Élections en RDC : Kinshasa accuse les évêques de critiques antidémocratiques

Kinshasa – Le gouvernement de Kinshasa a accusé jeudi les évêques catholiques de la République démocratique du Congo de violer l’ordre démocratique des choses en critiquant comme ils l’ont fait son projet de modification constitutionnelle destiné à modifier la loi électorale.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a déploré mardi la décision prise par le gouvernement de tenir au scrutin indirect les prochaines élections des députés des parlements des onze provinces du pays (retardées à plusieurs reprises), quand la Constitution stipule qu’ils doivent être élus directement.

Ce faisant, la Cenco se lance dans un débat politique où elle donne l’impression de croire, à tort, que les options fondamentales relèvent du dogme, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende lors d’une conférence de presse, avant d’ironiser : Déformation professionnelle peut-être.

Croire que la [Cenco] peut imposer [sa préférence pour le scrutin direct] à la nation en se substituant au législateur attitré […] ou à l’administration électorale constitutionnelle […] vouloir cela, n’est pas dans l’ordre démocratique des choses, a ajouté M. Mende.

Le porte-parole, a également reproché à l’Église de tomber dans le procès d’intention en déclarant être opposée à toute modification ou altération de la substance de l’article 220 de la Constitution, selon lequel le nombre et la durée des mandats du président de la République […] ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle.

Soupçonnant le président Joseph Kabila de chercher à tout prix à s’accrocher au pouvoir au-delà de la présidentielle prévue pour 2016, à laquelle il ne pourra pas se représenter, la majeure partie de l’opposition congolaise met en garde depuis plusieurs mois contre les projets qu’elle prête au chef de l’Etat de modifier la Constitution.

Il est regrettable que la Cenco s’en fasse l’écho, a estimé M. Mende.

M. Kabila est arrivé à la tête du Congo en 2001 par succession monarchique à la mort de son père, Laurent Désiré Kabila, qui avait chassé du pouvoir par les armes le dictateur Mobutu Sese Seko en 1997.

Élu président en 2006 à l’issue des premières élections libres depuis l’indépendance du pays en 1960, il s’est maintenu à la tête de l’État en 2011 à l’issue d’élections à la légitimité contestée par la communauté internationale et l’opposition.

Dans son message de mardi, intitulé Protégeons notre nation. Pour un processus électoral apaisé et porteur d’un avenir meilleur, la Cenco a souhaité que l’élection présidentielle de 2016 soit l’occasion d’une transition véritablement démocratique et a exhorté M. Kabila à s’effacer du pouvoir à cette date.

Dans ce texte, la Cenco recommande au Parlement de s’abstenir de voter des modifications constitutionnelles susceptibles de rompre un vouloir-vivre collectif et des valeurs fondamentales acceptées par l’ensemble du peuple.

M. Mende a qualifié cette exhortation d’injonction comminatoire dont il a remis en question la légalité et la légitimité.

Romandie.com avec(©AFP / 03 juillet 2014 15h00)

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