Alliance étonnante en Italie entre MM. Renzi et Berlusconi

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a conclu un nouvel accord avec Silvio Berlusconi sur la réforme électorale. Cette étonnante alliance a été saluée jeudi comme un grand pas en avant vers une Italie libérée de son instabilité gouvernementale chronique.

Selon l’accord conclu mercredi soir entre le bouillonnant dirigeant de centre-gauche et son prédécesseur de droite sur le déclin, le nouveau mode de scrutin visant à créer des gouvernements solides appuyés sur des majorités claires devrait être approuvé avant Noël.

« L’Italie a besoin d’un système institutionnel qui garantisse la capacité de gouverner (et) d’un vainqueur clair les soirs d’élections », ont déclaré MM. Renzi et Berlusconi dans un communiqué commun. Selon la presse, cet accord dénote la faiblesse de Silvio Berlusconi dont le parti, déchiré par des dissensions internes, plafonne à 15% des intentions de vote.

Intérêts totalement divergents
Au-delà des déclarations de principe, les deux hommes ont des intérêts totalement divergents en ce qui concerne au moins deux points essentiels de la loi électorale.

M. Renzi veut attribuer « la prime au vainqueur » au parti qui obtiendra 40% des voix au premier tour, son Parti démocrate (PD) a même dépassé ce score aux récentes élections européennes, ou qui arrivera premier au ballottage, de manière à obtenir une majorité compacte pour gouverner.

M. Berlusconi veut en revanche attribuer cette prime non pas à un seul parti mais à la coalition qui arriverait à 40% ou gagnerait le ballotage car cela lui permettrait de rassembler autour de son mouvement, Forza Italia (FI), et en dictant ses conditions, les autres partis du centre droit, tous moins bien placés dans les sondages.

Pourcentages en question
De même, le seuil minimum pour qu’un parti puisse entrer au Parlement est de 3% dans les projets de M. Renzi, de manière à tranquilliser ses actuels alliés, dont le Nouveau centre droit (NCD), des formations proches de ce chiffre dans les intentions de vote et qui pourraient ainsi rester indépendantes.

Il est de 5% en revanche pour M. Berlusconi, qui souhaiterait également utiliser cet argument pour contraindre les autres formations plus petites du centre droit de se joindre à FI dans la compétition électorale.

Solidité trompeuse
Les deux hommes ont décidé d’aller de l’avant, loi électorale et réforme du Sénat, mais quand il s’agira de voter sur les deux points litigieux, chaque partie sera libre de procéder comme elle l’entend.

« C’est comme si je disais : ‘oui, ma femme me trompe, mais je n’ai rien contre et, au contraire, notre mariage n’a jamais été aussi solide' », a illustré de manière imagée un haut responsable de FI, sous le couvert de l’anonymat, cité par le quotidien « La Stampa ».

Romandie.com

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