Guinée-Bissau : tentative de coup d’État, le Premier ministre introuvable

Des militaires se sont emparés de la résidence du Premier  ministre de la Guinée-Bissau, Carlos Gomes Junior, dont le sort est inconnu,  faisant craindre un coup d’État. La télévision et la radio nationale ont été  coupées.

La situation est encore trop floue pour assurer que la Guinée-Bissau a été victime d’un nouveau coup d’État, mais tous les éléments d’un tel  scénario semblent réunis. De fortes détonations ont été entendues dans la soirée  du jeudi 12 avril alors que des soldats ont attaqué la résidence de l’actuel Premier ministre Carlos Gomes Junior, dans la  capitale Bissau. Les tirs, essentiellement concentrés autour de la résidence du  Premier ministre, ont duré environ une heure. La capitale a retrouvé le calme  dans la soirée. Un cordon de sécurité avait été installé par des militaires  autour du palais présidentiel et des rues environnantes. Vendredi matin, la  capitale était cadrillée par les militaires, postés en particulier devant des  bâtiments officiels.

Incertitudes

« Il y a des troubles. Nous ne savons pas encore ce que c’est. Il y a des  tirs, des tirs sporadiques d’artillerie, et de lourdes explosions… Nous  entendons que cela vient de la résidence de Carlos Gomes Junior » a déclaré à  Reuters un diplomate en poste dans la capitale. « Il y a eu une débandade et une  riposte de nos collègues. (Carlos Gomes Junior) a tenté de sortir en profitant  de la confusion. Ensuite je ne l’ai plus revu car j’ai moi aussi cherché à  m’enfuir de là », a raconté un agent de sécurité posté dans la résidence.

Le sort du Premier ministre comme les raisons de ce coup de force militaire  sont pour le moment inconnus. Selon ce même agent de sécurité, Carlos Gomes  Junior « se trouvait dans sa résidence où des militants de son parti étaient  venus lui témoigner de leur fidélité, quand une première roquette RPG a percuté  l’entrée principale de sa villa ».

« Nous (le) recherchons activement. Quel que soit l’endroit où il peut se  cacher, nous le débusquerons avant l’aube », a assuré à l’AFP un militaire  mutin. Le sort du chef de l’État par intérim Raimundo Pereira, à la suite du  décès en janvier du président Malam Bacaï Sanha, mort à Paris, est pour le  moment inconnu. Une source politique, citée par Reuters, a assuré qu’il avait  été arrêté par les mutins.

Le siège du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du  Cap-Vert (PAIGC, au pouvoir), dirigé par Carlos Gomes Junior Gomes, était occupé  par au moins une vingtaine de soldats. Une dizaine d’autres, en armes, avaient  pris le contrôle de la radio nationale en début de soirée. Cette dernière comme  la télévision nationale ont cessé d’émettre. Le courant avait également été  coupé dans toute la ville, plongeant Bissau dans l’obscurité.

« Nous attendons d’entendre ce qu’ils ont à dire », a déclaré le ministre des  Affaires étrangères bissau guinéen Mamadou Djalo Pires également présent à  Abidjan, appelant à « une réaction énergique » de la communauté  internationale.

Coups d’État à répétition

Ces évènements interviennent seulement quelques jours après que l’Angola ait  annoncé la fin de sa mission de modernisation de l’armée bissau-guinéenne, mise  en place en 2011 pour aider le pays à mettre fin aux nombreux coups d’États qui  ont jalonné son histoire.

Le 26 décembre 2011, plusieurs officiers de l’armée, parmi lesquels, le chef  de la marine, avaient été arrêtés à la suite d’une tentative de putsch déjouée.  Plus récemment le 18 mars 2012, l’ancien directeur des renseignements militaires de  Guinée-Bissau, le colonel Samba Djalo, avait été abattu à Bissau par un  groupe d’hommes non identifiés, en tenue militaire.

Plus tôt jeudi, l’opposition bissau-guinéenne menée par l’ex-président Kumba Yala, qui est censé affronter le 29  avril au second tour de l’élection présidentielle Carlos Gomes Junior, avait  appelé au boycott du scrutin, et mis en garde quiconque battrait campagne. « Quiconque s’aventurera à battre campagne assumera la responsabilité de tout ce  qui adviendra », a menacé Kumba Yala, sans plus de précision.

Jeuneafrique.com avec Agences

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