Débat constitutionnel : Lorsque les propositions de la direction du R.c font des émules

Invité Afrique de Radio-France internationale (R.f.i), le vendredi 22 août dernier, l’opposant congolais (RDC), Clément Kanku Bukasa, leader du M.s.r (Mouvement social pour le renouveau), a fait la proposition d’accorder aux chefs d’État sortant, un statut particulier qui puisse garantir leur sécurité. En réalité, cette idée a déjà été émise sur la rive droite du fleuve Congo, par la direction du R.c (Rassemblement citoyen), parti membre de la majorité présidentielle, comme contribution au débat constitutionnel qui bat son plein dans le pays, depuis quelques mois.

Dans la Constitution à venir, le R.c pense qu’il faut introduire cet aspect, afin de renforcer la démocratie. A l’époque, cette idée, malgré sa pertinence, était mal interprétée.

Que dit le bureau exécutif national dans sa réflexion publiée dans notre édition du mardi 17 juin 2014?

«Récemment, lors du Forum de Forbes tenu à Brazzaville, deux anciens chefs d’État, les présidents Obasanjo du Nigeria, et Jerry Rawlings du Ghana, et un ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, étaient venus partager notre réflexion sur l’objet du forum. C’est ce jour-là que nous avons compris l’immensité du gâchis des acquis de la Conférence nationale souveraine. Que faisons-nous de nos anciens chefs d’État, à la fin de leurs mandats?

Jerry Rawlings, Thabo Mbeki, Abdou Diouf, Pierre Buyoya et tant d’autres n’ont jamais été inquiétés, après avoir quitté le pouvoir à la fin de leurs mandats. Les nôtres, nous les traquons comme des criminels et cherchons même à leur ôter la vie ainsi qu’aux leurs. C’est là que nous nous trompons. Régler ce problème, c’est régler le débat d’aujourd’hui sur la Constitution, sur tout le processus électoral actuellement en débat. La garantie d’une retraite paisible à celui qui a dirigé notre pays».

Dans le débat sur la Constitution, la direction du R.c verse ce point qu’elle juge important. Car, si la Constitution est changée par référendum, ce point reviendra toujours à la fin du nouveau mandat présidentiel, au cas où l’actuel président trouve la chance de décrocher un nouveau mandat.

Interviewé par Radio-France internationale, l’opposant de la RDC l’explique à sa manière: «Les principales garanties sont des garanties d’ordre sécuritaire, d’abord. On doit assurer sa sécurité et il faut lui garantir cette sécurité. Il faut absolument qu’il ait une garde rapprochée. Quand on assume certaines fonctions d’État, on n’a pas que des amis… Il faut des immunités aux chefs d’État sortants, pour que cela soit une garantie sur le plan personnel…».

Précisant sa proposition, il a affirmé: «Nous disons que nous allons répertorier les immunités du chef d’État, nous allons faire un travail sérieux pour que [celui-ci] soit sécurisé sur les plans des immunités, mais que cela ne soit pas un boulevard accordé pour qu’il puisse s’adonner à n’importe quelle activité, en se disant qu’il aura des immunités après».

La seule différence est qu’au niveau de la RDC, l’opposant souhaite que cette proposition soit transformée en loi qui entre en vigueur dès 2015, année de l’élection présidentielle, pour «créer ainsi les conditions d’une alternance paisible».

La proposition du R.c vise, par contre, la prochaine Constitution. Au cas où l’on change de Constitution, ce parti de la majorité souhaite que cet aspect soit pris en compte. Ce qui laisse sous-entendre que le R.c n’est pas opposé au changement de constitution.

En effet, la direction du R.c pense qu’il ne faut pas reproduire les mêmes erreurs qu’en 2002, lorsque l’actuelle Constitution était élaborée. On pensait que l’horizon 2016 était si éloigné que c’était inutile de s’en soucier. Voilà qu’il arrive et que les problèmes se posent dans les mêmes termes. D’où la nécessité de changer la Constitution. C’est pourquoi il faut l’inscrire dans la future Constitution, au cas où le référendum constitutionnel se tient. La direction du R.c espère que, cette fois, le bien-fondé de sa proposition sera compris, et que les préjugés nés des incompréhensions seront balayés.

Lasemaineafricaine.net par Joël NSONI

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Une Réponse to “Débat constitutionnel : Lorsque les propositions de la direction du R.c font des émules”

  1. Bouesso Says:

    Comparaison n’est pas raison. Les chefs d’État cités dans cet article ont eu une bonne conduite gouvernementale de la démocratie et de la République. Ils avaient préparé les conditions sereines de l’alternance sans pourtant intimider et narguer le peuple. Ils n’ont pas brillé par l’achat des consciences dans le souci de se pérenniser au pouvoir et la peur de rendre compte de leur gouvernance. Celui qui a des mains, ne se reproche d’aucune faute pouvant le pousser de répondre de ses actes devant la société, devant la justice.

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