Centrafrique : la coalition Séléka face à ses divisions

Éric Massi, porte-parole de la rébellion centrafricaine à Paris. © AFP

Éric Massi, porte-parole de la rébellion centrafricaine à Paris. © AFP

Regroupant plusieurs groupes rebelles, la coalition Séléka peine à exprimer une position claire. Symbole de ces difficultés : Éric Massi, le porte-parole de la rébellion à Paris, est sous le feu des critiques. Le commandement militaire des rebelles lui reproche ses nombreuses déclarations hasardeuses.

Coalition hétéroclite, le Séléka peine, ces derniers jours, à parler d’une seule voix. Regroupant plusieurs groupes rebelles – la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR), le Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC) et la Convention patriotique du salut du kodro (CPSK)-, le mouvement a autant de porte-paroles que de factions. « Il est difficile de tenir une position officielle, il y a trop de personnes qui s’expriment », confie une source militaire au sein de la coalition.

La personne d’Éric Massi, porte-parole du Séléka à Paris, cristallise les difficultés rencontrées actuellement par les rebelles. Le commandement militaire des rebelles lui reproche d’avoir annoncé qu’une délégation du Séléka se rendrait aux négociations prévues à Libreville, alors que le mouvement n’avait pas encore arrêté de décision.

« J’ai demandé à nos forces de ne pas bouger de leurs positions à partir d’aujourd’hui parce que nous voulons participer aux discussions de Libreville (Gabon) pour trouver une solution politique », a déclaré Éric Massi, le 2 janvier. « Je suis en discussion avec nos partenaires pour avancer des propositions afin de mettre fin à la crise mais une solution pourrait être une transition politique dont le président (François Bozizé) serait exclu », avait-il ajouté. Quelques heures plus tard, Armel Sayo, un des chefs militaires de la rébellion, assurait sur TV5 Monde qu’il était « hors de question que le Séléka puisse prendre part à ces discussions. Nous allons mener une lutte et nous irons jusqu’au bout. »

Éric Massi sur la sellette ?

C’est surtout la tonalité de ses déclarations qui a agacé le commandement militaire. « Nous l’avons mis là où il est et maintenant il dit que c’est lui qui nous commande, s’insurge la source au sein du Séléka. Il est seulement porte-parole depuis le 12 décembre. S’il ne change pas d’attitude, ses jours au sein de la rébellion sont comptés. »

Éric Massi est le gendre du médecin militaire Charles Massi, ancien député et ministre, mort en janvier 2010, probablement sous la torture, quelques semaines après avoir été arrêté à la frontière avec le Tchad et livré aux autorités centrafricaines. Sa mère, Denise Neris-Massi, une Franco-Centrafricaine, seconde épouse de l’homme politique, est morte de chagrin, trois mois après la perte de son mari.

Jeuneafrique.com avec Par Vincent Duhem

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4 Réponses to “Centrafrique : la coalition Séléka face à ses divisions”

  1. RitaFlower Says:

    Une rébellion reste une rébellion quelque que soit la légitimité qu’on veut lui donner.Elle ne peut se substituer à l’ordre constitutionnel…

    • Bouesso Says:

      Bozizé est un produit aussi de la rébellion. Il récolte seulement la contestation de sa démocratie. Même s’il se dit démocrate et homme de paix. Il est arrivé au pouvoir en 2003 par les armes. A moins que cette page de l’histoire soit effacée. Donc à l’époque, il avait commis une faute contre l’ordre constitutionnel.

  2. RitaFlower Says:

    Tout à fait juste,c’est ce qui arrive généralement à tous les DIRIGEANTS AFRICAINS qui sont arrivés par une autre voie que celle des URNES de manière démocratique.Meme si je sais que la DEMOCRATIE n’est qu’une vue de l’esprit sur le CONTINENT noir, en réalité elle n’existe quasiment pas.Ah PAUVRE AFRIQUE…

    • Bouesso Says:

      J’épouse parfaitement votre idée. Tous ceux qui ont actuellement la mission de mener les médiations tant à Ouagadougou pour le Mali qu’à Libreville (demain pour le dossier crucial de la Centrafrique); ils sont arrivés par cette voie antidémocratique au pouvoir. Mais aujourd’hui, ils sont devenus des modèles indispensables pour le réglement des conflits dans leur sous-région.
      La démocratie est une simple copie incomprise parfois trop difficile dans la simple application.
      En Afrique tout le monde triche avec cette démocratie, même les professeurs d’université qui deviennent des Conseillers de président ou des ministres. Ils sacrifient la connaissance académique au profit des indemnités.
      D’où la culture démocratique traîne les pas à vite et à mieux s’installer. Pauvre Afrique, il faut des nouvelles mentaliés… Les intellectuels ou étudiants qui rentrent aussi au bercail, ils sont rapidement cooptés, et tombent dans le piège des politiques, malgré la qualité et l’excellence de leurs travaux.

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