Malawi : la nouvelle présidente Joyce Banda face au défi des réformes économiques

À 61 ans, Joyce Banda est la nouvelle présidente du Malawi et  la première femme chef d’Etat en Afrique australe. Une avancée démocratique qui  ne  doit pas faire oublier les grands défis qu’elle doit relever :  relancer  l’économie et réconcilier le pays avec les donateurs.

Quelques  heures après l’annonce de la mort du président Bingu wa Mutharika, Joyce  Banda, 61 ans, a été investie, samedi 7 avril. La nouvelle présidente du Malawi prend les rênes d’un pays marqué par la dérive  autocratique du président défunt et par la débâcle économique.

Bingu wa Mutharika avait exclu Joyce Banda de son parti en 2010, lorsque  cette dernière s’était opposée à ce que Peter, le frère du président, hérite du  pouvoir. Elle avait alors fondé son propre parti, et s’était érigée en ferme  opposante. Dès son investiture, la nouvelle présidente a alors appelé à l’union  et à la réconciliation, en dépit des tentatives des proches de Mutharika de  l’écarter de la fonction.

« Cela a contribué à enraciner et consolider une culture démocratique dans le  pays, et c’est une bouffée d’air frais sur notre continent africain, où les  transitions sans heurts sont rares », a écrit le Sunday Times malawite  dans édition du 8 avril. « Nous pouvons maintenant (…) nous concentrer sur la  tâche immense de guérison et de réparation de l’indéniable chaos dans lequel est  enferré notre pays », a souligné le quotidien The Nation.

Dépendance au tabac

Les lignes directrices du programme du parti de Joyce Banda, qui n’a pas de  majorité, concernent les appels pour des investissements privés, la relance de  l’agriculture commerciale et la diversification des exportations, qui dépendent  trop du tabac.

Pour Undule Mwakasungula, président du Comité consultatif pour les droits de  l’homme, « il est important qu’elle lance rapidement des réformes politiques et  économiques ». « Toute l’économie est par terre parce que les bailleurs de fonds  sont partis. Je pense que, pour commencer, la présidente Joyce Banda doit  regagner la confiance des donateurs », a-t-il ajouté.

Une confiance qui, en effet, a été malmenée par l’ancien président.  Économiste de formation, il avait réussi, au début de son premier mandat, a  mettre fin à une terrible famine en instaurant une politique de financement des  petits agriculteurs. Un choix qui a malgré tout fini par assécher les finances  de l’État, déjà affaiblies par une baisse du prix du tabac. Privé des devises  nécessaires pour importer du carburant, le Malawi s’est retrouvé confronté à des  pénuries chroniques qui ont fragilisé encore un peu plus son économie.

À cela s’ajoutent les dérives autocratiques du président défunt qui ont  contribué à brouiller le pays avec les bailleurs de fonds, les conduisant, in fine, à suspendre leur aide. C’est pourquoi la communauté  internationale, qui n’a pas encore ouvert son portefeuille, n’a pas manqué de  saluer l’arrivée au pouvoir de Joyce Banda, tout en soulignant le caractère  pacifique de la transition.

Jeuneafrique.com avec AFP

Étiquettes : , , , , ,

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s


%d blogueurs aiment cette page :