RDC : qui est responsable de la mort de Mamadou Ndala ?

Le colonel Mamadou Ndala a été assassiné le 2 janvier.
Le colonel Mamadou Ndala a été assassiné le 2 janvier. © AFP

Près de neuf mois jour pour jour après les faits, le procès des accusés du meurtre du colonel congolais Mamadou Ndala s’est ouvert mercredi devant la cour opérationnelle militaire du Nord-Kivu.

Vingt personnes au total sont jugées depuis le mercredi 1 octobre par la cour opérationnelle militaire du Nord-Kivu pour le meurtre de ce jeune officier très apprécié de ses hommes et auréolé de plusieurs victoires contre la rébellion du Mouvement du 23-Mars (M23), défaite en novembre 2013.

Chef du 42e bataillon commando de l’Unité de réaction rapide (URR) congolaise, le colonel Mamadou Ndala, 35 ans, a été tué le 2 janvier par un tir de roquette ayant visé son véhicule dans les environs de Beni peu après avoir quitté cette ville. Assez vite, l’enquête s’est orientée sur la piste d’un règlement de comptes internes à l’armée.

Basée habituellement à Goma, capitale du Nord-Kivu, province de l’Est de la RDC, la Cour s’est déplacée à Beni, dans le Nord de cette région. Douze des accusés ont comparu en plein air devant le tribunal: dix militaires, un civil et un membre d’un groupe rebelle. Les huit autres, tous civils, sont en fuite.

L’audience de mercredi a été consacrée à l’audition du chauffeur du colonel, le sergent-major Arsène Ndabu.

Parmi les accusés figure le lieutenant-colonel Tito Bizuru, ancien commandant de la place militaire de Beni. À la lecture de son nom, une clameur de réprobation est montée de l’assistance.

Poursuivi pour non-assistance à personne en danger, le sous-officier a déclaré à la Cour avoir conduit le véhicule pendant environ un kilomètre après l’impact de la roquette, précisant que celle-ci avait touché le côté où se trouvait le colonel, à l’opposé de son siège.

Il a affirmé être alors sorti de la voiture, pour constater que le colonel était mort, son corps criblé par des éclats de roquette. Les gardes du corps sur le plateau arrière du véhicule n’étaient plus que des « macchabées », a-t-il dit, ajoutant que le convoi avait été coupé et qu’il se trouvait seul, en tête.

Poursuivant sa version des événements, le sergent Ndabu, a raconté avoir abandonné rapidement la jeep pour aller chercher des renforts à la base de Casques bleus voisine, avec un responsable de la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) tout juste arrivé sur les lieux.

Il dit avoir été surpris de constater de retour sur place que la jeep brûlait avec le corps du colonel resté à l’intérieur, sous le regard d’officiers du renseignement militaire du secteur accourus entre-temps.

Jeuneafrique.com avec AFP

 

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