Congo-Brazzaville : à Paris, l’opposition en exil veut forcer Sassou Nguesso au départ

Le président congolais Denis Sassou Nguesso. © Baudouin MOUANDA pour Jeune Afrique

Le président congolais Denis Sassou Nguesso. © Baudouin MOUANDA pour Jeune Afrique

Alors que le camp présidentiel évoque une modification de la Constitution pour permettre à Denis Sassou Nguesso de se représenter, l’opposition congolaise en exil a organisé un rassemblement, à Paris, pour tenter de s’y opposer.

« Denis Sassou Nguesso doit partir ! » Si un message a fait l’unanimité, lors des Assises nationales du Congo pour l’alternance démocratique, c’est celui-ci. Pendant quatre jours, du 7 au 10 juin, des opposants congolais (Brazzaville) se sont rassemblés, à Paris, pour tenter d’unir leurs forces en ce sens.

Pour cela, leur priorité est d’empêcher toute révision de la Constitution congolaise, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Elle contraint, dans sa version actuelle, le président Denis Sassou Nguesso à quitter le pouvoir en 2016.

Mais dans l’exaltation du rassemblement, certains allaient plus loin, lors de la cérémonie de clôture, mardi soir, promettant au président Congolais « la prison » et réclamant son départ immédiat. Ces opposants espèrent, pour cela, l’aide la justice française qui instruit deux affaires : celle des « biens mal acquis » et celle des « disparus du Beach ».

Les opposants veulent surtout de faire monter la pression à Brazzaville. « Nous voulons créer le rassemblement le plus large possible pour créer un rapport de force avec le pouvoir », explique Jean-Luc Malékat, le coordonnateur des Assises. C’est peut-être pourquoi d’autres revendications ont également été reprises, comme la fin de l’opération Mbata ya Bakolo (qui vise à expulser les citoyens de la RDC de Brazzaville) ou encore l’instauration « d’une allocation universelle de subsistance et de dignité ».

Parvenir à « mobiliser l’opposition intérieur »

« Le Congo est entré dans un débat sur l’opportunité de modifier la Constitution et le gouvernement veut créer le consensus sur cette question. Que l’opposition se réunisse pour s’organiser, c’est normal, assure Apollinaire Aya, chargé de la communication de l’Ambassade du Congo à Paris. Mais je ne comprends pas pourquoi elle le fait à Paris, alors qu’elle était libre de le faire à Brazzaville. » Pour l’instant, l’effervescence de ces Assises ne semble pas encore avoir gagné le sol congolais.

Dans la salle de la paroisse Sainte Hyppolyte de Paris, dans le XIIIe arrondissement – choisie pour la modicité de ses tarifs de location – ils étaient un peu plus d’une centaine, le 10 juin, dont d’anciens ministres, comme Benoit Koukébéné (Hydrocarbures) et Joseph Ouabari (Justice). Mais parmi eux, cinq seulement venaient de Brazzaville. Invités, les opposants Mathias Dzon, Paul-Marie Mpouélé et Ambroise Malonga n’ont pas pu faire le déplacement. Les autorités ont empêché Dzon d’embarquer à l’aéroport de Brazzaville, tandis que Mpouélé et Malonga n’ont pas obtenu de visa pour la France.

« La prochaine étape, c’est d’arriver à mobiliser l’opposition intérieure, explique Benjamin Toungamani, coordonnateur adjoint. Elle est divisée et nous pensons qu’elle a besoin de la diaspora pour s’unifier ».

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet

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