrie bancaire multiplie donc les annonces de réduction d’effectifs. Goldman Sachs va se séparer pour des «raisons économiques» d’environ mille employés à partir de septembre. Barclays aurait supprimé 600 postes dans sa division de banque d’investissement, BarCap, et 2 000 dans ses activités de détail, depuis le début de l’année. Son compatriote Lloyds Banking Group s’apprête à se délester de 15 000 emplois afin de se recentrer sur le Royaume-Uni. L’irlandais Allied Irish Bank a prévu de son côté de se passer de 2 000 salariés. L’allemand Commerzbank a déjà supprimé 7 400 postes. Credit Suisse anticipe 2 000 suppressions de postes dans sa banque d’in­vestissement, Intesa Sanpaolo 3 000…

Lefigaro.fr par Anne de Guigné

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