Ethiopie: peines de prison confirmées en appel contre un blogueur et un opposant

ADDIS ABEBA – La Cour suprême éthiopienne a confirmé jeudi en appel les peines de 18 ans de prison et de prison à vie prononcées contre un journaliste-blogueur, Eskinder Nega, et un opposant, Andualem Arage.

Les peines sont correctes, donc il n’y a pas de réduction de peine, a déclaré le juge Dagne Melaku.

Les deux hommes avaient été condamnés en première instance en juillet pour terrorisme et avaient fait appel aux côtés de cinq autres co-accusés dont quatre ont aussi vu leur peine confirmée. Un seul des co-accusés a vu sa peine réduite, de 25 à 16 ans.

L’appel n’a pas donné lieu à un nouveau procès en tant que tel. Les juges de la Cour suprême se sont simplement prononcés sur la base des documents et témoignages présentés en première instance.

Jeudi, ils ont maintenu la plupart des charges retenues contre les accusés : incitation au terrorisme, haute trahison et recrutement en vue d’une activité terroriste ou participation à cette activité terroriste ou à une organisation terroriste.

Ils ont abandonné une accusation : participation en tant que responsable à une organisation terroriste. Mais cela n’a eu aucun effet sur les peines de six des sept accusés.

MM. Eskinder et Andualem ont tous les deux dénoncé ce verdict en appel.

La vérité éclatera d’elle-même, ce n’est qu’une question de temps, a notamment déclaré M. Eskinder, estimant que la décision de la Cour suprême n’était bien sûr pas juste.

Son avocat, Abebe Guta, a de son côté indiqué que si son client était d’accord, il allait se pourvoir en cassation.

La condamnation en première instance avait donné lieu à de nombreuses condamnations à l’étranger, notamment des Etats-Unis. Le verdict en appel avait de son côté été plusieurs fois annoncé puis reporté ces derniers mois.

Eskinder Nega et Andualem Arage avaient été accusés d’appartenir au Ginbot7, un parti d’opposition basé aux Etats-Unis considéré comme terroriste par Addis Abeba. Ils avaient nié une telle appartenance.

Avant sa condamnation en juillet, M. Eskinder avait déjà été incarcéré à maintes reprises pour ses critiques contre le régime éthiopien. Il a reçu en 2012 le prix américain de la liberté d’écrire du PEN Club, qui récompense des écrivains persécutés pour le simple exercice de leur métier.

La loi anti-terroriste en vertu de laquelle les accusés ont été condamnés est très critiquée par les associations de défense des droits de l’homme, qui estiment que son caractère imprécis est utilisé par le pouvoir éthiopien pour étouffer la liberté d’expression et museler les opposants.

Jeudi, de nombreux proches des accusés et journalistes ont tenté d’assister à l’énoncé du verdict, mais beaucoup ont dû rester dehors, faute de place dans la salle d’audience.

Seuls quatre des sept accusés qui avaient fait appel étaient présents, vêtus de costumes et chaussés de sandales.

Romandie.com avec (©AFP / 02 mai 2013 13h05)

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