Plombée par les banques, Wall Street chute

Le Dow Jones abandonne plus de 4%. La rumeur d’une dégradation de la France, bien que démentie, a affecté les marchés. Problèmes de dettes souveraines et croissance américaine inquiètent encore.

Wall Street n’a pas réussi à confirmer son rebond ce mercredi. À la clôture, le Dow Jones dévisse de 4,62% à 10.719,94 points, le Nasdaq lâche 4,09% à 2381,05 points et le S&P perd 4,42% à 1120,76 points. Comme en Europe, les signes de nervosité étaient palpables. Le volume des échanges a encore été très étoffé et la volatilité exacerbée.

Encore une fois, les problèmes de dettes souveraines en Europe ont focalisé l’attention. La Grèce envisage d’étendre son programme d’échanges d’obligations afin d’y inclure des titres à plus longue échéance, ce qui pénaliserait en premier lieu ses créanciers privés. Comme sur les places européennes, le secteur bancaire a particulièrement été attaqué à l’image de Bank of America (-9,87%), Citigroup (-8,49%), Goldman Sachs (-7,76%), Morgan Stanley (-7,52%), Wells Fargo (-6,17%) et JP Morgan Chase (-6,13%).

De plus, des rumeurs de dégradation de la note de la dette française par une agence de notation ont perturbé les investisseurs. «Ces rumeurs sont totalement infondées et les trois agences Standard’s and Poor, Fitch et Moody’s ont confirmé qu’il n’y avait pas de risque de dégradation», a toutefois déclaré l’entourage du ministre des Finances français, François Baroin.

«À ce stade, les investisseurs ont la tête qui tourne», remarque Oliver Pursche, président de Gary Goldberg Financial Services.

Crainte d’une récession

Par ailleurs, les opérateurs se montrent encore très inquiets de l’état de l’économie américaine. Hier, les Bourses mondiales ont surréagi, positivement et contre toute attente, aux propos de la Fed. Cette dernière a en effet assuré qu’elle maintiendrait ses taux à un niveau exceptionnellement bas, et jusqu’à la mi-2013, afin de soutenir l’économie. Ses dirigeants ont également promis diverses mesures de relance, mais sans en préciser la teneur. Il faudra vraisemblablement patienter jusqu’à son communiqué final, fin août. Sur le fond pourtant, la Fed a dressé un bilan inquiétant de la première économie mondiale. La croissance, a notamment pointé la banque centrale américaine, y a crû à un rythme annuel de moins de 1% au premier semestre, là où l’institution attendait, en début d’année, plus de 3%.

Le marché subissait «les craintes sur l’économie, qui se dirige peut-être vers une nouvelle récession», a expliqué Peter Cardillo, de Rockwell Global Capital.

À l’inverse, les prix du pétrole étaient en forte hausse sur le New York Mercantile Exchange (Nymex). Le baril de «light sweet crude» pour livraison en septembre a terminé à 82,89 dollars, en progression de 3,59 dollars par rapport à la veille. Les stocks de pétrole ont baissé de façon spectaculaire et inattendue la semaine passée aux Etats-Unis, selon des chiffres publiés par le département américain de l’Energie. Les stocks de brut ont reculé de 5,2 millions de barils à 349,8 millions de barils lors de la semaine achevée le 5 août. Les analystes interrogés par l’agence Dow Jones Newswires tablaient au contraire sur une augmentation de 1,1 million de barils.

À noter que le déficit budgétaire des Etats-Unis a poursuivi sa baisse en juillet, pour le quatrième mois consécutif selon des chiffres publiés mercredi par le département du Trésor. Ce déficit s’est établi à 129,4 milliards de dollars pour ce dixième mois de l’exercice budgétaire 2010-2011, entamé le 1er octobre, soit 22% de moins qu’en juillet 2010, a indiqué le ministère.

Disney malmené malgré de bons résultats

Du côté des entreprises, Cisco (-2,31% à 13,73 dollars) devait dévoiler ses résultats du quatrième trimestre, en même temps que News Corp (-5,77% à 13,71 dollars).

Disney (-9,14% à 31,53 dollars) chute après que le groupe de médias a pourtant annoncé de résultats trimestriels supérieurs aux attentes à la faveur de recettes publicitaires solides sur ses réseaux câblés.

Le titre du groupe internet américain AOL (-8,67% à 10,22 dollars)avait perdu plus du quart de sa valeur ce mardi à la Bourse de New York après la publication de résultats trimestriels décevants et d’une baisse des prévisions. Le titre a lâché 25,75 %, à contre-courant d’un marché en très forte hausse. L’action a même atteint pendant la séance 10,36 dollars, le plus faible prix jamais enregistré depuis la scission d’avec Time Warner en 2009.

Facebook a lancé mardi une nouvelle application pour les téléphones portables iPhone (Apple) et ceux équipés du système d’exploitation Android (Google) permettant d’envoyer des messages à ses « amis » sur le réseau social, mais également aux autres contacts. Baptisée « Messenger », l’application permet d’envoyer aussi bien des textos (SMS) que des courriers électroniques.

Apple (-2,76% à 363,69 dollars) a brièvement ravi, hier, à Exxon Mobil (-4,59% à 67,90 dollars), sa place de première capitalisation boursière.

Lefigar.fr par Anne-Sophie Cathala, Hayat Gazzane

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