Sarkozy célèbre le réveil du leadership européen

Devant les ambassadeurs de France, le chef de l’État a tiré mercredi les leçons de la guerre en Libye et du relatif effacement américain.

Comme regonflé par ses actions reparties à la hausse sur l’index international, Nicolas Sarkozy a délivré leur feuille de route aux ambassadeurs réunis mercredi à l’Élysée pour leur traditionnelle conférence annuelle. Tirant les leçons d’une «année exceptionnelle» marquée notamment par l’intervention en Libye, le chef de l’État a souligné qu’«à travers l’initiative de la France et du Royaume-Uni, les Européens ont démontré pour la première fois qu’ils étaient capables d’intervenir de façon décisive, avec leurs alliés, dans un conflit ouvert à leur porte». Pas comme en Bosnie, en 1995, où «les Américains ont fait le travail que les Européens auraient dû faire», a dit Nicolas Sarkozy qu’on sait hanté par le souvenir de Srebrenica.

Des Européens qui doivent être nécessairement plus engagés alors que les États-Unis se sont mis en retrait, perspectives électorales obligent: l’appel a servi de fil rouge, mercredi, au propos présidentiel. Explicitement même, car «le président Obama a présenté une nouvelle vision de l’engagement militaire américain qui implique que les Européens assument davantage de leurs responsabilités», a-t-il dit. En vantant l’ardente obligation européenne, Nicolas Sarkozy n’en a pas pour autant mis son drapeau tricolore sans sa proche. En France et en Côte d’Ivoire, s’est-il félicité, «la France a su, et c’est son honneur, prendre l’initiative et montrer le chemin à deux moments décisifs». Autant de choix «justes, politiquement et moralement» qui ont permis de concrétiser, «pour la première fois» le principe de la responsabilité de protéger, a enchaîné Nicolas Sarkozy.

«Première puissance économique»

S’agissant de la Syrie, il n’a certes pu que déplorer mercredi le statu quo actuel en lançant un anathème fort contre Bachar el-Assad: «Il a commis l’irréparable.» Certes aussi, «au-delà de la Libye, l’Europe est menacée de rétrécissement stratégique», a-t-il dit, compte tenu notamment de la baisse de ses efforts de défense. Mais une nouvelle donne transatlantique, visible au sein même de l’Otan durant l’affaire libyenne, impose aux Européens de prendre l’initiative, a déclaré en substance le président de la République. Ainsi, au Proche-Orient, «le rôle des États-Unis est incontestable et irremplaçable», a-t-il souligné. Mais «ils ne peuvent réussir seuls», a dit Nicolas Sarkozy en soulignant que l’Union européenne, premier partenaire économique d’Israël et premier donneur d’aide aux Palestiniens, «ne doit pas se contenter d’un strapontin pour participer à une négociation qui la concerne au premier chef». Une négociation dont «la méthode n’est pas la bonne», a souligné Nicolas Sarkozy, en indiquant que la France «travaille» pour que l’UE s’exprime d’une seule voix lorsque se posera, plus tard ce mois-ci, le cas de la Palestine à l’ONU. Dans le contexte des révolutions arabes, la «glaciation» du processus de paix au Proche-Orient est «une forme de scandale», s’est indigné le chef de l’État.

La diplomatie française ragaillardie ne peut faire l’impasse sur la crise financière qui a pesé durant ces dernières semaines. «Pour peser de tout son poids politique dans les affaires du monde, l’UE doit d’abord en demeurer la première puissance économique», a rappelé Nicolas Sarkozy en embouchant la trompette de la défense de l’euro, qui s’est imposé depuis dix ans comme une «monnaie forte, trop forte et stable». «Je veux dire aux spéculateurs que nous ne les laisserons pas se déchaîner sans réagir», a-t-il lancé. En ligne de défense, le chef de l’État a posé deux piliers sur lesquels doit «reposer la zone euro»: d’abord un véritable gouvernement économique, «qu’il n’aurait pas été possible de préconiser il y a un an encore». Deuxième pilier, une «coordination et une surveillance accrue» des politiques économiques au sein de la zone des 17 pays de la zone euro. Un chantier ardu auquel la France entend s’attacher avec l’Allemagne, envers et contre tout. Cette nouvelle étape de la convergence des deux économies doit être franchie lors du 50e anniversaire du traité de l’Élysée, en janvier 2013, a anticipé le chef de l’État.

Lefigaro.fr par Alain Barluet

Étiquettes : , , , , , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :