Francis Collomp, otage au Nigeria depuis onze mois, libre après s’être évadé

Francis Collomb

Francis CollombAFP/SITE Intelligence Group/AFP/Archives

Francis Collomp, enlevé en décembre 2012 au Nigeria, est libre après avoir réussi à s’évader lors d’une opération de l’armée nigériane contre le groupe islamiste qui le détenait.

L’annonce de cette « libération » a été faite « avec joie » dimanche en fin de matinée par François Hollande. Ses proches ont immédiatement fait part à l’AFP de leur joie et de leur « immense » soulagement.

Il reste sept otages français dans le monde, après trois semaines marquées par une alternance spectaculaire de rebondissements.

Les quatre otages d’Arlit, au Niger, ont ainsi été libérés fin octobre après plus de trois ans de détention, mais quelques jours plus tard, le 2 novembre, deux envoyés spéciaux de Radio France internationale (RFI), Ghislaine Dupont et Claude Verlon, ont été enlevés et tués dans le nord-est du Mali. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le père Georges Vandenbeusch a été enlevé dans le nord du Cameroun et probablement emmené au Nigeria voisin, où Francis Collomp vient de s’évader.

Tout en assurant que la France n’avait « cessé de déployer tous ses efforts », le président Hollande a exprimé dans un communiqué « toute sa gratitude aux autorités du Nigeria ». L’ex-otage « s’est libéré » lui-même, a-t-il ensuite confirmé à Jérusalem où il effectue une visite.

Francis Collomp, un ingénieur de 63 ans, a en fait profité d’une opération de l’armée nigériane contre le groupe qui le détenait, ponctuée d’échanges de tirs, pour s’évader, la porte de sa cellule n’étant pas fermée, a-t-on affirmé à l’AFP de source proche du dossier. « Il a couru et s’est réfugié dans un poste de police », a-t-on ajouté.

Selon la version de la police nigériane, Francis Collomp, qui était gardé ces deux derniers mois à Zaria, dans l’Etat septentrional de Kaduna, a échappé samedi « pendant la prière » à ses ravisseurs qui « n’avaient pas verrouillé la porte de sa cellule ».

La police de Zaria l’a alors emmené à Kaduna, capitale de l’Etat.

Le Français avait été enlevé le 19 décembre 2012 dans l’Etat de Katsina, dans le nord nigérian, où il travaillait sur un projet de ferme éolienne pour le compte de la société française Vergnet, par une trentaine d’hommes armés qui avaient tué deux gardes du corps et un voisin. Ansaru, groupe islamiste probablement lié à la secte Boko Haram, avait revendiqué l’enlèvement, invoquant notamment le rôle de la France au Mali.

« Fatigué »

Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, arrivé dimanche avec le président Hollande en Israël, est aussitôt reparti pour le Nigeria. Remis à des représentants de l’ambassade de France, l’ex-otage était dans l’après-midi en route vers Abuja, capitale fédérale du pays le plus peuplé d’Afrique. Les modalités de son retour en France n’étaient pas encore claires.

« Je suis restée bouche bée, je ne réalise pas encore, c’est la joie », s’est réjouie auprès de l’AFP, à La Réunion où elle vit, Anne-Marie Collomp, son épouse, qui était à la plage lorsque le Quai d’Orsay lui a appris la nouvelle. « Je ne m’y attendais pas du tout, d’autant qu’Ansaru n’a jamais remis en liberté un otage », a réagi le frère de Francis Collomp, Denis.

Fin septembre, une vidéo de l’otage avait été diffusée par le groupe Ansaru. Barbu et portant un T-shirt blanc, il lisait une déclaration avec un homme armé en arrière-plan. Sa famille était très inquiète car il nécessite un traitement régulier après avoir subi un triple pontage il y a plus de dix ans.

Désormais libre, l’homme est apparu « fatigué » à François Hollande qui a eu avec lui une conversation téléphonique « sereine et assez longue », selon l’entourage du chef de l’Etat.

Le président de la République a assuré que la France continuerait « inlassablement à travailler » pour la « liberté » des sept Français « encore retenus en otage en Syrie, au Mali et au Nigeria ».

Outre le père Vandenbeusch, que Boko Haram affirme détenir, Serge Lazarevic a été enlevé le 24 novembre 2011 dans le nord-est du Mali par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Gilberto Rodriguez Leal est retenu depuis le 20 novembre 2012, jour de son rapt près de Kayes, dans l’ouest malien.

En Syrie, quatre journalistes français sont otages: Didier François, grand reporter à Europe 1, et Edouard Elias, photographe indépendant, depuis le 6 juin, ainsi que le reporter Nicolas Hénin et le photographe Pierre Torrès.

AFP

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  1. kivutimes Says:

    A reblogué ceci sur Portail de la dispora Bungulu-Beni.

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