Finlande: les Verts quittent le gouvernement à cause du nucléaire

Helsinki – Les Verts finlandais ont annoncé jeudi leur départ du gouvernement à cause de l’accord donné par l’exécutif à un projet de centrale nucléaire que doit construire le russe Rosatom.

Les Verts sont opposés à cette centrale nucléaire à Pyhäjoki, sur la côte ouest du pays, qui sera exploitée par le groupe de nucléaire finlandais Fennovoima, auquel le gouvernement a donné son autorisation.

Mon état d’esprit est que j’en ai gros sur le coeur et que je suis déçu (…) Je propose que nous quittions le gouvernement samedi, a affirmé à la presse à Helsinki le président du parti des Verts et ministre de l’Environnement, Ville Niinistö.

Les Verts doivent encore entériner la décision par un vote qui semble une formalité, sachant la vigueur avec laquelle ils ont critiqué le projet non seulement parce qu’ils sont opposés au développement du nucléaire, mais aussi à cause de la présence de Rosatom, fournisseur de la centrale et actionnaire à 34% de Fennovoima.

Il s’agit d’un choix entre si on investit sur les énergies renouvelables nationales (..) ou si on mise sur un projet nucléaire mené par Rosatom, qui opère sous la direction de l’état Russe, avait souligné M. Niinistö déjà lundi.

Le premier ministre conservateur Alexander Stubb a qualifié le projet de Fennovoima de très important et rejeté les objections soulevées par la participation russe.

Je comprends les inquiétudes mais je veux assurer qu’on va agir selon les lois finlandaises, a-t-il répondu lors d’une conférence de presse.

Après le vote serré du gouvernement (10 pour, 7 contre), le dossier retourne maintenant au Parlement, qui doit voter sur le projet pour une deuxième fois, pour l’adopter définitivement.

Le projet a connu des péripéties, dans un pays qui croit à l’avenir du nucléaire.

En juillet 2013, Fennovoima avait choisi Rosatom pour construire la centrale, alors que cette société ne figurait pas sur la liste des fournisseurs potentiels en 2010.

En décembre, Fennovoima annonçait qu’une filiale de Rosatom, Rusatom Overseas, entrerait dans son capital, à hauteur de 34%, à la suite du désengagement en 2012 l’allemand EON, qui avait détenu la même part.

Le gouvernement souhaite que le capital de Fennovoima soit entre les mains d’investisseurs finlandais ou européens à hauteur de 60% minimum.

Du fait du départ des Verts, le gouvernement voit sa majorité affaiblir davantage, à désormais 102 sièges sur les 200 du Parlement.

En mars, la Ligue de gauche, un autre parti minoritaire, avait déjà quitté le gouvernement pour protester contre des coupes budgétaires.

Les partis restant au gouvernement sont le parti conservateur du Premier ministre Alexander Stubb, les sociaux-démocrates qui détiennent le ministère des Finances, le parti des suédophones et les chrétiens-démocrates.

Le projet de Fennovoima a aussi causé des tiraillements au sein des partis restants au gouvernement. Quatre des six ministres sociaux-démocrates ont voté contre la proposition, selon les médias finlandais.

Romandie.com avec(©AFP / 18 septembre 2014 14h26)

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