Congo/Après les incidents au domicile de Clément Miérassa, président du P.d.s.c : L’opposition congolaise s’insurge contre les violences exercées par le pouvoir

Clément Miérassa, Christophe Moukoueké et Guy Romain Kinfoussia.

Clément Miérassa, Christophe Moukoueké et Guy Romain Kinfoussia.

A la suite des incidents impliquant la force publique au domicile de Clément Miérassa, coordonnateur de l’association «Mouvement citoyen pour le respect de l’ordre constitutionnel» et président du P.s.d.c (Parti social-démocrate congolais), le mardi 4 novembre dernier, les leaders de l’Opposition congolaise ont donné une conférence de presse, vendredi 7 novembre 2014, au siège de l’U.p.r.n, à Ouenzé, le 5ème arrondissement de Brazzaville.

Au cours de cette conférence de presse,  ils se sont «insurgés contre les violences exercées, par le pouvoir, sur le responsables politiques de l’opposition et leurs militants, les arrestations arbitraires, l’accaparement des médias, la censure des messages de l’opposition, l’étouffement de l’expression démocratique, les fraudes électorales massives».

La conférence de presse de l’Opposition congolaise était conjointement animée par Christophe Moukoueké, Jean Itadi (du parti Le Cap), Guy-Romain Kinfoussia (U.d.r-Mwinda), Clément Miérassa (P.s.d.c), Bonaventure Mbaya (Convergence citoyenne), Jean Ngouabi (L.p.c), Elo Dacy (U.p.r.n), et Pierre Ndion (R.f.d). C’était en présence de Raymond Serge Mviri (R.d.r), Alain Matingou (M.l.c), Gilbert Tsanga (P.s.r.d), etc.
Pour les leaders de l’Opposition congolaise, «ces actes d’une rare barbarie posés par la force de police au domicile de Clément Miérassa sont qualifiés, en droit, de crime contre l’humanité et sont passibles de poursuites judiciaires», ont-ils fait remarquer, dans leur déclaration lue par Jean Ngouabi, tout en demandant la réparation des dégâts causés aux victimes. Soucieuse de mettre un terme au sang et aux larmes, chaque fois, selon elle, versés des Congolais, l’Opposition congolaise a exigé que «toute la classe politique prenne la responsabilité historique de s’asseoir, pour dialoguer, sereinement, afin de rechercher, patiemment, les solutions consensuelles aux problèmes qui se posent à notre pays».
Pour cela, elle a réitéré son appel en faveur de la convocation d’un vrai dialogue politique national inclusif qui demeure, selon ces leaders, «l’unique voie de sortie de la crise multidimensionnelle qui risque de plonger notre pays dans une impasse politique sans précédent», ont-ils fait savoir, en prenant la communauté nationale et internationale à témoin quant à leur volonté de participer à un dialogue «préparé et organisé de façon méthodique et consensuelle, afin de trouver, de façon concertée, les termes d’une alternance pacifique ainsi que la forme des prochaines institutions de la République», peut-on lire, dans la déclaration.
Toutefois, ces leaders espèrent que le président de la République tirera les leçons de ce qui s’est passé au Burkina Faso et respectera son serment pris devant le peuple congolais. «Instruits par l’expérience du vaillant peuple burkinabé, les autres peuples d’Afrique, menacés par l’épidémie de révision ou de changement de Constitution, se lèveront comme un seul homme et chasseront leur dictateur du pouvoir. Le Tsunami de Ouagadougou est un sérieux avertissement pour les autres chefs d’Etat africains qui nourrissent l’espoir de trafiquer les Constitutions de leurs pays. Le Burkina Faso constitue, désormais, un exemple pour l’Afrique entière», a poursuivi la déclaration. Après la lecture de la déclaration, les journalistes ont eu le loisir de poser leurs questions aux huit responsables politiques de l’opposition assis à la tribune.

C’est ainsi que répondant aux préoccupations des journalistes, Clément Miérassa s’en est pris au ministre de la communication qui, au cours d’une conférence de presse, dans la matinée du même jour, à Brazzaville, a déclaré que la force publique n’était pas rentrée au domicile du président du P.s.d.c et que le désordre orchestré chez lui était l’œuvre de ses militants. «C’est une honte. Il est même en contradiction avec le porte-parole de la police. C’est dommage. Les témoins sont là. Je crois que lorsqu’on est membre du gouvernement, on ne peut pas dire de tels mensonges. Ces événements ont été vécus par la population de Moungali et elle sait la vérité», a-t-il martelé.

Selon lui, le problème de fond qui s’est posé pour justifier l’attitude de la force publique, c’est l’invitation faite à l’endroit des Congolais, particulièrement des étudiants, à venir massivement prendre part à cette assemblée générale, pour débattre d’un thème précis. «Il faut reconnaître, aujourd’hui, que le président Denis Sassou-Nguesso est coincé et il a, certainement, du mal à dire à ses partisans du P.c.t que ce qu’il envisageait n’est plus possible», a expliqué Clément Miérassa, qui a laissé entendre que la force publique a déjà choisi un camp. «Elle n’est pas neutre, ni apolitique. Elle a choisi le camp du changement de la Constitution. Elle a la mission de mener toutes les actions, pour empêcher tous ceux qui disent non au changement de se retrouver. Mais, elle se trompe», a-t-il précisé.
Christophe Moukoueké pense, quant à lui, que le président de la République doit tirer toutes les conséquences du feuilleton burkinabé. «Le peuple congolais a une histoire faite de lutte et de conquête politique. Le sang et les larmes ont trop coulé. On a l’impression que le peuple est devenu celui à qui on peut faire ce qu’on veut. C’est se tromper de l’histoire des peuples. Ce peuple est capable de prendre son destin en main. Le pouvoir continue à semer la peur, pour dissuader l’opposition et la population congolaise à ne rien faire, en exhibant les armes, chaque jour. Sachez qu’aucune armée au monde, aussi forte soit-elle, ne peut vaincre un peuple déterminé à prendre son destin», a-t-il signifié, tout en indiquant que les choses vont changer dans le pays.

Pour sa part, Elo Dacy s’est interrogé sur la base juridique du changement tant prôné par les partisans du pouvoir. Pour lui, s’il faut changer la Constitution actuelle, il faut, d’abord, commencer par l’abroger. Or, «toute abrogation entraîne, ipso facto, la dissolution de toutes les institutions, y compris la présidence de la République. Devant le vide juridique ainsi créé, on met en place une constituante. C’est ça la procédure. Lors de son entrée en fonction, le président avait juré de respecter et de défendre cette Constitution. Cet engagement est consigné dans l’article 69 de la Constitution. Il est lié par cet engagement. Il ne peut pas la changer. Autrement, ce serait trahir son serment»,a-til dit
Pour sa part, Guy-Romain Kinfoussia s’en est pris, violemment, aux médias d’Etat qui, selon lui, sont restés muets, lors des événements du Burkina Faso. «C’est une honte à l’heure où le numérique fait sensation et on peut tout apprendre à l’instant. Ce n’est pas parce qu’ils ont biaisé l’événement que le peuple est resté ignorant. Je peux vous dire, aujourd’hui, que la peur a changé de camp», a-t-il déclaré. Christophe Moukoueké a clôturé la conférence de presse, en demandant aux journalistes d’être les fidèles interprètes de leurs propos. Lasemaineafricaine.net par KAUD

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