Barack Obama est de plus en plus affaibli

Au-delà de la confiance, qui fait de plus en plus défaut, sa marge de manœuvre est de plus en plus étroite.

«Notre dégradation n’est pas le résultat des positions d’un parti politique plutôt qu’un autre», souligne David Beers de Standard & Poor’s. C’est en fait l’impasse politique qui est dégradée.

L’agence tire les conclusions de longues semaines de débats stériles entre la Maison-Blanche et les républicains du Congrès sur la question de l’endettement public. Elle sanctionne donc l’accord insuffisant portant sur 2 100 milliards de dollars d’économies sur dix ans voté la semaine dernière au Capitole.

S & P attendait, comme d’autres, un accord deux fois plus ambitieux et note aussi le dangereux précédent créé par la menace d’un défaut de paiement artificiel du Trésor, faute du vote dans les délais d’un relèvement du plafond de la dette.

L’intransigeance républicaine dans ce combat politique explique en partie l’insuffisance du compromis. Le refus des conservateurs d’envisager la moindre hausse d’impôts a empêché ­Barack Obama de faire des concessions en matière de réduction de dépenses sociales. Pour autant le président n’a pas manœuvré au mieux face aux ­républicains et se retrouve en quelque sorte «dégradé».

Les républicains en campagne dénoncent déjà le «président qui a ruiné l’Amérique en faisant grimper la dette de 40 % et perdre sa note “AAA”».

Enfermé à Camp David pour le week-end, Barack Obama n’a même pas commenté la nouvelle. Sa cote de popularité est tombée entre 40 et 42 % la semaine dernière, au plus bas de son mandat. Au-delà de la confiance, qui fait de plus en plus défaut, sa marge de manœuvre est de plus en plus étroite.

Le prestige de l’Amérique sévèrement touché

Alors que la croissance ralentit dangereusement, il semble à court de munitions pour relancer la croissance, car la dette publique est trop élevée pour permettre une relance budgétaire. Le président n’a pas non plus trouvé les mots pour redonner confiance et empêcher Wall Street de plonger. Il ne peut pas non plus attendre de miracle de la Réserve fédérale, qui maintient déjà à zéro ses taux directeurs depuis décembre 2008. Au mieux, il peut espérer que la chute du dollar dope les exportations et sauve les États-Unis d’une nouvelle récession.

Enfin, avec cette dégradation de Standard & Poor’s, c’est l’image même et le prestige de la première puissance du monde qui sont sévèrement touchés. Au point que la Chine, qui possède plus de 1000 milliards de dette américaine, est désormais prompte à donner des leçons d’économie à l’Amérique de Barack Obama.

Lefigaro.fr par Pierre-Yves Dugua

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