Mali : les chefs d’État de la Cedeao renoncent à se rendre à Bamako

Une manifestation de partisans de la junte malienne sur le  tarmac de l’aéroport de Bamako a empêché la délégation de chefs d’État de la  Cedeao d’atterrir. Un sommet d’urgence de l’organisation ouest-africaine a été  convoqué dans la foulée à Abidjan.

Alors qu’il était dans l’espace aérien du Mali, Alassane Ouattara a fait  demi-tour pou revenir à Abidjan. Il devait présider à Bamako une délégation de  chefs d’État de la Cedeao venus discuter avec la junte qui a renversé, le 22 mars, le président malien Amadou  Toumani Touré (ATT).

La décision de ne pas atterrir au Mali a été prise après une brève manifestation à l’aéroport  par des dizaines de partisans des putschistes qui ont envahi le tarmac. Une  mobilisation qui faisait suite à celle de la veille, dans les rues de Bamako, où  plusieurs milliers de manifestants pro-junte ont marché pour protester contre la  Cedeao, la France, et la communauté internationale en général qui a unanimement  condamné le coup de force des militaires maliens.

Restaurer l’ordre constitutionnel

Les autres chefs d’État de la délégation ouest-africaine ont eux aussi  détourné leur vol pour se rendre à Abidjan, où une réunion d’urgence a été  convoquée. Parmi eux, le médiateur de la Cedeao dans la crise malienne, Blaise  Compaoré (Burkina Faso) et le président en exercice de l’Union africaine (UA),  le Béninois Boni Yayi.

La Cedeao entend trouver une solution permettant de restaurer l’ordre  constitutionnel au Mali. Selon le ministre burkinabè des Affaires étrangères,  Djibrill Bassolé, ladite solution pourrait passer par « une transition » dirigée par le président de l’Assemblée  nationale, Dioncounda Traoré. Mais les putschistes ne semblent pas vouloir  négocier pour le moment. Ils ont proclamé mardi une nouvelle Constitution institutionnalisant la junte comme « organe suprême » jusqu’à des élections présidentielle et législatives dont  la date n’a pas été fixée. Et le chef de la junte, Amadou Haya Sanogo, a pris le  statut de chef de l’État.

ATT semble quant à lui complètement hors-jeu dans la crise, du moins à juger  par son intervention du mercredi 28 mars.

Jeuneafrique.com avec AFP

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