Centrafrique : des éléments de la Séléka attaquent deux villes

Des éléments de la Séléka, le 17 janvier 2013 au nord de Damara près de Bangui. Des éléments de la Séléka, le 17 janvier 2013 au nord de Damara près de Bangui. © AFP/Patrick Fort

Les villes de Gambo et Bangassou ont été attaquées, lundi 11 mars, par des éléments de la coalition Séléka qui en ont pris le contrôle.

Lundi 11 mars au matin, une colonne de sept véhicules conduits par des éléments incontrôlés de la Séléka ont attaqué les villes de Gambo et Bangassou (chef-lieu de la préfecture du Mbomou) dans le sud-est de la Centrafrique, selon des sources concordantes. Après de rudes combats, qui ont duré plusieurs heures, les Forces armées centrafricaines (FACA) ont quitté Bangassou.

« Les éléments de la Séléka ont lancé tôt vers 6H00 une première attaque contre la ville de Gambo à une soixantaine de kilomètres de Bangassou. Ils n’ont rencontré aucune résistance car nos éléments qui s’y trouvaient se sont repliés sur Bangassou », selon une source militaire s’exprimant sous couvert d’anonymat. « La seconde attaque a eu lieu peu avant 8h00 (7H00 GMT) contre la ville de Bangassou. Il y a eu des échanges de tirs puis les forces de défense et de sécurité ont opéré un repli », a poursuivi la même source.

« Le bilan de ces attaques n’est pas encore connu, mais il est difficile d’entrer en communication avec ces deux villes car toutes les liaisons téléphoniques ont été coupées », a-t-elle précisé. L’information a été confirmée à Jeune Afrique par une source diplomatique en poste à Bangui. « Ce sont des éléments incontrôlés, mécontents de l’attitude de Bozizé par rapports aux accords de Libreville », explique-t-on, précisant que le commandement de la Séléka, notamment le général Dhaffane Mohamed-Moussa, mènerait actuellement des négociations pour que les mutins mettent fin à leur action. « Les leaders tentent de reprendre en main la Séléka pour en faire un mouvement structuré, mais on sent de la nervosité à la base », poursuit le diplomate.

Respect des accords

Certains membres de la rébellion considèrent que le président François Bozizé ne respecte pas les accords de Libreville, notamment la partie concernant la libération des prisonniers politiques et le départ des troupes étrangères, en particulier sud-africaines. Le 29 février, des éléments de la Convention des patriotes pour la justice et la paix fondamentale (CPJP) du général Nouredine Adam (faction rebelle), à bord de 5 à 6 pick-up lourdement armés venus du Tchad, avait déjà attaqué la localité de Sido, en zone frontalière. Les combattants, une petite centaine, ont visé la sous-préfecture, la base des forces armées centrafricaines, la gendarmerie, le poste des douanes et le commissariat.

Les récentes attaques interviennent alors que le gouvernement d’union nationale de Nicolas Tiangaye, qui compte quatre membres de la Séléka, peine à faire appliquer le cantonnement des troupes rebelles comme prévu par les accords de Libreville signés le 11 janvier. Ces dernières doivent en théorie se retirer vers trois villes : Bria, Kaga Bandoro et Ndélé. Or, quelque 1 800 rebelles stationnent toujours à Sibut (187 km de Bangui).

Près de deux mois après la signature des accords de Libreville, un mois après la nomination du Premier ministre, la rébellion occupe encore sept localités réparties entre le nord, le centre et l’est de la République centrafricaine : Kaga-Bandoro, Sibut, Alindao, Ndélé, Bria, Bambari et Soamoandja.

Jeuneafrique.com

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