La présidence à vie est bien terminée en Afrique

Paris, France – La mise en place d’une transition civile au Burkina Faso avec la désignation dimanche soir du diplomate Michel Kafando marque la fin de la présidence à vie en Afrique et met un terme à la confiscation du pouvoir à travers les changements constitutionnels, a estimé lundi à Paris Me Philippe Missassou, avocat et analyste des relations franco-africaines.
«Ce qui vient de se passer à Ouagadougou aura un effet domino sur le reste du continent.  Il est désormais clair qu’aucun dirigeant africain ne peut confisquer le pouvoir de façon indéterminée. L’impunité et la présidence à vie sont derrière nous», a-t-il insisté lors d’un entretien avec la PANA.

Prenant l’exemple du Congo Brazzaville, Me Missamou a mis en garde contre toute tentative de modification constitutionnelle qui serait, selon lui, porteuse de « graves périls » pour la paix et la stabilité du pays.

«J’affirme haut et fort que toute tentative du Président Denis Sassou N’Guesso de modifier la Constitution par quelque moyen que ce soit serait une aventure qui imposera des épreuves douloureuses aux Congolais », a poursuivi l’avocat parisien.

Pour lui,  au Congo comme au Burkina Faso, le refus de la modification constitutionnelle a largement  dépassé le cadre des partis politiques d’opposition pour devenir « un acte citoyen et civique».

«Il s’agit de la défense des intérêts du peuple au Burkina comme au Congo. Si le pouvoir persistait dans cette voie à Brazzaville, il y aura des manifestations violentes organisées spontanément par les populations. Elles sont déterminées à payer le prix qu’il faut pour mettre fin à la présidence à vie», a encore martelé Me Missamou.

En vigueur depuis 2002, la Constitution du Congo limite à deux le nombre de mandat présidentiel et fixe l’âge limite de la candidature à la fonction présidentielle à 70 ans.

«Cette Constitution a été inspirée par Denis Sassou lui-même. Il doit s’y conformer et quitter le pouvoir en 2016. L’époque où un  président africain peut changer aisément la Constitution de son pays est révolue.  Quiconque n’aura pas compris ce virage politique, connaîtra le même sort que Compaoré qui a dû être exfiltré par la France après 27 ans au pouvoir», a regretté le défenseur de plusieurs familles congolaises dans l’affaire dite des «disparus du beach»,  du nom des personnes enlevées en mai 1999 au port fluvial de Brazzaville.

Le Burundi, le Bénin, le Congo, la République démocratique du Congo et le Rwanda connaîtront des élections présidentielles en 2015, 2016 et 2017 alors que leurs chefs d’Etat actuellement en fonction ne peuvent  plus, selon les constitutions en vigueur, se présenter  à nouveau.

Pana 20/11/2014

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