Limpide dans la nuit des temps

 

Limpide, elle coule

Depuis la nuit des temps

Sur la pente escarpée et accidentée,

Mousseuse et cotonneuse

Nuageuse et savoureuse.

Elle perd sa vitesse brutale et abrupte,

Au bas de grosses pierres souriantes

Des cataractes éternellement assises,

Les pieds dans l’eau à la racine des arbres,

Les yeux mouillés imbibés de sa salive pâteuse,

La tête humide couverte d‘une fraîcheur agissante,

La chevelure drue, crépue, herbacée et hérissée.

Elle passe et hurle sous l’architecture en bois,

Aux cuisses écartées malgré un jupon en fer.

Elle parle le langage de la nature sauvage,

Elle parle le dialecte des écureuils au doux pelage,

Elle dialogue avec des canards dans l’eau,

Assistant à leur plongeon à la recherche du poisson

Sous le regard blafard des érables aux belles couleurs

De l’automne qui invite les poètes aux bonnes heures.

Elle est calme, timide et peu profonde avec ses ondes

Que côtoient les canots kayaks traversant sa peau

Avec des pagaies qui la dépucèlent platement

Avançant à contre-courant les muscles en érection

Vers la berge avec la verge à la tige en bois sans munitions.

 

Bernard NKOUNKOU

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