Mort du comédien Michel Duchaussoy

L’hommage de Christophe Barbier à Michel Duchaussoy

Il savait jouer le noble et le méchant, l’amusant et le détestable, le tendre et le veule, l’alcoolique et le dandy: l’hommage à Michel Duchaussoy, mort ce mardi, de Christophe Barbier, directeur de la rédaction de L’Express et homme de théâtre.

Michel Duchaussoy, c’est d’abord le père brisé, mais si opiniâtre en sa vengeance, de Que la Bête meure, de Claude Charbol. Néanmoins, c’est le théâtre, et notamment la Comédie Française, qui a construit sa vie de comédien.

Dans La Puce à l’Oreille, de Feydeau, il joua cet étrange personnage qui ne prononce pas les consonnes s’il ne porte un palais artificiel. Il y démontra une telle virtuosité comique, jonglant avec les voyelles et multipliant les mimiques, qu’il était hilarant à souhait. Seul Robert Hirsch le dépassait dans ce comique pincé.

Ses dernières apparitions furent éloquentes. Dans Phèdre, mis en scène par Chéreau, il survola l’impossible monologue de Théramène, où l’on apprend la mort d’Hippolyte, avec distance et précision. Savoir être drôle sans être comique, c’est aussi un art. Dans David et Edward, comédie new-yorkaise assez faible, il donnait la réplique à Michel Aumont, campant en raideur pudique cet ultime personnage.

Car la force de Duchaussoy était de pouvoir jouer le plus noble et le plus méchant, le plus amusant et le plus détestable, le tendre et le veule, l’alcoolique à la dérive et le dandy triomphant. Ce comédien était une argile incrustée d’argent.

Lexpress.fr par Christophe Barbier

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