LMP: la prison vaut mieux que la mort

Nous dédions cet édito à tous ceux qui, de près ou de loin, nous ont exprimé leur admiration et leur soutien depuis notre nomination comme Pca de la Poste de Côte d`Ivoire. En attendant notre installation et notre prise de fonction.

Que n`entendons-nous pas, et que ne lisons-nous pas, ces derniers temps ? Alassane Ouattara, président de la République de Côte d`Ivoire, dit vouloir la réconciliation de tous les Ivoiriens. Et pourtant, il refuse de libérer l`ancien chef de l`Etat, braqueur de l`élection présidentielle, son épouse accusée de recel de cadavres, et leurs comparses, civils et militaires, accusés de crimes économiques, et de crimes de sang. A ces grognons, on pourrait demander : la prison ne vaut-elle pas mieux que la mort ? On peut sortir de prison, et devenir président de république, pour paraphraser l`ancien chef d`Etat ivoirien, à l`image de Nelson Mandela d`Afrique du sud. Ceux des refondateurs, qui préfèrent l`exil à la main tendue du président de la République, savent ce qu`ils se reprochent. L`enfer, ce n`est pas les autres, ni le nouvel homme fort d`Abidjan. C`est eux-mêmes, taraudés par leur conscience de tortionnaires, et qui ont peur de rencontrer certaines personnes à qui ils ont fait, atrocement, du tort.

Nous ne voulons prendre la défense de personne. Car, le président Alassane Ouattara, dès l`instant où il aura à poser des actes, commettra, certainement, des erreurs, voire des fautes. Seuls ceux qui n`agissent pas, ne commettent pas d`erreurs. Félix Houphouët-Boigny nous citait un philosophe allemand qui soutenait qu`  » On ne peut vivre sans nuire. Mais, tâchons de nuire le moins possible « . Partant de cette vérité axiomatique, le président Alassane Ouattara ne peut déroger à cette règle des gens qui agissent, et qui sont critiquables. Est-ce parce que le président Alassane Ouattara est critiquable qu`il faut voir en noir tout ce qu`il pose comme actes ? Au demeurant, s`est-on une seule fois posé la question : Quel Etat ivoirien si Gbagbo était encore au pouvoir, s`il était sorti vainqueur de l`épreuve de force qu`il avait imposée à la Côte d`Ivoire démocratique, et à la communauté internationale ? Dans quel Etat serions-nous aujourd`hui, nous les opposants au régime des refondateurs ? Dans quel Etat de Côte d`Ivoire seraient-ils les ressortissants de la sous-région ouest-africaine, et les ressortissants des pays amis, tels que les Etats-Unis, la France, la Grande Bretagne, l`Allemagne, le Liban, etc. ? Une Côte d`Ivoire où l`Article 125 avait pris la place de la Constitution.

L`Article 125, pour ceux qui ne le sauraient pas, et surtout pour ceux des journalistes des canards bleus qui se rendent volontairement amnésiques pour ne pas savoir, était une trouvaille de Charles Blé Goudé, chef de la galaxie patriotique, et des  » jeunes patriotes « . L`Article 125 signifiait : essence ou pétrole, 100 francs ; allumette, 25 francs. Objectif : arroser tout individu qui ne supportait pas Gbagbo d`essence ou de pétrole, et y mettre le feu pour le brûler, mort ou vif. Cela, au vu et au su d`un président qui prétendait gouverner un pays. Cela, au vu et au su des nombreuses Ong des droits de l`Homme. Hééé, France et Etats-Unis, merci ! Sans vous…

Dans quel Etat serions-nous aujourd`hui ? Où quand Blé Goudé toussait, tous nos généraux étaient enrhumés ; quand il levait le petit doigt, toute la hiérarchie militaire, le général quatre (4) étoiles, Philippe Mangou, en tête, était en transe ? D`ailleurs, on a assisté à cette pitoyable scène, au stade Champroux de Marcory, quand notre chef d`état-major, à l`appel de Blé Goudé, monta, avec célérité, sur le podium, et se trémoussa comme un beau diable, micro en main, devant des  » jeunes patriotes  » ébahis. Et les Ivoiriens, tout autant, indignés.

Dans quel Etat serions-nous aujourd`hui ? Quand on sait que Laurent Gbagbo n`exerçait plus le pouvoir. Le pouvoir avait été confié aux puissances d`en haut, et aux ténèbres terrestres, à travers leurs représentants qu`étaient Simone Ehivet Gbagbo, Blé Goudé Charles, et les faux pasteurs, prêtres, et imams. Le véritable maître de la Côte d`Ivoire, c`était la paire Ehivet Simone – Blé Goudé. Ils ordonnaient, et les Dogbo Blé Bruno (Général), Abéhi Jean-Noël (Commandant), Konan Boniface (Colonel-major), Vagba Faussignaux (Vice-amiral), Doua Kouassi Norbert (Commandant), Guiai Bi Poin (Général), etc. exécutaient, froidement, servilement, et sans discernement.

Dans quel Etat serions-nous aujourd`hui ? Quand tous ceux, qui portaient des amulettes, passeraient par le feu en vertu de l`Article 125. Si ce n`est pas de l`épuration ethnique, à relent xénophobe et criminel, alors on voudrait savoir.

Si tous les étrangers devaient subir le sort de Yves Lambelin et autres.

Quand on sait que tous les opposants, Rhdp ou pas, au régime des refondateurs subiraient le sort (a) du Colonel-major Adama Dosso (arrêté, conduit au sous-sol du palais présidentiel au Plateau, torturé et assassiné), (b) de l`oncle du président Alassane Ouattara ( Cissé Amara : assassiné froidement à son domicile, le 21 mars 2011), (c) des femmes d`Abobo, (d) de Ballo Souleymane dit Bah Solo, jeune homme qui s`apprêtait à aller assister à la Coupe de France, brûlé, en plein midi, à Koumassi, près du camp commando, aux encablures de la Cie , trois jours avant la capture de Laurent Gbagbo, le lundi 11 avril 2011, bunkérisé comme un rat (décidément, il doit aimer cette posture : 18 février 1992, pris dans le  » bunker  » de la Sogefiha au Plateau ; 11 avril 2011, pris dans le  » bunker  » de la résidence des présidents à Cocody).

Si nous prenons, de temps en temps, soin de nous poser la question : quel Etat si Laurent Gbagbo était encore au pouvoir, peut-être que les Assoa Adou, qui s`excitent au Ghana, feraient profil bas, et suivraient la sage démarche du président par intérim, Sylvain Miaka Oureto, qui a saisi la main tendue du président de la République de Côte d`Ivoire, Alassane Ouattara.

Pour notre part, nous souscrivons à l`idée que justice doit être rendue. Car, rien ne dit que tous les inculpés sont tous coupables. Au demeurant, nous serions les premiers à parler d`intrusion de l`exécutif dans le judicaire si, par une ordonnance d`amnistie du président de la République, Gbagbo et affidés ne comparaissaient pas devant les juridictions compétentes. Pour l`heure, chacun, sans distinction de bord politique, devrait pouvoir se demander : Quel serait mon sort si Laurent Gbagbo était toujours au pouvoir ? Avec les dictateurs, on ne sait jamais. Ils mangent, même leurs propres progénitures. Pour l`heure, l`Article 125 assassin a disparu du paysage ivoirien. N`est-ce pas quelque chose de positif à mettre à l`actif du président de la République de Côte d`Ivoire, Alassane Ouattara ? D`ailleurs, on se souvient que quand Laurent Gbagbo a été pris, le président de la République a veillé personnellement à ce qu`il soit en vie. Ensuite, il l`a traité avec dignité. Mais, vu la dangerosité que M. Gbagbo représentait, il l`a assigné à résidence à Korhogo pour le protéger et assurer sa sécurité. N`est-ce pas humain ? Les Ong, et même l`Onuci, qui l`ont vu, affirment toutes qu`il se porte bien. Très bien même. Alors, la prison ne vaut-elle pas mieux que la mort ?

Le Nouveau Réveil par Denis Kah Zion

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