Sénégal : un policier tué dans des violences après la validation de la candidature de Wade

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlLa validation vendredi soir par le Conseil constitutionnel de  la candidature du chef de l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle  de février a provoqué une vague de violences dans plusieurs villes du Sénégal,  dont sa capitale, Dakar, où un policier a été tué.

La validation vendredi soir par le Conseil constitutionnel de la  candidature du chef de l’Etat sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle  de février a provoqué une vague de violences dans plusieurs villes du Sénégal, dont sa capitale, Dakar, où un policier a été tué.  L’opposition a appelé pour sa part à « marcher sur le palais présidentiel dans  les prochains jours » afin d’en « sortir Wade ».
Dès l’annonce de la  validation de la candidature du président Wade et du rejet de celle du chanteur  Youssou Ndour, des jeunes rassemblés depuis des heures Place de l’Obélisque, à  Dakar, à l’appel de l’opposition ont jeté des pierres sur les policiers qui ont  riposté à coups de gaz lacrymogène et de matraque. Les jeunes, armés de barres  de fer, ont également mis le feu à des pneus et des courses-poursuites entre eux  et les policiers se sont engagées dans les rues adjacentes au lieu de  rassemblement.

« Ils ont tué un policier », a déclaré à l’AFP le commissaire de police Arona  Sy, du commissariat central de Dakar, sans donner les circonstances de cette  mort qui s’est produite dans une rue du quartier de Colobane, près de la Place  de l’Obélisque. Les violences se poursuivaient dans la nuit de vendredi à samedi  dans plusieurs autres quartiers de Dakar. « Je vois des feux, impossible de  passer. Ca brûle à Sacré-Coeur (centre), sur la VDN », une route menant au nord  de la ville, a déclaré à l’AFP un témoin circulant en voiture.
Les  télévisions privées montraient des jeunes érigeant des barricades, brûlant des  pneus et des planches sur plusieurs artères, ainsi que des échanges de  projectiles et gaz lacrymogènes entre des manifestants, essentiellement des  jeunes, et les forces de l’ordre anti-émeutes de police et de gendarmerie.
Des manifestations de colère étaient en cours également dans les provinces,  d’après les médias locaux: notamment à Thiès selon l’Agence de presse  sénégalaise (APS, officielle), et à Kaolack (centre), Matam et Ourossogui (nord)  selon la Télévision Futurs médias (TFM, privée).
« Marcher sur le  Palais »

Le Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis  politiques d’opposition et d’organisations de la société civile contestant la  candidature du président Wade, a appelé samedi les Sénégalais à « marcher sur le  palais » présidentiel pour l’en « déloger ». Abdoul Aziz Diop, un des responsables  du M23, a exhorté les Sénégalais « à se joindre au Mouvement pour organiser la  reprise du territoire occupé par Abdoulaye Wade et ses sbires ». « C’est la seule  direction prise à partir de ce soir », a-t-il dit à l’issue d’une réunion de la  direction du M23.

M. Wade a demandé à ses opposants d’arrêter « les manifestations d’humeur qui  ne conduisent à rien », les accusant de contester la validité de sa candidature  « sur des bases légères ». Youssou Ndour a, lui, dénoncé un « coup de force » du  président Wade, ajoutant: « Je suis candidat et je le reste », et précisant qu’il  avait « 48 heures pour un recours » contre la décision du Conseil.

Le rassemblement à partir de la mi-journée de milliers d’opposants sur la  Place de l’Obélisque, à l’appel du M23, s’était déroulé sans incidents.  Initialement interdit par le gouvernement, il avait finalement été toléré à la  suite d’une « médiation » de l’Union européenne (UE).

La décision du Conseil constitutionnel sur la nouvelle candidature du  président Wade, 85 ans, jugée anticonstitutionnelle par l’opposition, avait fait  craindre de violentes réactions. Elu en 2000, réélu en 2007 pour cinq ans après  une révision constitutionnelle en 2001 instituant un quinquennat renouvelable  une fois, M. Wade se représente pour sept ans après le rétablissement du  septennat en 2008, à la suite d’une nouvelle révision constitutionnelle.
Pour ses opposants, il se présente à un troisième mandat illégal, mais ses  partisans affirment que le comptage doit se faire à partir de la première  révision constitutionnelle de 2001 instituant le quinquennat et qu’il s’agit  donc d’un second mandat conforme à la Constitution.

Jeuneafrique.com avec AFP

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