Transition au Burkina : 4 militaires dans un gouvernement de 26 ministres

Yacouba Isaac Zida et Michel Kafando le 21 novembre 2014 à Ouagadougou.
Yacouba Isaac Zida et Michel Kafando le 21 novembre 2014 à Ouagadougou. © AFP

Le gouvernement de la transition a été annoncé dimanche au Burkina Faso. Au total, l’armée occupe quatre ministères clés. Le lieutenant-colonel Zida cumule notamment le poste de Premier ministre avec celui de ministre de la Défense.

Nommé après d’intenses tractations, le gouvernement de transition du Burkina Faso devait tenir lundi 24 novembre à 10h (heures locales) son premier Conseil des ministres. Le casting gouvernemental avait d’abord été annoncé pour jeudi, puis pour samedi au plus tard, et enfin pour dimanche, les tractations s’éternisant.

Divergences et rivalités au sein de l’opposition et de la société civile, dont un militaire dénonçait les « appétits voraces », avaient d’abord compliqué le processus. Samedi, le refus par l’armée de plusieurs candidats présentés par la société civile a accentué ce retard, selon une source militaire.

Au total, l’armée compte quatre membres (avec le ministère des Mines et celui des Sports) dans ce gouvernement de transition qui comporte 26 portefeuilles et qui gérera le Burkina jusqu’aux élections présidentielle et législatives prévues en novembre 2015.

Le bras droit de Zida à l’Intérieur

Le lieutenant-colonel Zida cumule le poste de Premier ministre avec celui de ministre de la Défense, et l’un de ses bras droits, le colonel Auguste Denise Barry, a été nommé au poste de ministre de l’Administration territoriale et de la Sécurité, l’équivalent du ministère de l’Intérieur.

Le président de la transition, Michel Kafando, qui fut longtemps ambassadeur auprès de l’ONU, occupe également le poste de ministre des Affaires étrangères.

Plusieurs postes importants ont été confiés à des membres de la société civile dans le gouvernement de transition. L’Économie et les Finances reviennent à Jean Gustave Sanon, qui avait travaillé dans ce ministère au Burkina, avant de faire carrière à l’Uemoa (l’Union monétaire ouest-africaine, la zone franc CFA) et au Fonds monétaire international (FMI).

Joséphine Ouédraogo, candidate malheureuse au poste de président de la transition, devient ministre de la Justice. L’ancienne ministre de Thomas Sankara sera attendue, le président Kafando ayant inscrit son mandat dans une optique de retour à la « morale » politique et de lutte contre les dérives de l’ancien régime du président déchu Blaise Compaoré.

« Gouvernement de techniciens »

Augustin Loada, figure éminente de la société civile, est chargé de la Fonction publique. « C’est un gouvernement de techniciens, on n’attendait pas autre chose », a réagi Ablassé Ouédraogo, un ténor de l’opposition.

Volontairement, les chefs de l’opposition ne figurent pas au gouvernement de transition, car aucun des membres du nouvel exécutif ne sera autorisé à participer aux élections de novembre 2015. « C’est un gouvernement de mission. Ils n’ont pas le temps de faire la bagarre politique. On attend d’eux qu’ils remettent le pays sur pied par leur rigueur au travail », a commenté un autre politicien, qui a requis l’anonymat.

Jeuneafrique.com avec AFP

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