Orage politique entre Washington et Moscou

Le torchon brûle entre la Maison Blanche et le Kremlin. L’affaire Snowden a terni le ciel diplomatique des deux grandes puissances du monde. Le ciel qui avait des belles éclaircies, entre temps, vient de sombrer par le refus de Barack Obama qui annule son voyage prévu au mois de septembre dans la capitale russe auprès de son homologue, Vladimir Poutine.

Dignité oblige. Le cœur serein face à l’honneur, le déshonneur de n’avoir pas obtenu l’extradition, de celui, qui hier, rendait les bons et loyaux services secrets à la nation américaine, devenu aujourd’hui, espion et bête à traquer. Défiance ou méfiance. L’affaire Snowden est un poison qui entache les relations entre les deux pays. Car après avoir passé plus d’un mois à la frontière russe, du 25 juin au 1er août, il a enfin obtenu son asile temporaire par la délivrance des documents lui donnant une réelle garantie de vie et pouvant lui permettre d’être en sécurité, sans être inquiété.

Tous les pays du monde ont un système d’espionnage. Des services secrets ou de renseignements. Ils fouillent dans la vie privée de leurs citoyens (par des écoutes téléphoniques et autres mails de nos boîtes électroniques), surveillent nos comportements dans la vie publique et scrutent parfois tous les mouvements de circulation.

Snowden en sa qualité d’agent au service d’une nation a commis une grave et lourde faute professionnelle mettant à nu l’un des systèmes secrets d’une grande puissance qui, aussitôt, trouve l’aura de son estime, fissurée dégageant un mauvais parfum de confiance. Il a manqué à son obligation de réserve. Au respect de la confidentialité. Il s’expose à la réduction totale de sa liberté et de son identité. Il a inscrit son nom dans les annales des hommes les plus recherchés par les États-Unis. Il est rentré dans le tunnel noir de la peur où il aura désormais peur de sa propre silhouette partout où il sera.

La Russie se serait placée dans la même situation que les États-Unis aurait aussi agi sans commune mesure pour traquer son citoyen de haute trahison et fuite d’informations les plus importantes de sa stratégie de fonctionnement international. Si aujourd’hui, Snowden a trahi les États-Unis, qui sait si demain, il ne trahira pas la Russie qui lui a accordé l’asile ? Encore au sommet de sa jeunesse jusqu’à la courbe et au pic de sa vieillesse, de nombreuses péripéties peuvent avoir lieu.

Avec l’annulation de son voyage, en Russie, au mois de septembre prochain, Barack Obama montre avec une fermeté et fierté politiques que l’on ne doit pas jouer avec les affaires de la nation, au prix de les sacrifier sur l’autel de l’amitié.

Bernard NKOUNKOU

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