Conte : La Princesse et le Moustique

Il était une fois, Grâce la Princesse blonde, au teint doré, s’entraînait, à la fois, dans la piscine parentale et publique, sous l’œil admirateur de Frédéric le Moustique.

Jaloux de la beauté nimbée d’ange de lumière, quand elle se bronzait au soleil, le Moustique n’aimait pas voir une autre personne s’approcher d’elle. Le soir, dans la douceur du vent de l’océan, il venait lui chuchoter à l’oreille, qu’il lisait un bel avenir dans la pratique de son sport préféré et qu’il était temps de se livrer aux compétitions internationales. Il la voyait remportait une médaille, dans sa catégorie.

Excédée de ses murmures, la Princesse le chassait pour vivre des moments de tranquillité. Mais il revenait toujours, changeant d’oreille. Il l’amusait, en la piquant avec gentillesse sur ses belles cuisses et douces fesses que des spectateurs convoitaient d’un regard possessif. Pour repousser ces indésirables de l’admiration, il les chassait par des piqûres douloureuses. Il devenait un véritable gardien de cette silhouette de sirène qui nageait dans l’eau comme un poisson athlétique et esthétique.

Un jour, lors d’une compétition internationale de natation, Frédéric le Moustique prédit à Grâce la Princesse qu’elle deviendrait l’épouse d’un prince. Cette prophétie ne reçut pas un échos favorable auprès de la Princesse, qui la trouva sans fondement et pleine de paroles futiles et inutiles.

Face à cet acharnement ennuyeux, la Princesse dit au Moustique :

– Comment veux-tu que je sois épousée, quand tu me piques à certains endroits et me laisses des taches rouges sur la peau qui me causent de petites plaies quand je me gratte. Tu devrais changer la nature irritante et excitante du jeu de ta jalousie?

– Si je me comporte ainsi, c’est pour ne pas te voir vite partir auprès d’un autre homme. Mais le jour où je verrai un Prince venir te demander en mariage, je cesserais de t’importuner pour que tu aies une vie heureuse et merveilleuse.

Respectueux et docile, par moments, les riches propos du dialogue le poussa d’observer une pause. Il ne la dérangeait plus. Il surveillait seulement tous les mouvements des hommes.

Après une compétition très médiatisée, le Comité olympique passa à la phase de la remise de médailles aux vainqueurs. De nombreuses personnalités et sponsors s’étaient déplacés pour la circonstance. Une annonce fit part de la présence d’un Prince. Cette information suscita un vif intérêt dans les oreilles du Moustique qui, du haut de ses ailes, partit à la découverte du Prince. Il surveillait discrètement ses mouvements. En revenant vers la Princesse, il l’informa qu’une surprise pourrait se produire mais ne sachant pas comment cela arriverait. Elle n’accorda pas d’importance à cette envolée verbale.

Il était, à la fois, devant aux pas du protocole et derrière, à ceux du garde du corps, se substituant aussi à la place des hôtesses pour mieux vivre l’événement.

Chaque fois qu’il voyait un homme s’approcher de la Princesse, il passait entre les hanches, les épaules et les têtes pour piquer et chasser les prétendants pouvant engager une conversation sentimentale.

Au moment de la réception et du port de la médaille d’or au cou, il planait au-dessus de la championne pour surveiller les regards, et, croisa celui de Fabrice le Prince qui fût le premier à déclencher la chaîne des applaudissements. Quand Grâce descendit les marches pour s’asseoir dans la tribune, le Prince vit une place libre et vint courageusement s’asseoir à côté d’elle. Le Moustique avertit discrètement la Princesse que le Prince était amoureux d’elle. Celui-ci prit l’initiative de l’inviter à un souper spécial dans un hôtel cinq étoiles. Ils partirent tous les trois avec le Moustique. Durant le repas, le Moustique ne buvait que du vin rouge. Tout son abdomen fut remplit d’une masse rouge bedonnante, l’empêchant de marcher vite. La Princesse le prit sur lui, le plaça dans son sac et l’emmena à la maison.

Arrivée chez-elle, elle fit part à ses parents de la rencontre d’un Prince. Les deux amants commençaient à s’échanger des courriels et s’appelaient au téléphone.

Célibataire endurci, gagné et rongé par la solitude, le Prince décida durant les vacances d’été de rendre visite à la famille de son amoureux pour demander, à la fois, sa main et projeter le mariage. Dès qu’il arriva, le père informa toute sa famille pour réserver un accueil chaleureux, à la hauteur de sa dignité.

L’année suivante de sa visite, un mariage pompeux et romantique fut célébré. Tout le monde était tiré à quatre épingles. Les femmes étaient rentrées dans les plus beaux salons de coiffure de la ville.

Le repas des noces était servi par une chaîne hôtelière. La famille prit aussi soin de servir un mets exquis de la cuisson locale pour cimenter l’union maritale.

Une semaine après le mariage, les époux fixèrent leur date du voyage au pays de Fabrice le Prince. Les gens commençaient à se moquer de Frédéric le Moustique qu’il resterait dans son pays natal, loin de sa chère Princesse qui ne pourrait partir avec lui.

Fins prêts, le Prince et la Princesse voyagèrent au pays du Rocher.

Après le décollage de l’avion, la famille et la population du quartier, où avait grandi la Princesse, cherchaient Frédéric le Moustique. Il avait disparu. Il n’était plus visible dans la circulation et certains milieux de la nuit.

Un soir, le Prince et la Princesse, après avoir regardé un bon film primé aux oscars, partirent dans leur chambre à coucher. Étendus au lit, dans la suite de la conversation, quand ils voulurent s’embrasser, le Moustique siffla et passa à côté de l’oreille de la Princesse dont il connaissait l’odeur. Grâce fit remarquer à Fabrice que dans sa chambre se trouvaient des Moustiques? Il répondit qu’au grand jamais du haut du Rocher, aucun Moustique fut-ce-t-il africain et américain ne peut arriver à cette altitude.

Le Prince voulut prendre un insecticide pour le tuer, Grâce l’en empêcha. Elle réussit à le frapper, contre le mur, à la suite, de ses nombreux passages. Elle retrouva au sol le Moustique, sous l’effet de la lumière éclatante et éblouissante. Elle le prit dans sa main pour bien le regarder. A ce moment, elle entendit une voix de sa trompe lui dire que c’était bien lui, Frédéric, son ami d’Afrique. Prise d’étonnement, elle lui demanda pardon et le caressa, en lui soufflant sur les membres pour qu’il retrouvât ses forces.

– Elle ajouta : comment as-tu fait pour arriver jusqu’ici ?

– Il répondit qu’il était rentré furtivement dans son sac à main, à l’aéroport, à la présentation du passeport, pour continuer à veiller sur elle.

Grâce la Princesse appela ses parents au pays et les informa que Frédéric le Moustique disparu en Afrique s’était retrouvé, en Europe. La Princesse expliqua à son Prince leurs liens d’attachement. Il lui trouva un rôle au château. Il était chargé de la sécurité dans la cour royale pour repousser toutes personnes indésirables qui approcheraient la Princesse.

Dans le sous-bois du Rocher se trouvaient des bestioles impolies qui rôdaient au palais. A leur vue, Frédéric le Moustique les pourchassaient et les piquaient de sa substance maladive et mortelle d’Afrique. Toutes succombaient.

Depuis leur mariage, après des années, Grâce la Princesse ne tombait jamais enceinte. Les gens se moquaient du couple. De mauvais conseils étaient donnés au Prince de la répudier. De trouver une autre femme devant lui donner un héritier du trône. Mais Fabrice le Prince aimait et adorait sa femme. Il faisait la sourde oreille. La tristesse de la difficulté de l’enfantement hantait et enveloppait le visage de la Princesse. Mais elle brillait toujours de générosité et de sérénité. Frédéric sentait qu’au château, il manquait une ambiance d’enfant. Des pleurs de nourrisson pouvant faire vibrer les murs du Rocher.

Dans la ronde de sa surveillance habituelle, il vit un soir sur le banc du jardin, le Prince qui était seul. Il vint s’asseoir à côté de lui. Il lui prodiguait des conseils consistant d’espérer et d’avoir confiance mais à la condition qu’il soit en chaleur comme un bon mâle, car sa femme était constamment en activité avec sa natation. Tous ses muscles étaient toujours en mouvement. Il commençait à pratiquer la natation, l’équitation et le jogging.

Trois mois après, la Princesse fut enceinte; l’information éclata dans le ciel du Rocher comme un feu d’artifice de bonne grâce. La joie remplit le couple ainsi que la population. Frédéric le Moustique redoubla de vigilance que la Princesse ne fût pas dérangée durant sa gestation.

Le couple princier voyagea à travers le monde et rentrait dans les grands magasins de luxe pour préparer la layette du grand héritier du trône. Ils partirent aussi annoncer la bonne nouvelle en Afrique, chez la belle famille. Là discrètement, la Princesse consultât une belle Anophèle qu’elle ramena au Rocher. Elle la cacha dans une chambre sécrète où elle la nourrissait à l’insu de Frédéric.

La grossesse étant arrivée à terme, la Princesse accoucha dans la joie partagée de tout le monde. Ils reçurent de nombreux cadeaux et des cartes de vœux. Elle offrit une surprise au Moustique en sortant l’Anophèle de sa chambre secrète et la lui donna en mariage.

Ce jour-là, le Moustique porta un beau costume avec un nœud papillon et sa femme une belle robe d’une belle étrenne achetés durant leur voyage.

Le Prince, quant à lui, pour exprimer sa gratitude et sa reconnaissance pour tout le soutien familial de Frédéric, lui donna une île achetée dans les Caraïbes peuplée de récifs coralliens, de hérons et de tortues marines pour leur reproduction où ils iront, de temps en temps, leur rendre visite puis passer des vacances et des congés au soleil. Cette île fût appelée, île Moustique.

Les services rendus sans intérêts immédiats ont toujours leur part de récompense.

© Bernard NKOUNKOU

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