Algérie : que faire de la famille Kaddafi ?

Aïcha Kaddafi avait du mal à tenir sa langue en Algérie Aïcha Kaddafi avait du mal à tenir sa langue en Algérie © Reuters

Trois membres éminents de la famille de l’ancien dictateur libyen sont toujours réfugiés en Algérie. Aïcha, sa fille, est exilée au sultanat d’Oman. À Alger comme à Mascate, on ne sait trop que faire de ces hôtes toujours encombrants.

Safia, la veuve de Mouammar Kaddafi, et Hannibal, son fils, n’ont toujours pas quitté l’Algérie, où ils ont été accueillis pour des « raisons humanitaires » après la chute du « Guide » libyen, en août 2011. Safia a émis le souhait de rentrer en Libye, où elle ne risque pas d’être inquiétée par la justice.

Privé de téléphone, d’ordinateur et de sorties, Hannibal est, lui, « comme un lion en cage », explique un diplomate. Alger a bien tenté de le transférer discrètement au Liban en compagnie de son épouse, l’ex-top modèle Aline Skaf Kaddafi, mais les autorités de ce pays s’y sont opposées, Hannibal étant réputé violent et incontrôlable.

Aïcha, sa soeur, a pour sa part obtenu, en octobre 2012, l’asile politique dans le sultanat d’Oman. Mascate lui a accordé l’asile, pour « des raisons humanitaires ». Cette mesure est assortie de l’interdiction de mener « toute activité politique ou médiatique ». Aïcha se taira-t-elle ? Le gouvernement algérien s’était montré extrêmement discret sur les lieux de résidence de la famille de l’ancien dictateur. Alger avait dû rappeler à l’ordre à deux reprises Aïcha Kaddafi, avocate de formation, qui s’était exprimée dans les médias syriens pro­gouvernementaux pour critiquer le nouveau pouvoir libyen et appeler les partisans du « Guide » à prendre les armes pour venger la mort de son père.

Deux anciens responsables de la Jamahiriya n’ont pas bénéficié des mêmes faveurs. Mohamed Ibrahim Kaddafi, ex-directeur du Fonds libyen du financement et de la production, et Mohamed Amine Maria, ex-ambassadeur en Égypte, ont été extradés du Caire vers la capitale libyenne pour y être jugés. Les deux hommes sont notamment accusés de corruption. En vertu d’un protocole d’entente signé entre l’Égypte et la Libye, cette dernière s’est engagée à donner toutes les garanties d’un procès public, juste et transparent aux deux prévenus, qui pourront choisir en toute liberté leurs avocats.

Jeuneafrique.com

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