Algérie : Belkhadem destitué de son poste de secrétaire général du FLN

 

Belkhadem faisait face à trois grands courants au sein du FLN. Belkhadem faisait face à trois grands courants au sein du FLN. © AFP

C’est une demi-surprise : Abdelaziz Belkhadem, le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) au pouvoir en Algérie, n’a pas remporté le vote de confiance qu’il avait sollicité à la réunion du comité central du parti, jeudi 31 janvier. Il se trouve donc relevé de ses fonctions mais le nom de son successeur n’est pas encore connu.

Il a joué mais il a perdu. Lors d’un vote de confiance, jeudi 31 janvier, Abdelaziz Belkhadem a trouvé sur son chemin 160 membres du Comité central du Front de libération nationale (FLN) qui se sont prononcés pour le relever de ses fonctions, contre 156 en sa faveur.

Engagé depuis plusieurs mois dans un bras de fer contre une partie du Comité central (CC), Belkhadem visait, initialement, à confondre ses contestataires avec un vote à main levée. Chiche, ont répliqué les dissidents, mais pour éviter toute opération d’intimidation, ceux-ci ont obtenu que le vote ait lieu à bulletin secret. Pris à son propre jeu, Blekhadem aura d’autant de mal à contester le vote qu’il avait fait appel à quatre huissiers de justice pour superviser le scrutin.

Longtemps considéré comme un proche du président Abdelaziz Bouteflika, Belkhadem a commencé à faire face à une dissidence dès qu’il a annoncé son intention de se porter candidat à l’investiture du FLN pour la présidentielle de 2014. Plusieurs voix parmi les plus influentes du parti ont fait part de leur refus d’un tel scénario. Toutefois, ces opposants se recrutaient dans des factions internes aux intérêts divergents. En fait, Belkhadem faisait face à trois grands courants.

Nationalisme contre fondamentalisme

Le premier se réclame d’Ali Benflis, prédécesseur de Belkhadem, tombé en disgrâce pour s’être présenté en 2004 contre Bouteflika. À sa tête : Abdelkrim Abada. D’autres reprochaient aussi à l’actuel secrétaire général des velléités « d’islamisation du FLN ».

« Pour réaliser ses objectifs, affirme Abdelaziz Ziari, ministre de la Santé et membre du Bureau politique, Belkhadem est prêt à sacrifier la ligne nationaliste de notre parti au profit du fondamentalisme. » mais Ziari n’est pas le seul ministre à être entré en rébellion contre Belkhadem. Sept autres membres de l’équipe d’Abdelmalek Sellal, dont le discret mais fort influent Abdelkader Messahel, ministre délégué aux Affaires maghrébines et africaines, ont officiellement demandé à Belkhadem de quitter la direction du parti. Ce courant était emmené par Amar Tou, ministre des Transport.

Lâchage de Bouteflika ?

L’officialisation de l’entrée en dissidence de ministres de la République a été perçu comme un lâchage de Belkhadem par Bouteflika. Quant au troisième courant à exiger la tête du secrétaire général, il est piloté par Amar Saïdani, ancien président de l’Assemblée populaire nationale (APN, chambre basse du parlement) et dénonce le « clientélisme et la gestion familiale du parti » par Belkhadem.

Pour arriver à leur fin, ces trois courants aux intérêts divergents se sont alliés et ont créé le Mouvement pour l’authenticité et le redressement du FLN, mouvement qui assure avoir eu la bénédiction de la majorité du Comité central. La vérité des urnes leur a donné raison.

Jeuneafrique.com

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