Côte d’Ivoire : après la démission de Soro, son avenir politique en question

La démission de Guillaume Soro du poste de Premier ministre  ivoirien,  lui ouvre une voie royale vers la présidence de l’Assemblée nationale  et  pourrait faire de lui le dauphin constitutionnel estiment vendredi ses   partisans et dénoncent ses opposants.

L’élection du président de l’Assemblée nationale ivoirienne, deuxième personnage de l’Etat et dauphin  constitutionnel est prévue pour lundi prochain à Yamoussoukro, la capitale  politique (centre).

Guillaume Soro, élu député de la circonscription électorale de Ferkéssédougou  (nord), pourrait se présenter à ce scrutin, selon une source politique.

Jeudi, M. Soro et son gouvernement ont démissionné près de trois  mois après les élections législatives de fin 2011. Une démission acceptée par le  président ivoirien Alassane Ouattara qui a rendu un vibrant hommage à son « jeune  frère ».

« Il a brillamment occupé ce poste de Premier ministre », s’est félicitée Me  Affousy Bamba, membre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN, en voie de  dissolution), dont Soro est le chef.

« Il a démontré sa capacité à diriger. Je n’ai aucun doute qu’il ferait son  travail, si demain il était élu président de l’Assemblée nationale », a affirmé à  l’AFP Me Bamba, se présentant comme son « compagnon de lutte ».

« Qu’il rende sa démission ou qu’il soit pressenti comme président du  parlement, le plus important pour les Ivoiriens, est de retrouver la vraie  démocratie, la sécurité et la réconciliation », souligne Alphonse Douati, un  responsable du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l’ex-président  ivoirien Laurent Gbagbo.

« Tout le reste n’est qu’un jeu de passe-passe entre copains ou on remplace  Pierre par Paul », a-t-il poursuivi, déplorant un « calcul politicien ». De  Guillaume Soro, il retient surtout l’image de « père de la rébellion en  2002 ».

Le poste de Premier ministre avait été promis fin 2010 au Parti démocratique  de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ancien président Henri Konan Bédié dans une  alliance politique avec le Rassemblement des républicains (RDR) du président  Alassane Ouattara, lors du scrutin présidentiel de novembre 2010.

« Laissons le destin s’accomplir »

Le PDCI a donc salué cette démission, soulignant une « promesse  tenue ».

« Il est de notoriété publique que le président du PDCI (M. Bédié, NDLR) était  préoccupé par la question et attendait que cette promesse se réalise », écrit le  Nouveau Réveil, le quotidien du PDCI.

Les Ivoiriens ont élu le 28 novembre 2010 Alassane Ouattara mais ce sont les  hommes de Guillaume Soro, plusieurs milliers de combattants de l’ex-rébellion  des Forces nouvelles (FN) rebaptisés Forces républicaines (FRCI), qui ont chassé  Laurent Gbagbo du pouvoir, avec l’appui décisif de l’ONU et de la France.

M. Soro avait alors été alors maintenu à son poste de Premier Ministre à la  fin 2010 gardant le portefeuille de ministre de la Défense, en raison du  contexte sécuritaire très trouble, avec pour mission première de ramener le  calme.

Elu député sous la bannière du RDR qui a obtenu la majorité, M. Soro a  justifié sa démission par le non cumul des mandats. « Ma qualité de député ne  me permet plus d’occuper des fonctions dans le pouvoir exécutif. C’est pourquoi  je décide de rendre ma démission ainsi que celle du gouvernement que j’ai  dirigé », a-t-il déclaré.

« Laissons le destin s’accomplir », a-t-il dit en quittant le palais  présidentiel d’Abidjan au volant de sa voiture, sans garde de corps.

Jeuneafrique.com avec AFP

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