Le gouvernement grec sur la voie de la coalition

Le premier ministre et le président se sont accordés samedi pour lancer prochainement des consultations afin de former un «gouvernement de coopération».

Quelques heures après avoir obtenu le vote de confiance du parlement, le premier ministre grec, Georges Papandréou, a rencontré samedi matin le président, Karolos Papoulias, afin de «plaider en faveur d’un gouvernement de coalition chargé de mettre en oeuvre le plan de sauvetage (de la Grèce) défini à Bruxelles». «L’absence d’un consensus risquerait d’inquiéter nos partenaires européens sur notre volonté à rester dans l’euro», avait-il déclaré à son arrivée au palais présidentiel, vers 11 heures, heure française.

L’objectif semble atteint puisqu’à l’issue de cette rencontre, le chef du gouvernement a annoncé que des consultations allaient débuter prochainement en vue de la formation d’un «gouvernement de coopération». «Afin de créer cette coopération élargie, nous allons entamer prochainement les procédures et les contacts», a-t-il déclaré à sa sortie du bureau présidentiel. Papandréou a ensuite entamé une réunion avec ses proches collaborateurs pour élaborer la marche à suivre, selon la télévision publique Net.

Le gouvernement de Georges Papandréou a obtenu la confiance du parlement grec dans la nuit de vendredi à samedi avec seulement trois voix d’avance (153 voix sur 300). Un sursis pour le premier ministre qui avait déjà appelé à la formation d’un cabinet de coalition, dans un discours prononcé avant ce vote crucial pour la ratification de l’accord européen de désendettement de la Grèce et pour l’avenir du pays. Selon Papandréou, la tenue d’élections anticipées – que l’opposition conservatrice appelait de ses voeux – aurait été une décision catastrophique, de nature à compromettre le versement de la sixième tranche d’aide du plan de sauvetage européen.

Papandréou prépare sa sortie

En sursis depuis sa proposition contestée d’organiser un référendum sur cet accord, adopté au Sommet européen à l’aube du 27 octobre, Papandréou a toutefois commencé à préparer sa sortie, indiquant dans son allocution qu’il était prêt à quitter ses fonctions. «Mon poste est la dernière chose dont je me soucie. Peu importe même que je ne sois pas réélu. (…) Je n’ai jamais conçu la politique comme une profession», a-t-il affirmé.

Le chef du gouvernement a en effet perdu le peu de crédibilité qui lui restait auprès de l’élite politique et du peuple grecs. Au sein même de son parti, le Pasok (socialiste), son leadership est de plus en plus contesté. Les barons du gouvernement que sont le ministre des Finances, Evangelos Venizélos, la ministre de l’Éducation, Anna Diamantopoulou, le ministre de la Santé, Andreas Loverdos, ont fustigé la fuite de ses responsabilités que représentait cet appel au peuple, aussi inopiné que déplacé. L’abandon de cette idée, qui avait provoqué la colère des pays de la zone euro, a été confirmé vendredi par Athènes.

Éviter la faillite du pays

Selon plusieurs sources, Papandreou se serait mis d’accord avec Evangelos Venizelos pour quitter le pouvoir et lui laisser le soin de former le prochain gouvernement. Le ministre des Finances aurait obtenu l’appui des dirigeants de plusieurs petits partis à la future coalition, dont un parti d’extrême-droite et un autre de centre-droit. Le parti conservateur, Nouvelle démocratie, n’y participera en revanche pas au motif que le premier ministre a rejeté l’idée d’un gouvernement d’unité nationale. «Monsieur Papandréou a rejeté notre proposition. La seule solution, ce sont des élections», a déclaré son dirigeant, Antonis Samaras. Une demande réitérée samedi matin par ce dernier.

La nature de ce futur gouvernement est encore ouverte au débat, mais il devra être composé de responsables politiques, a expliqué Venizelos au parlement. Il aura pour objectif d’éviter une faillite du pays avant des élections anticipées dans quelques mois.

Depuis la révélation de l’étendue des déficits et de la dette publics après le retour au pouvoir des socialistes fin 2009, les Grecs ont dû subir une cure d’austérité drastique, mêlant hausses d’impôts, baisses de salaires et de pensions de retraite, privatisations et coupes claires dans les dépenses de l’Etat, en échange de l’aide financière de l’Union européenne et du Fonds monétaire international. Cette politique, qui a plongé le pays dans une profonde récession sans remettre suffisamment à niveau les comptes publics, a provoqué des grèves et des manifestations qui ont parfois dégénéré en violences.

Lefigaro.fr

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