Le pape François ne recevra pas le dalaï lama à l’occasion du sommet des Nobel

Cité du Vatican – Le pape François ne recevra pas le dalaï lama, attendu pour trois jours à Rome à partir de vendredi pour un sommet de lauréats du prix Nobel de la paix, a déclaré jeudi un porte-parole du Vatican.

Le pape François a évidemment beaucoup d’estime pour le dalaï lama, mais ne recevra aucun des Nobel de la paix. Il devrait adresser un message vidéo aux participants au sommet, a déclaré le porte-parole adjoint du Vatican, Ciro Debenettini, sans autre explication.

Les efforts de rapprochement du Saint-Siège avec la Chine, l’extrême susceptibilité de Pékin sur ce sujet et le risque de rétorsions pour les libertés des catholiques en Chine sont à l’origine de la décision du Vatican de ne pas recevoir le dalaï lama, ont confirmé des sources diplomatiques.

Le pape accorde une grande importance au dialogue inter-religieux et le rapport avec le bouddhisme devrait être un des thèmes de sa prochaine visite au Sri Lanka du 12 au 14 janvier.

La dernière rencontre d’un pape avec le dalaï lama remonte à une audience privée accordée par le pape Benoît XVI en octobre 2006.

Prix Nobel de la paix il y a 25 ans, le dalaï lama est désormais éconduit par un nombre croissant de chancelleries soucieuses de ménager la Chine et apparaît de plus en plus isolé dans son exil indien.

Le Saint-Siège cherche à obtenir l’établissement de relations pleines et entières avec la Chine, mais réclame pour cela que les autorités chinoises accordent une réelle liberté de culte dans le pays, en particulier à la petite minorité catholique, et laissent le Vatican désigner les évêques.

Lors de son voyage en Corée du Sud en août, Jorge Bergoglio avait manifesté son intérêt pour une normalisation des relations avec Pékin, afin que le catholicisme puisse se développer en Chine.

Les sujets de friction ne manquent pas dans l’actualité récente. Ces derniers mois, le mouvement démocratique à Hong Kong a été très soutenu par les catholiques locaux et leurs cardinaux et évêques nommés par Rome.

Le statut de Hong Kong y permet en effet une grande liberté religieuse.

La Chine communiste de Mao avait coupé les ponts avec le Saint-Siège en 1951. Depuis la Révolution culturelle, période de fortes persécutions pour les chrétiens chinois, les rapport se sont cependant améliorés.

Selon des experts, la Chine compterait quelque 12 millions de catholiques, dont la moitié dépendent de congrégations obéissant à l’Association patriotique des catholiques chinois, sous contrôle officiel.

Les autres appartiennent aux Eglises dites clandestines, loyales au Vatican.

La principale pomme de discorde reste la consécration d’évêques sans l’agrément pontifical. Pour la Chine, y renoncer reviendrait à rogner publiquement sa souveraineté politique, d’autant que Pékin craint l’influence des idées importées d’Occident par les catholiques et les protestants.

Romandie.com avec(©AFP / 11 décembre 2014 12h49)

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