Crise : le front commun Sarkozy-Merkel

Paris et Berlin évoquent mardi les problèmes de gouvernance dans la zone euro. Les euro-obligations, auxquelles les deux partenaires s’opposent, ne seront pas évoquées.

Une journée de rentrée au milieu du mois d’août. Nicolas Sarkozy sera aujourd’hui à Paris pour déjeuner avec François Fillon, puis pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel, elle-même de retour des vacances.

À l’heure où la zone euro est attaquée, la France et l’Allemagne s’efforcent d’afficher un front commun et de montrer leur détermination à sortir de la crise. Ce mini­sommet sera donc consacré à imaginer des solutions pour améliorer la gouvernance de la zone euro, dont les défaillances inquiètent les marchés financiers. Bien qu’a priori non conclusive – «il ne faut rien attendre de spectaculaire», déclarait hier le porte-parole du gouvernement allemand -, cette réunion devrait permettre aux deux dirigeants de poser des jalons pour la suite.

Le sujet ultrasensible des euro-obligations ne sera en revanche pas abordé, contrairement à ce qu’espéraient les marchés. L’opposition de Berlin à la création d’obligations communes aux pays de la zone euro est connue de longue date. Le gouvernement Merkel a une bonne raison d’être contre: émises au nom de tous les pays, les euro-obligations auraient un taux d’intérêt égal à la moyenne des taux en vigueur dans tous les pays. Il serait donc plus élevé que celui auquel Berlin emprunte actuellement. Jusqu’à présent, la France se contentait de montrer peu d’enthousiasme pour ces euro-obligations.

Hier, Paris est sorti du bois pour montrer son unité avec son partenaire. «Les euro-obligations ne sont pas une réponse adéquate aujourd’hui. Émettre des obligations communes nécessite un degré d’intégration économique et budgétaire entre les pays que nous n’avons pas atteint», explique-t-on à l’Élysée. Paris rejoint Berlin sur un autre «niet»: celui d’accroître la capacité du Fonds européen de stabilité financière (FESF), aujourd’hui doté de 440 milliards d’euros. «Le niveau du fonds est approprié», dit-on à l’Élysée.

Quelques heures avant sa réunion avec Angela Merkel, Nicolas Sarkozy aura discuté avec François Fillon des finances publiques françaises. La croissance s’avérant décevante, le gouvernement n’a pas le choix : même à quelques mois des élections, il doit prendre des mesures de rigueur supplémentaires. La France, qui est suivie de près par les marchés, doit absolument ramener son déficit public à 4,6 % du PIB en 2012.

Des niches en ligne de mire

Pour y parvenir, en tenant compte d’une conjoncture atone, le chiffre de 10 milliards d’euros d’économies est souvent évoqué. Mais Bercy ne le confirme pas. Dans l’entourage de Valérie ­Pécresse, la ministre du Budget, on précise seulement que «ces économies seront le fruit d’efforts sur les dépenses et de coupes dans les niches ­fiscales». La méthode de 2010 – rabot général de 10 % ou 15 %, couplé avec la suppression de ­certains dispositifs – devrait être réitérée. Les niches favorables aux grandes entreprises, comme le ­report illimité dans le temps des pertes, sont dans la ligne de mire. Et les idées ne manquent pas pour imposer davantage les plus-values mobilières et immobilières ou taxer au fil de l’eau l’assurance-vie.

Selon certaines sources, Bercy souhaiterait ramener la réduction Scellier à 15 % (au lieu de 18 %) en 2012. François Baroin, le ministre de l’Économie, et Valérie Pécresse, qui ont travaillé samedi ensemble dans la Creuse, ont transmis hier à l’Élysée et à Matignon une liste de propositions. Nicolas Sarkozy arbitrera d’ici au 24 août.

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Les turbulences de la monnaie unique inquiètent Londres

Le ministre britannique des Finances George Osborne demande à la zone euro d’aller vers une plus grande intégration budgétaire pour ramener l’économie mondiale sur la voie de la confiance. La zone euro «doit désormais faire la preuve de son engagement pour plus d’intégration budgétaire et pour des dispositifs de gouvernance qui préviennent l’aléa moral et confortent la responsabilité budgétaire», souligne le ministre dans une tribune publiée hier lundi dans le Financial Times . La semaine dernière, il avait déjà exhorté ses homologues de la zone euro à prendre rapidement toutes les mesures nécessaires, comme la création d’euro-obligations, pour éviter une désintégration de la monnaie unique «qui constituerait une catastrophe économique y compris pour le Royaume-Uni».

Lefigar.fr Par Cécile Crouzel

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