médias intenables sur la santé de Nelson Mandela

C'est cette ambulance qui aurait transporté Nelson Mandela de l'hôpital à son domicile, dans la banlieue de Johannesburg, le 6 avril.
C’est cette ambulance qui aurait transporté Nelson Mandela de l’hôpital à son domicile, dans la banlieue de Johannesburg, le 6 avril. Crédits photo : CARL DE SOUZA/AFP

L’ex-président est sorti de l’hôpital samedi. Mais une télévision a diffusé sa nécrologie, tandis que d’autres espionnent sa maison.

À Johannesburg

Après dix jours d’hospitalisation pour une pneumonie, Nelson Mandela a regagné samedi son domicile de Houghton, banlieue huppée de Johannesburg. Selon la présidence sud-africaine, l’ex-président de 94 ans a pu sortir «en raison d’une amélioration constante de son état général». Comme à chacune des hospitalisations de Nelson Mandela, les services du président Jacob Zuma sont les seuls habilités à informer la nation sur l’état de santé du Prix Nobel de la paix. Mais plus les autorités de Pretoria verrouillent l’information, plus les médias se préparent activement à l’éventualité d’un décès, qui sera un événement de portée planétaire. Ce qui ne manque pas d’entraîner erreurs et maladresses.

En diffusant en boucle, dès mardi dernier, une nécrologie intitulée Souvenons-nous de Madiba 1918-2013, la chaîne Universal 117 a provoqué plus qu’un malaise. Jackson Thembu, porte-parole de l’ANC (Congrès national africain), le parti au pouvoir, s’est dit «furieux» et «choqué». Les responsables de la chaîne ont présenté leurs excuses, expliquant qu’ils avaient fait une «erreur technique». Trois jours plus tard, le réseau social Twitter semait à son tour la panique en diffusant à grande échelle une nouvelle rumeur de décès. 

Des chaînes de télévision internationales louent depuis des années des terrains en face du lieu où elles pensent que Nelson Mandela sera enterré

Les autorités de Pretoria ont du mal à accepter certaines méthodes des journalistes. La police avait découvert en décembre 2011 plusieurs caméras discrètement pointées sur la maison de Nelson Mandela dans son village natal de Nqunu (Eastern Cape). Elles appartenaient à deux agences de presse internationales qui surveillaient les allées et venues autour du domicile familial. Le gouvernement avait saisi tout le matériel trouvé sur place et poursuivi les agences en justice pour «espionnage d’un point stratégique».

Depuis lors, la méfiance est de rigueur entre le gouvernement et la presse. Mais les médias continuent à peaufiner leur «plan-M»: des milliers de dollars changent de mains à chaque rechute de Madiba. Les voisins et même certains membres de la famille de Nelson Mandela sont rémunérés pour donner des informations et offrir, le jour venu, le meilleur accès aux équipes de journalistes. À Nqunu, des chaînes de télévision internationales louent depuis des années des terrains en face du lieu où elles pensent que Nelson Mandela sera enterré. Il en est de même rue Vilakazi à Soweto, près de Johannesburg. Les propriétaires des maisons qui ont une vue sur l’ancien domicile de Nelson et de Winnie sont assis sur une mine d’or. Ils augmentent régulièrement les loyers.

«La jeunesse de l’ANC est perturbée par le battage médiatique qui accompagne chaque visite du camarade Mandela à l’hôpital», déclarait à la mi-mars Khusela Sangoni-Khawe. Le porte-parole de l’ANCYL (la Ligue de la jeunesse de l’ANC) demandait alors au ministère de la Défense que l’on protège l’icône du «cirque des médias». C’est désormais chose faite. Le ministère de la Défense est chargé du dossier: Nqunu sera déclaré en temps utile «zone militaire».

Par Caroline Dumay

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