Soudan : 1200 soldats sud-soudanais tués à Heglig, selon Khartoum

Les soldats soudanais célébraient lundi 23 avril la reprise de la zone pétrolière de Heglig, en présence du président Omar el-Béchir. Khartoum affirme avoir fait 1200 morts dans les rangs de l’armée sud-soudanaise.

Dans les rangs de l’armée sud-soudanaise, le bilan est lourd. Plus d’un millier de soldats ont trouvé la mort dans les combats pour le contrôle de la zone pétrolière de Heglig, selon Khartoum. « Le nombre de morts est de 1200 pour le SPLM (les anciens rebelles sudistes, aujourd’hui au pouvoir, ndlr), a annoncé le commandant de l’armée soudanaise, Kamal Marouf, lundi 23 avril, alors qu’un précédent bilan, dimanche, faisait état de 400 morts.

« Nous négocions avec des fusils et des balles »

Trois jours après avoir annoncé la reprise de la zone pétrolière disputée par les deux États, le président Omar el-Béchir s’est rendu à Heglig pour célébrer l’évènement aux côtés de l’armée soudanaise. Aucune information n’a été donnée quant au bilan humain dans ses propres troupes.

« Pas de négociations avec ces gens », a promis le président à propos du gouvernement sud-soudanais. « Avec eux, nous négocions avec des fusils et des balles », a-t-il ajouté, en dépit des appels de la communauté internationale.

Le site pétrolier, géré par la compagnie Greater Nile Petroleum Operating Company (GNPOC), a été pris le 10 avril par l’armée sud-soudanaise, avant que Khartoum n’annonce le 21 avril, partir à la reconquête de son installation pétrolière. Djouba avait, elle, affirmé s’être totalement retirée dimanche, sous la pression de la communauté internationale.

Dans la zone d’Heglig, jonchée de cadavres de soldats sud-soudanais, le principal site d’exploitation pétrolière soudanais était très endommagé après les combats de ces dernières semaines, un réservoir ainsi que huit générateurs ayant été détruits par des incendies.

Les installations de Heglig représentaient la moitié de la production pétrolière soudanaise depuis la partition en juillet 2011. Selon Abdel Azim Hassan, un ingénieur soudanais de la GNPOC, les troupes sud-soudanaises ont saboté le site.

« Ils ont détruit la principale centrale électrique alimentant les champs de pétrole et la centrale de traitement », a-t-il accusé, ajoutant que des saboteurs « professionnels » avaient également détruit les salles de contrôle ainsi que le système de sécurité de la centrale de traitement.

« Escalade »

Objectif pour la compagnie désormais : relancer manuellement les unités de production « aussi vite que possible », a expliqué Abdel Azim Hassan, alors que l’arrêt de la production pétrolière de Heglig depuis le 10 avril a plongé encore un peu plus l’économie soudanaise dans la crise.

Dans le même temps, des avions soudanais ont mené un nouveau raid à Bentiu, la capitale de l’État sud-soudanais d’Unity, situé à une soixantaine de kilomètres au sud de Heglig. Un bombardement a fait au moins deux morts, dont un enfant.

« Ceci est une grave escalade et une violation du territoire du Soudan du Sud (…). Il s’agit d’une provocation évidente », a accusé Mac Paul, le directeur adjoint des services sud-soudanais de renseignement.

« Nous avons répondu aux appels (internationaux) à évacuer Heglig (…) mais ils continuent de nous bombarder » a pour sa part estimé Barnaba Marial Benjamin, le ministre sud-soudanais de l’Information.

Jeuneafrique.com avec AFP 

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