Sénégal : Macky Sall élu président, Abdoulaye Wade le félicite

Celui qu’Abdoulaye Wade appelait son « apprenti » a finalement  remporté la présidentielle sénégalaise. Dimanche, l’ancien Premier ministre  Macky Sall a été largement élu au second tour du scrutin. Si les résultats  définitifs n’ont pas encore été annoncés, le sortant a reconnu sa défaite dès le  soir du vote.

Le suspens n’aura pas duré bien longtemps après la fin du vote au second tour  de la présidentielle  sénégalaise, ce dimanche. Les bureaux de vote ont fermé depuis à peine un  peu plus de trois heures lorsque le président sortant, Abdoulaye Wade, appelle son challenger  Macky Sall sur son téléphone portable. Il est 21 heures 30.

Sall se trouve à l’hôtel Radisson, idéalement situé sur la Corniche de Dakar,  en présence des observateurs de l’Union européenne. C’est Karim Wade, le fils du  président sortant avec qui Sall entretient des relations cordiales, qui parle en  premier. Puis « Gorgui » (« le Vieux », en wolof), prend le  téléphone : « Les choses se précisent, dit-il à son ancien Premier  ministre. Tu vas gagner. Je te félicite ». Réponse de Macky  Sall : « Je vous remercie ». Wade père passe ensuite l’appareil à  sa femme, Viviane…

L’échange entre la famille Wade et le président en passe d’être élu est bref – il ne dure pas plus de trois minutes. Mais pour les partisans de Macky Sall,  il veut tout dire. Au QG de campagne du président de l’Alliance pour la  République (APR), dans le quartier de Liberté 6, à Dakar, les militants exultent  à l’annonce de cet appel.

Wade tient ses promesses

Pour eux, c’est la confirmation que leur candidat l’emportera et, surtout,  que Wade ne s’accrochera pas au pouvoir. Beaucoup, parmi les membres de  l’opposition, le craignaient, l’annonçaient même. Ils se sont trompés. Wade a  reconnu sa défaite, comme promis. Au vu des tendances qui circulaient en milieu  de soirée (entre 65 et 70% pour Sall), il ne pouvait faire autrement.

Au QG de Macky Sall, la fête avait commencé dès la fermeture des bureaux de vote, à 18 heures. Très vite, les  premiers résultats égrenés par les radios et les télévisions ne laissaient guère  de doutes. À 19 heures, ils sont peut-être un millier à se masser devant la  bâtisse à trois étages du candidat. À 21 heures, ils sont deux à trois fois  plus.

Il y a là beaucoup de jeunes – des enfants, des adolescents. Au rythme de la  musique crachée par une sono poussée à son maximum, ils dansent, sifflent,  saluent les voitures qui klaxonnent en passant. Et crient : « Macky  président ! Macky président ! » Ou encore, ce refrain chanté  depuis le début de la campagne : « Le Vieux est mort, il faut  l’enterrer ».

Au siège du Parti démocratique sénégalais (PDS), le parti de Wade qui était encore celui de  Sall il y a quatre ans, une petite cinquantaine de partisans – beaucoup de  femmes – regardent avec amertume l’écran géant sur lequel s’affichent un à un  les résultats des bureaux de vote. « Wade a perdu, mais vous verrez dans  trois ans, ce sera la désillusion », dit l’un d’eux.

Amertume au PDS

La soirée n’aura été marquée par aucune violence, mais, du côté du PDS, elle  est ternie par une immense amertume. Wade croyait-il à ses propres paroles,  lorsqu’il affirmait, quelques heures plus tôt au moment de voter dans le lycée  arabo-islamique du Point E, que « 75% des gens de Niasse » et « 80% de ceux de Seck » (deux perdants du 1er tour qui ont soutenu  Sall) voteraient pour lui ?

Au Radisson, il est presque minuit lorsque Sall, vêtu d’un costume de  circonstance (complet bleu marine, chemise blanche, cravate rouge) sort de la  suite qu’il loue depuis quelques jours en compagnie de sa femme, Marième. Alors  qu’à l’extérieur, des centaines de partisans se sont réunis devant les grilles  de l’hôtel, le couple salue les perdants du 1er tour qui l’ont tous soutenu et  se sont réunis dans une salle de conférence, puis il se dirige vers une tente où  se sont massés près d’une centaine de journalistes, ainsi que quelques uns de  ses soutiens.

C’est son premier discours de président, même s’il ne l’est pas encore  officiellement. Il est court, sans grande envergure. Il est question de « fierté », de « maturité du peuple sénégalais ». « L’ampleur de cette victoire aux allures de plébiscite exprime l’immensité  des attentes de la population. J’en prend la mesure », déclare-t-il, avant  d’annoncer qu’une « ère nouvelle commence ce soir pour le Sénégal ». Pour la deuxième fois de son histoire, le pays assiste à une alternance  démocratique dans la paix. Wade en avait profité en 2000, il en est aujourd’hui  le grand perdant.

Jeuneafrique.com par Rémi Carayol, à Dakar

 

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